accueil
|
contact
|
contributions
|
liens

ballets
|
cantates
|
divers
|
opéras
|
oratorios
|
pastorales
|
sérénades

Thomas Arne

 

Alfred
Masque ou Comédie en musique

représenté le 1er Août 1740


livret de James Thomson David Mallet

 

Eltruda, soprano
Edith, soprano
Emma, soprano
Esprit, soprano
Le Prince Edward, contre-ténor
Corin, ténor
Alfred, ténor

 

Acte I
Acte II
Acte III

 

 

ACTE PREMIER

Ouverture

Air

Corin

Prisonniers d'une île déserte,
nous vivons dans une humble pauvreté.
Le cœur honnête, l'esprit vertueux,
Sont des richesses que la fortune ne peur donner.

Ces mains, durcies par le labeur quotidien,
Peuvent semer, labourer et moissonner,
Et vont tirer profit de la terre généreuse,
Pour te faire vivre, toi et tes beaux enfants.

Air

Emma

La vie simple du berger,
Sans culpabilité, sans conflit,
Ne peut être qu'une véritable bénédiction,
Car la Nature montre
Qu'il attend le bonheur
De la santé et de la félicité du cœur.

Vaines grandeurs et puissance,
Joies d'un instant,
Que les mortels s'efforcent pourtant de trouver,
Titres et apparat
Peuvent-ils donner satisfaction ?
Il n'est de bonheur que dans l'esprit.

Regarde la rose joyeuse,
Qui pousse si joliment,
A l'abri dans les profondeurs du val.
Ce chêne, qui en hauteur
Aspire à atteindre le ciel,
Est assailli par la foudre et les tempêtes.

Duo

Emma & Corin

Méfions-nous donc
Du piège de l'ambition,
Source de tracas et de blessures,
Et badinons dans la clairière
Ou reposons-nous à l'ombre,
Dans la santé et la félicité du cœur.

Air

Le Prince Edward

Viens, calme bonheur, tardivement découvert,
Retrouve ta demeure en mon cœur.
Doux fugitif, reviens, reviens,
Car le regret y prend plaisir à pleurer.
Ô toi, doux réconfort, apporte le repos
Ou accueille la mort, qu'elle mette fin à mes maux.

Air

Eltruda

Douce vallée, dis-moi où , étendu pensivement,
Pour moi, nos enfants, l'Angleterre qui soupire,
Le meilleur des mortels incline la tête.

Ô fontaines, ridées par mon regret,
Ô ruisseaux qu'empruntent mes complaintes,
Conduisez-moi à sa couche solitaire.

Ou si mon amant, ô forêts profondes, me cachez,
Ah ! dites à voix basse où vos ombres
S'étendent autour de lui.

Air

Le Prince Edward

Pourquoi mon cœur bat-il d'un tel dévouement ?
Pourquoi mes yeux sont-ils inondés ?
C'est rendre le bonheur le plus cher
Lorsque l'heure de la rencontre est proche.

Oh joies des joies ! Nous nous retrouvons en ce jour
Pour ne plus nous séparer,
Car l'amour l'amour a de longs arriérés à payer.
Partons, partons, partons.

Air

Emma

Si ceux qui vivent dans la cabane du berger
Ne dorment pas dans un somptueux lit de parade,
Le foin fraîchement coupé et la fleur qui respire,
Étendent sous eux une couche plus douce.

Si ceux qui s'assoient à la table du berger
Ne se nourrissent pas d'un art dévergondé,
Ils prennent ce qu'offrent les dons de la Nature,
Et le prennent d'un cœur joyeux.

Si ceux qui vident la coupe du berger
Ne peuvent se targuer de grands vins pétillants,
Avec leurs boissons saines ils égaient l'âme,
Et mieux encore lors d'une fête villageoise.

Si ceux qui joignent au jeu du berger
Dansant sur le parterre de pâquerettes
N'ont pas la splendeur d'une cour,
L'amour enjolive pourtant leur ronde joyeuse.

Haut de page


ACTE II

Air

Edith

Un jeune homme doué de l'art
De réchauffer et de conquérir le cœur le plus froid,
Possédait en secret le mien.
Le boutons du matin qui s'épanouit le plus joliment,
Le chêne printanier qui pousse le plus haut
Sont l'expression de son visage et de sa silhouette.

Avec des accents émouvants, il raconta son histoire,
Douce comme les soupirs d'une brise
Qui éveille l'année fleurie.
Rien d'étonnant à ce qu'il charme facilement,
Celui que l'heureuse Nature a fait pour plaire,
Que l'amour n'éveille les morts.

Au matin il me quitta, combattit et tomba,
Le soir funeste entendit son glas
Et vit les larmes que je versai,
Larmes qui doivent couler à jamais,
Car nul soupir ne rappelle le passé,
Nul cri n'éveille les morts.

Air

Alfred

Des premières lueurs de l'aube
Jusqu'à l'obscurité de la bruit qui revient,
Cas bras protecteurs continueront de te serrer,
De t'abriter des dangers et de te caresser,
Éloignant tout souci alarmant.
L'amour, étendant ses ailes duveteuses,
Se penchant sur ton oreiller,
Protégera ma belle fleur.

Air

Le Prince Edward

De même que le calme revient
Une fois passé l'orage
Et apaise les forces qui font rage,
L'amour aura enfin son heure
Et changera en plaisir la douleur.

Nous ne fuirons plus le visage du jour
Sous ces ombres pour pleurer,
Toutes joies avec Alfred s'en sont allées
Toutes reviennent à son retour.

Air

Esprit

Écoute, Alfred, écoute, père de l'État,
Ils proclameront ton génie jusqu'aux cieux.
La marque du héros vraiment grand
Est de ne jamais désespérer.

Air

Eltruda

Ciel gracieux, ô entends moi !
Que la vengeance tant retenue
Frappe le cœur coupable.

La race païenne te redoutera,
Ton bras salvateur étendu
Pour secourir les opprimés.

Air

Le Prince Edward

Vengeance, ô viens m'inspirer !
Verte et liberté, embrasez-moi !
Rejoignez-moi, ô fils de gloire.
L'ennemi fuira devant vous
Et la renommée rapportera votre histoire
En vers immortels.

La pacifique colombe volera haut,
Le corbeau danois tombera et mourra,
Et tous les cœurs fidèles rivaliseront
Pour mériter les louanges d'Alfred.

Chant funèbre

Esprit

L'honneur y vient, pèlerin gris,
Bénir le gazon qui couvre leur argile,
Et la liberté arrivera pendant un temps
Pour y demeurer en ermite pleurant.

Haut de page


ACTE III

Récitatif

Eltruda:
Quelles craintes oppressent mon cœur qui vibre !
Cette heure redoutable scelle le destin
De l'Angleterre.
Ô Alfred, ô mon mari.
Protège-le, ô ciel, la cause est tienne.
Sauve mon pays qui sombre.

Air

Eltruda

Anges gardiens, ô descendez,
Défendre le gracieux Alfred.
Gardez-le de tout piège hostile
Et montrez que la vertu est votre souci.

Air

Emma

Lève-toi, doux messager de l'aube.
De tes tendres rayons pare cette île,
Car tant que les bergers badinent et jouent,
Ce sera une fête.

Vois, le jour paraît; une teinte rosée
S'infiltre doucement dans le bleu de l'orient.
Nous sommes vêtus de beaux atours
Pour glorifier cette fête.

Que toute nymphe soit telle l'aube rougissante
Qui éclaire gaiement l'herbe,
Que tout berger soit gai comme le soleil
Et, reconnaissant, célèbre cette fête.

Marche avec caisse claire

Air

Le Prince Edward

Voyez la liberté, la vertu et l'honneur
Qui apparaissent,
Se charmant l'un l'autre avec sourires et caresses.
Pour préserver le cher bonheur, si rudement conquis,
Que la vertu protège ce que notre valeur a gagné.
Nous ne pouvons que nous targuer
De notre droit national
Lorsque liberté, vertu et honneur s'unissent.

Ode

Alfred:
Lorsque la Grande-Bretagne, sur l'ordre des cieux,
Émergea pour la première fois des flots d'azur,
C'était la charte du pays,
Et les anges gardiens chantaient ce refrain:

Le Chœur:
Règne, Britannia ! Règne, Britannia, sur les flots;
Les Britanniques jamais esclaves ne seront.

Eltruda:
Les nations moins fortunées que toi
Doivent, à leur tour, tomber sous la coupe des tyrans,
Tandis que tu prospéreras, grande et libre,
La crainte et l'envie de toutes

Le Chœur:
Règne, Britannia ! Règne, Britannia, sur les flots;
Les Britanniques jamais esclaves ne seront.

Alfred:
Ces hautains tyrans ne te soumettront jamais:
Toutes leurs tentatives pour te faire plier
Ne susciteront que ta flamme généreuse,
Feront grandir leur malheur et ton renom.

Le Chœur:
Règne, Britannia ! Règne, Britannia, sur les flots;
Les Britanniques jamais esclaves ne seront.

Eltruda:
Les muses avec la liberté retrouvée
Rejoindront tes rives heureuses.
Île bénite, gratifiée d'une incomparable beauté
Avec de nombreux cœurs pour garder ce trésor.

Le Chœur:
Règne, Britannia ! Règne, Britannia, sur les flots;
Les Britanniques jamais esclaves ne seront.

Haut de page