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Baldassare Galuppi
L'Arcadie sur la Brenta
musique
de: Baldassare Galuppi [1706 -
1785]
Dramma comico per musica en III Actes
donné à Venise le 14 mai 1749
livret de Carlo
Goldoni

Ami
lecteur, Il
y a peu de gens qui naient pas lu LArcadie
sur la Brenta. Presque tous savent que
lauteur de cette Arcadie a figuré une
conversation de sept honnêtes et civiles personnes
dans un lieu de délices au milieu de ces magnifiques
palais qui ornent le fleuve Brenta et forment une des plus
belles villégiatures dItalie. Trois hommes et
trois femmes forment le groupe, à savoir Silvio,
Giacinto, Foresto, Marina, Rosanna, Laura, auxquels
sajoute après quelques jours Fabrizio Fabroni
di Fabriano, qui, par son âge et son caractère,
à la fois niais et facétieux, donne du piquant
à leur joyeuse société. LArcadie
dont je parle en ce moment consiste principalement en motifs
subtils, paroles facétieuses, nouvelles spirituelles,
chansons, madrigaux et choses semblables; cest
pourquoi, une semblable association pouvant sappeler
une joyeuse académie, elle fut pour la même
raison intitulée par lauteur LArcadie
sur la Brenta, compte tenu de sa similitude avec
lArcadie de Rome, où lon traite de
choses plus sérieuses et plus
élevées. Cependant,
je ne prends pas lArcadie sur la Brenta telle
quelle a été écrite par notre
auteur comme argument de ma présente uvrette,
car je ny trouve pas matière à une
représentation théâtrale. Sur la fin de
ladite Arcadie, lorsque les sept Arcadiens mettent un
terme à leur noble réunion, ils
sinvitent mutuellement pour la saison suivante et bien
quils aient décidé de passer sur le
fleuve Sile,
il advient que messer Fabrizio Fabroni di Fabriano,
sétant piqué de
générosité, veut traiter magnifiquement
la majeure partie de ceux qui lont bien reçu et
les conduit avec lui dans une sienne maison de campagne sur
le fleuve Brenta, y reconstituant lArcadie sur la
Brenta. Il invite Rosanna et Laura, Giacinto et Foresto,
laissant de côté Marina et Silvio, car ceux-ci
lont trop brocardé dans lautre
Arcadie. Leffectif de la compagnie
saugmente de madame Lindora, dame dune
délicatesse extraordinairement pesante, et du comte
Bellezza, à laffectation
caricaturale. Le
malheureux Fabrizio, au grand cur mais aux ressources
limitées, pour faire face à lengagement
quil a pris imprudemment, sest ruiné, et
se retrouve en quelques jours sans argent et privé de
tous ses biens, avec la honte de se voir ridiculisé
par ses hôtes; et lArcadie tourne
à une comédie, qui pour lui pourrait bien
être qualifiée de tragédie; à
quoi a grandement contribué Foresto, un des
Arcadiens, le plus dans la confidence de Fabrizio, lequel
lui a confié lintendance de sa
maison. Cette
mienne Arcadie sur la Brenta est aussi historique que
celle de Ginesio Gavardo Vacalerio, puisquelle a
été déterrée des vieux
manuscrits de la Malcontenta, où vont finir leurs
jours tous ceux qui, comme messer Fabrizio, se font manger
leur bien et se retrouvent pauvres pour avoir voulu jouer
les grands seigneurs. §
ajouté à lédition de Milan,
1750: De
même que cette uvrette a été, pour
sa première représentation, taillée sur
mesure pour les acteurs qui lont jouée à
Venise, de même, puisquil sagit de la
faire représenter par dautres sur le
présent théâtre, lauteur la
adaptée en divers endroits pour lajuster aux
caractères particuliers des nouveaux
interprètes.
les
rôles sérieux: Rosanna les
rôles bouffes: Madame
Lindora
Giacinto
Laura
Monsieur Fabrizio Fabroni da Fabriano
Le comte Bellezza
Foresto
La
scène se situe dans la délicieuse maison de
campagne de monsieur Fabrizio, située au bord du
fleuve Brenta.

Acte I
Foresto Fabrizio,
se réveillant un peu Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio,
se réveille Foresto Fabrizio [Il
dort] Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio [Il
se lève, et sappuie tout doucement au
dossier du fauteuil] Foresto Fabrizio Foresto [Fabrizio
sendort] Et
bonne nuit, Votre Seigneurie ! [plus
fort] Monsieur
Fabrizio ! Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto [Il
lui prend une main et la tient
fermement] Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio [Il
sappuie sur les épaules de
Foresto] Foresto Fabrizio [Il
sendort] Foresto Fabrizio Foresto Air Foresto [Il
sort] Fabrizio [Il
sort une feuille et un crayon] Air Quatre
cents beaux ducats... [Il
sort] Rosanna,
Laura, Giacinto, À
quatre Rosanna,
Laura, Giacinto, Foresto Fabrizio À
quatre Giacinto Rosanna Foresto Laura Fabrizio Giacinto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto [Il
se lève] Me
voici; où est
largent ? Fabrizio [Il
sassied à la place de
Foresto] Ah
ah, je tai bien eu. Foresto Laura Fabrizio Laura Fabrizio Laura Fabrizio Laura Fabrizio Foresto Laura Fabrizio Foresto Fabrizio Laura Fabrizio Foresto Fabrizio Laura Air Laura [Elle
sort] Fabrizio Foresto [contrefaisant
Fabrizio] Je
ne veux pas rester sans bergère. Fabrizio Foresto [Il
sort] Fabrizio Giacinto Fabrizio Rosanna Fabrizio Rosanna Fabrizio Giacinto,
bas, à Rosanna Rosanna,
à Giacinto [à
Fabrizio] Vous
connaissez la raison Fabrizio Rosanna Fabrizio Rosanna Fabrizio,
se touchant le visage Giacinto Air Giacinto [Il
sort] Fabrizio Rosanna Fabrizio Rosanna Fabrizio Rosanna Fabrizio [Il
la lutine] Rosanna Air Rosanna [Elle
sort] Fabrizio [Arrive
un serviteur] Fabrizio [Le
serviteur sen va] Fabrizio Madame
Lindora,
en coulisse Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio [Il
appelle son serviteur] Hé ! Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Air Madame
Lindora [Elle
sort] Fabrizio [au
serviteur] Oh
diable ! Que dis-tu ? Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio,
au serviteur Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza [Il
sort] Fabrizio Air Fabrizio [Il
sort] Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza [Il
lui avance un siège] Veuillez
vous installer. Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Fabrizio Foresto Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Madame
Lindora Le
comte Bellezza Foresto Madame
Lindora Fabrizio Le
comte Bellezza Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Foresto Madame
Lindora [Elle
prend du tabac] Foresto,
au comte Le
comte Bellezza [Il
prend du tabac] Foresto,
à Fabrizio Fabrizio [Il
en prend lui aussi] Foresto [Il
sort] Fabrizio Le
comte Bellezza Madame
Lindora [Elle
éternue] Fabrizio
et le
comte Bellezza Madame
Lindora [Elle
éternue fort] Ah !
Atchi ! [Elle
se jette sur un siège] Fabrizio Le
comte Bellezza [Il
éternue] Fabrizio [Il
éternue] Le
comte Bellezza [Il
éternue] Madame
Lindora Ensemble: Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Madame
Lindora [Elle
se lève.] Le
comte Bellezza Fabrizio Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora,
Fabrizio
et le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Fabrizio Madame
Lindora Madame
Lindora,
Fabrizio
et le
comte Bellezza
Une chambre au rez-de-chaussée dans la
maison de monsieur Fabrizio.
Fabrizio, qui dort en robe de chambre sur un
fauteuil, et Foresto.
Oh, celle-là, oui, elle est bonne !
Le maître de la maison
Offre lhospitalité à tous les
visiteurs,
Et lui, il doit dormir hors de son lit.
Avec cette belle Arcadie,
Il court à la ruine, et moi qui
Ai été fait intendant de ce
niais,
Maintenant que largent manque, je suis dans
lembarras.
Je vais le réveiller. Le soleil est
déjà haut.
Aujourdhui, il faut au moins,
Entre ceux que nous sommes ici et ceux qui vont
venir,
La moitié de ses revenus pour toute
lannée.
Monsieur Fabrizio... Eh, monsieur
Fabrizio !
Réveillez-vous, il est tard.
Allez, debout, le soleil est haut,
Jai deux mots à vous dire.
Quoi ?
Réveillez-vous.
Oui.
Jai à vous parler.
Par... lez... donc...
Il se rendort !
Allez, debout, monsieur Fabrizio.
Continuez.
Si vous ne mécoutez pas,
Je ne veux pas parler comme un
imbécile.
Jai les yeux fermés, mais je vous
écoute.
Bien: sachez que
Je suis arrivé au bout de largent
Que vous maviez donné;
Quavec tant de personnes,
Il convient de faire de bonnes provisions.
Que répondez-vous ? Oui ! Il dort
de bon cur.
Monsieur Fabrizio...
Oui, oui.
Vous mavez entendu ?
Jai tout entendu.
Eh bien, que répondez-vous ?
Faites ce que vous voulez.
Mais largent ?
Quel argent ?
Vous mavez
écouté ?
Je nai pas tout compris.
Redites-le moi.
Levez-vous, sil vous plaît.
Vous avez peur que je me rendorme ?
Il ny a pas de danger; mais pour vous faire
plaisir,
Je vais me lever; allez-y, parlez.
Maintenant, monsieur, sachez
Quil ny a plus
dargent...
Bien.
Et moi,
Je ne sais plus comment faire; aujourdhui, on
attend
Une nouvelle fournée
dinvités...
Monsieur Fabrizio... hé, monsieur
Fabrizio...
Quoi ? Comment ?
Vous êtes embrumé par le
sommeil.
Moi ? Que dites-vous ?
Moi, je dors ? Non, monsieur. Regardez comme
je suis éveillé.
Venez par là.
Je suis là.
Je vous répète,
Cher monsieur Fabrizio,
Quil faut de largent.
Et moi, je répondrai:
Cher monsieur Foresto, je nen ai
pas.
Mais quest-ce que je vais devoir faire
Pour assurer les engagements que vous avez
pris ?
Faites ce que vous voulez.
Il ny a pas dargent ?
Fi donc !
Le blé ?
Il est vendu.
Ces chevaux arrogants,
Qui mangent tant de foin,
On pourrait sen défaire.
Oui.
Le carrosse ?
Le car... ro... sse...
Eh ! je ne suis pas fou au point
De vouloir vous servir de matelas !
Oui, le carrosse...
Ou le carrosse, ou le char,
Je vous le dis en deux mots:
Sil ny a pas dargent, votre
Arcadie
Est vite terminée,
Et toute la bande,
Bien pourvue dappétit,
Vous rendra grâces pour la sympathique
invitation.
Sil vous manque du comptant,
Faites ce que font tant de gens:
Engagez, puis vendez
Et si vous navez pas de biens,
Cest un usage bien connu
Que dacheter sans payer,
On a belle vie aux dépens dautrui,
Et le créancier attend.
Cette règle est fort répandue,
On en use de partout,
Et quand quelquun a des dettes,
Cest signe quil a du
crédit.
Fabrizio seul
Pour tout dire, en quelque sorte,
Je men irais volontiers
Et je planterais là lArcadie et les
bergers,
Mais puisque lannée passée
Jai été gracieusement
traité, mon devoir
Veut que cette année je fasse moi aussi la
même chose.
Et puis ? Et puis, il y a ces filles
Qui me plaisent tant
Et jespère pouvoir me vanter de les
rendre amoureuses.
Mais diable ! on dépense
De façon trop casse-cou. Je vais faire un
peu le compte,
Voir combien jai dépensé
jusquà présent
Et combien je devrai dépenser
encore.
Pauvres petits, ils sont partis,
Soixante-huit beaux sequins,
Ils sont partis, pauvres petits.
Trente doubles... oh, quel animal !
Cent écus... oh, le brutal !
Combien ça fait ? Je nen sais
rien.
Sequins: soixante-huit,
Avec les ducats: quatre cents,
Font... Font... Oh, quel tourment !
Suffit, le compte est bon, il est fait,
Puisque je nai plus un sou.
Un jardin qui va jusquà la
Brenta.
Foresto sur des sièges de verdure,
puis Fabrizio
Quel aimable bonheur,
Parmi ces douces fleurs,
De jouir du beau concert
Des oiseaux mélodieux !
Quil est bon dentendre ces brises
Et ces ondes murmurer.
Quelle belle compagnie !
Cela rend vraiment amoureux.
Rosanna, Laura, Giacinto, Foresto
Quil est bon dentendre ces brises
Et ces ondes chuchoter.
Merveilleuse Rosanna,
Dans cette nouvelle Arcadie,
Je veux que vous soyez ma
bergère.
Cest vous qui me faites honneur,
Et je vous accepte, monsieur, pour mon
berger.
Et vous, chère Lauretta,
En poursuivant le parallèle avec
lArcadie,
Vous serez la brebis...
Et vous le bouc.
Bravo ! Cela me plaît !
Vous quatre, en bonne entente,
Vous restez ici, allègrement,
Et le pauvre Fabrizio: rien,
néant !
Allons, asseyez-vous, monsieur.
Je massiérais volontiers un peu
ici,
Si un de ces messieurs me faisait de la
place.
Jai entendu dire, entre autres
vérités,
Que qui a un derrière a toujours de quoi
sasseoir.
(Vertudieu ! Laffaire est
déplaisante.
Moi rien, et eux tout ? Attends,
attends !)
Amis, un mot.
Que voulez-vous ?
Parler de cette affaire.
De quoi ?
Vous ne me comprenez pas ? Roi des
étourneaux !
Ze money ?
Ja !
Laurette, je reviens tout de suite.
Attendez un moment.
Faites un petit tour, et moi je
massieds.
Oh, oui, elle est bien bonne.
Je ne veux pas me retrouver sans
bergère.
Patience ! Il ma eu,
Mais je me vengerai.
(Je vais mamuser.)
Belle éducation, en
vérité !
Où donc avez-vous appris
De pareilles incivilités ?
Mais finalement...
Finalement, je vous le dis,
On nagit pas ainsi.
Je suis...
Vous êtes un beau malappris.
Je dirai même plus: un affreux
manant.
Parler ainsi au maître de la
maison ?
Quel maître ?
Cette maison qui est là nest plus
à vous.
Ceci est notre Arcadie.
Nous sommes pastourelles, vous êtes
pasteur,
Il ne sert à rien de faire le
gaillard.
Elle dit vrai.
Vous la comprenez ?
Vous navez pas à dire
« Je veux », « je ne
veux pas ».
Fi donc !
Nous voulons faire
Tout ce qui nous semble bon.
Oui, monsieur.
Et nous sommes vraiment gentils
De ne pas vous avoir déjà
chassé.
Vous êtes les maîtres.
Vous avez entendu ?
Puisque je ne suis pas sourd.
Pour que votre esprit borné
Le comprenne bien,
Je vais vous le dire une fois de plus.
Nous voulons faire
Ce qui nous plaît.
Nous voulons chanter,
Nous voulons danser,
Et vous, taisez-vous
Vu que vous êtes
Sans jugement,
Seigneur Fabrizio.
Vous êtes enragé ?
Allez, je plaisantais,
Je ne le dirai plus.
Dans notre Arcadie,
Tout est permis,
Deux petits mots
Ne font pas de mal;
Jamais il ny eut
Un animal
Plus docile que vous.
Rosanna, Giacinto, Foresto,
Fabrizio
Je reste sous lenchantement.
Monsieur, que sest-il passé ?
Si Monsieur veut sasseoir, quil fasse
donc;
Oh, celle-là est bien bonne:
Vous vous moquez encore de moi ?
Moi, me moquer de vous ? pensez
donc !
Vous êtes mon ami le plus fidèle, le
plus cher;
Mais si largent manque,
Je vous jure, par ma foi,
Que nous nous en irons tous ensemble.
Allez-vous-en, et que le Ciel vous envoie toutes
ses calamités !
Mais vous, madame Rosanna,
Quen dites-vous ? Que dites-vous,
Giacinto,
Des paroles de Lauretta ?
Vous ne voyez pas
Quelle plaisantait ?
Par les cornes du diable !
Par Bacchus !
Elle men a sorti un plein
sac !
Et pourtant, sa colère
Me paraît un signe damour.
Parfois, la femme rusée
Feint de détester celui quelle adore
le plus.
Est-il possible quelle maime
Et me maltraite ainsi ?
Je vous le jure,
Soyez-en sûr.
Elle ma plusieurs fois fait confidence de son
amour;
Elle brûle pour vous.
Quel amour endiablé !
Cest vrai ?
Je mamuse.
Qui vient de la rendre furieuse ?
Cest quelle est jalouse de
moi.
Maintenant, je la comprends.
Mais quel motif a-t-elle
Dêtre jalouse de vous ?
Je lui ai confié mes sentiments.
Cest-à-dire que vous
maimez ?
Il nest que trop vrai.
Bienheureuses beautés !
Giacinto, quen dites-vous ?
Non, absolument pas,
Je ne suis pas si sot.
Si elle vous aime, monsieur, je me retire,
Je ne veux pas devenir fou de jalousie.
Cest grande folie pour un amant
De perdre la raison par jalousie.
Si une femme est lasse de moi,
Une autre beauté ne me manquera pas.
Il se trompe bien fort, celui qui
sangoisse,
Qui sirrite pour une femme;
On sait quil est vain
despérer
Une véritable
fidélité.
Rosanna, Fabrizio
Eh bien, si vous maimez,
Discutons-en un peu.
Mais Laura sera peut-être moins
fâchée.
Je ne veux pas dune femme
possédée du diable.
Lamitié et le devoir ne me le
permettent pas.
Lamour ne veut pas de scrupules.
Réglons les choses entre nous,
Et laissez Lauretta dire.
Je vous aime, mais je ne veux pas trahir mon
amie.
Oh, mon cher trésor,
Je me pâme, je suis mort.
Holà, seigneur Fabrizio,
Un peu plus de respect, vous dis-je, plus de bon
sens !
Je sais que je devrais cacher
Mon nouvel amour
Mais je ne croyais pas
Que votre cur audacieux
En vînt à délirer.
Peut-être ressens-je moi aussi
Une ardeur égale en mon sein,
Mais une noble rigueur
Enseigne à mon feu
À modérer ses flammes.
Fabrizio, puis un serviteur muet
Rosanna maime, et elle me repousse.
Laura a de laffection pour moi, et elle me
raille.
Je ne sais pas à quelle espèce
Appartiennent ces amours.
Si les nymphes et les bergers
Sont amoureux ainsi, ils sont vraiment fous,
On dirait un amour entre chiens et
chats.
Qui ?
Dis-lui de venir au plus vite, de ne pas changer
davis;
Quelle vienne honorer lArcadie sur la
Brenta.
Diantre ! Cette dame
Aspire à faire ma connaissance.
Si elle était éprise de moi !
Alors, oui,
Ces deux filles,
Je les ferais devenir folles de
jalousie !
Fabrizio, avec deux valets, madame
Lindora
Malheur ! Je nen peux
plus !
Quy a-t-il ?
Jai fait tant de chemin,
Je nen peux plus.
Votre palais est tout proche,
Moins dune portée
descopette.
Cest trop, bien trop, pour mes petits
petons.
Allons, madame, venez, asseyez-vous.
Prenez garde, par pitié,
Quil ny ait pas de fleurs.
Je ne peux pas sentir les mauvaises
odeurs.
Lodeur nest pas mauvaise. Faites-moi le
plaisir...
Ah, ah !
Quelque désagrément ?
Maudit jardin !
Jai senti une odeur de jasmin.
Voulez-vous que je
lenlève ?
Oui, je vous prie.
Va-t-en, triste vase,
Qui as troublé le nez de madame.
Allons, avancez un peu.
Lentement; tout doux, tout doucement.
Vous voulez mestropier ? Vous le
savez,
Je suis très délicate...
Je ne fais jamais trois pas
daffilée.
Comment donc monterez-vous les
escaliers ?
Taisez-vous, je me sens mal
Rien que dy penser.
Excusez-moi, pardonnez-moi,
Vous avez peut-être une
infirmité ?
Il ny a aucune dame
Mieux conformée que moi. Vous seriez
stupéfait
En me voyant danser.
Quand on danse,
On ne fait pas quatre pas pour franchir un
carreau.
Jai trouvé une invention
Pour faire les menuets
Avec de tout petits pas;
Et comme je comprends vraiment le tempo,
Je passe quatre battues sur chaque pas.
Donc, dans une fête de ce genre,
On fera un menuet par soirée.
Mais où sont les belles
Bergères arcadiennes ?
Je vais les faire venir.
Soyez moins bruyant.
Malheur ! Avec une voix aussi forte,
Vous me rendez sourde.
Eh bien, quest-ce que
jentends !
Elle ne supporte pas quon élève
la voix.
Les éternuements, aussi, et la toux, me font
du mal.
Mais quelle grande délicatesse !
Je suppose quelle vient de votre grande
beauté.
Je ne le dis pas moi-même, mais on peut le
penser.
Certes, oui, madame.
Puisque vous le dites vous, ce doit être
vrai.
Je vais aller, si vous le permettez,
Retrouver mes amies.
Mais je ne voudrais pas
Que vous vous fatiguiez trop;
Avant que vous soyez arrivée,
Il vous faut au moins une
journée.
Jirai comme cela, tout doucement,
Si vous le permettez, seigneur Fabrizio.
Ah, allez, allez ! (Elle me rend
service)
Je vous présente mes respects;
Eh, valets ! La main ici,
En vitesse... Allez doucement.
Venez donc... Ne mestropiez pas.
Vous me faites trop courir,
Je me sens mal, je nen peux plus.
En route, tout doucement, avançons,
Votre servante, adieu monsieur.
Fabrizio, puis un serviteur
Grâce au Ciel, elle est partie.
Mais léquipe saccroît,
Et largent fait défaut, et le
carrosse
Va être vendu, et les chevaux aussi.
Patience ! Au moins, jai le plaisir
De voir deux filles amoureuses,
Qui se pâment toutes les deux pour
moi.
Le comte Bellezza arrive ? Quil vienne,
quil vienne !
Même si la maison doit toucher le fond,
Que tout le monde vienne quand
même.
Arrive une petite barque dont descend le comte
Bellezza
Diantre, quel gros et grand seigneur !
Il va vouloir faire de moi son vassal.
Que Votre Grâce permette, ou plutôt
concède
Quon voie se prosterner
Devant le vrai prototype des hommes
généreux
Le plus humble de ses respectueux
esclaves.
Serviteur, je suis votre obligé.
La Renommée a publié
Vos louanges avec sa trompette qui chante les
héros;
Lécho tout autour répercute
Le nom noble et souverain
De Fabrizio Fabroni da Fabriano.
Je suis votre serviteur.
Et donc, jaspirerais,
Ou plutôt, je soupirerais,
Bien que mon mérite soit circonscrit,
Pour être inscrit au rôle de vos
esclaves.
Dites plutôt: de mes
maîtres.
Ah, monseigneur, pardonnez-moi
Si, téméraire, jai
osé,
Si, sans attendre dêtre
invité,
Pour égayer et satisfaire mon esprit,
Je suis venu goûter lArcadie sur la
Brenta.
Faites comme chez vous.
La Renommée
A jusquici peu dit en parlant de vous,
En vous chantant, en vous exaltant;
Je vois bien davantage, je vois beaucoup
Sur ce visage aimable
Qui par des rayons de paisible splendeur
Diffuse lidée de son cur
libéral.
Monsieur, je suis confus.
Je voudrais parler, mais je ne puis;
Pour faire court, je me tairai.
Combien, combien me plaît
Ce silence éloquent ! En se taisant,
Votre Grâce
Va répondant avec des paroles muettes,
Et moi qui entends tout,
Je comprends son génie.
Elle veut me favoriser, et je me rends,
Et jaccepte ses grâces, et grâces
je lui rends.
Rendez, ne rendez pas,
Voilà bien de grandes affaires !
Si vous voulez rester ici, vous me ferez
honneur;
Je ne fais pas de cérémonies, je suis
homme de bon cur.
Vive le bon cur ! Moi aussi, je hais
Laffectation chez les gens;
Jaime que lon parle naturellement.
Cest pourquoi, sextrayant de mon
sein,
Le sentiment le plus dévoué et le
plus chaleureux
Fait passer par la bouche lexpression de son
contentement.
Si cela est naturel,
Parlez donc, il ny a pas de mal.
La nature prévoyante
A pris de moi tant de souci
Quelle ma rendu le plus beau, le plus
plaisant,
Le plus gracieux cavalier qui vive au
monde.
Vous men voyez ravi. Si vous souhaitez
Vous reposer, vous êtes le
maître.
Oui, monseigneur,
Jaccepterai lhonneur
Que votre bonté archisuperfine
Me fait présentement de façon
courtoisissime.
Va, Pancrazio,
Sers ce seigneur.
Lexubérance,
Ou plutôt lexorbitance
Des grâces par lesquelles vous mavez
enchaîné...
Allons, il suffit.
Permettez quau moins...
Allez, par charité...
Quon ne puisse pas dire
Que je manque à mes devoirs...
Allez, monsieur, ou cest moi qui men
vais.
Ne partez pas, de grâce, je me tais.
Je ne veux pas vous créer plus dennui
ni dembarras.
Je souhaite seulement... je reste silencieux, je ne
dis rien,
Je ne parle plus, croyez-moi.
Mais qui peut jamais souffrir une telle
douleur ?
Moi, rester muet ? Je me sens mourir.
Cher monsieur... jai fini, ma
parole.
Fabrizio seul
Avec deux fous de plus dans
léquipe,
LArcadie sur la Brenta, cest
complet.
Vive la joie ! Corps du diable !
Quand je me divertis,
Je rajeunis littéralement.Et ces
fillettes,
Quelles sont mignonnettes !
Pour passer mes jours avec elles,
Diantre... je ne sais pas ce que je
ferais.
Pour la mignonne Laurette,
Que le carrosse parte donc.
Que le reste sen aille pour madame.Je
proteste
Que je ne veux pas penser aux malheurs;
Toujours,
Je veux rester joyeux,
Et je dépenserai en compagnie
Tout, tout ce que jai.
Une chambre dans la maison de Fabrizio.
Madame Lindora, puis le comte
Bellezza
Où sont donc Laura et Rosanna ?
Malheur ! En les cherchant
De la salle à la chambre,
Jai fait tant de chemin
Que je sens le souffle me manquer.
Je voudrais masseoir un peu.
Qui est là ? Il y a
quelquun ?
Madame, je suis là.
De quoi sasseoir ! Oh, pardon;
Je ne vous avais pas vu.
Jarrive à temps.
Excusez-moi.
Au contraire, je rends grâces à la
providence céleste
Qui ma jugé digne de recevoir vos
ordres.
(Il ne me déplaît pas, il est vraiment
courtois.)
Mais qui êtes-vous,
monsieur ?
Je suis le comte Bellezza,
Votre serviteur,
Obligé, dévoué et
profondissime.
Plutôt, mon seigneurissime.
De grâce, accordez-moi limmense et
souverain honneur
De pouvoir baiser votre blanche main.
Ah !
Quy a-t-il ?
Vous mavez massacré mon petit
doigt,
Touchez tout doucement;
Je suis si délicate
Quon ne peut me toucher si
brutalement.
Légèrissimement,
Je soulève cette délicate main de
lait
Et dune bouche avide...
Non, non, si jentre en contact
Avec les poils piquants qui vous pointent sur le
menton,
Vous me verrez tomber en pâmoison.
Je le ferai avec tant dart
Que vous en resterez stupéfaite;
Soyez miséricordieuse, ô Dieu !
puisque vous êtes belle.
(Il mémeut.)
Prosterné,
Belle dame, à vos pieds,
Je demande votre pitié, votre grâce,
votre merci.
Allons, prenez ma main.
Chère main...
Doucement, doucement.
Je ne lai pas encore
touchée.
Vous lavez un peu abîmée avec
votre haleine.
Je ferai attention à cela aussi.
Laissez...
Ne serrez pas.
Posez votre main sur mon bras.
Quel torchon rugueux !
Je vais mettre mon mouchoir dessus.
Il na pas lair très
propre.
Alors, que dois-je faire ?
Je ne saurais dire.
Ah, madame, je vais mourir.
Je voudrais vous complaire, mais je ne voudrais
pas
Que ma compassion...
Jai trouvé une invention
Qui ne vous déplaira pas. Levez
vous-même
Votre belle main,
Et pendant quelle se presse sur mes
lèvres,
Je baisse les lèvres, et je mapproche
moi aussi.
Je veux bien.
Rendons grâces au ciel, au destin;
Généreuse dame, jatteins la
béatitude;
Jarrive, levez un peu.
Encore un peu plus !
Ne mépuisez pas !
Mais puisque vous narrêtez pas,
Pas même un moment !
Les mêmes, Fabrizio, Foresto
Seigneur comte Bellezza, je me
réjouis !
Moi aussi, mais de bon cur.
(Fortune indiscrète !) Mais de
quoi ?
Vous êtes le prince,
Pour tout ce jour, de notre Arcadie.
Cest pure courtoisie de votre part,
Et non leffet de mon
mérite.
Au contraire, vos mérites nous sont
connus,
Et nous vous avons élu à
lunanimité.
Moi aussi, japprécie
lArcadie,
Et je suis ravie, jexulte dy être
une sujette.
Ah ! combien je serais davantage ravi
Du plaisir auquel mes lèvres
aspirent !
À vous, digne prince,
En signe de respect,
Notre Arcadie envoie
Cette couronne de fleurs.
Ah, vous me faites mourir avec ces
odeurs.
Enlevez-les; madame Lindora
Ne peut les supporter.
De grâce, reposez
Cette couronne meurtrière.
Je sens que je vais me trouver mal.
Vite, vite, du tabac.
Oui, du tabac.
Prenez.
Il est en trop gros grains ;
Si jen prends, il pourrait me manquer un
doigt.
Celui-ci est beaucoup plus fin.
Il ne me plaît pas, monsieur, il monte trop
haut.
(À moi dajuster le tir.
Avec cette éternuette,
Je veux me divertir aux dépens de qui en
prise.)
Prenez, prenez de celui-ci.
Cest de la feuille pure, fine et
super-légère.
Celui-ci me plaît; merci, merci
beaucoup.
Monsieur veut-il ?
Avec plaisir.
Et vous ?
Très honoré.
(Je vais rire de bon cur.
La véritable éternuette
Les fera éternuer jusquau
soir.)
Allez-y, allez-y.
Vous dabord.
Vous plutôt.
Allons. Atchi !
À vos souhaits !
Merci. Atchi !
Ah ! Atchi !
La pauvre !
Vite. Atchi !
Quelle politesse !
Je suis là, moi.
Courage. Atchi !
Un autre. Atchi !
Au secours ! Atchi !
Quel tabac ! Atchi,
atchi !
Malédiction ! Atchi,
atchi !
Quel tourment
Je ressens !
Je nen peux plus. Atchi,
atchi !
Allons, madame, ce nest
rien.
Quel tabac impertinent !
De leau froide, par
pitié !
Je vais en chercher. Atchi.
Je vous en apporte. Atchi,
atchi !
Mon nez, ma tête,
Ma poitrine ! Atchi,
atchi !
Cest passé ?
Oui, monsieur.
Vous allez mieux ?
Jai limpression.
Quel tourment
Je ressens !
Je nen peux plus. Atchi,
atchi !
Allons donc en compagnie
Jouir avec allégresse
Du premier jour de lArcadie.
Allez-y, allez-y. Atchi, atchi !
Maudite saleté de
tabac !
Oh quel tracas ! Atchi,
atchi !
Permettez-moi...
Oui, monsieur.
Sil vous plaît... après
vous... Atchi, atchi...
Acte II
|
Le
comte Bellezza Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Rosanna Laura Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Giacinto Foresto Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Rosanna Giacinto,
bas, à Rosanna Rosanna,
bas, à Giacinto Fabrizio,
à Giacinto Rosanna Fabrizio Laura Foresto Rosanna Laura Fabrizio Le
comte Bellezza Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio [à
Foresto et Giacinto] Enlevez-vous
de là, Le
comte Bellezza Fabrizio Giacinto Foresto Fabrizio Rosanna Fabrizio Laura Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Le
comte Bellezza Rosanna Fabrizio Laura Fabrizio Madame
Lindora Le
comte Bellezza,
Giacinto et Foresto [Tous
se lèvent] Fabrizio Air Fabrizio [Il
sort]
Madame
Lindora [Elle
rit] Ah
ah ! [Elle
se jette sur un siège] Laura Madame
Lindora Laura Foresto [Il
sort] Laura Madame
Lindora Laura Le
comte Bellezza Rosanna,
à Giacinto Giacinto,
à Rosanna Rosanna,
à Giacinto Giacinto,
à Rosanna Le
comte Bellezza,
à Rosanna et Madame Lindora Laura Le
comte Bellezza Laura Madame
Lindora Laura Le
comte Bellezza Laura Madame
Lindora Rosanna,
à Giacinto Giacinto,
à Rosanna Laura Le
comte Bellezza Madame
Lindora Laura Giacinto Rosanna Le
comte Bellezza [à
Laura] Eh,
ma chère, Laura Madame
Lindora Le
comte Bellezza [Il
sort]
Giacinto Rosanna Laura [Elle
sort] Madame
Lindora [Elle
sort]
Rosanna Giacinto Rosanna Giacinto Rosanna Giacinto Rosanna Air Rosanna [Elle
sort]
Giacinto Air Giacinto [Il
part]
Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto [Il
lui remet la montre, la tabatière et la
bague] Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto [Il
sort]
Fabrizio Madame
Lindora,
de loin Fabrizio Madame
Lindora,
même jeu Fabrizio Madame
Lindora,
en insistant Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio [au
domestique] Eh,
apporte vite [Le
domestique arrive] Madame
Lindora [Le
domestique sen va et revient avec une chaise
damassée] Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio [Le
domestique revient avec le
fauteuil] Voici,
installez-vous. Madame
Lindora Fabrizio [Il
sort] Madame
Lindora [Fabrizio
revient avec un matelas] Fabrizio Madame
Lindora Air Madame
Lindora [Elle
sort]
Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio [Il
sort]
Foresto Air Foresto [Il
sort]
Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Laura
/ Colombine,
de lintérieur Fabrizio
/ Polichinelle Laura
/ Colombine Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Laura
/ Colombine Le
comte Bellezza
/ Cintio Laura
/ Colombine Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Laura
/ Colombine Fabrizio
/ Polichinelle Laura
/ Colombine Air Laura
/ Colombine [Elle
se retire en faisant semblant dappeler
Diana] Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle [Entrent
madame Lindora et Lauretta] Le
comte Bellezza
/ Cintio Madame
Lindora /
Diana Le
comte Bellezza
/ Cintio Madame
Lindora /
Diana Fabrizio
/ Polichinelle,
à Laura Laura
/ Colombine Le
comte Bellezza
/ Cintio,
à Madame Lindora Madame
Lindora /
Diana Fabrizio
/ Polichinelle,
à Laura Laura
/ Colombine Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Madame
Lindora /
Diana Laura
/ Colombine Madame
Lindora /
Diana Laura
/ Colombine Tous [Arrive
Foresto en Pantalon] Foresto
/ Pantalon Madame
Lindora /
Diana Laura
/ Colombine Fabrizio
/ Polichinelle Foresto
/ Pantalon Le
comte Bellezza
/ Cintio Foresto
/ Pantalon Fabrizio
/ Polichinelle Foresto
/ Pantalon Le
comte Bellezza
/ Cintio Fabrizio
/ Polichinelle Madame
Lindora /
Diana Foresto
/ Pantalon Madame
Lindora /
Diana [Elle
sagenouille] Laura
/ Colombine [Elle
sagenouille] Le
comte Bellezza
/ Cintio [Même
jeu] Fabrizio
/ Polichinelle [Même
jeu] Foresto
/ Pantalon Tous,
sauf Foresto Foresto
/ Pantalon Tous,
sauf Foresto Foresto
/ Pantalon Tous,
sauf Foresto Vive,
vive la douce passion, |
Acte III
|
Fabrizio Laura Fabrizio Laura Fabrizio Laura Fabrizio Laura Fabrizio
Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio Madame
Lindora Fabrizio
Le
comte Bellezza,
à Fabrizio Fabrizio Le
comte Bellezza,
à Fabrizio Fabrizio
Foresto Fabrizio Foresto Fabrizio [Le
domestique arrive] Ouvre
bien les oreilles; Air Fabrizio (Doucement,
je te dis. Ne dis pas quil ny en a
pas: [Il
sort avec le domestique]
Le
comte Bellezza Laura Foresto Laura Foresto Le
comte Bellezza Foresto Madame
Lindora Foresto Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Foresto Madame
Lindora Le
comte Bellezza [Il
sort]
Laura Madame
Lindora Laura Air Laura [Elle
sort]
Foresto Madame
Lindora Foresto Madame
Lindora Foresto
Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora,
au comte Le
comte Bellezza,
à madame Lindora Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza [Il
en verse la moitié dans un verre et le boit,
puis donne le reste à madame
Lindora] Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Le
comte Bellezza Madame
Lindora Air Le
comte Bellezza [Il
sort]
Madame
Lindora Giacinto Madame
Lindora Air Madame
Lindora [Elle
sort]
Giacinto Rosanna Giacinto Rosanna Giacinto Rosanna Giacinto [Il
sort]
Rosanna Air Rosanna [Elle
sort]
Fabrizio [Il
rencontre Foresto] Foresto Fabrizio [Il
veut partir dun côté, et tombe
sur Rosanna] Rosanna Fabrizio [Il
veut partir dun autre côté, et
tombe sur Giacinto] Giacinto Fabrizio [Il
se tourne dun côté, et rencontre
madame Lindora] Madame
Lindora Fabrizio [Il
se tourne dun autre côté, et
rencontre le comte] Le
comte Bellezza Fabrizio Foresto Rosanna Madame
Lindora Laura Le
comte Bellezza Fabrizio Tous,
sauf Fabrizio Fabrizio Tous,
sauf Fabrizio Fabrizio Tous,
sauf Fabrizio Fabrizio |
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