Boris
Goudenov
Dramma
per musica in tre atti
livret de Johann
Mattheson
musique de:
Johann
Mattheson
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Theodorus
Ivanovitch,
grand-duc de Moscovie - basse
Boris
Goudenow,
ministre - basse
Irina,
sur de Boris, grande-duchesse - soprano
Axinia,
fille de Boris - soprano
Olga,
princesse russe - soprano
Gavust,
prince étranger - ténor
Josennah,
prince étranger - ténor
Fedro,
boyard - basse
Ivan,
boyard - ténor
Bogda,
serviteur de Boris - ténor
Chur de
vieillards
Chur d'enfants
Personnages muets: le Patriarche - les conseillers du
royaume et les chevaliers.
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La
scène se situe dans la capitale, Moscou, et aux
environs
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ACTE I
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La
scène représente une salle magnifique,
voûtée au centre, avec des fenêtres
latérales, entourée de sièges
surélevés, les murs couverts de splendides
tapisseries. Le trône du tsar au milieu; à sa
droite, le globe impérial sur une pyramide d'argent ;
à sa gauche, une aiguière d'or.
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Scène
1
Irina, Théodore, Fedro, Ivan, Boris
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Air &
Chur
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Irina
et le
Chur
Époque
bénie
Où l'amour et l'union
Prodiguent les plus sages conseils !
Époque bénie !
Division, sécession, égoïsme,
Malgré vous, l'unanimité
Va accompagner nos souhaits.
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Accompagné
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Théodore:
Quand Atlas est prêt à
faiblir sous son pesant fardeau, quand ploient ses
épaules sur lesquelles reposent les lourds soucis du
royaume, Hercule lui offre alors son bras et son
épaule, il porte pour lui le glorieux fardeau et
l'aide à tenir la barre, de sorte qu'il puisse se
reposer. Ainsi, mes fidèles et nobles amis, comme mon
esprit lassé de sa lourde charge doit penser à
un appui, jai pris la décision, et
jespère ne pas avoir à reculer, de
proposer le prince Boris comme gouverneur de Moscovie.
Fedro:
En bon sujet, je suis daccord.
Ivan:
Ce choix ne peut quagréer à
tous.
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Chur
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Nous
nous réjouissons tous.
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Accompagné
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Théodore:
Prends donc le sceptre, en signe de lhonneur que nous
te conférons maintenant.
Boris:
Celui qui est prosterné
à tes pieds ne saura jamais assez exprimer son
bonheur, à moins que Sa Majesté, dans Sa
bienveillance imméritée, ne me laisse baiser
sa généreuse main. Et que tout ce dont je vous
suis redevable, princes, ne quitte jamais mon cur.
Théodore:
Par ton assistance, nous sommes délivrés de
tout souci.
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Air &
Chur
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Théodore
Les
joyaux qui ornent la couronne
Cachent un feu intérieur.
Chur:
Les mains qui tiennent le sceptre
Tiennent un gage dangereux.
Théodore
Des
monceaux de perles...
Chur
Font
ruisseler des larmes.
Théodore
Or
et soie...
Chur
Recouvrent
bien des souffrances cachées.
Théodore
...Sur
le trône qui se dresse...
Chur
Est
fixée une trappe.
Théodore
Qui
se repaît de la pourpre...
Chur
...Saveugle
lui-même.
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Scène
2
les appartements de la grande-duchesse, avec des
alcôves
Fedro, Irina
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Air
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Fedro
Cache-toi,
désir interdit,
Évite mes regards,
Contente-toi dêtre dans mon âme,
Quelle te serve de résidence
Jusquà ce que mon corps gise dans son
cercueil.
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Récitatif
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Fedro:
Altesse, je me réjouis de la bonne fortune de ton
frère.
Irina:
Et pourtant, tu sembles si triste ?
Fedro:
La déférence retient mon
enthousiasme.
Irina:
Et donc te fait soupirer ?
Fedro:
Ah, pardonne, si jamais...
Irina:
Pardonner ? Quoi ? Parle donc.
Fedro:
Plutôt mourir.
Irina:
Les larmes te montent aux yeux,
Fedro; ah, si je pouvais aller un peu plus loin, je pourrais
deviner ton secret. Prends soin quaucune
pensée, aucun mot ni regard, encore moins la moindre
action, noffense en quoi que ce soit lhonneur de
ta princesse. Laisse la modestie te gouverner; ainsi, tu ne
perdras jamais notre bienveillance.
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Air
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Irina
Très
souvent linclination
Contredit le devoir prescrit.
Si lune te conduit
A ta propre honte,
Lautre doit la combattre ;
Ainsi lhonneur sera sa récompense,
Si le devoir et lobligation
Contredisent linclination.
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Scène
3
Boris, Gavust, Ivan
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Air
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Boris
Plus
haut ! Plus haut !
Doit rester constamment ma devise.
La grandeur implique un plaisir double
Si la ruse a trouvé le chemin
Pour arriver astucieusement à nos fins.
En avant, mon esprit !
Plus haut !
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Récitatif
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Boris :
Mais ma ruse licite, mes amis, doit avoir pour effet que le
royaume et lÉtat en tirent les plus gros
avantages. Je peux vous faire entière confiance; et
toi, mon très cher Gavust, tu nignores pas quel
prix particulier tu obtiendras de tes efforts.
Gavust:
Mon cur tout entier est à toi, pas lombre
dun doute.
Boris:
Assez, mon très cher prince. Mon dessein louable vous
est bien connu. Mais avant toute chose, il faut maintenant
veiller que soit évitée la séparation
entre Théodore et Irina, [séparation]
que celle-ci voit avec crainte.
Ivan:
Je me charge damener déjà le patriarche
à dissuader le tsar dun tel projet. Si
larbre ne tombe pas aux premiers coups, rien
nest encore perdu: il faiblira peut-être
bientôt aux suivants.
Irina:
Pour ma part non plus, je népargnerai rien qui
soit utile. En attendant, que Fedro senquière
où mon époux peut bien être
actuellement. Dans sa chambre ? Et en quelle compagnie
?
Fedro:
Je reçois lordre avec joie.
Gavust:
Quelle que soit ma contribution, joffre ma
sincère loyauté.
Boris:
Si le prince voulait consentir à interroger Josennah,
chacun saurait à quoi sattendre de sa
part.
Gavust:
Bien volontiers.
Boris:
Ivan, fais en sorte que le plan réussisse; mais avant
tout, ne nous fais pas perdre de temps.
Fedro,
qui revient:
On dit que le tsar, de retour du conseil, a
été terrassé dune vive douleur au
flanc, et quon lui envoie les médecins.
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Chur
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Quel
coup inattendu !
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Récitatif
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Irina
et Boris:
Nous nous précipitons auprès de
lui.
Fedro:
Je vous suis sur-le-champ.
Ivan:
Moi, je vais chez le patriarche.
Bogda:
Cest mon propre ronflement qui ma
réveillé ?
Gavust:
Que fais-tu, Bogda ?
Bogda:
Il demande ce que je fais ! Avant, je dormais
merveilleusement bien; maintenant, vous voyez que je suis
réveillé. Mais que fait mon maître
?
Gavust:
Le tsar est malade; ton maître est allé le
voir.
Bogda:
Jaurais voulu quil se soit pendu, et ne sais
aucun gré au tsar de tomber malade au mauvais moment
et de me voler mon repos, la meilleure place au
monde.
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Air
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Bogda
Voyez
!
Voyez comme les hommes se tourmentent
Pour porter la couronne.
On ne pense pas au sommeil
Tant que laffaire nest pas achevée,
Et pendant tout ce temps, leur vie
Doit toujours flotter dans linquiétude.
Or, or, cela ne me plaît pas.
Jaime par-dessus tout tranquillité et
sommeil,
Quand un doux rêve vous flatte,
Sans aucun souci,
Quand je jouis des trônes et des couronnes
Quon peut avoir dans son lit.
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Scène
4
Olga, Gavust, Josennah
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Air à
trois
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Olga:
Qui voit les yeux bien-aimés
Aspire à être près du
cur.
Gavust
et Josennah:
Qui ne voit pas léclat bien-aimé
Aspire à sen rapprocher.
Olga:
Le regard veut se rendre maître de
lâme.
Josennah:
Lamour qui ne rapporte rien ne sert à
rien.
Gavust:
Si une ardeur fidèle voit une apparence
despoir,
Qui voudra fuir ce doux martyre ?
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Récitatif
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Gavust:
On dirait que nous sommes attirés par des aimants
différents.
Josennah:
Cest peut-être bien le même, mais je crois
que les intentions diffèrent.
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Air
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Olga
Dans
lamour, un tendre cur
Ne voit rien que pur amour.
Qui noublie pas dautres intentions
Et ne voit dans lamour quun prétexte
Ne mérite pas dêtre conduit par
lui.
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Récitatif
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|
Josennah:
Un prince doit-il souffrir encore plus longtemps
?
Axinia:
Peut-être souffrance et tourment vont-ils le quitter
bientôt.
Josennah:
Alors, une grande peine apporte aussi une grande
récompense.
Axinia:
Encore un peu de patience, mon prince; cela ne peut plus
être bien long.
Josennah:
Eh bien, je vais arranger au mieux notre affaire.
[Il
fait semblant de sortir]
Axinia:
Le prince mobligera beaucoup ainsi.
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|
Duo
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Axinia
et Gavust
Y
a-t-il plus beau au monde
Que de pouvoir lire lamour même
Dans les yeux de lautre ?
Axinia
Quand
un cur fidèle
Se repose fermement sur lautre,
Rien ne peut le blesser.
Gavust
Alors
tout est à lunisson,
Ce quils font et même ce quils pensent
Ne font quun.
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Récitatif
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Gavust:
Josennah [revenu par surprise]:
Axinia, traîtresse !
Axinia:
Limpudent a tout entendu ! Ma vie...
Gavust:
Il me rendra des comptes pour cette indiscrétion.
Halte !
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Récitatif
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Axinia:
Ce nest pas tant le danger auquel mon prince
sexpose...; un instant dabsence est ce dont mon
cur se plaint.
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Air
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Axinia
Cest
cette absence
Qui me fait soupirer sans répit.
Car elle a trahi mon espérance
Et je nespère plus de pitié pour mon
martyre.
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Récitatif
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Gavust:
Je ne le trouve pas, le présomptueux sest
caché quelque part.
Axinia:
Qui sait quel tapis le dissimule ! Pour moi, te revoir
suffit à ma joie.
Gavust:
Je souhaite ne plus jamais méloigner de
toi.
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|
Duo
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|
|
Axinia
et Gavust
Ne
séparez jamais
Vos chaînes chéries,
Tressez ensemble
A la fois yeux et curs.
Axinia
Égalez
en douceur
La laine et la soie,
Laissez lenvie
Causer sa propre peine,
Apportez à la jalousie
Une douleur mortelle.
Gavust
Égalez
en dureté
Lacier et le fer,
Laissez-nous prouver à chaque danger
Que nous regardons la peur
Comme une plaisanterie.
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Scène
8
Fedro, Boris, Bogda, Ivan, le Chur
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Récitatif
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Fedro:
Jusquici, tout va bien.
Boris:
Le soleil de lhonneur nous promet dautres beaux
jours.
Bogda:
Il y a encore beaucoup à dire.
Boris:
Et quoi ?
Bogda:
Rien, maître.
Boris:
Alors, pourquoi parles-tu ?
Bogda:
Cest sorti tout seul.
Boris:
Cela ne doit pas arriver tant quon ne te demande
rien.
Bogda:
Et alors ?
Ivan:
La maladie du tsar saggrave, les médecins sont
unanimes à dire que le terme de sa vie ne peut pas
être loin.
Boris:
Alors, pensons à la patrie.
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Chur
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De
cet instant dépend la chute ou la
prospérité du royaume.
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|
Récitatif
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Bogda:
Le plus dur, cest le dernier.
Ivan:
Même si le royaume est ruiné tout entier, et
quOlga continue à me fuir, mon cur
amoureux, tant quil battra, ne peut
sempêcher de se soucier delle
seule.
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|
Air
|
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|
Ivan
Je
voudrais oublier ma bien-aimée,
Mais comment, ô Dieu !
Si le cur ne le peut pas ?
Où que je tourne mes regards,
Je ne vois quOlga.
Si mes pas méloignent delle,
Je finis par retrouver Olga;
Si mes pensées se tournent ailleurs,
Toujours je reviens à elle.
|
Scène
9
La splendide chambre à coucher de Théodore
Théodore, sur un tabouret, couronne et sceptre sur
la table;
autour de lui, debout à côté du
patriarche, Boris, Irina, Axinia, Fedro, Ivan, et les
autres boyards
|
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Air
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|
Théodore
Dans
la main de celui qui la faite,
Repose la vie du mortel.
Qui a constellé la voûte céleste
Veut que change, non que périsse
Ce qui doit la vie à la
divinité.
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|
Récitatif
|
|
|
|
Théodore:
Après ce chant du cygne, mes
nobles fidèles, la couronne et le sceptre ne me
causeront plus beaucoup de plaisir, et, ah ! cette
faiblesse...
Fedro:
Si quelque chose peut nous consoler dans cette affliction,
que Votre Majesté nous rende heureux et, de sa main
sacrée, donne le sceptre à celui quElle
a distingué comme le plus digne de tous
dêtre élevé au trône
après votre mort.
Théodore:
Démétrius, Démétrius, ô
mon héritier disparu, je te suis, je te suis dans
léternité. Accepte-le, Ivan
[Il
voit quil meurt, et tend le sceptre à Ivan, qui
refuse]
Bon,
alors, Fedro. Lui non plus ? Fedro non plus. Que le prenne
qui veut, je meurs.
[Théodore
jette le sceptre à terre]
Boris:
Ce devant quoi tous les sujets sinclinent doit-il
rester ainsi jeté à terre ? Dans
lassemblée qui se tient maintenant, chacun veut
voir où va la majorité des voix.
Fedro:
Ce coup du sort va-t-il me consoler ou maffliger ?
Comme Irina a sans nul doute du chagrin, je ne peux pas de
sitôt penser à une consolation.
|
|
Air
|
|
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|
Fedro
Un
espoir secret mhabite,
Impatient de plaisir futur.
Que la raison me garde de limpossible,
Mais le temps peut tout vaincre.
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Scène
1
Un vaste appartement aux tapisseries somptueuses, avec
une table dor
Boris, portant le sceptre, Irina, Fedro, Ivan et les autres
princes
|
|
Canon
à quatre
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Irina,
Boris, Fedro & Ivan
Soleil,
caches-tu ta belle lumière
Devant nos lamentations ?
Vois-tu les sombres tombeaux ?
Les airs sont-ils remplis de tonnerre et
déclairs ?
Mais après la nuit revient le matin,
Radieux, et léclat bien-aimé de nouveaux
jours.
|
|
Récitatif
|
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|
Boris:
Jai pris le sceptre juste comme il venait
dêtre jeté, mais regardez, je le remets
bien volontiers à votre disposition.
[Boris
pose le sceptre sur la table]
Pour moi,
je ne suis venu ici que pour vous faire connaître mes
intentions: à savoir, fatigué de la vie de
cour, me retirer dans le cloître le plus proche. Je
naspire à rien dautre quà
my reposer, et finir mes jours dans la paix et la
méditation.
Irina:
Jespère quon me laissera la
liberté de jouir du même bonheur avec mon
frère.
Fedro,
à part:
Malheur à moi !
Boris:
Dici là, je souhaite que lon choisisse
dans le plus grand intérêt du
royaume.
Irina
et Boris:
Et que vous tous
Éprouviez toujours
Des plaisirs sans nombre
Et surmontiez heureusement
Toute difficulté.
|
|
Air
|
|
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|
Josennah
Noble
lignée issue de la couronne,
Rang princier et curs élevés,
Riez vous de linclination nommée Amour.
Si Amour ne conduit pas au bonheur, à la
couronne,
Si cet enfant ne prépare pas le chemin du
trône,
Il ne vaut pas la peine de connaître son
nom.
|
|
Récitatif
|
|
|
|
Josennah:
Si Boris ne faiblit pas dans sa résolution, Axinia
peut facilement être heureuse avec moi; je
moccuperai plus tard de son tourtereau, une fois mon
but atteint. Viens ici, Bogda, écoute.
Bogda:
Que va-t-il encore arriver ?
Josennah:
Je sais que la vie du monastère ne te
convient...
Bogda:
Et alors ?
Josennah:
Tu nas quà passer un peu de lautre
côté.
Bogda:
Et pourquoi ?
Josennah:
Tu dois comprendre, je ne peux supporter davoir un fou
à ma droite.
Bogda:
Moi, je ne me plains pas, ça mest égal,
ça ne me dérange pas. Monseigneur,
quavez-vous dautre à proposer
?
Josennah:
Je voulais savoir si Bogda aimerait mon service.
Bogda:
Moi, serviteur ? Oui, ça devrait me plaire: qui a un
serviteur en a un, qui en a deux en a un demi, qui en a
trois nen a aucun.
Josennah:
Je crois que Bogda se vante; je veux dire: veux-tu me servir
?
Bogda:
Merci pour lhonneur. Vous servir ? Et où
habitez-vous ? Où est votre maison ?
Josennah:
Oh, questions stupides ! A quoi te servirait que je te le
dise ? Je pensais seulement que la solitude du
monastère te déplairait.
Bogda:
Tout au contraire Monsieur [sic, en «
français » dans le texte]. Vous ne
pouvez pas croire comme cette situation mattire, car
là-bas, il ny a rien à faire pour moi,
et ainsi je pourrai dormir jusquà midi.
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|
Air
|
|
|
|
Bogda
Toi
qui aimes aller en liberté,
Et qui frémis dhorreur devant le travail,
Il est bon pour ta peau
De te consacrer au cloître.
Comme tu es bonne,
Paix du cloître,
De nourrir des paresseux
Qui ne se soucient pas du monde !
Aimes-tu les friandises ?
Boire le vin du curé ?
Va-t-en chez les moines,
Tu nen manqueras pas.
Comme tu es bonne,
Paix du cloître,
Car on peut se reposer des gueuletons
Avec les poissons du Carême.
Veux-tu avoir de jolies filles,
Quand te démange une envie de Vénus
Que tous ne connaissent pas ?
Ici, tu peux tranquillement lassouvir.
Comme tu es bonne,
Paix du cloître !
Personne napprendra si facilement que ça
Comment les gens saccouplent ici.
|
Scène
3
Olga, Josennah; Ivan,
éloigné
|
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Air
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|
Olga
O
mon âme ! il nest pas possible
Davoir un cur et de ne pas aimer.
Attirant mon cur, ô Dieu,
Sa belle prestance et son bel esprit
Me forcent à soupirer.
|
|
Récitatif
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|
|
|
Olga:
Mon prince, tu obtiens aujourdhui, en même temps
que ma main, la bonne fortune et lamour, car vu
létat présent du royaume, il mest
facile darriver à toffrir le trône.
Jai à mon service des amis, de largent et
du pouvoir. Mon ancienne lignée a jusquici
méprisé les autres, mais tes qualités
royales, que jai toujours tenues dans lestime la
plus haute, me font suffisamment voir que tu es le seul
digne de cette alliance.
Ivan,
à part:
O désirs étranges, qui vous font oublier votre
intérêt devant une offre qui semble dangereuse
!
Josennah:
Je ne peux encore rien décider, tant quAxinia
nest pas daccord, mais je vais mempresser
de la ranger à notre côté, en la
flattant, de sorte que si cela réussit, Olga seule en
tirera avantage.
Olga:
Je vais mefforcer que tout soit préparé
selon les voeux de Josennah.
[Elle
sort]
Ivan,
à part:
Et je vais tâcher que dès le point du jour, ces
châteaux en Espagne seffondrent.
Josennah:
Olga, tu te fais des illusions. Axinia ne fait que soupirer
pour moi.
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|
Air
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|
|
|
Josennah
Tu
es belle, chère, et séduisante,
Mais tu nes pas celle
Qui ma ravi le cur.
Non, non, non, non.
Tu as une belle chevelure dor,
Des lèvres de rubis,
Mais celui pour qui je soupire
Est un autre visage.
|
Scène
4
La scène est dans le jardin du Grand-Duc
Axinia, Ivan
|
|
Air
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|
|
|
Axinia
Qui
ne marrache pas la vie,
Qui ne marrache pas le cur,
Ne peut arracher mon amour de mon sein,
Car je porte en lui, profondément imprimé
Par la main de lamour,
Ce visage tant aimé et serein.
|
|
Récitatif
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|
Ivan:
Permets à ma bouche fidèle, Altesse, de
texposer quelle conjuration te menace, ainsi que ce
royaume: Josennah ne craint pas dagir pour que, avec
laide dOlga, la couronne lui revienne par toi.
Je crois certes que ton cur va haïr ce
traître, car il estime la fausseté à sa
juste valeur. Mais les conjurés pourraient facilement
être renforcés si on ne parvient pas à
éradiquer le complot à temps. Oui, si je
devais être choisi comme instrument, je voudrais, par
ce fer froid, apprendre à cet étranger
présomptueux quaucun Russe véritable ne
voudrait entrer dans ce plan.
Axinia:
Je te suis très obligée de la nouvelle, on va
faire en sorte de parer le coup.
|
|
Air
|
|
|
|
Gavust
Fleurs
amoureuses, vous vous plaisez
A accueillir, heureuses, en votre sein,
Cette brise coquine qui vous charme.
Ainsi fais-je.
A mon cur, si vous ne le savez pas,
Elle est chère, et pas toujours amère,
La flèche qui le blessa.
|
|
Récitatif
|
|
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|
Axinia:
Estimé prince, ton plaisir sera-t-il perturbé
dentendre ce que prépare le traître
Josennah ?
Gavust:
Je ne men soucierais guère, je rirais
plutôt de sa folie.
Axinia:
Il ne recherche mon amour quen apparence, et
espère avec lappui quOlga lui a promis,
devenir maître de ce royaume. Réfléchis
à ce quil faut faire.
Gavust:
Je jure de ne jamais être en repos tant que cet
outrage ne sera pas complètement vengé.
|
|
Récitatif
|
|
|
|
Gavust:
Prince indigne et impudent, une princesse doit-elle se
laisser ainsi insulter par toi ? La princesse pour laquelle
mon cur ne souhaite que répandre lencens
de lamour ? Arrête, prince
dépravé, ou tu ten
repentiras.
|
|
Air
|
|
|
|
Gavust
Si
lamour veut se venger,
Tout peut lui prêter main-forte,
La résistance la plus ferme
Doit plier ou se briser.
|
Scène
7
Au monastère
Boris, Irina, Bogda
|
|
Récitatif
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|
Boris:
Qui veut régner avec bonheur
Doit pratiquer la feinte.
Rarement lui sera garanti
Ce à quoi il aspire intensément.
Mais souvent lui est offert
Ce quil semble rejeter;
Ce quil souhaite secrètement,
Il doit le repousser loin de lui.
Irina:
Bien que la splendeur de la cour soit
préférable à la vie
cloîtrée, lhonneur nous commande de la
fuir maintenant. En vérité, même le doux
plaisir doit être sacrifié au devoir et
à lhonneur.
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|
Air
|
|
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|
Irina
Jamais,
pour suivre un vain plaisir
Je ne ferai outrage à ma gloire;
Bien quelles soient dures et
sévères,
Aux lois du devoir,
Jimmolerai toute inclination.
|
|
Récitatif
|
|
|
|
Bogda:
Doù le Diable sort-il toutes ces barbes grises
qui sapprochent de moi ? Vite, à vos cellules,
sinon, elles vous ramèneront dans lenfer de la
cour.
|
Scène
8
Chur des vieillards et des enfants; Bogda à une
fenêtre du monastère
Dun côté arrive une foule de vieillards
à la barbe grise, vêtus de noir,
de lautre, une troupe denfants en
blanc.
|
|
Churs
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|
|
Les
enfants, les vieillards
Boris,
regarde-nous avec bienveillance,
Entends nos pleurs.
Les
vieillards
Lempire
retentira de gémissements,
Si le sceptre nest pas confié
A ta main.
Les
jeunes
La
Russie tout entière est orpheline
Depuis que tu tes détourné de nous.
Manifeste ton aide paternelle.
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Récitatif
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Bogda,
à une fenêtre:
Vieux conchieurs de chausses, quavez-vous à
faire ici, à fixer ce monastère ? Partez,
avant quon ne vous fasse retrouver vos pieds de vingt
ans. Vous, jeunes seigneurs, attention que ces pierres et
vos têtes ne se rapprochent.
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Récitatif
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Bogda:
Vous êtes les plus grands fous sur terre, ne
méchauffez pas la tête. Mon maître
nest pas chez lui, vous entendez, que voulez-vous
dautre ?
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Récitatif
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Bogda:
Ces pots de chambre vont laisser des traces sur vous; je
vous conseille de fermer vos becs. Mon maître
nest pas chez lui, il me la dit lui-même.
A quoi sert de pleurnicher à la mer et à ses
pierres ? Pas une ne se brisera à vos cris.
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Scène
9
Les mêmes, Fedro, Irina
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Récitatif
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Fedro:
Peut-on parler à la princesse ?
Bogda:
Je dois menquérir si elle veut être chez
elle aujourdhui.
Fedro:
Cet endroit silencieux renferme-t-il la plus grande
beauté ? Une déesse peut-elle condescendre
à choisir pour séjour une mer sans repos et
une maison bien fermée ?
Bogda:
Voici Irina qui sort.
Fedro:
Si la compassion nest pas complètement
refusée à ta belle âme, vois donc
comment (à part) mon esprit (haut) le
cur du pays te presse de revenir.
Irina:
Mon prince, pardon ! Je ne peux pas vous comprendre.
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Air
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Fedro
Si
tu ne mentends toujours pas,
Apprends de la mer et du vent
Au moins quelque pitié.
Londe crie contre toi, irritée,
O ma tyrannie aimée,
De tant de cruauté.
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Récitatif
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Irina:
Épargne-moi plus ample explication jusquau
moment opportun.
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Scène
10
Les mêmes, Boris, Ivan, Bogda, Gavust portant sceptre
et couronne sur un coussin précieux,
boyards et chevaliers
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Récitatif
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Ivan,
s'agenouillant:
Très puissant, que chacun est prêt à
honorer à genoux comme souverain, entends les paroles
de ton serviteur. Le conseil du royaume te fait remettre ces
insignes de tsar de Moscou, et espère que ta
Majesté nous fasse la grâce daccepter ce
que terre et ciel lui ont destiné dun commun
accord.
Irina:
Mon frère et prince, considère ce que tu te
dois, et dois encore plus à la patrie. Vois ce que
ton cher peuple réclame. Vois comme les enfants ici
implorent celui qui est leur seul soutien et sauveur, vois
le souhait des princes partagé par chacun. Enfin,
exauce ma prière et celle dun tel
nombre.
Boris:
Vous mavez enfin vaincu: voyez, je me sacrifie pour le
salut de ce royaume. Mais dabord, dis-moi, Fedro, dans
quel état est maintenant
larmée.
Fedro:
Il y a déjà deux cent mille hommes pour
embrasser notre cause fortunée, prêts à
marcher et à combattre sur un signe de
toi.
Boris:
Bien, mon devoir exige que je me rende dabord au
camp.
Bogda:
Et moi, que je cultive la patience.
Tous. Instruments à lunisson.
Vive Boris, vive Boris.
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Air
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Boris
Heureux
et fortuné,
Je vaincrai tous les ennemis;
De mes peuples heureux,
Je suis craint et aimé.
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de page

Scène
1
A lextérieur du Kremlin
Olga, Josennah, puis Ivan
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Duo
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Olga,
Josennah
Se
sont conjurés contre nous
Amour aveugle et fortune aveugle.
Leur habitude est dêtre changeants.
Et leur courroux retombe bientôt sur nous.
Ici seulement, on voit sans limite
Et sans altération, leur
malignité.
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Récitatif
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Josennah:
Aucun projet na jamais été aussi vite
ruiné.
Olga:
Cest Boris le responsable, ses actes sont pure
ruse.
Josennah:
Et crois-tu quil ny ait rien à faire
contre ce gêneur ?
Olga:
Je ne saurais vraiment pas comment my
prendre.
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Trio
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Olga
et
Josennah
O
fortune, qui te suit,
Qui te réclame une faveur,
Est encore plus aveugle que toi.
Tu peux berner les plus intelligents
Car cest ton essence dêtre
inconstante.
Et si en plus
Lamour sy joint,
Alors il y a deux tyrans
Pour faire le malheur de lâme.
Ivan
O
fortune, qui te suit,
Qui te réclame une faveur,
Finit par rencontrer ton courroux.
Tu ne berneras jamais celui
Qui sattache à toi avec prudence.
Et si en plus
Lamour sy joint,
On peut dautant mieux supporter
Ce qui apporte la douleur.
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Récitatif
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Ivan:
Je te trouve ici, traître ! Tu dois payer
chèrement ton ambition royale. Quoi ! Ta vantardise
est muette ? Défends-toi, ou tu vas mourir comme un
chien.
Josennah:
Qui peut se retenir devant une telle attaque ?
[Ils
se battent]
Ivan:
Reçois donc le prix de la fausseté et de...
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Scène
2
Les mêmes, Gavust, fusil au poing
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Récitatif
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Gavust
et Olga:
Halte !
Gavust:
Je dois dabord obtenir de lui une réponse.
Pourquoi cherche-t-il à tromper à la fois Olga
et Axinia ?
Josennah:
Voici ta réponse.
[Josennah
tombe]
Malheur
à moi !
Gavust:
Ta vie est maintenant entièrement entre mes mains,
mais je veux bien lépargner, si tu
jures...
Ivan:
...quà Olga...
Gavust:
...quà Axinia, tu ne penseras plus jamais.
Quitte ce pays, et quon ne te revoie plus à
Moscou.
Gavust
et Ivan:
Ou tu le regretteras.
Josennah:
Je jure tout cela pour sauver ma vie. Mais la honte va me
déchirer le cur.
[Il
sort]
Gavust:
Linjustice doit toujours céder,
Et la magnanimité lemporter sur la
fausseté.
Sil arrive que pour un court instant,
Le vice sélève,
Et couronne les plus hauts sommets,
Il sera bientôt dissipé.
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Récitatif
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Ivan:
Ce prince dépravé est, comme tu vois, banni;
refuses-tu toujours de reconnaître ma
fidélité ?
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Air
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Ivan
Beau
visage aimable qui mappartiens,
Laisse-moi au moins sentir grâce à toi
Le plaisir de mes souffrances.
Laisse-moi, très chère, et souviens-toi
Quau Paradis
La cruauté ne peut jamais
régner.
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Récitatif
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Olga:
Quand le temps aura guéri mes blessures, je pourrai
te répondre mieux.
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Air
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Olga
Qui
considère lamour comme il convient
Trouvera en vérité
Que le temps pour lui compte plus
Que de gros efforts.
Rien ne sert de se tourmenter gravement,
Tôt ou tard,
Sur notre cur
Le temps agira.
Agir et sabstenir,
Aimer ou haïr,
Jamais cela nobéit
A la volonté ou à la raison.
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|
Air
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Axinia
Plus
douces et plus chères après la peine
Sont les joies que tu dispenses, dieu damour.
Si ta divinité, en même temps que le
plaisir,
Ne donnait pas la souffrance,
Elle ne serait plus si encensée.
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Récitatif
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|
Irina:
Lhonneur est maintenant satisfait, et un vif plaisir
devrait étreindre mon cur; pourtant, il sent un
déplaisir auquel il navait jusque là
prêté que peu dattention.
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Air
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|
Irina
Une
douleur inconnue
Entrave les joies
Que ma raison me promet.
Ma bouche laisse échapper un soupir,
La souffrance sassocie au plaisir,
Et je nen sais pas la cause.
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Scène
5
Les mêmes, Gavust, Fedro, Bogda
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Air
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Gavust
Que
ce soit une joie de se revoir,
Quand amour et grâce sont là,
Et que léloignement soit dur,
Nos curs peuvent en témoigner.
Qui est blessé dun doux regard
Sera récompensé du bonheur suprême;
La félicité des dieux nest quune
bagatelle
Pour celui qui possède une telle beauté.
Que ce soit une joie, etc.
Quand bouche sur bouche,
Quand main sur main,
Scellent le lien de lamour pur,
Qui peut cacher sa joie ?
Que ce soit une joie, etc.
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Récitatif
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Fedro:
Si ma supplication est impuissante, laisse cet exemple
témouvoir. Ah ! fais-moi la grâce de
répondre à mon amour avec bienveillance
!
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Air
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Fedro
Tu
es cruelle, et pourtant je tadore,
Chère flamme de mon cur.
Amour veut que je sente éternellement
Cette ardeur qui me tourmente
Avec une rigueur tyrannique et
scélérate.
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Récitatif
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|
Gavust:
Altesse, si ma prière a quelque effet, tu accorderas
ta faveur à lamour fidèle.
Irina:
Je vois bien, princesse, ce que tu veux. Un oiseau en cage
attire les autres à lui. Pour moi, cette affaire
requiert une réflexion plus mûrie.
Bogda:
Oui, laissez votre frère y réfléchir et
retournez au couvent, courez et voyez comment on lui passe
de la pommade, comment on le pare, et comment on triomphe
avec lui; moi, je ne peux plus regarder le tsar.
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|
Air
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|
|
Bogda
Je
détesterai toujours deux choses,
Qui ont nom « couronne » et « femme
».
Dans lamour, on souffre de la faim,
Aucun roi ne dort avant sa mort,
Et mon corps si délicat
Ne peut pas vivre sans faire bombance et dormir.
Cest pourquoi je détesterai toujours
Ce qui a nom « couronne » et « femme
».
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Scène
6
La magnifique salle déjà vue à l'acte I
scène 1, préparée pour le
couronnement.
Boris, le patriarche, Fedro, Ivan, boyards et
chevaliers. Gavust, Irina, Axinia, Olga, avec leur suite et
la garde
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Solistes &
Chur
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Irina
et Fedro
Heureux
peuples, ici sépanouit votre joie,
La sagesse reçoit le sceptre.
Boris doit vivre, doit régner, doit vaincre,
Que tout lui soit soumis.
Chur
Heureux
peuples, etc...
Axinia
et Gavust
Le
chagrin sest mué en jeux et
divertissements,
Linquiétude et le doute touchent à leur
terme,
Maintenant que sont reconnues
La magnanimité et la vertu.
Chur
Heureux
peuples, etc.
Olga
et Ivan
Notre
chef glorieux et puissant,
Toujours couronné de lauriers et de palmes,
Écrase ses ennemis au seul bruit de son
nom.
Chur
Heureux
peuples, etc...
[répété
pendant que se déroule le
couronnement]
|
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Récitatif
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|
Boris,
sur le trône:
Princes loyaux, piliers de notre honneur, le pouvoir qui
mest conféré est grand, la charge est
lourde, mais nous ne manquons pas dexpérience.
La dignité doit saccompagner de
mansuétude, et un zèle inlassable diminue les
soucis. Cest pourquoi, dans nos cinq premières
années, aucun sang ne doit être versé,
et notre bienveillance veut que tout méfait soit puni
de détention, et non de mort. Et pour mieux montrer
la puissance de notre amour, Fedro, fais frapper des
pièces de monnaie et fais-les distribuer au peuple
à pleines poignées, afin que chacun puisse se
réjouir de ma générosité.
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|
Air
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|
Boris
Le
ciel me prépare la joie
De [voir] lennemi en déroute.
Je vous rapporterai mes lauriers.
Je régnerai avec plus de bonheur
Si je sais triompher.
Combien me souriront
Les
moments de la Victoire !
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Récitatif
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|
|
Ivan:
Ne me laisse donc pas seul et malheureux alors
quà présent tout est voué
à la joie.
Olga:
Comment résister à tant de
fidélité ? Je vais désormais vivre pour
Ivan.
Ivan:
O douces paroles, ô agréables propos ! Vous
chassez dun coup toute douleur.
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|
Duo
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Olga
Tu
nes plus jaloux ?
Ivan
Non.
Olga
Tu
es donc à moi ?
Ivan
Oui.
A
deux
Comme
tu mes chère, mon âme !
Ivan
Tu
es encore dédaigneuse ?
Olga
Non.
Ivan
Tu
es donc mienne ?
Olga
Oui.
A
deux
Comme
on se trompe
Quand la jalousie vous tourmente !
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|
Air
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Irina
Si
quelquun aime sa torture,
Si quelquun entretient sa douleur,
Il nest sans doute
Que lombre de lamour aveugle.
Mais qui voit lui-même
Quil est conduit par un aveugle,
Celui-là se retourne
Avant la chute.
Vous qui choisissez pour votre plaisir
Le dieu du martyre,
Sa ruse trompeuse vous séduit
Sans rien vous apporter.
Son feu détruit votre âme,
Son réconfort torture,
Ne soyez pas fidèles
Au dieu dinfidélité.
Ainsi fait larcher aveugle,
Sous son air amical,
Il plonge le cur
Dans lextrême douleur et souffrance.
Fuyez son piège,
Rompez ses liens,
Détachez votre esprit,
Et libérez votre raison.
Si vous êtes contents,
Redoutez sa sournoiserie,
Si vous êtes affligés,
Cherchez le plaisir de la liberté.
Quil vous ravisse,
Quil vous captive,
Choisissez létat
Qui ignore cette peine.
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Récitatif
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|
Olga:
Ces paroles ont sûrement été
composées au couvent, et sont en soi assez
appropriées, mais de nos jours, on ne peut quen
rire.
Irina:
Je crains moi-même la trahison, que le cur et
les lèvres se contredisent.
Olga:
Vois, Altesse, comme la vengeance dAmour peut
être aimable, comme il nous a enchaînées
agréablement.
Ivan:
Voici un autre couple qui montre quen
réalité, lamour ne doit pas être
accusé.
Irina:
Mais des feux si parfaits se trouvent rarement.
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Scène
9
Les mêmes, Axinia, Gavust
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Air
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Axinia
Toute
mon âme jubile et exulte,
Et mon tendre cur aimant,
Nest pas assez vaste pour tant de plaisir.
Puisque le sort mest si favorable et propice,
Donne-moi, Amour, un autre cur,
Mais plus apte à la joie.
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Récitatif
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Gavust:
Ton Fedro ne peut donc pas être exaucé
?
Irina:
Peut-être, sil était là, serais-je
daccord.
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Scène
10
Les mêmes, Fedro, Bogda
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Récitatif
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Fedro
Ô bonheur qui ma amené ici à point
nommé ! Ah, Princesse, ne regrette pas tes
propos.
Irina:
Vous avez consciencieusement ourdi la ruse, et êtes le
messager dAmour.
Fedro
Seul un oui, un doux oui, peut me rendre heureux.
Irina:
La confrérie des amoureux ne ma jamais bien
plu, et lexpérience ma rendue assez
prudente; mais ta fidélité discrète
sans égale, mon Fedro, peut maintenant atteindre son
but. Pour autant que mon seigneur et frère soit
daccord, tu peux compter que je suis à
toi.
Bogda:
Place ! Le tsar arrive.
Fedro
Mon immense bonheur me noue la langue.
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Scène
11
Les mêmes, Boris, boyards, chevaliers,
gardes
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Air
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Boris
Livrez-vous
à un plaisir sans reproche,
Prêtez loreille à lamour,
Là où le bonheur est durable,
Amour ne doit pas refroidir
Mais encore se renforcer.
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Récitatif
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Gavust,
Ivan,
Fedro:
Accordez, Votre Majesté...
Gavust:
...quAxinia...
Ivan:
...quOlga...
Fedro:
...quIrina...
Gavust,
Ivan,
Fedro:
...mépouse.
Boris:
Je souhaite que chacun de vous jouisse dautant de
bonheur que dheures de vie. Prends, mon fils, ce qui
tétait depuis longtemps destiné. Prends,
mon frère, ce qui a reconnu ta valeur. Et toi, mon
ami, si ta princesse te ravit, jespère que
chacun sera en paix.
Axinia,
Irina,
Olga,
Fedro,
Ivan,
Gavust:
Cette grâce est inestimable.
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|
Air
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|
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Fedro
Oui,
je suis heureux,
Oui, mon cur est content,
Il ny a pas de destin
Plus doux que le mien,
Ni damour plus pur.
|
|
Ensemble
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|
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|
Tous
Oui,
nous sommes tous bénis
Par la Gloire et par Amour.
Boris
Moi,
je suis couronné.
Tous
Et
nous, bien-aimés;
Oui, nous sommes contents pour toujours.
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|
Récitatif
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Bogda:
Oui, si le pauvre Bogda nest pas
oublié.
Boris:
Que souhaites-tu ?
Bogda:
Si javais seulement quinze plats chaque jour, un bon
vin vieux et un lit moelleux, moi aussi je serais
content.
Boris:
Quoi dautre ?
Bogda:
Et navoir rien à faire dautre que ce que
je veux.
Boris:
Accordé.
Bogda:
Ainsi mest assuré plus dun jour de
plaisir.
Boris:
Puisque le bonheur et lamour nous transportent tous
aujourdhui, louons notre bonne fortune.
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Finale: tous
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|
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Irina
Lamour
doit se fonder sur la constance,
Ainsi trouve-t-on le bonheur;
Ce qui autrement blesserait les curs aimants
Devient pour finir une douce plaisanterie.
Axinia
et Gavust
Une
tendre aspiration
Doit étreindre nos curs;
Ce quon appelle autrement faiblesse
Sera banni de nous.
Notre amour ne connaît que pur plaisir.
Axinia,
Gavust,
Boris
Les
chaînes damour sont dignes
déloge
Quand on les porte fidèlement
Et quon peut prouver quon est
constant.
Tous
Cet
enfant riche damour
Qui soumet le ciel,
En même temps, relie la terre,
Par la caresse de sa torche,
Avec le royaume des dieux.
Axinia
Je
suis déjà vouée à son feu,
Un autel ma été
préparé
Qui mapporte une joie éternelle.
Olga,
Ivan
Merveilleux
plaisir
Qui se fait connaître à nous
Par une attraction secrète.
Olga,
Ivan,
Fedro
Merveilleux
plaisir...
Quelque chose qui na pas de nom
A ravi nos esprits
Et récompensé nos efforts.
Olga
Dans
le bien-aimé,
Mon cur a trouvé lamour
même.
Tous
Il
donne à nos yeux
Le choix plaisant,
Le rayon bien-aimé,
Des plaisirs sans nombre,
Et augmente dautant
Nos doux désirs.
Irina,
Axinia,
Boris
Vois
et cordes
Doivent se livrer un combat plein dégards,
Maintenant que la fortune nous sourit,
Pour que le règne damour
Produise un chant de louange.
Chur
final,
chanté et en même temps dansé par
tous
Allez
dire partout avec inspiration
Quelle joie procurent Fortune et Amour
Quand, unis dans la plus douce des flammes,
Ils enlacent lhonneur et linclination.
Puissions-nous toujours les avoir présents à
lesprit,
Et ainsi, que leur éclat bien-aimé
(Le ciel le veuille !)
Nous entoure tous,
Réjouisse nos curs et ne sefface
jamais.
|
|
traduction:
Jacqueline & Alain
DUC
Traduction
française daprès lédition
préparée pour le Boston Early Music Festival
par Jörg Jacobi, Paul ODette et Stephen Stubbs.
2e éd. revue, novembre 2005
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