Scène
1
La prison
Caligula,
Ségesta
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Récitatif
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Caligula
Ségesta,
tu laisses encore une douleur importune te torturer
le cur ?
Ségesta
Tant
que vivra Ségesta, elle vivra toujours
triste, toujours affligée.
Caligula
Espère
joies et plaisirs. Tu nauras pas toujours de
lourds fers au pied.
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Air
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Caligula
La
douce et chère liberté
Mettant fin à ton martyre
Pourra un jour te rendre heureuse.
Si tu veux toujours languir,
Dis-moi donc, quen
résultera-t-il ?
Pleurer toujours est vanité.
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Récitatif
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Ségesta
Que
je sois libre, ô Dieu, ne me rendra pas
à Arminius, napaisera pas mon
désir.
Caligula
Pour
te consoler, vois comment lAurore dans le
ciel, lorsquun jour a disparu, revient avec
le suivant, et lorne de sa
lumière.
Ségesta
LAurore
est inconstante et infidèle à
Tithon ; cest un exemple qui messied
pour un cur fidèle.
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Air
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Ségesta
Lhéliotrope
Suit toujours
Le soleil
Même si au ciel
Il ne brille plus.
Tu dois aussi
Considérer cela.
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Récitatif
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Caligula
Mais
si jamais, ici, à Rome, un homme
dillustre naissance te donnait son cur,
lui répondrais-tu par ton
amour ?
Ségesta
Si
tu veux me consoler avec un discours si vain, cesse
de mimportuner !
Caligula
Mais
si je te disais : Bien-aimée, pour qui
je soupire, mon cur
tadore ?
Ségesta
Tais-toi :
cela me fait souffrir dentendre encore une
pareille folie qui se moque de moi.
Caligula
Et
si jajoutais : Belle, accepte
lardeur de mes flammes ; mon âme
souffre pour toi, pour toi brûle mon
cur ?
Ségesta
Ah !
Tentendre me répugne,
técouter me fait mal !
Caligula
Mais
si je répétais : Ségesta
adorée, mon idole ! toi qui sais
déjà combien, en une âme
aimante, Cupidon a de pouvoir, aie pitié de
moi, dun cur
fidèle !
Ségesta
Tu
téchauffes en
parlant !
Caligula
Je
ne peux plus mentir. Ségesta aimée,
ô Dieu ! Cest moi, moi seul, qui
vis en taimant.
Ségesta
Suffit,
langue outrecuidante ! Silence,
téméraire !
Caligula
Oh
Dieu !
Ségesta
Va-t-en !
Caligula
De
grâce, chère !
Ségesta
Tu
essayes encore, infâme !
Caligula
Calme
ta colère, Ségesta !
Ségesta
Va-t-en,
ne reste pas !
Caligula
Si
cruelle !
Ségesta
Si
rustre !
Caligula
Oui,
je partirai. Mais crois bien, pendant ce temps, que
si tu ne changes pas didée, je saurai
trouver de plus amples raisons pour te faire
pleurer
Ségesta
Je
serai ferme, oui. Si tu donnes libre cours à
ta colère, tu verras que jai en mon
sein un cur qui sait souffrir.
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Scène
2
Claudia, Erchinus
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Air
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Claudia
Si
tu prends plaisir, dieu enfant,
À enflammer des ardeurs en mon sein,
Fais quau moins un destin
équitable
Fasse brûler nos deux
curs.
Si,
amour aveugle, tu ne le veux pas,
Tu peux lancer tes flammes,
Ah, prends-les à mon cur,
Nous serons en feu tous les deux.
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Récitatif
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Erchinus
Oh,
la vive estocade ! Oh, la fière
parade ! Oh, la belle victoire ! Oh,
quelle rapide retraite !
Claudia
Tu
tires lépée bien
fièrement, Erchinus, sans avoir
dadversaire ?
Erchinus
Oh
pardon, madame ! Je
mentraîne ; si toi, cest
lamour qui te plaît, moi, cest le
courage qui me fait faire des folies.
Claudia
Donc,
toi qui es si martial, cest la colère
plus que Cupidon qui te domine ?
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Air
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Erchinus
En
vérité, létat
Dun amant
Est extravagant.
Nuit et jour,
Il va toujours
Pleurant, soupirant.
Mais quobtient-il à la fin ?
Séduisante,
Menteuse,
Une beauté le piège,
Par sa perfide
infidélité.
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Récitatif
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Claudia
Ah,
tu as bien de la chance. Mais il ne mest pas
permis dimiter ton exemple.
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Air
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Claudia
Si
le Tonnant épris sest
arraché
Aux sphères célestes, et sest
changé en or,
Un faible cur ne peut résister
À la force de laveugle
ailé.
Si
la valeur du dieu Gradivus
A cédé à un trait de
Cnide,
Pour sopposer à un archer furtif,
Une âme non guerrière ne suffit
pas.
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Récitatif
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Julia
« Mais je ne sens pas pour vous de
flammes amoureuses. » Cest ainsi,
parjure, que tu bafoues mon affection, que tu
railles mon amour ? Je me rappelle,
traître, quand tu me
disais : »Julia, je soupire pour
toi, je ne veux aimer que toi, tu es ma
bien-aimée, mon idole. » Eh bien,
flatteuses paroles, même mensongères,
venez réconforter mon cur.
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Air
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Julia
La
joie passée
Minvite au bonheur.
Mon supplice permanent
Me force à languir.
Les tourments de mon cur
Sont ceux de Tantale :
Proche est la douleur,
Loin la satisfaction.
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Récitatif
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Caligula
Une
si fière rigueur en un cur si
tendre ? Cela ne me fera pas changer de
sentiment.
Julia
Donc,
tu tobstines et tu te dérobes, cruel,
à mon amour.
Caligula
Je
tai aimée, Julia, je ne le nie pas, je
tai adorée, je le confesse ; mais
le temps lui-même change et se
transforme.
Julia
Ah,
Caligula aimé ! Voici les yeux, voici
les joues, voici la bouche qui te
séduisirent un temps. Si je suis la
même, pourquoi varies-tu dans ton amour,
changes-tu de désir ?
Caligula
Variable
est la course du soleil, variable le mouvement des
étoiles. Sans cesse tournent les
sphères, les mers ne sont pas toujours
calmes ; et tu voudrais que ce qui est le plus
instable de tout, ce qui ne reste jamais
tranquille : le cur dun homme, -
soit seul à rester immobile et
immuable ?
Julia
Mais
la foi que tu mas
jurée ?
Caligula
Promesse
damoureux, cest tout dire.
Julia
Tu
ne veux donc pas me céder ?
Caligula
Tu
demandes limpossible.
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Air
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Caligula
Belle,
je nai dans mon sein
Plus de cur à te donner ;
Je me le suis enlevé
Pour le donner à un autre
amour.
Je
tappellerais bien-aimée
Si jétais en liberté.
Mais Amour a déjà enserré
Mon cur par dautres
chaînes.
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Récitatif
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Julia
Reste
donc ingrat : une juste colère fait que
je commence à te haïr plus que je ne
taimai jamais.
Caligula
Ta
colère me donnera la paix.
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Récitatif
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Néron
Jaime, je souffre, je soupire, et je ne
trouve pas grâce. Toujours sourde à
mes prières, toujours irritée contre
moi, toujours farouche, obstinée, Julia
traite de délire mon amour, mes peines, mes
soupirs.
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Air
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Néron
Il
est facile dadorer
Avec constance
Une beauté aimable.
Mais il est difficile daimer
Un cur qui respire la cruauté.
De beaux sourires, des jeux, des caresses
Savent rendre amoureux
Tout le monde, en séduisant.
Mais il est rare de soupirer
Pour des dédains et des
mépris.
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Récitatif
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Néron
La
constance dAlphée, qui suit
Aréthuse en fuite même par des routes
souterraines ; la foi dApollon qui adore
encore la beauté de Daphné
changée en feuillage, et en entoure
fidèlement sa tête, allègent ma
douleur : cest un soulagement de ne pas
être seul à souffrir.
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Récitatif
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Julia
Effrayé,
Néron ? Pourquoi restes-tu ainsi
figé ?
Néron
Limpitoyable
rigueur avec laquelle, ô ma Julia, tu
méprises mon amour, trouble mon esprit,
oppresse mon cur.
Julia
Jupiter
nest pas toujours en colère et
lançant les éclairs du ciel ;
encore moins Cupidon, qui, dieu enfant, est
dhumeur variable, change souvent
denvie.
Néron
Mais
pour moi, il est toujours cruel puisquil ne
me permet pas un seul instant de changer
didée.
Julia
Espère,
Néron, espère : la belle Iris
est plus agréable, plus belle, quand dans le
ciel la précédée quelque
tempête.
Néron
Un
seul regard bienveillant de tes yeux charmeurs
peut, ô Julia, me rendre heureux, peut
rasséréner mon cur.
Julia
Tu
ne veux rien dautre ?
Néron
Si
tu maccordes cela, je mestime
heureux.
Julia
Il
test permis despérer
davantage.
Néron
Quoi ?
Julia
Peut-être
mon amour.
Néron
Ou
tu nes pas Julia, ou ne je suis pas
Néron.
Julia
Si,
si, ta constance, crois-moi, Néron,
mamène à te promettre mon amour
et même à ten donner mon
cur en gage.
Néron
Tu
te moques de moi, ô Dieu !
Julia
Je
te parle sincèrement.
Néron
Puisque
tu me lassures, si tu me donnes ton
cur, en contrepartie, tu as le mien,
fidèle.
Julia
Espère,
Néron, espère : la belle Iris
est plus agréable, plus belle, quand dans le
ciel la précédée quelque
tempête.
Néron
Un
seul regard bienveillant de tes yeux charmeurs
peut, ô Julia, me rendre heureux, peut
rasséréner mon cur.
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Duetto
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Julia
Pour
te consoler
Je saurai te payer de retour.
Néron
Je
vivrai uniquement, ô chère,
Pour taimer et tadorer.
Ensemble
Si tu acceptes mon amour,
Je ne désire pas plus grande
joie.
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Scène
7
Ségesta, Arminius
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Récitatif
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Ségesta
Es-tu
si audacieux que tu oses encore revenir
ici ?
Arminius
Pardonne
cette audace, princesse, à mon état
desclave. Si mon maître menvoie,
je dois marcher.
Ségesta
À
qui donc obéis-tu ?
Arminius
Je
sers Caligula.
Ségesta
Et
que tordonne-t-il ?
Arminius
De
te remettre cette lettre en mains
propres.
Ségesta
Infâme
Caligula ! Cur
scélérat ! Retourne vers ce
pervers et dis-lui que cest lhonneur
qui conquiert Ségesta, et non un lascif
amour.
Arminius
Tu
ne prends pas la lettre ?
Ségesta
Je
pourrais, de mépris, la déchirer en
mille pièces ; mais je ne veux pas
souiller mes mains avec cette feuille
indigne.
Arminius
Caligula
naspire quà un juste
hymen.
Ségesta
Pars !
Fuis, effronté ! Noublie pas que
tu es un domestique, un esclave !
Arminius
Jobéis à tes ordres. (Jai
retrouvé la joie grâce à ses
mépris.)
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Air
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Ségesta
Si
Clotho soudain
Coupe le fil de ma vie,
Elle fera preuve de pitié.
Vivre dans la douleur
Avec une peine infinie,
Mon cur, en mon sein, nen est plus
capable.
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Récitatif
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Arminius
(Je
veux des preuves plus fortes.) Jai
oublié, princesse, de te transmettre aussi
ceci : si tu tobstines, tu ne dois
espérer que peines, tourments, martyrs,
angoisse et douleur.
Ségesta
Importun,
pénible, tu as bien entendu ce que je
tai dit.
Arminius
Tu
es ta propre ennemie.
Ségesta
Je
suis fidèle à Arminius.
Arminius
Que
vas-tu faire ? À quoi
prétends-tu ?
Ségesta
Tu
es trop hardi, ver de terre.
Arminius
Je
souffre de te voir souffrir.
Ségesta
Va-t-en !
Mon cur suffit pour que je souffre de ma
douleur.
Arminius
Inutilement.
Ségesta
Va-t-en !
Arminius
Écoute !
Ségesta
Ah !
si je suis le jouet dun esclave têtu,
ce fer miséricordieux me défendra en
me donnant enfin le repos.
Arminius
Arrête,
arrête, Ségesta !
Ségesta
Tu
as cette audace !
Arminius
Arminius
ne veut pas ta mort.
Ségesta
Il
ne peut pas lempêcher.
Arminius
Retiens
le coup, ô Dieu ! Regarde ! Je suis
Arminius.
Ségesta
Je
te reconnais ! Oh mon époux ! Et
je cours, amoureuse, pour tembrasser encore,
ombre errante que tu es.
Arminius
Je
suis vivant, Ségesta : cest
seulement Caligula qui a inventé ma mort,
mon trépas. Du jour où les
armées latines te firent prisonnière,
moi, sous un déguisement, jai
dirigé mes pas vers le sol romain, pour te
soustraire par la ruse, ô mon amour, à
la rigueur des dures chaînes. Mais le ciel ne
la pas voulu.
Ségesta
Oh
mon amour ! Je ne puis mabstenir de tes
douces étreintes.
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Duo
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Arminius,
Ségesta
Je
te tiens dans mes bras, ma vie,
Je ne désire rien de plus.
Ma joie est infinie
Si tu es vivant / fidèle.
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Récitatif
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Ségesta
Quallons-nous
faire, mon trésor ?
Arminius
Nous
fuirons.
Ségesta
Et
comment ?
Arminius
Aujourdhui,
quand la nuit aura endormi le monde, je feindrai de
revenir ici sur lordre de Caligula, et
à la faveur de lombre, tu viendras en
sécurité avec moi. Attends le moment,
nous parlerons davantage. Le moment présent
veut que je retourne trouver Caligula. Adieu, mon
cur.
Ségesta
Va,
et que le dieu damour, bienveillant,
tassiste.
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Scène
8
Climmia, Erchinus
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Air
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Climmia
Tu
es mignon,
Tu es courtois ;
En plus,
Tu es galant.
Tu es joli,
Tu es gracieux,
Mais ce qui se détache en toi de plus
beau,
Cest lamour que tu as pour
moi.
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Récitatif
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Erchinus
(Oh,
quelle a de fumée en
tête !) Pour toi je soupire, je meurs.
(Visage contrefait !) Toi seule me martyrises.
(Avec ton humeur si folle.)
Climmia
Si
tu es constant, tu auras à la fin une grande
récompense pour ton amour.
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Scène
9
Tibère, Germanicus, Vitellius,
Séjan
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Récitatif
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Tibère
Mon
fils, tu dois laisser de côté tout
vain compliment envers un père qui
taime ; expose ton désir, dis ce
que tu souhaites.
Germanicus
À
ta suprême clémence, invincible
Tibère, je recommande mon jeune fils
Néron. Les années lui font
défaut, il est vrai, mais si on cultive avec
soin les jeunes pousses dun arbre tendre,
elles deviennent adultes avec plus de ferme
vigueur.
Vitellius
Lâge
juvénile de Néron est compensé
par un jugement mûr, un bon sens dhomme
fait.
Tibère
Jen
parlerai aux sénateurs. Les résultats
te montreront que je ne désire que ton
ascension.
Germanicus
Père,
je rends grâces avec tout mon respect ;
jattends toutes les faveurs de ta
bienveillance.
Séjan
(Et
moi, je menflamme le cur de rage et de
fureur.)
Tibère
Si
la vie de lhomme est si rapide, si
brève, il faut dautant plus employer
la jeunesse : même une heure nest
pas superflue.
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Air
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Tibère
Il
semble que la vie de lhomme
Est assez longue, lorsquelle est
là.
Mais lorsquelle est finie, elle
paraît une ombre,
Un néant, un songe.
Il
semble quun enfant, à sa
naissance,
Inaugure sa vie en vagissant ;
Mais, encore dans les langes,
Il ne fait que commencer à se rapprocher de
la mort.
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Scène
10
Caligula, Arminius
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Récitatif
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Caligula
Ces
moments où Éraste diffère son
retour dauprès de mon aimée
Ségesta semblent, ô Dieu, autant de
siècles pour ma douleur, pour mon
désir.
Arminius
Seigneur,
Éraste, triste et affligé, na
rien de riant pour toi.
Caligula
Dis-moi
pourquoi.
Arminius
Plus
farouche, plus obstinée que jamais,
Ségesta irritée ma
invectivé, ma
chassé.
Caligula
Qua-t-elle
fait de la lettre ?
Arminius
Elle
ne la pas acceptée, ne la pas
prise. Orgueilleuse, elle ma répondu
que dans son cur fidèle, toujours
vivra lhonneur intact.
Caligula
Et
les promesses ?
Arminius
Elle
nen a cure.
Caligula
Les
menaces ?
Arminius
Elle
ne les craint pas.
Caligula
Quelle
constance, quelle audace dans un cur de
femme ! Mais en attendant, Caligula souffrira
quune esclave le bafoue, le
méprise ?
Arminius
Seigneur,
si tes ordres my autorisent, je dois me
rendre ailleurs pour une affaire personnelle. Tu ne
réponds pas ? Que
mordonnes-tu ? Il est pensif, il
nentend pas. Mais qui ne dit mot
consent.
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Air
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Caligula
Oui,
oui, pensers généreux,
Réveillez-vous maintenant,
Maintenant dans mon sein.
Je méprise une beauté servile,
Qui est trop farouche,
Vous ne devez plus ladorer.
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Récitatif
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Caligula
Je vois maintenant que jai eu trop de
manquements envers Julia. Mais je vais, repenti,
recommencer à laimer, en
limplorant. Cest en se trompant
quon apprend.
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Récitatif
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Caligula
Mais
la voici justement qui arrive.
Julia
Japerçois
linfâme.
Caligula
De
grâce, merveilleuse Julia, prosterné
à tes beaux pieds, si je tai
été infidèle, je mavise
de mon erreur. Maintenant, bien-aimée, je
ten demande pardon.
Julia
Tu
divagues ou tu délires, je ne suis pas
lesclave ; tes vaines prières, va
les lui adresser ; moi, je nen veux
plus. Relève-toi donc !
Caligula
Je
ne me lèverai pas, Julia, avant que tu
maies rendu et accordé lamour
que jadis tu me portas.
Julia
Tu
demandes limpossible
Caligula
Tu
mas juré de maimer.
Julia
Promesse
damoureuse, cest tout.
Caligula
Pitié,
Julia, je ten prie.
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Air
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Julia
Souffre
donc autant que tu peux,
Je me rirai de toi.
Si tu nas pas de foi envers moi,
Pour toi je nai pas de
pitié.
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Récitatif
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Caligula
Julia,
si cruelle, se refuse à maimer.
Debout, mon cur ! Puisque Claudia aussi
est belle, mon affection doit se tourner vers elle
et lui offrir mon amour.
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Scène
12
Caligula, Claudia
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Récitatif
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Caligula
Claudia,
étoile propice qui te montres ici à
moi, ô chère ! Mon cur qui
tadore te désirait impatiemment pour
te dire que jai tant dans le sein tant de
flammes ardentes.
Claudia
Mais
pas pour moi.
Caligula
Bien-aimée !
Ce nest que de toi que mon âme se sent
éprise.
Claudia
Ton
esprit divague, ou tu veux tamuser avec
moi.
Caligula
Ce
nest pas avec toute ma raison que je
tadore.
Claudia
Comment
en si peu de temps as-tu changé de
sentiments ? Il ny a pas longtemps que
jai entendu tes paroles orgueilleuses disant
que tu ne sentais pas pour moi de flammes
amoureuses.
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Air
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Claudia
Toi,
cruel,
Toi, infidèle,
Amoureux de moi ?
Quun instant
Lait pu faire,
Je ny crois pas.
Je ne méprise pas ton amour,
Mais je ne te crois pas.
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Récitatif
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Caligula
Le
dieu damour a bien raison de punir
linfidélité.
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Récitatif
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Julia
Il
sera toujours impossible que mon cur change
la foi quil ta déjà
donnée.
Néron
Donc,
tu maimes encore ?
Julia
Dis
plutôt que Julia tadore.
Néron
Tu
ne changeras jamais de penser ?
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Air
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Julia
Mon
bien aimé, ma vie,
Ne crois pas trouver en moi
Une âme inconstante.
Mais crois-moi, toi que jaime,
Devenue éprise,
Je soupire pour toi.
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Récitatif
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Néron
Julia,
tu sais me rendre heureux avec tes douces paroles.
Jai dans mon sein des joies, des
satisfactions infinies.
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Air
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Néron
Chers
yeux, belles pupilles,
Il est bien vrai que vous êtes deux
étoiles
Qui brillez au ciel damour.
Mais vous brûlez plus chères, plus
belles,
Si vous êtes deux pôles de foi
Toujours fixes pour mon cur.
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Scène
14
Erchinus, Climmia
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Récitatif
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Erchinus
De
grâce, Climmia, un mot !
Climmia
Que
diraient les gens si je laissais partir Julia et
que je reste seule ici à bavarder avec toi
?
Erchinus
Ils
diraient que tu maimes, et ne pourraient rien
dire dautre.
Climmia
Cela
causerait grand tort à quelquun comme
moi. Adieu, je men vais.
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Air
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Erchinus
Les
femmes sont bien instables,
Toujours à changer didée.
Tantôt toutes de douceur,
Tantôt pleines de rigueur.
Un moment, elles te disent :
Tu es mon cur
Mais ensuite !
Il suffit que passe un instant,
Les lubies par centaines
Leur viennent à
lesprit.
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Scène
15
Tibère, Germanicus, Julia, Néron,
Caligula, Vitellius
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Récitatif
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Tibère
Jai
parlé au Sénat, et obtenu des
pères conscrits la questure pour
Néron.
Germanicus
Une
si bienveillante faveur, invincible César,
tattache lhumble cur dun
père et dun fils.
Tibère
Et
toi, Néron, en même temps, puisque je
tai fait accéder aux honneurs avec un
plein lustre davance, accrois leur splendeur
par ta vertu.
Séjan
(Il
parle de Néron.)
Néron
Tes
grâces bienfaisantes, le devoir, la raison,
tout mincitera à bien
uvrer.
Caligula
Ces
premiers honneurs que tu reçois, ô mon
frère, je men réjouis, je les
savoure ; et avec bienveillance jimplore
les divinités célestes, je les adore
par mes prières, pour quelles
taccordent la
félicité.
Vitellius
Puisque
le bienveillant Tibère, honnête
Néron, vient de taccorder
lhonneur de la questure avant que le temps le
veuille, je suis bien assuré que,
lâge venant, tu arriveras à ce
que je prévois : les plus grandes
dignités.
Julia
Puisquun
si joyeux jour vient orner le Tibre de joyeuses
fêtes, je te souhaite, Néron, tout ce
que tu peux jamais espérer, pour te voir
pleinement heureux.
Néron
Amis,
je vous rends grâces. Mais à vous, qui
êtes les deux piliers de lempire
romain, Germanicus et Tibère, jai de
nouvelles suppliques à adresser.
Tibère
Que
demandes-tu ?
Germanicus
Que
souhaites-tu ?
Néron
Si
Tibère y consent, sil plaît
à Germanicus, je voudrais
quaujourdhui un doux
hyménée réunisse Julia et
Néron.
Caligula
Malheur !
Quentends-je ?
Tibère
Que
réponds-tu, Julia ?
Julia
Cest
tout ce que je désire.
Tibère
Puisque
vous êtes contents, donnez-vous la main
lun à lautre.
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Duo
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Julia
En
gage damour
Je te donne mon cur,
De grâce, prends-le.
Néron
Mon
amour, ma vie,
Mon âme amoureuse
Naspire à rien
dautre.
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Scène
16
Tibère, Germanicus, Julia, Néron,
Caligula, Vitellius, Séjan, Claudia,
Arminius, Ségesta
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Récitatif
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Séjan
Pendant
que parmi les ombres obscures, la nuit revient,
ô César invincible, brodant le ciel
détoiles, un vil esclave sest
livré à une téméraire
entreprise et a essayé par la ruse de faire
fuir Ségesta et lui rendre la
liberté.
Tibère
Et
elle a fui ? Vraiment ?
Séjan
Non,
car les gardes, à la vigilance sans faille,
ont découvert ce maudit esclave, et
lont suivi et mis aux fers.
Tibère
Où
est maintenant le criminel ?
Séjan
Là
dehors, avec Ségesta, sous bonne
garde.
Tibère
Fais-le
amener céans.
Claudia
Si
le bruit de la joie résonne partout, moi
aussi, jaccours me joindre au plaisir,
à la jubilation.
Séjan
Sire,
voici laudacieux.
Caligula
(Malheur !
Je suis trahi !)
Tibère
Quel
penser téméraire ta conduit
à tirer Ségesta de ses
fers ?
Arminius
Tibère !
La Fortune est toujours changeante, inconstante, et
souvent il est advenu que cette même main,
qui sut tenir le sceptre, fût entourée
et écrasée par les fers de
lesclavage. Mais puisquun destin
adverse ma amené à un tel
point, je veux tout te raconter : je suis
Arminius, et, avec le projet de délivrer mon
épouse, emmenée par tes
légions, sous un déguisement, je
lai suivie jusquà Rome ;
à peine arrivé là, jai
découvert que Caligula sétait
déjà épris de Ségesta.
Il ma ordonné maintes fois
daller la trouver avec ses billets doux, et
jai obéi. Profitant de ces occasions,
jai ourdi la fuite. Tes hommes lont
empêchée. Maintenant, dispose de moi,
fais ce que tu veux.
Caligula
(Oh
Ciel ! Cest moi le
coupable !)
Tibère
Pour
te montrer, Arminius, quelle bienveillante
clémence règne chez les
Césars, ce que tu nas pu obtenir sur
le terrain par les batailles et les armées,
si tu veux mêtre fidèle, tu peux
lobtenir sans risque et sans
armes.
Arminius
Je
vois, ô Tibère, que cest la
volonté des dieux que Rome détienne
lempire. Arminius leur accorde tout, et leur
jure sa foi.
Tibère
Holà !
Quon défasse les fers de
Ségesta et dArminius. Je vous prends
pour amis, et vous rends la liberté et le
trône. Quant à la faute commise par
laudacieux Caligula contre la justice et
contre les lois, Germanicus, punis-la comme bon te
semble.
Germanicus
Même
celui qui gouverne est soumis aux lois. En tant que
consul, jai dépouillé
laffection paternelle. Si Caligula est
coupable, quil soit puni. Ainsi donc, ces
fers que vous venez denlever à
Arminius, mettez-les sur le champ aux pieds de
Caligula. (Larmes, naccourez pas à mes
yeux !)
Caligula
Père,
tu es juste. Mes fautes méritent une plus
grande peine.
Claudia
Arrêtez,
arrêtez, cruels ministres ; et vous,
Germanicus et Tibère, soyez
miséricordieux, nendeuillez pas un si
heureux jour ; car les erreurs amoureuses
méritent excuse et pardon, et si vous voulez
que Caligula soit lié, entouré de
nuds, ma main saura nouer un lien solide
mais le lien dhyménée,
si vous voulez bien.
Tibère
Oh,
que lamour a de force !
Germanicus
Mon
cur commence à respirer dans mon
sein.
Tibère
Pour
têtre agréable, ô Claudia,
quon lui enlève les fers, et puisque
Rome tout entière est en fête, exultez
vous aussi, et unissez vos mains dans la foi
damour.
Germanicus
Ô
clément Tibère !
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Duo
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Caligula
Belle,
tu libères mon pied
Mais tu lies davantage mon cur
Et Amour, avec ma foi
Tenchaîne mon cur.
Claudia
Cher,
je libère ton pied,
Mais tu lies mon cur.
Ségesta,
Arminius
Cur
qui souffres le martyre avec constance,
Tu espères être heureux.Il nest
point dépines sans
roses.
Julia,
Néron
De
langoisse, de la peine, du tourment,
Naît le contentement.
Sextette
Julia,
Claudia,
Ségesta,
Caligula,
Arminius,
Néron
Celui
qui sait endurer
Finit par triompher.
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