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Henry Purcell

 

Le Roi Arthur
ou le Valeureux Breton

 

King Arthur
or The British Worthy

Semi-Opéra, ou opéra dramatique, en V Actes

livret de John Dryden

représenté pour la première fois au Dorset Garden, Londres
Mai / Juin 1691
dédié au Marquis d'Alifax

Henry Purcell [1659 - 1695] - Z 628

 

 

les personnages [par ordre d'entrée]:

Philidel, soprano
Grimbald
, baryton
Un Berger
, ténor
Deux Bergères
, sopranos
Cupidon
, soprano
Le Génie du Froid
, baryton
Deux Sirènes
, sopranos
Trois Nymphes
, sopranos
Trois Paysans
, alto, ténor & baryton
Trois Femmes
, sopranos
Éole
, baryton
Pan
, baryton
Néréide
, soprano
Comus
, ténor
Vénus
, soprano
Elle [ou une Nymphe]
, soprano
Lui [ou un Berger]
, basse
L'Honneur
, soprano

Choeurs
- des esprits de Philidel
- des esprits de Grimbald
- des Bergers
- du Peuple du Froid

 

 

Prologue
Acte I
Acte II
Acte III
Acte IV
Acte V

 

Ouverture - Air - Ouverture

 

Acte I

 

Scène 2

 

Un lieu de culte païen; les trois dieux saxons, Wotan, Thor et Freya sur des piédestals; un autel. Oswald, son magicien Osmond et l’esprit terrestre maléfique Grimbald ont amené des victimes pour un sacrifice, afin d’assurer la victoire au combat, et se préparent pour les rites. Grimbald va à la porte et revient avec six Saxons en blanc, ayant l’épée à la main. Ils se rangent trois par trois face à face. Le reste de la scène est rempli de prêtres et chanteurs.

 

Premier Prêtre Saxon
Wotan, à toi d’abord, nous avons sacrifié un coursier blanc comme lait, conquis au combat.

Le Choeur
Nous l’avons sacrifié.

Second Prêtre Saxon
Notre offrande suivante, un coursier semblable, sera dédiée à Thor, ton fils porteur de foudre.

Le Choeur
Nous l’avons sacrifié.

Premier Prêtre Saxon
Un troisième (de race frisonne) à l’épouse de Wotan et mère de Thor. Et maintenant, nous avons offert les trois.

Le Choeur
Nous les avons sacrifiés.

Second & Troisième Prêtres Saxons
Le cheval blanc a henni fortement.
Nous rendons grâces à Wotan. Nous avons fait un vœu à Wotan, à Wotan, notre défenseur.

Le Choeur
Nous rendons grâces à Wotan. Nous avons fait un vœu à Wotan, à Wotan, notre défenseur.

Soprano
Le destin est fixé, et Tanfan est satisfait.
Vous serez délivrés des soucis mortels.

Le Choeur
Braves cœurs, dont l’histoire gardera le nom,
Appréciant l’honneur,
Méprisant la mort,
Acquérant la renommée
Par le trépas,
Mourez et cueillez le fruit de la gloire.

Troisième Prêtre Saxon
Je vous appelle tous
Au palais de Wotan,
Les tempes ceintes
De lierre tressé,
Avec des gobelets couronnés,
Et force coupes d’or poli;
Là, nous rirons et danserons et boirons
La liqueur qui rend les Bretons hardis.

Le Choeur
Tous au palais de Wotan,
Où, avec force coupes d’or poli,
Nous rirons et danserons et boirons
La liqueur qui rend les Bretons hardis.

 

Les six Saxons sont emmenés par les prêtres pour être sacrifiés.
Une bataille est supposée avoir lieu en coulisses, avec tambours, trompettes, clameurs guerrières et assauts.

 

Symphonie

 

Après la symphonie précédente, les Bretons, exprimant leur joie d'être vainqueurs, chantent ce chant de triomphe

Ténor I
« Venez si vous l’osez », résonnent nos trompettes.
« Venez si vous l’osez », ripostent les ennemis.
« Nous voici, nous voici, nous voici, nous voici »
Dit le double double double roulement du tambour tonnant.

Le Choeur
« Venez si vous l’osez », résonnent nos trompettes, etc.

Ténor II
Maintenant, ils chargent de toute leur force;
Maintenant, ils se regroupent.
Les Dieux d’en haut observent leurs efforts insensés
Et prennent pitié de l’humanité qui va périr pour l’or.

Le Choeur
Maintenant, ils chargent, etc.

Ténor II
Les Saxons épuisés abandonnent le terrain,
Le son de leurs trompettes devient languissant,
Ils fuient, fuient, fuient, fuient,
« Victoire, victoire », crient les hardis Bretons.

Le Choeur
Les Saxons épuisés abandonnent le terrain, etc.

Ténor II
Maintenant la victoire est acquise,
Maintenant nous courons au pillage,
Nous retournerons vers nos belles comme des marchands fortunés,
Triomphants, avec les dépouilles des envahisseurs vaincus.

Le Choeur
Maintenant la victoire est acquise, etc.

 

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Acte II

 

Philidel, esprit aérien repenti, informe Merlin que Grimbald approche et, en faisant croire aux Bretons qu’ils sont sur la trace des Saxons en déroute, va tenter d’égarer les vainqueurs vers des falaises où ils feront une chute mortelle. Merlin ordonne à Philidel, assisté de son équipe d’esprits, de protéger les Bretons et de s’opposer aux forces de Grimbald. Merlin sort sur son chariot. Les esprits de Merlin restent avec Philidel. Entre Grimbald déguisé en berger, suivi d’Arthur, Conon, etc.

Air joué pendant que Merlin descend dans un char tiré par des dragons

 

Philidel
Ici, par ce chemin, prenez cette direction,
Ne vous fiez pas à l’ennemi perfide.
Ces lumières sont fausses, trompeuses,
Agitées çà et là par des esprits.
Ne vous y fiez pas, car elles vous tromperont
Et vous laisseront dans des tourbières et des marécages.

Le Choeur des esprits de Philidel
Ici, par ce chemin, prenez cette direction.

Le Choeur des esprits de Grimbald
Par ce chemin, par ici, prenez cette direction.

Philidel
Si vous avancez sans plus réfléchir,
Vous tomberez, ferez un plongeon d’une encâblure.
C’est un ennemi qui vous a abusés;
Vous n’avez qu’à nommer le Ciel, et il vous fuira.
Ici, par ce chemin.

Le Choeur des esprits de Philidel
Ici, par ce chemin, prenez cette direction.

Le Choeur des esprits de Grimbald
Par ce chemin, par ici, prenez cette direction.

Le Choeur des esprits de Philidel
Méfiez-vous de l’ennemi, du Malin.

Le Choeur des esprits de Grimbald
Méfiez-vous de l’ennemi, du Malin.

Le Choeur des esprits de Philidel
Ici, par ce chemin, prenez cette direction.

 

Conon et Albanact sont décidés à ne pas suivre Grimbald plus longtemps, mais Grimbald leur montre des traces fraîches comme preuve qu’ils poursuivent les Saxons.

 

Grimbald
Ne laissez pas un elfe né de la lune vous égarer,
Vous éloigner de votre proie et de votre gloire.
Hélas, il vous a trahis, emmenés trop loin;
Suivez les flammes qui volètent devant vous,
Parfois sept, parfois une.
Dépêchons, dépêchons, dépêchons, dépêchons.

 

Ritournelle

 

Grimbald
Voyez, voyez, les empreintes apparaissent bien nettes;
C’est le chemin qu’Oswald a choisi pour fuir.
Ferme est le sol, bien fait pour supporter,
Là où s’étalent des perles de rosée.
Il ne peut pas être allé bien loin d’ici.
Dépêchons, dépêchons, dépêchons, dépêchons.

Tous vont suivre Grimbald.

 

Ritournelle

 

Le Choeur des esprits de Philidel
Ici, par ce chemin, prenez cette direction.

Le Choeur des esprits de Grimbald
Par ce chemin, par ici, prenez cette direction.

Le Choeur des esprits de Philidel
Méfiez-vous de l’ennemi, du Malin.

Le Choeur des esprits de Grimbald
Méfiez-vous de l’ennemi, du Malin.

Le Choeur des esprits de Philidel
Ici, par ce chemin, prenez cette direction.

Tous penchent vers Philidel. Grimbald maudit ce dernier et disparaît avec un éclair. Arthur rend grâces de ce que l’ennemi a disparu.

Philidel
Allons, suivez-moi.

Deux Voix
Allons, suivez-moi,
Et moi et moi et moi et moi.

Le Choeur
Allons, suivez-moi.

Philidel & une soprano
Et un pré verdoyant sera votre chemin.

Le Choeur
Allons, suivez-moi, etc.

Philidel
Aucun gobelin ni elfe n’osera t’attaquer.

Le Choeur
Non, non, non,
Aucun gobelin ni elfe n’osera t’attaquer.

 

Ritournelle

 

Deux Sopranos, un Ténor
Nous, frères de l’air,
Vous porterons, vous les héros
Vers le Bien et le Vrai qui vous attendent.

Le Choeur
Nous, frères de l’air, etc.

 

Divertissement pastoral:
Entrée de bergers et bergères.

 

Un Berger, chaleureusement
Bienheureux les bergers, heureuses leurs bergères,
Pendant que tambours et trompettes font résonner les alarmes,

Le Choeur
Brillantes nymphes de Bretagne, entourées de grâces, etc.

Le Berger
Toute la tempête passe par-dessus nos humbles abris
Et quand nous mourons, c’est dans les bras l’un de l’autre,
Employant tout le jour à nos troupeaux de vaches et de brebis,
Passant toute la nuit avec nos flûtes à nous divertir.

Le Choeur
Bienheureux les bergers, heureuses leurs bergères, etc.

Le Berger
Brillantes nymphes de Bretagne, entourées de grâces,
Ne laissez pas vos jours s’enfuir sans plaisir.

Le Choeur
Brillantes nymphes de Bretagne, entourées de grâces, etc.

Le Berger
L‘honneur n’est qu’un mot creux, et quand votre jeunesse sera terminée,
Tous les hommes vous loueront, mais aucun ne vous désirera.
Ne laissez pas votre jeunesse s’envoler sans contentement;
L’âge vous laissera assez de temps pour le repentir.

Le Choeur
Brillantes nymphes de Bretagne, entourées de grâces, etc.

 

Ici, les hommes offrent leurs flûtes aux femmes, qui les refusent.

Symphonie

 

Deux Bergères, animé
Berger, berger, cesse tes tromperies:
Les pipeaux sont plaisants par un beau jour d’été,
Mais dès qu’on a fini de jouer,
C’est aux femmes de payer la note.
Voici des promesses de mariage à signer;
Ceux qui ne savent pas écrire mettront leur marque:
Après quoi, sans arrière pensée,
Jeu et bon accueil, jour et nuit.

 

Ici, les femmes donnent des contrats aux hommes, qui les acceptent.

 

Le Choeur
Allons, bergers, jouez un rythme entraînant;
Les soucis du mariage sont des soucis de plaisir;
Mais que le mariage amène joie ou chagrin,
Assurez-vous du jour présent et laissez le lendemain.

 

Hornpipe

 

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Acte III

 

Osmond frappe le sol avec sa baguette; la scène se transforme en paysage d’hiver dans descontrées glacées. Cupidon descend.

 

Air
Scène du Froid

Prélude

 

Cupidon
Holà ! toi, génie de cette île, holà ! Pourquoi
Gis-tu endormi sous ces montagnes de neige ?
Allonge tes membres paresseux.
Réveille-toi, réveille-toi !
Et secoue l’hiver, fais-le tomber de ton manteau fourré.

 

Prélude

Le génie se lève

 

Le Génie du froid
Quelle puissance es-tu, toi qui d’en bas
M’as fait lever contre mon gré, lentement,
D’un lit de neige éternelle
Ne vois-tu pas combien, raide et prodigieusement vieux,
Bien incapable d’endurer le froid mordant,
Je peux à peine bouger ou prendre mon souffle
Laisse-moi, laisse-moi regeler et mourir.

Cupidon
Stupide gâteux, supporte, supporte !
Où veux-tu en venir en gelant ici ?
A l’apparition de l’amour,
Tout le ciel se dégage,
Les vents tempêtueux ménagent leur furie.
Domptant l’hiver
Et renouvelant le printemps,
Mes rayons créent une année plus glorieuse.
Stupide gâteux, supporte, supporte !
Où veux-tu en venir en gelant ici ?

Le Génie du froid
Puissant amour, je te connais maintenant.
Tu es l’aîné des dieux,
Le ciel et la terre ont été faits par toi,
La nature humaine est ta créature,
Partout tu es obéi.

Cupidon
Aucun endroit de mon empire ne sera désert:
Pour déployer mon pouvoir et chanter mes louanges,
Même ici, je ferai croître un peuple
D’aimables amants, embrasseurs et embrassés.

 

Cupidon agite sa baguette magique; la scène s’ouvre, découvrant un paysage de neige et de glace. Chanteurs et danseurs, hommes et femmes, apparaissent.

 

Prélude

 

Le Choeur du Peuple du froid
Vois, vois, nous nous assemblons
Pour célébrer tes festivités,
Bien que, tremblant de froid,
Nous soyons bégayants et tremblotants.

 

Danse

 

Cupidon
C’est moi, c’est moi, c’est moi qui vous ai réchauffés.
Malgré le temps froid, je vous ai rassemblés.
C’est moi, c’est moi, c’est moi qui vous ai réchauffés.

 

Ritournelle

 

Le Choeur
C’est l’amour, c’est l’amour, c’est l’amour qui nous a réchauffés.
En dépit du frois,
Il nous a réunis.
C’est l’amour, c’est l’amour, c’est l’amour qui nous a réchauffés.

Cupidon et le Génie du froid
Sonnez une trève, belles, et capitulez,
Mettez-vous au repos, vous et vos amants.
C’est un aimable agresseur,
Celui qui ose saisir son plaisir;
Mais le galant pleurnichard
Est sûr de déplaire.
Sonnez une trève, belles, et capitulez.
Puisque le fruit du désir est la possession
C’est lâcheté de soupirer et se plaindre.
Quand nous nous agenouillons pour nous racheter,
Nous provoquons votre dédain.
L’amour a été fait pour être un bonheur
Et non une peine.

 

Ritournelle
Hornpipe

 

Le Choeur
C’est l’amour, c’est l’amour, c’est l’amour qui nous a réchauffés, etc.

 

Air du troisième acte:
Hornpipe

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Entracte : hornpipe

 


 

 

Acte IV

 

Arthur approche d’un pont sur un ruisseau. Deux sirènes, nues jusqu’à la ceinture, sortent de l’eau, l’invitant à déposer son épée et à se joindre à elles.

 

Deux Sirènes
Nous sommes deux filles de ce vieux ruisseau,
Et toutes deux, nous avons peigné pour toi nos boucles vertes comme la mer.
Viens te baigner avec nous une heure ou deux,
Viens nu, puisque nous le sommes.
Quel danger présente un ennemi nu ?
Viens te baigner avec nous, viens te baigner, et partage
Les plaisirs qui apparaissent dans les flots.
Nous battrons les eaux jusqu’à ce qu’elles bondissent
Et nous encerclent, nous encerclent.

 

Bien que tenté, Arthur résiste et presse le pas.

 

Passacaille

 

Ténor
Que l’amant est heureux,
Que sa chaîne  est légère !
Quel bonheur de découvrir
Qu’il ne soupire pas en vain !

Le Choeur
Que l’amant, etc.

 

Ritournelle

 

Sylvain & Nymphe
Pour l’amour, toute créature
Est formée par la nature.
Aucune joie n’est au-dessus
Des plaisirs de l’amour.

Le Choeur
Pour l’amour, toute créature
Est formée par la nature.
Aucune joie n’est au-dessus
Des plaisirs de l’amour.

Sylvain & Cupidon
Pour l’amour, toute créature, etc...

Le Choeur
Pour l’amour, toute créature
.

Trois Nymphes
Vaines sont nos grâces,
Vains sont vos yeux,
Vaines sont nos grâces
Si vous méprisez l’amour.
Quand l’âge creuse les visages,
Il est trop tard pour être sage.

Trois Sylvains
Profitez donc du doux bonheur
Qui s’enfuit, tandis que vous le possédez.
Aucune joie n’est au-dessus
Des plaisirs de l’amour.

Le Choeur
Aucune joie n’est au-dessus
Des plaisirs de l’amour.

Trois Nymphes
Aucune joie n’est au-dessus
Des plaisirs de l’amour.

Le Choeur
Aucune joie n’est au-dessus
Des plaisirs de l’amour.

 

Air de l'Acte IV

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Acte V

 

Trumpet Tune

Victoire d’Arthur, etc. Merlin brandit sa baguette magique; la scène montre l’Océan britannique dans une tempête. Éole apparaît dans un nuage au-dessus de la scène.

 

Éole
Vous, frères des cieux, qui soufflez en rafales,
Dont le souffle a troublé toute la plaine des eaux,
Retirez-vous, et laissez la Bretagne se dresser
Triomphante, sur l’océan.

Sereine et calme, exempte de peur,
Doit apparaître la Reine des îles.

 

Symphonie

 

Éole s’élève, et les quatre vents s’envolent. La scène s’ouvre et découvre une mer calme. Une île s’élève, sur une douce mélodie; Britannia assise sur l’île, avec des pêcheurs à ses pieds, etc. Les pêcheurs abordent et dansent; après quoi, Pan et une Néréide entrent en scène et chantent.

 

Symphonie

 

Une Néréide & Pan
Autour de tes côtes, gracieuse nymphe de Bretagne,
Roulent nos eaux pour ta protection:
Protée laisse aller tout son troupeau
Pour paître ta prairie marine;

Les contrées étrangères dégustent ton poisson
Et apprennent de toi comment jeûner dans le luxe.

Le Choeur
Autour de tes côtes, gracieuse nymphe de Bretagne, etc.

Alto, Ténor & Basse
Pour les troupeaux dans leurs enclos et les plaines fécondes,
Richesse du berger et du fermier,
La belle Bretagne l’emporte sur le monde entier;
Et Pan règne comme en Arcadie,
Là où se trouve le plaisir associé au profit.

Certes, la toison de Jason fut jadis fameuse,
Mais la laine britannique est de l’or qui pousse;
Aucun mine ne fournit davantage de richesse;
Elle protège les paysans du froid
Et reçoit pour les rois la teinture tyrienne.

 

Comus entre avec des paysans.

 

Comus
Votre foin est fauché et votre blé est mûr,
Vos granges seront pleines et vos greniers remplis.
Venez, garçons, venez,
Venez, garçons, venez,
Et transportez allègrement la moisson à la maison.

Le Choeur des Paysans [Comus & les trois Paysans]
La moisson à la maison
La moisson à la maison,?
Et transportons allègrement notre moisson à la maison.

Comus [Premier Paysan]
Nous avons grugé le curé, nous le grugerons encore,
Car, pourquoi un balourd devrait-il avoir un dixième ?
Un dixième, un dixième,
Car, pourquoi un balourd devrait-il avoir un dixième ?

Le Choeur des Paysans [Comus & les trois Paysans]
Un dixième, un dixième,
Car, pourquoi un balourd devrait-il avoir un dixième ?

Comus [Deuxième Paysan]
A force de jacasser comme un sot au savoir livresque,
Jusqu’à ce que le pudding et les beignets soient brûlés dans la marmite,
Brûlés dans la marmite, brûlés dans la marmite,
Jusqu’à ce que le pudding et les beignets soient brûlés dans la marmite.

Le Choeur des Paysans [Comus & les trois Paysans]
Brûlés dans la marmite, brûlés dans la marmite,
Jusqu’à ce que le pudding et les beignets soient brûlés dans la marmite.

Comus [Troisième Paysan]
Nous allons engloutir notre bière jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout
Et hourra en l’honneur de la vieille Angleterre,
Vieille Angleterre, vieille Angleterre,
Et hourra en l’honneur de la vieille Angleterre.

Le Choeur des Paysans
Vieille Angleterre, vieille Angleterre,
Et hourra en l’honneur de la vieille Angleterre.

 

Danse

 

[Chanson]

Vénus
Toi la plus belle des îles, qui l’emportes sur toutes les îles,
Siège du plaisir et de l’amour,
Vénus va élire résidence ici
Et abandonner son bosquet de Chypre.

Cupidon fera disparaître
Le souci et l’envie, de sa nation favorite,
La jalousie qui empoisonne la passion
Et le désespoir qui meurt pour l’amour.

Aimables murmures, douces plaintes,
Soupirs qui exhalent le feu de l’amour,
Tendres rebuffades, gentil dédain,
Seront les seules peines que vous éprouverez.

Chaque galant devra s’acquitter de son devoir,
Chaque nymphe devra se montrer reconnaissante,
Et comme celles-ci l’emportent par la beauté,
Ceux-là seront renommés pour leur amour.

Elle [ou une Nymphe]
Tu dis que c’est l’Amour qui crée la peine
Dont tu te plains si tristement,
Et pourtant tu engagerais gaiement mon cœur
Dans ce jeu pénible et cruel;
Mais comment, hélas ! penses-tu
Que je puisse supporter les plaies dont tu meurs ?

Lui [ou un Berger]
Ce n’est pas ma passion qui fait mon souci,
C’est l’indifférence qui entraîne le désespoir:
Le puissant soleil n’engendre pas le printemps
Avant que de bienfaisantes averses lui apportent assistance;
Ainsi l’Amour, qui brûle et détruit,
Ne cause pas de joie avant que la tendresse ne l’aide.

Elle
L’Amour a mille façons pour plaire,
Mais bien davantage pour nous ôter la paix;
En échange de nuits sans sommeil et de jours soucieux,
Il nous paie de quelques heures de plaisir;
Mais bientôt l’absence, ou les craintes jalouses,
Noient la joie sous des flots de larmes.

Lui
Mais un seul doux moment compense
Tout le tourment qui se présente.

Tous les deux
Aimons, aimons, et hâtons-nous vers le bonheur.
L’âge et la sagesse viennent trop vite,
La jeunesse a été faite pour aimer.

Lui
Je serai constant, sois affectueuse.

Elle
Sois constant, je serai affectueuse.

Tous les deux
Le ciel ne peut donner de plus grande bénédiction
Qu’un amour fidèle et une tendre possession.

 

L'ordre de la Jarretière
Trumpet Tune (Warlike Consort)

 

La scène s’ouvre, et présente l’Ordre de la Jarretière. Entrée de l’Honneur, entouré de héros.

 

Chanson & Choeur

L'Honneur

Saint George, patron de notre île,
Toi, un soldat et un saint,
Veuille sourire à cet ordre prometteur
Que l’amour et les armes institueront.

Nos natifs ne se montrent pas seuls
A courtiser la martiale récompense;
Mais des rois étrangers adoptés ici
Méprisent les couronnes de leur pays natal.

Notre noble souverain, dans sa pompe majestueuse,
Décernera ses honneurs;
Et voyez, ses vassaux porteurs de sceptre attendent
En bas, ses commandements.

Le Choeur

Nos natifs ne se montrent pas seuls
A courtiser la martiale récompense;
Mais des rois étrangers adoptés ici
Méprisent les couronnes de leur pays natal.

Notre noble souverain, dans sa pompe majestueuse,
Décernera ses honneurs;
Et voyez, ses vassaux porteurs de sceptre attendent
En bas, ses commandements.

 

The Grand Dance

 

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traduction: Jacqueline & Alain DUC