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Histoire sacrée, ou Oratorio en II Parties |
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Marc-Antoine Charpentier [1643 - 1704] |
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Cécile: Valerianus: Cécile: Valerianus: Cécile: Cécile
et Valerianus: Historicus: Cécile
et Valerianus: Tiburtius: Cécile
et Valerianus: Tiburtius: Cécile
et Valerianus: Tiburtius: Cécile
et Valerianus: Tiburtius: Cécile
et Valerianus: Tiburtius: Tiburtius,
Cécile
et Valerianus: Cécile: Valerianus: Tiburtius: Tous:
Il est un secret, Valerianus, que je veux te
confier.
Ouvre-t'en à moi, ma soeur, mon épouse,
dis-moi ce que tu veux.
Ecoute, Valerianus: j'ai pour amant un ange de Dieu qui
garde mon corps avec un grand zèle.
O chère Cécile, délices de mon coeur,
Cécile, Cécile, mes amours, comment puis-je
ajouter foi à tes dires avant d'avoir vu le gardien
dont tu viens de me parler ?
Accepte que l'eau baptismale de ceux qui sont guéris
vienne dissiper les ténèbres de ton esprit, et
tu verras l'ange de Dieu, gardien zélé de ma
virginité.
Et, après avoir été initié par
les eaux lustrales, Valerianus trouva Cécile priant
avec l'ange qui leur tendit des fleurs dégageant la
plus suave des odeurs.
Alors, ayant accepté les fleurettes des mains de
l'ange, Cécile et Valerianus dirent à
Tiburtius:
Maintenant, sens ces fleurs.
O suave, o merveilleuse odeur, qui vous a donné ces
fleurs ?
L'ange de Dieu qui nous garde.
Quelles merveilles me contez-vous là ?
Des merveilles qui sont vraies.
Je suis troublé, et j'ai peine à vous
croire.
Tu reconnais que cela est certain.
Mais, en vérité, je ne le crois
pas.
O Tiburtius, regarde dans les cieux, sur terre, et dans les
flots, regarde dans les cieux et vois tout ce qui s'y
trouve: celui qui créa toutes choses par la puissance
de son verbe ne peut-il pas faire de telles
merveilles.
Christ, je te reconnais, Seigneur, je te proclame
!
Et maintenant, jurons fidélité au Christ.
O Christ, nous te reconnaissons, Toi seul qui fais des
merveilles.
Que les divinités païennes soient
détruites !
Que soient détruites les divinités
sculptées.
Adorons le vrai Dieu qui seul fait des
merveilles.
Que soient détruites les divinités
païennes, les divinités sculptées.
Vénérons le vrai Dieu qui seul fait des
merveilles.
Détruisons, brisons les divinités
païennes, les divinités scumptées.
Adorons le vrai Dieu qui seul fait des
merveilles.
O suave mélodie, O ravissants accords, O doux chant
de ceux qui professent la foi au Christ, O, O, O
avant-goût des célestes voluptés
!

Historicus: Almachus: Cécile: Almachus: Cécile: Almachus: Cécile: Almachus: Cécile: Almachus: Cécile: Choeur
des Fidèles: Anges: Tous: Que vole
par l'univers la victoire de Cécile !
Comme auparavant il s'était aperçu de la
conversion de Valerianus et de Tiburtius, le Tyran les
condamna à une mort très cruelle, puis ayant
essayé en vain de gagner Cécile à ses
croyances par des flatteries, il lui dit furieux et avec
rage:
O inspiratrice meurtrière de ton mari et de son
frère, toi qui adores une chimère et qui veux
tromper, dis-moi, indique-moi ce qu'il est advenu de leurs
biens, car ils me reviennent.
O tyran, assassin de mon mari et de son frère, toi
qui ignores le Christ, et qui adores de fausses
divinités, tu as ouvert ma main, et j'ai
distribué les biens de mon mari et de son
frère aux pauvres du Christ; maintenant ils sont
à eux.
Ou bien tu sacrifies à Jupiter, ou bien je te
condamne à mourir.
Honorer les dieux, adorer les objets d'or et d'argent faits
par la main de l'homme est digne d'un fou.
Je ne veux pas, non, je ne veux pas sacrifier à ta
fausse divinité.
Déchire-moi, cruel avare, brûle-moi, je ne
crains ni les tortures, ni les affreux tourments, allumes
les flammes, tends le fer vers moi, toutes ces souffrances
endurées pour le Christ me seront suaves et
chères.
Je te jeterrai nue dans les flammes dévorantes d'un
four ardent !
Le Christ m'enverra une douce fraîcheur !
Mon époux me donnera sa céleste consolation
!
Si tu échappes aux flammes voraces et à la
chaleur du four, tu n'échapperas pas au glaive
!
Qu'attendez-vous ? Pourquoi hésitez-vous ?
Allez, allez, ne me donnez pas une mort tardive qui
deviendrait funeste car elle détruirait mon
triomphe.
Vite,vite, vite bourreaux, saisissez-vous de la coupable,
torturez-la et tuez-la !
Me voici, me voici Jésus, tu as exaucé ma
prière,me voici mon Epoux, tu as faitselon le coeur
de ta servante; en soupirant,je m'éteinds, je meurs
d'amour, reçois mon esprit !
Hélas, hélas, Cécile est morte.
Hélas, la belle, la chaste vierge est morte
!
Pourquoi pleurez-vous, fidèles, pourquoi
soupirez-vous ? Ne pleurez pas.
Cécile n'est pas morte, mais, couronnée par
les anges, elle est montée au ciel afin qu'elle se
réjouisse avec le choeur des vierges et qu'elle vive
pour l'éternité.
Or donc, Cecilides, chantez Cécile,
réjouissez-vous, chantez sa victoire.
Or donc, Cecilides, réjouissons-nous !
Or donc, chantons et exultons dans la victoire de
Cécile.
Chantons la vierge, délices du monde, attraits de la
chair, martyre glorieuse qui a triomphé du tyran.
Réjouissons-nous et que nos chants et les orgues
résonnent de la victoire de Céciles.
Que résonne la cithare, que résonne la
flûte, et que les murs vibrent au son joyeux des
trompettes !