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Henry Purcell

[1659 - 1695]

 

Airs pour le théâtre

 

 

 

Table

Titres

Suite

Suite

Suite

 

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Abdelazer or the Moor's Revenge
[Abdelazer ou la Vengeance du Maure]

 

Lucinda is bewitching fair

 

Lucinda est d’une beauté ensorcelante,
Plus engageant que tout est son air;
Lucinda est célébrée dans toutes les chansons,
Elle est la reine proclamée de l’amour,
Elle enflamme tous les hommes,
Les victimes expirantes ressentent sa flèche.
Strephon a exprimé son amour pour elle,
Philander soupire pour elle avec tous les autres;
Abattu par le désespoir, chacun se plaint;
Rien ne l’émeut, rien ne la touche, elle les dédaigne tous.

 

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The Married Beau or the Curious Impertinent
[Le Galant marié ou le Curieux impertinent]

 

See ! where repenting Celia lyes

 

Voyez ! là où gît Célia repentante,
Avec des joues rouges, des yeux en pleurs,
Gémissant, dans une ombre de deuil,
Sur la ruine de son cœur et de sa réputation,
Causée par un amour coupable.
Oh ! belle Célia, laisse couler tes larmes;
Car cette merveilleuse rosée céleste
Répandra plus de grâce sur toi
Que toutes tes robes et tes artifices ne pourraient faire.

 

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Amphitryon or The Two Sosias
[Amphitryon ou les deux Sosie]

 

Acte III

Celia, that I once was blest

 

Célia, que j’aie été une fois heureux
Est maintenant le tourment de mon sein,
Depuis que, pour me maudire,
Tu m’as dépouillé
Du plaisir que je possédais,
Cruelle créature, pour me tromper;
Aimer d’abord, et me quitter ensuite !

Si tu avais refusé d’assurer mon bonheur,
Je n’aurais jamais connu le manque;
Mais de posséder
Une fois le bonheur
Est la cause de ma plainte;
Posséder une fois, ce n’est que goûter;
Il n’est point de bonheur s’il n’est pas durable.

Célia maintenant n’est plus mienne,
Mais je suis à elle et je dois l’adorer;
Et de la quitter
Je ne puis m’efforcer;
Des charmes qui m’ont capturé auparavant,
Aucune cruauté ne peut me détacher;
L’amour véritable est l’amour pour toujours.

 

 

Acte IV

For Iris I sigh

 

Je soupire pour Iris, et je meurs à chaque heure,
Mais ce n’est pas pour une lèvre ou un œil languissant.
Elle est volage et fausse, et nous sommes d’accord là-dessus,
Ce sont les qualités qui me captivent.
Nous ne croyons ni l’un ni l’autre ce que l’autre dit,
Et puisque nous ne nous croyons pas, nous ne nous trahissons jamais.

Il est courtois de faire des serments et de dire des banalités;
Nous ne croyons pas à cette histoire de se prendre pour le meilleur et pour le pire; 
Présents, nous aimons; absents, nous sommes d’accord,
Je ne pense pas à Iris, ni Iris à moi.
La légende de l’amour ne peut trouver de couple
Si facile à séparer, si facilement réuni.

 

 

 

A pastoral dialogue betwixt Thyrsis and Iris

 

Dialogue pastoral entre Thyrsis et Iris

Thyrsis
La jolie Iris et son amant
Étaient sous une tonnelle ombragée
Où Thyrsis avait longtemps en vain
Attendu l’heure de son bonheur.
Enfin, avançant sa main
Sur son sein de neige,
Il dit: «Embrasse-moi plus longtemps, plus longtemps encore, plus longtemps
Si tu veux me rendre heureux.»

Iris
Une fille qui cède facilement
Est victime de sa confiance;
Notre sexe est souvent trahi
Pour avoir accordé son amour trop tôt.
Si tu veux me conquérir,
Alléger tes souffrances,
Sois prêt à m’aimer plus longtemps, plus longtemps encore, plus longtemps,
Avant de me posséder.»

Thyrsis
Le peu de soin que tu montres
De toutes mes peines passées
Fait paraître la mort trop lente,
Et la vie durant trop longtemps.
Belle Iris, embrasse-moi gentiment,
Prends pitié de mon sort,
Et gentiment encore,
Avant qu’il soit trop tard.

Iris
Tu recherches ton bonheur avec tendresse,
Et tu ne progresses pas;
Ce n’est pas aux filles de donner,
C’est aux hommes de prendre;
Ainsi tu peux m’embrasser gentiment,
Je ne me rebellerai pas;
Mais ne va pas m’embrasser et tout raconter,
Non, ne m’embrasse jamais pour aller le dire à tous.

Thyrsis et Iris
Ainsi je peux t’embrasser doucement,
Tu ne seras pas rebelle ?
Oui, tu peux m’embrasser gentiment,
Je ne serai pas rebelle;
Mais ne va pas m’embrasser et tout raconter,
Non, non.
Jamais je n’irai raconter.
C’est ainsi que nous aimons et vivons au comble du bonheur,
Sans craindre d’être pauvres;
Nous donnons, nous donnons
Jusqu’à ne plus pouvoir donner;
Mais ce qu’aujourd’hui emportera,
Demain le rétablira.

 

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Bonduca or the British Heroine
[Bonduca ou l'Héroïne britannique]

 

Acte II

Jack, thou'rt a toper

Canon pour trois soldats

Jack, tu es un franc buveur,
Prenons un autre litre:
Dring, dring, nous sommes si sobres
Que c’est dommage de se séparer.
Il n’y a qu’un cocu rudoyé par sa femme
Parce qu’il rentre tard, qui craint une scène de ménage.
Je suis libre, je suis libre, et toi aussi,
Et toc, toc, toc, gaillardement,
Même si le guet crie «Il est passé deux heures.»

 

 

Soli: deux Prêtresses, trois Druides, le Choeur

 

Chœur
Entends-nous, grand Rugwith, entends nos prières.
Défends ton île bretonne.Reçois nos espoirs, dissipe nos craintes,
Ne laisse pas tes autels être la proie des Romains.

Entends-nous, grand Rugwith, entends nos prières.
Descendez, vous, puissances divines,
Descendez de l’éther dans vos chariots de flamme
Et touchez les autels que vous défendez,
Sauvez-nous, sauvez notre nation et notre nom.

Solo: 3e druide
Écoutez, vous dieux de Bretagne, écoutez-nous en ce jour:
Ne nous laissez pas devenir la proie des aigles romaines;
Coupez leurs ailes ou chassez-les chez elles,
Et réfrénez l’écrasant orgueil de Rome.

Duo: 1e et 2e prêtresses, chœur
Chantez, chantez, druides ! Élevez tous vos voix 
Pour chanter les louanges du divin Andate.

Récitatif: 2e druide
Divin Andate, qui présides à la guerre,
Fais connaître la fortune de ce jour.
Céderons-nous aux Romains,
Ou bien chaque bras qui brandit un javelot
Le lancera-t-il à travers un solide bouclier
Et teindra le champ de sang romain ?

Duo: 1er et 3e druides
Aux armes, montrez vos enseignes en bon ordre,
Mettez-vous en ordre de bataille.
L’oracle pour la guerre déclare
Que le succès dépend de nos cœurs et de nos javelots.

Solo: 2e druide, chœur
Bretons, rentrez chez vous ! Vengez les torts subis par votre patrie:
Combattez et laissez trace de votre mémoire dans les chants des druides.

 

 

Acte V

 Solo: Bonduca

 

Oh, conduisez-moi vers une paisible obscurité,
Où nul ne vient sinon des amoureux qui soupirent,
Où les trompettes perçantes ne résonnent jamais,
Mais où règne un silence éternel.
Là, laissez-moi adoucir ma plaisante peine,
Sans plus jamais penser à la guerre.
Quelle gloire peut avoir un amant
À conquérir tout en restant esclave ?

 

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Circe
[Circé]

 

Acte I, scène 4

 

Soli: trois Prêtres, deux Femmes, le Choeur

 

Solo et chœur
Nous devons rassembler par un sacrifice
Ces démons qui errent autour des cieux.

Récitatifs : 1er et 2e prêtres
Air:
3e prêtre et chœur
Vous avez recours à leur aide nécessaire
Pour choisir ces herbes et ces racines vénéneuses,
Qui, mélangées et préparées par votre art efficace,
Confèrent à vos charmes leur force irrésistible.
Apportez vos encensoirs à l’autel,
Et avec la résine d’Arabie, créez de douces odeurs,
Frappez délicatement l’air par la musique,
Par les douces odeurs qu’ils aiment, et par tout agréable son.

Solo: 1er prêtre et chœur
Que vienne chaque démon qui préside
Au destin des puissants royaumes
Et prononce leur ascension et leur déclin;
Vous tous, qui inspirez l’amour et le désir,
Et enflammez du feu de l’ambition,
La dangereuse maladie des grands,
Venez, venez.
Obéissez à Circé, la fille du soleil,
Ou sinon, vous ne jouerez jamais dans ses rayons dorés.

Vous qui faites éclore des factions à la cour,
La sédition du genre le plus pervers,
Des conflits religieux parmi les dévots,
Le tumulte dans les camps et dans les assemblées,
Ces discordes qui défont tout le bien,
Vous tous qui veillez sur la vie humaine,
Tous, tous
Obéissez à Circé, la fille du soleil,
Ou sinon, vous ne jouerez jamais dans ses rayons dorés.

Solos: 1e et 2e femme, chœur
Les amoureux qui vont à leurs premières étreintes
Sont lents et languissants comparés à vous;
Vous pouvez vaincre en vitesse les vents ailés,
Et même laisser derrière vous la pensée rampante et épuisée.
Vois, aussi vite que ta pensée,
On apporte les ingrédients de tes charmes,
Par lesquels ta sinistre activité doit s’exercer.

Grand ministre du Destin,
Dans cette profonde caverne, tu sièges en grand apparat,
La famine et la peste attendent autour de toi;
À ta parole redoutable, elles volent à travers chaque pays,
Tandis que leur rage féroce, sans distinction,
N’a pitié ni du sexe ni de l’âge.
Grand ministre du Destin,
Dans cette profonde caverne, tu sièges en grand apparat,
La famine et la peste attendent autour de toi.

Solo: 2e prêtre
Pluton, lève-toi de ces ombrages bénis où sont rois et amants !
Où leur état et leurs soins ne les tourmentent plus,
Où ils ne sentent plus les douleurs du désespoir.

Pluton, lève-toi de ton bienheureux royaume de l’égalité !
Où Naissance, Fortune et Beauté n’exercent pas de tyrannie,
Où tous les hommes sont également tes esclaves.

 

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The Old Bachelor
[Le Vieux Garçon]

 

Thus to a ripe, consenting maid

 

C’est ainsi que la pauvre Délia, vieille et repentante, parla
À une jeune fille prête à cueillir et consentante:
Veux-tu garder longtemps ton amant ?
Veux-tu régner en étant toujours sa déesse ?
Ne le laisse jamais tout découvrir,
Ne le laisse jamais obtenir trop.

Les hommes admireront, adoreront et mourront,
Tant qu’ils seront à tes pieds à faire des vœux ;
Mais accepter leurs embrassements
Les réveille de leur rêve doré;
Rien n’est neuf excepté nos visages,
Toutes les femmes sont semblables.

 

 

As Amoret and Thyrsis lay

 

Chanson à deux

Amoret et Thyrsis étaient étendus,
Laissant s’écouler les heures en jeux plaisants,
Rapprochant leurs visages, mêlant leurs baisers
Et échangeant un bonheur sans trouble;
Lui, tremblant, cria avec une hâte avide;
«Laisse-moi me nourrir, et non seulement goûter,
Je meurs si ma flamme n’est pas pleinement couronnée.»

 

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Don Quixote
[Don Quichotte]

 

Première Partie
Acte II, scène 2

 

Sing all ye Muses

 

Duo

Chantez toutes, Muses, faites résonner vos luths;
Quand il s’agit de chanter un soldat, quelle langue peut être muette ?
Quand les dangers, les mépris, les plaies, les blessures et les peines,
Et l’honneur du combat, sont tout ce qu’il gagne ?
Un riche profit arrive facilement dans les villes commerçantes,
Mais l’or est dur à gagner quand les canons rugissent.
Et pourtant, regardez comme ils courent pour prendre d’assaut une ville,
Parmi le sang et parmi le feu, pour prendre une demi-lune;
Ils escaladent le haut rempart,
Quand ils voient tomber les autres;
La précieuse idole de leurs cœurs, [c’est] la poursuite de la gloire éclatante,
Même si la mort est sous leurs pas, et que la mine explose.
Elle saute, ils volent en l’air,
Mais d’autres les remplacent:
Comme le marié se hâte vers la noce, eux se hâtent vers la mort,
Jusqu’à ce que le destin fasse claquer ses ailes
Et apporte la bonne nouvelle:
On est entré par une brèche ! Et alors, ils sont tous rois.
Alors, heureuse est celle dont le visage
Peut gagner les faveurs d’un soldat,
Ils s’alignent en grande pompe,
Disposant du destin comme des dieux;
Aucun luxe en temps de paix,
Ni aucun plaisir en excès
Ne peut égaler les joies qui couronnent le héros de Mars,
Quand, éclatant de rage et forcé par le besoin, il prend d’assaut une cité prospère.

 

When the world first knew creation

 

Chanson

À la création du monde,
Truand était la plus haute profession:
Alors que dans la nature,
Ils n’étaient pas plus de quatre,
Deux d’entre eux étaient en infraction;
Et depuis, vous pouvez deviner,
La semence ne l’est pas moins,
Mais elle a à tous les âges rapidement crû;
Le mensonge et le vol,
La ruse, l’orgueil, la tromperie,
La rage, le meurtre, les hurlements,
Le viol, l’inceste et le putanisme
Tous ces florissants vices en vogue descendent d’une même souche
Et font de toute l’humanité un seul truand géant.

Regardez toutes les générations humaines,
Vous verrez à chaque étape
La maigre vertu se décomposer, tandis que l’intérêt gouverne
Le génie pervers de la nation.
Tous sont truands à divers degrés,
L’avocat pour ses honoraires,
Le courtisan Le Rampant, l’alderman Pressureur,
L’hypocrite, le buveur,
Celui qui trafique au nom de l’église,
Le voyou et le peloteur des groupes de prière;
Mais de tous, celui qui manque à défendre nos vrais droits
Et déserte la cause royale, est le plus dans la ligne.

Le premier qui, pour corriger la matière,
Fit des lois pour lier notre nature
Aurait dû trouver une façon
De faire obéir les volontés,
Et aurait dû remodeler les créatures en partant de zéro;
Car la part sauvage dans l’homme
Court depuis l’original
Et, même si on la cantonne, règne comme au commencement;
Voici des prêches et des prières et des étalages de raison,
Et pourtant, le frère assassine et égorge le frère:
Ainsi, ne blâmez pas le truand qui jouit de son libre sens,
Puis tombe comme une bûche, et croit qu’il va s’allonger.

 

 

Acte IV, scène 1

 

Let the dreadful engines

 

Que [frappent] les redoutables instruments de la volonté éternelle,
Que le tonnerre rugisse, que l’éclair sinueux tue;
Ma rage est aussi brûlante que la leur, aussi fatale,
Et ose provoquer une aussi horrible exécution.
Que le Nord glacé montre sa rancœur;
Dans ma poitrine éclatent des tempêtes bien plus grandes;
Le désespoir est plus froid que ce que peuvent souffler tous les vents.
Rien ne peut-il me réchauffer ?
Si: les yeux de Lucinda.
Là est l’Etna, là est le Vésuve,
Pour fournir des flammes à l’enfer,
Qui montent jusqu’à atteindre le ciel.
Oui, Puissances: je n’ai fait que prononcer son nom
Et voyez comment tous les météores s’enflamment;
De bleus éclairs de lumière encerclent la cour du soleil,
Et maintenant le globe brûle plus sauvagement
Que jadis lors de la chute de Phaéton.
Ah ! où sont maintenant tous ces bosquets fleuris
Où jouaient les brises odorantes de Zéphyr ?
Où, sous la garde d’une troupe d’amours,
La belle Lucinda dormait allongée;
Là chantaient le rossignol et l’alouette,
Autour de nous, tout était doux et gai;
Nous n’étions jamais tristes, jusqu’à ce qu’il fît sombre,
Nous ne craignions rien, que la chute du jour.
Je brille, mais c’est de haine:
Pourquoi dois-je brûler pour cette ingrate ?
Autant se calmer et médire,
Puisque rien ne servira à rien.
Lorsqu’une femme fait semblant d’aimer,
Ce n’est que jusqu’à ce qu’elle arrive à ses fins,
«Pour le meilleur et pour le pire»
Ne vise que la substantifique moëlle de votre bourse,
Quand elle vous largue pour de bon,
Et s’avère une souillon ou une catin;
À ce moment, elle va vous exciter, vous vexer;
L’instant suivant, elle va vous faire cocu.
Elles ont toutes été inventées, dans un moment de dépit,
Pour nous tourmenter, non pour faire nos délices,
Pour grogner, pour égratigner, pour mordre,
Et pas une d’elles ne s’avère correcte,
Toutes, sous ce jour, sont des sorcières.
Et voilà pourquoi je leur dis cordialement bonsoir, à elles et au monde.

 

 

Acte V, scène 2

 

With this sacred charming wand

 

Trio

Avec cette baguette magique sacrée,
Je commande au Ciel et à la Terre;
Je calme tous les vents qui font onduler la mer en colère,
Je fais obéir les vagues qui roulent.
Je peux faire tomber la pluie des nuages,
Et donner naissance à un nouveau déluge.
Je peux, quand il me plaît, rendre la nature gaie et souriante,
Comme elle le fut au premier jour de sa création.
Les bosquets aux douceurs éternelles croîtront pleins d’odeurs,
Et feront ici-bas de vrais Champs Élysées.
Je peux donner la beauté, rajeunir les vieux,
Et prolonger le ravissement provisoire, et si cher, de l’amour;
Je peux restaurer la nature et redonner la vie, quand elle est éteinte;
Tout cela, la grande Urgande peut le faire par son art;
Mais tous le peuvent. Pourquoi, alors, les mortels osent-ils
Importuner un destin et une justice si sévères ?
Voyez donc ce misérable, qui se croit sage,
Il rit de nos charmes, se moque de nos mystères.
J’ai un petit esprit là-haut,
Où les nuages se séparent les uns des autres,
Allongé, dorant ses membres
Aux chauds rayons du soleil.
Il va détacher son âme de son corps.
Parlez, doit-il en être ainsi ?
Non, non, non.
Ce sort est trop élevé;
Je vais lui en donner un plus humble.
Qu’il en soit ainsi.
Apparaissez, vous gras ennemis qui grognez dans les limbes,
Vous qui aviez, quand vous étiez incarnés, la même âme que lui;
Vous qui vous tenez sans cesse dans la cuisine de Lucifer,
Parmi le chou marin et les bouilloires et la graisse qui vient de frire,
Qui, bichonnés chaque jour avec une poubelle pleine d’âmes,
Faites griller sur les braises du bacon d’imbéciles pour votre petit déjeuner,
Mettez à l’épreuve votre talent pour emmener d’ici ce mortel,
Exécutez ainsi les ordres du destin et ceux de ma magie.

 

 

Deuxième Partie
Acte IV, scène 3

 

Since times are so bad

 

Dialogue

Colin
Puisque les temps sont si durs, je dois te dire, chérie,
Que je pense abandonner ma charrue et ma charrette,
Et me mettre en route vers la belle ville,
Pour améliorer mon sort, comme tant d’autres le font.
Puisque certains, de creuseurs de fossés en culottes de cuir brut,
Se sont élevés jusqu’à être des dirigeants vautrés dans les richesses,
Je t’en prie, laisse ton rouet,
Car si les bohémiennes ne mentent pas,
Moi aussi, je serai gouverneur avant de mourir.

Elle
Ah, Colin, tes récents comportements me font découvrir
Avec chagrin et trouble l’orgueil de ton esprit;
Notre troupeau court en désordre et au hasard,
Et ta veste du dimanche sort maintenant tous les jours:
Quelles sont tes intentions ? Qu’as-tu en tête ?

Colin
Nettoyer mes chaussures
Et marcher à la Cour
Vers le Roi et la Reine
Où, jouant ma partie, je deviendrai leur favori.

Elle
Fi, mieux vaut pour nous labourer et filer;
Car quand tu tenteras ta chance à la cour
Tu t’apercevras que tu n’obtiens rien si tu ne peux l’acheter;
Pour de l’argent, tu peux tout avoir, même le diable;
Mais sans de bonnes livres sterling, personne ne te voudra de bien.

Colin
Alors, je prendrai les armes et j’irai au combat,
En quête de l’honneur, qui a tant de charme de nos jours.

Elle
Une balle ou un boulet t’emportera un membre
Et tu te maudiras d’avoir quitté ta charrue.

Colin
Supposons que je devienne joueur ?

Elle
Tu tricheras et on te tapera dessus.

Colin
Alors, que penses-tu de la grande route ?

Elle
La route directe pour la potence.

Colin
Un subtil maquerellage rapporte de quoi vivre.
J’aiderai un noble raffiné à accéder à l’épouse raffinée d’un autre.

Elle
Cela aussi, dans la foule de la ville, c’est dangereux,
Car certains en feront autant à ton égard,
Et je peux être amenée à te planter des cornes.
Ma foi, Colin, mieux vaut que je reste ici à filer.

Colin
Rien à faire pour s’élever ? Que penses-tu de la loi ?

Elle
Oh ! tant que tu vis, Colin, reste hors de ses griffes.

Colin
Je ferai le tartuffe et je prierai.

Elle
Ah ! on n’obtient rien de la sorte,
Plus personne de nos jours ne se soucie de ce que dit ce troupeau noir.

[Ensemble ?]
Occupons-nous seulement de notre ferme,
Que le blé pousse, que le pommier porte ses pommes.
L’ambition est un métier qui laisse toujours insatisfait.

Elle
Ainsi je m’en tiens à ma quenouille.

Colin
Et moi à ma charrue.

 

 

Acte V, scène 2

Genius of England

 

Chanson

Génie de l’Angleterre, de ta charmante tonnelle de bonheur,
Lève-toi et déploie tes ailes sacrées:
Garde l’état britannique de ses ennemis,
Toi sur le sourire de qui compte
Le destin favorable, encore incertain,
Des monarchies et des rois.
Puis suis nos braves garçons à la guerre;
Le laurier, tu le sais, en est le prix;
Celui qui ramène à la maison les plus nobles cicatrices
Paraît le plus beau aux yeux de Célia.
Secoue et chasse inaction et paresse.
Que la gloire inspire vos cœurs;
Rappelez-vous qu’en temps de guerre comme en temps de paix,
Le métier des armes est le plus noble de tous.

 

Lads and Lasses, blithe and gay

 

Chanson

Garçons et filles, allègres et gais,
Écoutez ce que dit ma chanson:
Un matin que j’étais endormie
Sur un banc de roses,
Guillot, sortant par son portillon,
Par chance m’avisa,
Et enlevant son bonnet de sa tête
S’allongea doucement à côté de moi.

J’ai beaucoup de goût pour Guillot
Mais ce coup-ci, je ne le reconnus point;
Je grimaçai, cachai mon visage
Et luttai pour l’éloigner de moi.
Tendrement il se rapprocha,
S’allongeant sur mon sein;
Son cœur battait, cognant si vite,
Que je crus que le sot se mourait.

Mais décidée à refuser,
Feignant d’être fort en colère,
Sans répit, je l’écartai rudement,
Avec des mots pleins de dédain.
Guillot s’écarta, n’ayant rien obtenu,
Et s’en alla tout mécontent,
Et moi, - pitié pour tous mes péchés -
Jamais moitié autant je ne me suis repentie.

 

 

Troisième Partie
Acte V, scène 1

 

From rosie bow'rs

 

1er mouvement

Des tonnelles de roses où dort le Dieu de l’amour,
Volez vers nous, Cupidons impatients.
Enseignez-moi par vos chants doux et mélodieux comment toucher...

Amoureusement
...D’une tendre passion, la chère joie de mon cœur.
Ah ! que l’âme de la musique accorde ma voix
Pour vaincre le cher Strephon, le maître de mon âme.

2e mouvement

Gaiement
Ou s’il est plus efficace
D’être vive et aérienne,
Avec un pas et un bond,
Et une gambade depuis le sol,
Je voyagerai comme n’importe quelle fée.
Comme jadis dansèrent sur l’Ida
Trois corps célestes
Avec un air et une face,
Une forme et une grâce,
Puissé-je charmer comme la déesse de la beauté.

3e mouvement

Lentement
Ah ! c’est en vain, tout est vain,
Le désespoir et la mort doivent mettre un terme à ma fatale peine;
Le froid désespoir déguisé, comme neige et pluie,
S’abat sur mon sein ; des vents glacés soufflent en tempête.

Mélancolique
Mes veines frissonnent, mes doigts sont rougis,
Mon pouls bat une marche funèbre pour son repos perdu
Et mon pauvre cœur est pris en un solide bloc de glace.

4e mouvement

Ou bien, dites-moi, Puissances, pour couronner ma paix,
Dois-je fondre ou me noyer
Parmi les flots écumants,

Passionné
Gonflés des larmes que je verse ?
Sur des lits de limon, des oreillers de cristal
Étendrai-je ma tête malade d’amour ?

5e mouvement

Vif
Non, non, je deviendrai directement folle,
Dès que mon cœur se réchauffera;
Quand une fois la raison s’est enfuie,
L’amour n’a pas pouvoir pour charmer.

Frénétique
Je fuirai, sauvage, parmi les bois;
Je déchirerai mes robes et mes cheveux,
Je mourrai de mille morts
Plutôt que d’adorer ainsi en vain.

 

 

retour

 

Sir Anthony Love or the Rambling Lady
[Sir Anthony Love ou la Dame vagabonde]

 

Acte II

 

Pursuing beauty

 

Prélude & Chanson

En quête de la beauté, les hommes aperçoivent
Le rivage lointain, et désirent ardemment faire l’essai
Des trésors du pays de l’amour
(Toujours plus riches dans leur diversité).

Nous, femmes, comme de faibles Indiens, nous sommes là,
Invitant, depuis notre rivage doré,
Ces vagabonds des mers à aborder notre terre;
Mais celle qui fait du commerce avec eux est perdue.
Soyez sages, soyez sages, n’essayez pas
De voir comment ils font la cour, ou vous serez vaincues;
Car l’amour est comme une découverte:
Une fois faite, tout le plaisir est terminé.

 

Acte IV

 

No more, Sir, no more...

 

Chanson en dialogue

C’est fini, Monsieur, c’est fini, je veux tout laisser choir,
Je vois tout, et tout n’est que tromperie;
Vos doux yeux pleins de souhaits, vos vœux, vos mensonges,
Que vous répétez si souvent, si souvent.

C’est vous qui êtes à blâmer, vous qui réclamez inconsidérément
Un sacrifice absurde, et si sot, si sot;
Mais les amants qui implorent doivent toujours obéir
Et plier leurs genoux, et baisser leurs yeux.

Naguère, vous avez fait commerce de dévotion,
En amour tout comme en religion;
Mais vous ne pouvez pas prouver qu’au fil de siècles d’amour
Il y ait eu d’autre acte d’adoration, qu’un seul et unique.

Que cet acte soit celui sur lequel nous nous mettons d’accord;
Laissons les formes aux filles plus jeunes;
Nous avons les mêmes idées, dépêchez-vous, soyez gentille,
Et ne faites plus votre déesse.

 

Acte IV

 

In vain Clemene

 

C’est en vain, Clymène, que vous m’accordez
L’empire promis sur votre cœur,
Si vous refusez de me laisser connaître
Les riches charmes de chaque partie.

Mes passions ont grandi avec votre bonté,
Même si la beauté a fait naître le premier désir;
Mais ne poursuivre que la beauté,
C’est courir après un feu mobile.

Comme les collines sur l’horizon
Empêchent le regard de voir au-delà,
La contrainte diminue chaque plaisir
Et ôte à l’amour son plein délice.

De légers baisers peuvent partiellement satisfaire
Ces âpres aspirations de mon âme;
Mais je suis perdu, si vous me refusez
Une possession rapide de la totalité.

 

retour

 

The Double Dealer
[Le Fourbe]

 

 Acte II, scène 1

 

Cynthia's frowns

 

Cynthia fait la moue quand je la courtise,
Pourtant elle est vexée si je n’insiste pas;
Elle craint beaucoup que je cause sa perte,
Mais bien plus encore de perdre son galant.

Ainsi, en doutant, elle refuse
Et donc, en ne gagnant pas, elle perd.

Je t’en prie, Cynthia, regarde derrière toi,
L’âge et les rides vont te rattraper;

Alors il sera trop tard pour avoir du désir,
Quand tu n’en auras plus le pouvoir.

Pense, oh pense à la triste condition
D’être fanée, tout en souhaitant encore la jouissance.

 

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Aureng-Zebe or the Great Mogul
[Aureng-Zebe ou le Grand Mogol]

 

 

I see, she flies me

 

Je vois, elle me fuit partout,
Ses yeux trahissent son dédain,
Mais qu’est-ce que son dédain ou mon désespoir,
Puisque mon destin est de l‘aimer ?

Même si elle était gentille, celle que j’adore,
Je pourrais vivre plus longtemps, mais non l’aimer plus.
Même si elle était gentille, celle que j’adore,
Je pourrais vivre plus longtemps, mais non l’aimer plus.

Je vois, elle me fuit...

 

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Sir Barnaby Whigg

 

Acte I

 

Blow, Boreas, blow

 

Souffle, souffle, Borée, souffle et que tes âpres vents
Fassent écumer et rugir les flots;
Tu ne peux pas causer de terreur dans des esprits vaillants,
Car malgré toi nous vivrons,
Car malgré toi nous vivrons, et trouverons le rivage.

Courage, mon cœur, ne sois pas craintif,
Mais garde dégagée la sainte-barbe;
Même si l’enfer est déchaîné,
Et que les diables rugissent de tous côté,
Tant que le bateau a de la place pour manœuvrer,
Les gars, n’ayez jamais peur, jamais, jamais peur.

Hé, comme il tangue fort !
Le grand mât, en s’élevant, a touché une étoile,
Les météores flamboient, comme si nous traversions les nuages,
Et tels des salamandres nous vivons dans les flammes.
Mais maintenant, maintenant nous coulons, maintenant nous allons
Par le fond, vers les ombres abyssales.
Hélas, où sommes-nous ? Qui, qui peut le dire !
Sûrement, c’est le fin fond de l’enfer,
Ou bien le séjour des dieux marins;
Nous allons vivre avec eux,
Nous allons vivre et régner avec eux,
Nous allons rire avec eux,
Et chanter et boire de toutes nos forces.
Mais vois, nous nous élevons, vois, nous remontons !

Les éclairs de l’orage et les grains des tempêtes
Se battent férocement pour la conquête de l’océan;
Mais le capitaine jure, au lieu de prier,
Et la mer est tout embrasée par les démons de l’air;
Nous allons boire et défier les esprits enragés qui volent
Des profondeurs jusqu’au ciel,
Et chanter tandis que mugit très fort le tonnerre;
Car la Fortune réservera encore un sort favorable au brave
Et jamais ne fera de la vague salée son tombeau,
Jamais ne noiera, ne noiera
Non, jamais ne noiera un brave type,
Non, jamais, non jamais ne noiera un brave type...

 

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Cleomenes, the Spartan Hero
[Cléomène, le Héros spartiate]

 

Acte II

 

No, no, poor suff'ring heart

 

Non, non, pauvre cœur souffrant, ne change pas ton zèle,
Choisis d’endurer la douleur, plutôt que de quitter ta belle;
Mes yeux ravis contemplent de tels charmes en elle;
Je peux mourir avec elle, mais non vivre sans elle.

Un seul tendre soupir d’elle à me voir languir
Fera plus que me payer de mes angoisses passées;
Attention, belle, à ta façon de me sourire,
C’est un doux regard de toi qui m’a détruit.
Un seul tendre soupir...

L’amour a encore en réserve pour moi un instant de bonheur,
Elle mettra fin à ma peine, celle qui l’a commencée;
Alors, ne laissant aucun jour sans plaisir ou félicité,
Des éternités vont passer sans qu’on s’en aperçoive.

Cupidon gardera d’autant plus la porte pour nous plaire,
Et repoussera le Temps et la Mort quand ils viendront nous saisir.
Le Temps et la Mort s’enfuiront, et diront dans leur vol:
L’amour a réussi à trouver un moyen de vivre en mourant.
Cupidon gardera...

 

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Regulus or the Faction of Carthage
[Régulus ou la Faction de Carthage]

 

Acte II

 

Ah me ! to many deaths

 

Malheureuse que je suis ! condamné à trop de morts,
Mon amour part en guerre chaque jour;
Dans chacune de ses blessures, je saigne,
Je meurs au moment où il s’en va;
Pourtant, je le haïrais s’il restait.

Malheureuse que je suis ! condamnée à trop de morts,
Par l’amour ou par la guerre, je meurs à chaque instant;
Quand je ne vois pas mon amour, je saigne,
Mais quand je l’ai devant moi,
Il me tue par excès de joie.

 

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The Canterbury Guests, or A Bargain Broken
[Les Hôtes de Canterbury, ou un Marché rompu]

 

Acte III

 

Good neighbour why ?

 

Première femme
Bonne voisine, pourquoi avez-vous l’air bizarre ?
Vous êtes étonnamment étrange,
Vous marchez en long et en large, vous soufflez comme un bœuf
Comme si vous alliez éclater de colère.
Est-ce parce que vous avez de la chance,
Ou que vous êtes si riche ?
Ou bien vous vivez à un tel niveau que presque personne
Ne peut se comparer à vous ?
Mais l’autre jour j’ai entendu dire
Que votre mari n’ose pas montrer le bout de l’oreille,
Mais marche aux alentours comme un rustre,
Si plein de soupirs et de peurs.

Deuxième femme
Bonne madame Tart, je me soucie comme d’une guigne
De vous et de vos railleries,
Mon mari est connu comme quelqu’un
D’extrêmement chaste et pur.
Et il continuerait à l’être
Sans des traînées comme vous;
Vous vous lavez, vous vous léchez, vous vous pomponnez, vous vous parez,
Vous lancez des regards en biais, une grimace, un signe de tête,
Et des clins d’œil, et quand il a bu,
Vous essayez de l’attirer.

Première femme
Vous mentez, sale garce, vous êtes toujours ivre,
Et maintenant vous querellez et cherchez noise
Et comme une catin, vous laissez courir les dettes,
Et vous lui faites mener une vie épuisante.

Deuxième femme
Redites-le moi un peu, sale guenipe,
Et je vous tire par la coiffe.

Première femme
Allez, vous êtes une sale mégère,
Votre mari ne peut pas le supporter,
Une roulure comme on n’en a jamais vu,
Tous vos voisins peuvent le jurer,
Une teigne répugnante, et bonne à rien
Sauf à bavarder.
Vous avez volé une cuillère dans la salle
Au dernier baptême où vous avez été.

Deuxième femme
Vous mentez, garce.

Première femme
Vous avez attrapé la gale.

Deuxième femme
Vous mentez, garce.

Première femme
Vous avez attrapé la gale.

Deuxième femme
Vous mentez, garce.

Première femme
Vous avez attrapé la gale.
Vos voisins savent que vous êtes en mauvaise santé.

Deuxième femme
Pour cet affront, je vais vous griffer la figure,
Et vous jeter à terre.

Première femme
Vous avez déchiré mon bonnet, vous allez réparer,
Même s’il m’a coûté quarante livres.

Premier mari et second mari
Holà ! Holà ! De quoi s’agit-il ?
Ces harpies, je pense, ont bu;
C’est bien ça, sur ma vie.

Premier mari
Bon voisin, je vous en prie, faites cesser cette bagarre,
Et que chacun emmène sa femme.

Deuxième mari
Madame Jones, je vous brise les os
Si vous vous rebellez.

Premier mari
Voici un martinet que vous allez sentir
Si vous n’obéissez pas tout de suite.

Première femme
Mon très cher, ne soyez pas sévère,
Ne faites pas attention à notre babillage.
Mon très cher...

Deuxième femme
Nous allons boire en amis, et tout finit ainsi,
Avec ce bon coup à boire.

Tous
Nous allons boire en amis, et tout finit ainsi,
Avec ce bon coup à boire.

 

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Oroonoko

 

Acte IV

 

Celemene, pray tell me

 

Lui
Célimène, je te prie, dis-moi,
Quand je vois ces jolis yeux,
Quand mon cœur bat dans ma poitrine,
Pourquoi je ne peux pas rester en repos.
Pourquoi ces tremblements aussi dans tout mon corps,
Des douleurs que je n’avais encore jamais senties,
Et quand je touche ta main,
Pourquoi je voudrais être un homme.

Elle
Comment puis-je en savoir plus que toi ?
Mais moi aussi je voudrais être une femme.
Quand tu te laves et que tu joues,
Je pourrais, me semble-t-il, regarder toute la journée.
Déjà maintenant, je suis si contente...
Si tu m’embrassais, je n’en parle pas !

Lui
Bien que je puisse passer tout le jour ainsi,
Et ne désire pas de meilleur jeu,
C’est sûr, dans l ‘amour il y a quelque chose de plus
Qui rend Maman si grosse par devant.

Elle
Un jour, par hasard, j’ai entendu nommer cela;
Ne demande pas comment, car j’ai honte.
Attends d’avoir passé quinze ans,
Et tu sauras ce que cela veut dire.

Lui
En tout cas, ne gaspille pas le bonheur présent,
Mais nous sommes seuls, embrassons-nous.

Elle
Mon sein s’enfle,

Lui
Mon cœur palpite,

Ensemble
Nous voulons quelque chose de plus.

 

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Pausanias

 

Acte III 

Sweeter than roses 

Chanson

Plus doux que les roses, ou que la fraîche brise du soir
Sur un chaud rivage fleuri,
Était ce cher baiser, qui d’abord me fit frissonner et transir,
Puis m’embrasa entièrement.

Quel pouvoir magique, celui de l’amour victorieux !
Car tout ce que je touche ou vois,
Depuis ce cher baiser, je l’éprouve à chaque instant,
Tout est amour pour moi.

 

My dearest, my fairest 

Ma très chère, ma très belle,
Je languis pour toi.

Mon très cher, mon très beau,
Je languis pour toi.

Ta grâce m’a conquis(e)
Ton charme m’a vaincu(e),
Je ne serai plus jamais libre.

Je défaille de plaisir,
Je voudrais recommencer,
Ah ! pourquoi les transports de l’amour
Sont-ils si courts et si doux ?
Dans les étreintes et les baisers,
Nous chercherons des joies renouvelées,
Et serons toujours heureux
Et toujours fidèles.

Mais hélas ! si tu dois changer,
Ah, ne me le dis pas ainsi,
Non, jamais, ma très chère/mon très cher,
Non jamais ma très belle/mon très beau,
Non, non, ma très chère, non, non.
Non, non, mon très cher, non, non.

 

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Oedipus
[Oedipe]

 

Acte III 

Hear, ye sullen powers below 

Trio

Écoutez, sombres puissances d’en bas,
Écoutez, vous qui prenez en charge les morts,
Écoutez, sombres puissances d’en bas,
Vous qui soufflez sur les chaudrons bouillants,
Vous qui écumez le plomb fondu,
Écoutez, sombres puissances d’en bas,
Vous qui pincez avec des tenailles rougies,
Vous qui menez les troupes tremblantes
De pauvres, pauvres fantômes
Avec vos fourches acérées;
Écoutez, écoutez,
Vous qui les faites passer par dessus bord,
Vous qui les enfoncez quand ils nagent
Jusqu’à ce qu’ils se noient,
Jusqu’à ce qu’ils aillent
L’un après l’autre
En bas, en bas, en bas,
Par dix mille brasses de fond.

Music for a while 

Chanson

La musique, pour un instant,
Endormira tous tes soucis,
Sans que tu saches comment tes peines ont été soulagées,
Et dédaignant d’y prendre plaisir,
Jusqu’à ce qu’Alecto délivre les morts
De leurs liens éternels,
Jusqu’à ce que les serpents tombent, tombent, etc. de sa tête
Et le fouet de ses mains,
La musique, pour un instant,
Endormira tous tes soucis.

 

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The Marriage-hater match'd
[L'Ennemi du mariage marié]

 

Acte IV 

As soon as the chaos 

Duo

Aussitôt que le chaos prit forme,
Et que la première race d’hommes distingua un bien d’un mal,
Ils s’accordèrent rapidement
Sur une divine connaissance:
Les plus grandes bénédictions du monde étaient les femmes et le vin.

Depuis lors, améliorant les plaisirs par l’exemple,
Le vin gouverne nos jours, l’amour et la beauté nos nuits;
Aime donc, et bois,
C’est folie de penser
À un mystère qui nous dépasse.

Sois moral en pensée,
Être gai n’est pas une faute,
Bien qu’un vieillard prêche le contraire;
Car jamais, mes amis, il n’y eut une époque de plus grand vice
Que quand les fripons semblent pieux et les fous semblent sages.
Car jamais, mes amis, il n’y eut une époque de plus grand vice etc.

How vile are the sordid intregues 

Chanson

Comme sont basses les sordides intrigues de la ville,
Tromperie et mensonge règnent continuellement;
Du souteneur et sa fille au politicien en robe,
Ils gaspillent leur journée en complots et sottises:
Tous leurs discours sont sur les affaires étrangères,
On crie toujours aux Français et à la guerre,
Le mariage, hélas, est en déclin,
Et pourtant, une pauvre vierge dépérit.
Ah, maudites soient ces querelles, c’est bien ma chance !

J’espérais, par des œillades charmeuses
Amener un riche commerçant dans mon lit conjugal;
J’ai tendu mon piège aussi pour un qui aimait les armes,
Mais j’ai trouvé que son dessein était autre;
Du monde de la cour jusqu’aux bourgeois ennuyeux,
Tous, benêts ou hommes d’esprit, ont peur du mariage;
Le mariage, hélas, est en déclin,
Et pourtant, une pauvre vierge dépérit.
Ah, peste du Monsieur, c’est bien ma chance !

 

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Love triumphant, or Nature will prevail
[Amour triomphant, ou la Nature l'emportera]

 

Acte IV 

How happy's the husband

Chanson

Heureux le mari dont la femme a été éprouvée,
Et demeure à ses côtés, contente dans l’adversité;
Assuré de ce qui reste, il ne regrette pas ce qu’il a perdu,
Mais quand il y a suffisamment, il trouve que c’est fête;
Ainsi il ne craint rien de pire
Que la malédiction de la grande pauvreté
Et malgré sa mauvaise fortune, il est déterminé à être heureux.

S’il y a beaucoup d’enfants, il en tire d’autant plus de satisfaction
Celui dont la femme a connu des difficultés et des chagrins auparavant;
Car elle élève les garçons en les préparant à la terre,
Et les filles pour être comme elle de bonnes maîtresses de maison.
Ainsi il se moque royalement
D’être quelqu’un ou non,
Et s’il n’est pas heureux, je veux bien qu’on me pende.

 

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Sophonisba, or Hannibal's overthrow
[Sophonisbe, ou la Chute d'Hannibal]

 

Acte IV 

Beneath the poplar's shadow

Chanson

Couchez-moi sous l’ombre du peuplier,
Là, aucun feu ne me désolera dans sa rage,
Près d’un cours d’eau argenté,
Près d’un cours d’eau argenté,
Oh, oh, mourant sous les coquelicots du sommeil.

J’enfle, je suis plus grand,
J’enfle, je suis plus grand que Typhon ne fut jamais;
O attachez-moi, attachez-moi
Avec un solide lien de cuivre,
Jusqu’à ce que mon sein éclate, pour laisser échapper le secret
Et faire sortir la furie.
Je ne peux pas, je ne veux pas, je ne peux pas,
Je ne veux pas souffrir plus longtemps.
Tandis que j’enrage, je faiblis,
Tandis que j’enrage,
Tandis que j’enrage, je faiblis,
Et la déesse est toujours plus forte.

 

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The Spanish Friar, or The Double Discovery
[Le Moine espagnol, ou la Double Découverte]

 

Whilst I with grief did on you look

Chanson

Tandis que je te regardais avec douleur,
Quand l’amour bouleversait ton cerveau,
J’ai pris le mal sur moi
Et souffert à ta place !

Marcella, regarde favorablement ton soupirant,
Et ne sois pas trop sévère,
Fais bon usage de la conquête de tes yeux
Car l’orgueil t’a coûté cher.

Marcella, etc.

Ambrosio traite ta flamme avec dédain,
Et torture ton tendre cœur;
Retire tes sourires, et retourne-lui un visage de glace,
Et paye-le de la même monnaie.

 

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The Mock Marriage
[Le Mariage pour rire]

 

Acte II

Oh ! how you protest 

Chanson

Oh, comme vous protestez et mentez solennellement,
Comme vous prenez l’air humble et caressant comme un âne;
Il me plaît, je dois l’avouer, de voir
Un amant en arriver là.

Oh, comme vous protestez etc.

Arrière, arrière, vous êtes méchant, je crains,
Je fais le vœu de ne jamais céder;
Vous me priez en vain, car jamais, je le jure,
Jamais, non jamais je ne le ferai.

Arrière, arrière, etc.

Car si nous consentons, comme vous partez vite,
Il ne reste plus rien de l’amant;
Vous fuyez en hâte, quoi que nous puissions faire,
Et rejetez vos chaînes avec obstination.

Car si nous consentons, etc.

Renoncez donc à temps, ne parlons plus de cela,
Je fais le vœu de ne jamais céder;
Vous promettez en vain, en vain vous adorez,
Car jamais, non jamais, je ne le ferai.

Renoncez donc etc.

Acte III

 'Twas within a furlong

Chanson

C’était à un stade de la ville d’Édimbourg,
À l’époque propice où l’herbe est coupée,
Le beau Jockey, gai et content,
Dit à Jenny qui faisait les foins:
« Asseyons-nous un peu, ma chère, et causons,
C’est un jour à être inspiré. »
Depuis longtemps il courtisait la fille aux sourcils noirs,
Mais Jenny disait toujours
Qu’elle ne consentirait jamais à se marier,
Et avec de nombreux fi ! et peuh !,
Elle criait: ça n’ira pas,
Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas, ne veux pas, ne veux pas plier.

Il dit qu’il lui donnerait un bonnet,
Et un joli poulain à monter pour prendre l’air;
« Certes, disait-elle, vous devriez avoir l’avantage,
Mais je ne sais pas ce que j’ai;
Je rêverai de sabots et de chiens stupides
Avec des bouteilles à la queue.
Vous me donnerez des babioles, je le crois bien, disait-elle,
Mais si un jour nous sommes mariés,
Vous vous éloignerez sûrement de moi,
Non, non, ça n’ira jamais,
Et je ne serai pas votre femme,
Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas, ne veux pas, ne veux pas plier.

Acte IV

Man is for the woman made 

Chanson

L’homme est fait pour la femme,
Et la femme faite pour l’homme.
Comme l’éperon est pour la rosse,
Comme le fourreau pour la lame,
Comme pour creuser est la pelle,
Comme pour la liqueur est le flacon ,
De même l’homme est fait pour la femme,
Et la femme pour l’homme.

Comme le sceptre pour être brandi,
Comme pour la nuit, la sérénade,
Comme pour le pudding, le moule,
Et pour nous rafraîchir, l’éventail,
De même l’homme est fait pour la femme,
Et la femme pour l’homme.

Qu’elle soit veuve, épouse ou fille,
Qu’elle soit lascive ou prude,
Qu’elle soit bien ou mal arrangée,
Catin, maquerelle ou haridelle,
L’homme est quand même fait pour la femme,
Et la femme pour l’homme.

 

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The Massacre of Paris
[Le Massacre de Paris]

 

Thy genius, lo [1ère Version] 

Chanson

Regarde, ton bon génie, depuis son doux lit de repos,
Revêtu de jasmin et de roses,
A fait lever la puissance divine pour arrêter ton destin;
Un vrai repentir ne vient jamais trop tard.
Sitôt née, elle se fit un linceul,
Le manteau pelucheux d’un nuage en pleurs,
Et, rapide comme la pensée, entreprit son voyage dans les airs,
Sa main secoua en tremblant la porte d’azur du ciel,
Les étoiles la regardèrent avec stupéfaction;
Elle raconta son histoire d’un ton si triste
Que les anges se départirent de leur félicité et gémirent.
Mais, Charles, prends garde, oh ! ne badine pas ...avec le ciel,
Car après, il n’y aura pas de pardon.

 Thy genius, lo [2ème Version] 

Chanson

Regarde, ton bon génie, depuis son doux lit de repos,
Revêtu de jasmin et de roses,
A fait lever la puissance divine pour arrêter ton destin;
Un vrai repentir ne vient jamais trop tard.
Sitôt née, elle se fit un linceul,
Le manteau de larmes d’un nuage pelucheux,
Et, rapide comme la pensée, entreprit son voyage dans les airs,
Sa main secoua en tremblant la porte d’azur du ciel,
Les étoiles la regardèrent avec stupéfaction;
Elle raconta son histoire d’un ton si triste
Que les anges se départirent de leur félicité et gémirent.
Mais, Charles, prends garde, oh ! ne badine pas avec le ciel,
Car après, il n’y aura pas de pardon.

 

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The Richmond Heiress
[L'Héritière de Richmond]

 Acte II

Behold the man

Dialogue

Lui
Voyez l’homme qui, avec sa puissance de géant,
Ose combattre à nouveau le ciel,
Prendre d‘assaut le palais brillant de Jupiter, mettre les dieux en fuite,
Recréer le chaos et faire la nuit perpétuelle.
Venez, fous combattants qui entretenez des querelles mesquines,
J’ai toutes les guerres d’Europe dans mon cerveau.

Elle
Qui donc parle de guerre lorsque arrive une charmante beauté,
Divinement jolie, sur le doux visage de qui
Fleurit un éternel plaisir ?
Quand j’apparais, le dieu martial
N’est plus qu’une victime conquise,
Il obéit à chaque regard, à chaque signe terrible,
Et craint l’éclair de mes yeux meurtriers
Plus que le plus violent orage dans le ciel.

Lui
Maintenant nous nous élevons,
Le dieu brillant du soleil et moi,
Nous chargeons sur le duvet d’azur du vaste ciel.
Vois comme les couards immortels courent,
Sus, sus, sus,
Chasse-les au-delà de la zone de feu,
Et de là descends en roulant,
Et fouille le Globe en bas, avec toutes ses mers et ses golfes,
Pour retrouver ma raison perdue, errante.

Elle
Par cette matière disjointe
Qui peuple ton péricrâne,
J’ai bien vu
Que ton cerveau n’est pas sain,
Et tu seras donc mon compagnon.

Lui
Allons, abattons-nous donc sur le monde,
Je saisis cette occasion bénie,
Car par instinct je vois bien
Que tu es de ceux
Qui ont les premiers apporté la damnation.

Ensemble
Ainsi soyons fous, très fous,
Car l’Europe maintenant s’accorde à notre frénésie,
Et tout dans la nature est fou, fou, fou,
Et tout dans la nature est aussi fou que nous.

Elle
Mon visage a enchanté le ciel,
Avec tous ces gaillards célestes;
Jupiter a pressé ma poitrine
Et embrassé mon sein,
Ce qui a rendu la vieille Junon jalouse.

Lui
J’ai défié le terrible Pluton,
Mais le dieu du feu m’a évité;
J’ai pourchassé le rusé Hermès
Autour du pôle à coups de massue,
Car il s’était moqué de moi.

Ensemble
Ainsi soyons fous, très fous, etc.

Elle
J’ai trouvé Apollon en train de chanter,
La musique accroît ma rage;
Je l’ai rendu si aveugle
Par un regard aimable
Qu’il a brisé sa lyre en morceaux.

Lui
J’ai bu à la santé de Vénus,
Et au grain de beauté sur son épaule blanche;
Mars a fait un geste vers le verre,
Et je le lui ai lancé à la figure;
Y eut-il héros plus hardi ?

Ensemble
Ainsi soyons fous, très fous, etc.

Elle
C’est vrai, mon cher Alcide,
Les choses tendent à se dissoudre,
Les charmes d’une couronne,
Et les pouvoirs d’une robe
Ont tout amené à la confusion.

Lui
Les vilains Français l’ont commencé,
L’intelligence anglaise le poursuit,
L’Allemand et le Turc
Continuent le travail,
Et tout le monde à la fin le regrettera.

Ensemble
Ainsi soyons fous, très fous, etc.

 

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Rule a wife and have a wife
[Gouverne une femme et aie une femme]

 

There's not a swain

Chanson

Il n’y a pas un berger
Dans la plaine
Qui serait aussi heureux que moi,
Oh, si seulement tu pouvais me sourire !
Mais tu parais
Si sévère
Que, tremblant de peur,
Mon cœur fait toc-toc tout le temps.

Il n’y a pas un berger, etc.

Quand je crie:
« Faut-il que je meure ? »,
Tu ne réponds pas,
Mais tu regardes avec froideur
Et de tes yeux dédaigneux
Tu me tues par ta cruauté;
Oh, peux-tu être
Si dure avec moi ?

Quand je crie etc.

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Tyrannic love, or the Royal Martyr
[Amour tyran, ou le Martyr royal]

 

Acte IV

Hark my Damilcar

Duo

Nakar
Écoute, ma Damilcar, on nous appelle en bas !

Damilcar et Naka
Allons, allons, allons, allons,

Nakar
Allons soulager les peines
Des amants passionnés au désespoir.

Damilcar et Nakar
Allons, allons, allons, allons.

Damilcar et Nakar
Gaiement, gaiement, gaiement nous voguons depuis l’Est,
À moitié ivres du festin de l’arc en ciel;
Dans la lumière du clair de lune, alors que les vents sifflent bruyamment,
Vite, vite, vite, nous montons, nous volons;
Nous dérivons dans un blanc nuage ouaté,
Et, pour ne pas sauter de trop haut depuis le ciel,
Nous glisserons sur le dos d’une nouvelle étoile filante,
Et nous nous laisserons tomber dans une gelée d’amour !

Nakar
Mais maintenant le soleil s’est couché, et les éléments sont rouges,
Les esprits du feu nous tiennent tête,
Ils se rassemblent comme des moucherons dans l’air;
Hélas, je dois te laisser, ma belle,
Et rejoindre mes chevau-légers.

Damilcar
Oh, reste !

Nakar
Hélas, je dois te laisser, mon amour !

Damilcar
Tu n’as pas à les craindre, cette nuit:
Le vent est pour nous, et souffle contre eux,
Et nous combattons sur le vaste océan.
Comme les feuilles en automne, nos ennemis vont tomber
Et siffler dans l’eau, et se noyer !

Nakar
Mais leurs hommes sont retranchés en sécurité dans un nuage,
Et un frelon sonne bruyamment de la trompette pour la bataille;
Maintenant les mortels qui épient
Comment nous nous battons dans le ciel
Vont regarder avec étonnement
Et craindre des événements qui n’arriveront jamais
Si tu restes pour achever ce que l’homme aura fait.

Damilcar
Alors, rappelle-moi quand la bataille sera gagnée.

Damilcar et Nakar
Un esprit de l’air est si vite prêt
À avoir pitié de l’amant et à secourir la belle
Qu’en silence et rapidement, le tendre petit dieu
Arrive avec un souhait et repart sur un signe de tête.

 Acte IV

Ah ! how sweet it is to love

Chanson

Ah, qu’il est doux d’aimer,
Ah, qu’un désir juvénile est charmant,
Ah, quelle plaisante peine nous éprouvons
Quand nous sentons pour la première fois une ardeur d’amant !
Les peines d’amour sont de loin plus douces
Que tous les autres plaisirs.

Les soupirs exhalés par des amants
Touchent et enflent doucement le cœur,
Et par les seules larmes qu’ils versent,
Guérissent, comme un baume goutte à goutte, la douleur.
Les amants, quand ils n’ont plus de souffle,
Perdent leur sang dans une douce mort.

 

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The English Lawyer
[L'homme de loi anglais]

Acte III

My wife has a tongue

Canon

Ma femme a une langue aussi forte que glapissante;
À chaque mot, elle m’envoie me faire pendre.
Elle est laide et vieille,
Une maudite ronchon,
Avec un fâcheux nunquam satis (= jamais assez):
Si sa langue et ses fesses
Un beau jour disparaissent,
Le diable l’aura gratis.

 

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Epsom wells
[Les Sources d'Epsom]

Leave these useless arts

Duo

Laisse ces artifices inutiles quand on aime,
Feindre colère et dédain;
Laisse ces artifices inutiles etc.

Fais confiance à la nature, le doux mouvement de la nature
Ne plaide jamais en vain;
Rien ne guide la passion d’un amant
Mieux que l’inclination de sa belle.

Fais confiance à la nature, etc.

 

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The Female Virtuosos
[Les Femmes Savantes]

Acte V

Love, thou art best

Duo

Amour, tu es la meilleure des joies humaines,
Notre plus grand bonheur ici-bas;
Tous les autres plaisirs ne sont que des amusettes,
Sans toi la musique n’est que du bruit,
Et la beauté une figure vide.

Le ciel, qui a su le mieux ce qui pouvait toucher l’homme
Et élever ses pensées au-dessus de la brute,
A dit: « Qu’il soit, et qu’il aime. »
Cela seul peut perfectionner son âme,
En dépit de toutes les discussions philosophiques,
Cela seul peut perfectionner son âme,
En dépit de toutes les discussions philosophiques. 

 

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Henry the Second
[Henry II]

In vain 'gainst live I strove

Chanson

C’est en vain que j’ai lutté contre l’amour,
Ni la raison ni l’honneur n’ont pu lui ôter sa force;
Bien que l’honneur ait fourni de nouvelles objections;
Et chacun était d’un admirable jugement, à mon sens.
Chacun était d’un admirable jugement, à mon sens.

Mais l’amour puissant bien que moins avisé
Contredit ma langue par mes yeux passionnés;

L’un répond faiblement: « Non, non, non »,
Mais: « Oui, oh oui, oui, oui ! »
Crie ce dernier bien plus fort.

 

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The Indian Emperor, or the Conquest of Mexico
[L'Empereur indien, ou la conquête du Mexique]

Acte II

I look'd, and saw the book of Fate

Chanson

J’ai regardé et lu dans le livre du Destin,
Où bien des jours sont engloutis,
Quand voici qu’une heure propice a surgi et souri
Pour sauver ton État déclinant.

Un jour viendra où tes cruel ennemis
Seront en ton pouvoir.
Alors ton pays sera libre,
Et tu règneras en paix.
Mais saisis, oh saisis,
Oh saisis cette occasion,
Qui, une fois refusée, ne reviendra jamais,
Ne reviendra jamais.

Oh saisis, saisis cette occasion etc.

 

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The Knight of Malta
[Le Chevalier de Malte]

Acte III

At the close of the evening

Canon

À la fin de la soirée,
Les montres furent mises à l’heure,
Les gardes firent leur ronde,
Et le tambour battit le ta-ta-ta-taaa,
Le ta-ta-ta, ta-ta-ta-taa.

Mais maintenant des étoiles
Au loin apparaissent dans le ciel,
Et on entend là haut
Ta-ra-ra-ra-ra,
Et on entend là haut
Ta-ra-ra-ra-ra.

Nous serons bientôt relevés,
Buvons donc, buvons encore,
Buvons donc encore, etc.
À ta santé, à ta santé,
Et à la tienne, et à la tienne,
Buvons,
Buvons jusqu’au jour.

 

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The Fatal Marriage,
or The Innocent Adultery
[Le Mariage fatal, ou l'Adultère innocent]

Acte III

The danger is over

Chanson

Le danger est passé, la bataille est finie,
La nymphe eut peur, mais à la fin elle osa,
Elle affronta la rencontre, et quand ce fut fait,
Elle sourit de sa propre folie et reconnut qu’elle avait gagné.
À ses yeux, nous devinons qu’elle a eu du plaisir,
Sa rougeur lui va bien, ses sentiments sont apaisés.
Elle dissimule sa joie et affecte de baisser les yeux,
Si elle soupire, c’est du chagrin que ce soit si tôt fini.

Paraissez, vierges, vieilles et jeunes,
Vous toutes qui avez porté ce fardeau trop longtemps,
Vous qui avez perdu un temps précieux, et vous qui êtes en train de le perdre,
Trahies par vos craintes, entre hésitation et embarras du choix;
Approchez-vous, et apprenez ce qui va vous décider:
Vous vous trouverez heureuses une fois gentilles;
Soyez résolues à tenter l’aventure,
La perte sera minime et il y a beaucoup à gagner.

I sigh'd and owned my love

Chanson

Je soupirai et admis que j’aimais,
La belle non plus ne désapprouva pas ma passion;
Un doux air engageant,
Bien peu propre à causer du désespoir
Fit voir qu’elle prêtait attention à ma prière.
Elle sembla avoir pitié de ma détresse,
Et je n’attendais rien de moins
Que ce que confessait chacun de ses regards.

Mais, oh ! son changement ruine la charmante perspective de la joie promise:
Elle a perdu toutes les grâces qui annonçaient la pitié sur son visage,
Et de froides moues dissuasives les remplacent.

Mais tandis qu’elle s’efforce de refroidir le désir,
Ses yeux plus brillants inspirent une telle chaleur !
Elle contient la flamme, mais ne peut étouffer le feu.

 

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The History of King Richard the Second,
or the Sicilian Usurper
[L'Histoire du roi Richard II, ou l'Usurpateur sicilien]

Acte IV

Retir'd from any mortal's sight

Chanson

Retiré loin de la vue des mortels,
Damon était couché pensif;
Il bénissait la nuit mécontente
Et maudissait le jour souriant.
Les tendres créatures qui partageaient sa peine,
Ses troupeaux, ne broutaient plus,
Mais tristement, pressés autour du berger,
Le regardaient comme dans un deuil silencieux.

Il entendait la musique des bois,
Et répondait avec un soupir;
Il voyait le poisson jouer dans le flot,
Et pleurait plus d’eau que la marée.
En vain la floraison d’été vint,
Car toujours le berger languissant,
Comme les vents d’automne faisait entendre ses gémissements,
Pleurant davantage que la pluie d’hiver.

Donnez-moi, disait-il, quelque soulagement, quelque répit,
Pourquoi, Puissances supérieures, ah ! pourquoi
Suis-je trop malheureux pour vivre,
Sans pour autant pouvoir mourir ?
Ces accents émanaient du berger
Tandis qu’il gisait sur le sol,
À la fin il émit un soupir si profond
Qu’il emporta sa vie.

 

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The maid's last prayer,
or Any rather than fail
[La dernière prière de la jeune fille,
ou Tout plutôt que la chute]

 

Acte III

Though you make no return to my passion

Chanson

Bien que vous ne répondiez pas à ma passion,
J’ai toujours la prétention d’adorer;
En amour, ce n’est qu’une opinion bizarre
Qu’il faille abandonner quand on est faiblement repoussé.

Bien que vous ne répondiez pas etc.

Quand vous parlez de votre devoir,
Je contemple votre beauté,
Et ne me soucie pas du tout de cette ennuyeuse maxime;
Qu’elle règne à Cheapside,
Avec la fiancée d’un bourgeois,
Mais elle ne sera jamais reçue à Whitehall.

Quand vous parlez de votre devoir etc.

Quel contes apocryphes il vous raconte,
Celui qui voudrait vous faire croire
Que, à cause de « pour le meilleur et pour le pire »
Vous devez encore être accrochée à sa manche.

Quels contes apocryphes etc.

C’est apparemment de la haute trahison
Envers l’amour et envers la raison,
Qu’un homme possède l’exclusivité d’un tel trésor;
Celui qui ne connaît pas les joies
Qui vont avec un tel choix
Doit céder ses droits à un autre qui les connaît.

C’est apparemment de la haute trahison etc.

No, resistance is but vain

Duo

Non, résister est vain
Et ne fait qu’ajouter un nouveau poids à la chaîne de Cupidon.
Non, résister est vain.
Le tyran connaît mille façons, mille artifices
Pour capturer nos cœurs.

Parfois il emploie les soupirs, et parfois essaye
Le langage universel des yeux.

Il détruit la cruelle par la cruauté,
Il ruine la douce par la douceur,
Il tue la vigoureuse par la joie,
La faible par la douleur.

Non, résister est vain
Et ne fait qu’ajouter un nouveau poids à la chaîne de Cupidon.
Non, résister est vain.

Acte V

Tell me no more

Chanson

Ne me dites plus que je suis trompé,
Que Chloé est fausse et vulgaire;
Par le ciel ! j’ai toujours cru
Qu’elle était une authentique femme.

Ne me dites plus etc.

En tant que telle je l’appréciais, je la caressais,
Elle était toujours fidèle quand je la possédais,
Elle ne pouvait faire plus pour aucun homme.
Mais oh, ses pensées se sont portées sur d’autres,
Et c’est cela que vous trouvez rude;
Vous êtes peut-être l’homme dont elle s’est entichée,
Et alors, qu’en ai-je à faire ?

Mais, oh, ses pensées etc.

Vous dites qu’elle est fausse, je suis sûr qu’elle est gentille,
Je vais prendre son corps, vous son esprit,
Qui fait la meilleure affaire ?

 

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The Libertine, or the Libertine destroyed
[Le Libertin, ou la Déroute du libertin]

 

Acte IV

Nymphs and shepherds

Chanson

Nymphes et bergers, allons,
Allons, etc.
Dans les bosquets, jouons et divertissons-nous,
Jouons et divertissons-nous, etc.

Car c’est la fête de Flore,
C’est la fête de Flore, etc.

Jour sacré pour le plaisir et l’amour heureux,
Pour la danse, la musique... et la poésie;
Vos troupeaux peuvent maintenant... aller et venir en toute sécurité
Tandis que vous exprimez... votre gaieté.

Nymphes et bergers, etc.

We come

Choeur

Nous arrivons, nous arrivons... La joie est sans pareille,
Chantons maintenant, réjouissons-nous et embrassons.
Les grands ne peuvent connaître un bonheur comme celui-ci...
Dans ces bosquets plaisants et délicieux
Célébrons nos heureuses amours,
Dans ces bosquets plaisants et délicieux, etc.
Jouons du pipeau et dansons... et rions et chantons.
Ainsi chaque créature heureuse, heureuse
Exulte dans le printemps en liesse, etc.

Acte V

Prepare, prepare

Trio & Choeur

Premier diable
Préparez-vous, préparez-vous, de nouveaux hôtes s’approchent,
Et apparaissent à l'entrée de l’enfer.

Chœur
Préparez-vous, préparez-vous.

Premier diable
Attisez les flammes de soufre.

Chœur
Préparez-vous, préparez-vous.

Deuxième diable
Assemblez-vous, démons,
Attendez la fin terrible
D’hommes impies qui surpassent de loin
Tous les habitants de l’enfer.

Chœur
Préparez-vous, préparez-vous.
Amenez-les à la damnation éternelle, terrible.
Amenez-les, etc.

Troisième diable
En malfaisance, ils ont fait pire que tous les damnés,
Ici ils pleureront et gémiront sans éveiller la pitié,
Ici ils hurleront et lanceront une plainte éternelle.

Premier diable
Par le sang et la luxure ils ont si bien mérité
Qu’ils sentiront les plus brûlantes flammes de l’enfer.

Deuxième diable
En vain ils regretteront ici leurs méfaits passés,
Dans des tourments raffinés qui ne cesseront jamais.
Ils trouveront les ténèbres éternelles,
Et des chaînes éternelles les lieront
À une peine éternelle des sens et de l’esprit.

Chœur
Préparez-vous, préparez-vous.
Amenez-les etc.

To arms, heroic prince

Chanson

Aux armes, prince héroïque, aux armes, etc.
La gloire, comme l’amour, a des charmes puissants.
Que la gloire maintenant prenne possession de ton âme,
Et compense la perte de son rival.
Ordonne aux trompettes de sonner, et n’aie rien d’autre à la bouche
Que batailles, conquêtes, triomphes, renommée.

 

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A fool's preferment,
ot The three dukes of Dunstable
[La Promotion d'un fou, ou les Trois Ducs de Dunstable]

 

Acte I

I sigh'd, and I pin'd

Chanson

Je soupirais, et je languissais,
Je soupirais, et je languissais,
J’étais fidèle, j’étais fidèle et gentil
Avec une capricieuse qui riait de mes peines;
Bien que ma passion n’ait jamais refroidi,
J’ai trouvé qu’on s’était moqué de moi
Malgré toute mon intelligence.
Bien que ma passion n’ait jamais refroidi, etc.

Mais maintenant, je suis un être aussi brillant qu’un roi,
Si heureuse est la tête en pleine confusion:
Ce crâne stupide et vide
Devient très vite brillant,
Le Destin aime particulièrement un fou au berceau.

There is nothing so fatal as a woman

Chanson

Il n’y a rien d’aussi funeste qu’une femme
Pour précipiter un homme au tombeau;
Vous pouvez penser, vous pouvez faire des plans,
Vous pouvez soupirer comme un sot,
Elle se sert de vous plutôt comme d’un esclave.
Mais une bouteille, bien que ce soit vulgaire,
Effacera les traîtrises de la belle;
Elle chassera de votre tête
Les délices du lit,
Un homme ivre n’est pas en état de faire sa cour.
Elle chassera de votre tête etc.

 

Acte III

Fled is my love

Chanson

Mon amour est enfui,
Parti pour toujours, pour toujours, toujours,
Oh, perte énorme,
Éternel chagrin, éternel chagrin !
Mais dis-moi, Strephon, pourquoi devrais-tu prendre le deuil ?
Car si ta Célia ne revient pas,
Tu dois aller à elle,
À elle, tu dois aller à elle demain.

'This death alone

Chanson

La mort seule,
La mort seule peut me soulager,
Si immense est la peine,
Si immense est la peine que j’ai éprouvée.
Dans cette froide tombe mon cœur gèlera pour toujours,
Puisque le sien ne put jamais, jamais fondre,
Puisque le sien ne put jamais, jamais fondre.

 

I'll mount to yon blue Coelum

Chanson

Je vais monter là haut dans le Coelum bleu,
Pour éviter ces bohémiennes,
Je vais jouer aux boules avec le Soleil et la Lune,
Et vous faire peur, vous faire peur,
Vous faire peur avec des Éclipses. (reprise)
Je vais monter là haut dans le Coelum bleu.

NdT: Coelum: en latin, le ciel. Le personnage peut être un pédant, un fou ou un écolier.

Acte IV

I'll sail upon the Dog-star

Chanson

Je vais voguer sur Sirius,
Et ensuite poursuivre le matin.
Je vais pourchasser la lune jusqu’à midi,
Mais je lui ferai quitter ses cornes.
Je vais escalader la montagne enneigée,
Et là je vais décider du temps;
Je vais arracher l’arc-en-ciel aux cieux,
Et attacher ensemble ses deux bouts.
Cueillir les étoiles de leur orbite aussi,
Et les fourrer dans ma bourse;
Et si je suis un garnement tapageur,
Que les nations en jugent.

 

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Theodosius or the Force of love
[Théodose ou la Force de l'amour]

 

Acte I, scène 1

Prepare, prepare

Solo & Trio

Atticus
Préparez-vous, préparez-vous, le rituel commence,
Ne laissez entrer aucun profane;
Le temple resplendit d’une gloire nouvelle,
Ornez l’autel, lavez les reliquaires,
Et purifiez ce lieu du péché.

Atticus, prêtres
Préparez-vous, préparez-vous, etc.

Atticus
Peux-tu, Marina, abandonner le monde,
Le monde qui est un poison pour la dévotion,
Où les couronnes volent, et les sceptres roulent,
Où règnent la luxure et l’orgueilleuse ambition ?

Troisième prêtre
Pouvez-vous vous passer de vos coûteuses robes
Pour vivre avec nous dans un pauvre habit ?
Pouvez-vous quitter les cours pour les cellules
Et chanter à minuit dans notre chœur ?

Deuxième prêtre
Pouvez-vous oublier vos lits d’or
Où vous pouviez dormir jusqu’au matin
Sur des oreillers où reposer vos royales têtes,
Pouvez-vous faire couper vos belles tresses ?

Atticus
Pouvez-vous vous résoudre à jeûner tout le jour,
Et pleurer et gémir pour être pardonnées ?
Pouvez-vous prier dans un sommeil interrompu,
Et mériter le ciel par la mortification ?

Atticus, prêtres
Dites, vous qui avez prononcé des vœux, est-ce possible ?
Pendant que nous implorons la grâce divine,
Le monde a perdu, la bataille est gagnée,
Et le péché ne vous charmera plus jamais.
Le monde a perdu, etc.

Marina
La porte de la félicité est ouverte,
Et toute ma repentance est en vue;
Le monde, d’autre part,
S’écrie: « Oh, ne nous dis pas adieu ! »
Pourtant, Seigneur, dans ces derniers moments
Où la pompe et l’orgueil chantent leur gloire,
Où la jeunesse et la beauté sont en débat
Et plaident si bien leur cause émouvante,
Si quelque chose de vain occupe mes pensées,
Ou si quelque passion gouverne ici
Que la divinité ne puisse pas bénir,
Oh, que je n’entre jamais là-bas !

Flavilla
Quoi ! Que peuvent faire la pompe ou la gloire ?
Et de quel poids sont les charmes de l’humanité ?
L’esprit qui a le ciel en vue,
Comment peut-il être trahi par la terre ?
Ce n’est pas un monarque jeune ou fameux,
Joie des yeux et orgueil de la nature,
Qui pourrait un jour détourner mes pensées du ciel,
Bien qu’il vienne de me demander en mariage.

Ensemble
Hâtez-vous, oh hâtez-vous donc, et laissez-nous entrer,
Fermez pour toujours sur nous la porte de la Religion, etc.
Mettez-nous à l’abri des charmes du péché,
Et ne nous permettez plus de voir le monde, etc.

Hark, behold the heavenly choir

Solo & Trio

Atticus
Écoutez ! écoutez ! contemplez le chœur céleste,
Ils fendent le ciel en habit brillant etc.
Et voyez le luth que chaque ange tient,
Et écoutez ! écoutez ! comme il chante divinement, etc.

Chœur
Que tous les hommages soient rendus aux puissances divines
Par les hommes sur terre et les anges au ciel, etc.

Now the fight's done

Chanson, après l'Acte I

Le combat est maintenant fini, et le grand dieu de la guerre
Dort couché à l’ombre et oublie ses soucis;
L’amour sourit à son repos; et les alarmes du soldat,
C’est lui qui les bat, lui qui les sonne, et il parade dans ses armes;
Il chevauche sa lance, et frappe les buissons;
Et accroche sa large épée ensanglantée au saule.
Il chevauche sa lance, etc.

L’amour sourit quand il sent la pointe aiguë de sa flèche,
Il la brandit, frappe le dieu sévère au cœur;
Celui-ci laisse son lit d’acier et ses coussins d’airain
Pour des oreillers de roses et des couches d’herbe.
Son coursier, rapide comme l’éclair, est maintenant si lent
Qu’un Amour est assis sur sa selle, bandant son arc.
Son coursier, rapide comme l’éclair, etc.

Amour, amour est le cri général; amour et baisers sont à profusion,
Tandis que Phillis et Damon sont couchés par terre enlacés.
Le berger gâche trop vite le plaisir de Phillis;
« C’est raté », crie-t-elle, et: « il assassine ma joie !»
Mais il reprend force grâce au pouvoir de ses charmes,
Et embrasse, étreint, et meurt dans ses bras.
Mais il reprend etc.

Sad as the death

Chanson, après l'Acte II

Triste comme la mort au plus profond de la nuit,
La belle Célia se lamentait;
Une pauvre lampe était toute sa lumière
Tandis qu’elle réfléchissait sur son sort:
Pourquoi un homme cherche-t-il à triompher ainsi,
Et à obtenir des joies qui nous donnent du chagrin ?
Ah, quelle gloire peut résulter
De la perte d’une vierge sans défense ? etc.

Maudite soit la nuit, donc, maudite l’heure
Où il t’attira dans ses bras,
Où la vertu fut trahie par la force,
Et céda à des charmes illicites,
Où l’amour arriva avec tous ses feux,
Armé d’espoir et de violents désirs,
De soupirs et de larmes, et des ruses
Par lesquelles les hommes séduisent les filles, etc.

Dream no more

Chanson & Duo, après l'Acte II

Ne rêve plus des plaisirs passés,
Puisque tous tes tourments sont à venir,
Le secret s’est finalement ébruité
Et tu es maintenant condamnée à une honte éternelle.
Le parjure trompeur, hélas, est parti,
Et t’a laissée seule à ton désespoir.
Qui, en entendant parler de la douleur de Célia,
Fera jamais à nouveau confiance à un homme ?
Le parjure trompeur etc.

Hail to the myrtle shade

Chanson & Duo, après l'Acte III

Salut à l’ombre du myrte,
Salut aux nymphes des champs;
Les rois ne vont pas l’envahir,
Bien que la vertu cède à toutes les libertés.
La beauté ici ouvre ses bras
Pour apaiser l’esprit languissant,
Et Phillis ne défend plus ses charmes.
Ah Phillis ! ah, pourquoi si gentille ?
La beauté ici ouvre ses bras etc.

Phillis, l’âme de l’amour,
La joie des bergers voisins !
Phillis, qui fait l’ornement des bosquets,
Et Phillis qui transfigure les plaines,
Phillis qui n’eut jamais le talent
De peindre, de mettre des mouches, ou d’être raffinée;
Mais Phillis dont les yeux peuvent tuer,
Que la nature a faite divine !
Phillis qui n’eut jamais le talent etc.

Phillis dont la langue charmante
Fait du travail et de la peine un délice;
Phillis qui rajeunit le jour,
Et abrège la nuit entière;
Phillis dont les lèvres, comme Mai,
Rient encore aux douceurs qu’elles apportent,
Chez qui Amour ne connaît jamais le déclin,
Mais réside avec un éternel printemps.
Phillis dont les lèvres etc.

Ah cruel, bloody Fate

Chanson, après l'Acte IV

Ah, cruel Destin sanglant,
Que peux-tu faire de plus maintenant ?
Hélas, il est maintenant trop tard
Pour rappeler Philander à la vie.
Pourquoi les puissances célestes doivent-elles persuader
Les pauvres mortels de croire
Qu’elles veillent sur nous ici,
Nous récompensent ici,
Alors qu’elles trompent toutes nos joies ? 
Elle prit alors son poignard,
Et le tint dans sa main,
Et avec un regard mourant
Cria: « Eh bien, je décide du destin;
Philander, ah mon amour, j’arrive
Pour rejoindre ton ombre en bas,
Ah, j’arrive,  cria-t-elle,
Avec une plaie si large
Qu’il n’y a pas besoin d’un second coup. »

En vagues de pourpre, son sang
Coula à torrents sur le sol;
Impavide, elle vit le flot,
Et bénit l’heure de la mort;
« Philander, ah, Philander ! » criait encore
Phillis en saignant;
Elle pleura un instant,
Et se força à sourire,
Puis ferma les yeux et mourut.

 

 

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traduction: Jacqueline & Alain DUC