Fredegunda
Opéra
en V Actes
livret
de Johann von König
d'après le livret italien de Francesco Silvani
musique
de: Reinhard
Keiser
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Récitatif
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Frédégonde:
Ah, barbare, tu vas recevoir Galswinthe ?
Bien ! Bien ! Que ta belle fiancée
A son entrée, resplendisse de ma honte !
Fais-lui, dès le premier baiser de bienvenue
Connaître aussitôt mon ridicule et ma
douleur.
Oui, fais-lui savoir sur-le-champ, au premier serrement de
mains,
Comment tu abandonnes ignominieusement
Ta fidèle Frédégonde,
Pour parer sa splendeur de ma dérision.
Tout ce que je demande, avant que tu le fasses,
Cest que, par compassion, tu me transperces le sein.
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Air
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Frédégonde
Tu
ris des larmes,
Tu te moques des souffrances,
Tu romps le lien
De deux curs unis pour
léternité.
Éteins donc totalement les sinistres cierges
De notre amour, par un feu plein de fumée,
Avec mon sang fidèle,
Avec ta main trompeuse.
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Récitatif
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Chilpéric:
Ah ! si tes yeux étaient assez
pénétrants
Pour lire au fond de mon cur !
Ta bouche assurément ne mappellerait pas
"barbare".
Cest uniquement par nécessité
Que jen viens aujourdhui à mallier
à Galswinthe lEspagnole.
Cest la seule raison dÉtat qui
munit à elle,
Mon cur ta conservé son amour comme
avant.
Frédégonde:
Crois-tu que lamour soit un prétexte
suffisant
Pour me consoler dun tel outrage ?
Ton trône et ta couche seront le lot de Galswinthe, et
moi,
Je devrai, dédaignée, accompagner
Le bruit de vos baisers de la musique de mes soupirs ?
Non, perfide, non ! Ny compte pas !
Chilpéric:
Les cris de joie du peuple résonnent à mes
oreilles,
Galswinthe vient. Adieu, mon amour que je perds !
Frédégonde:
Va donc, et que ton premier pas vers Galswinthe,
Traître, soit maudit !
Je trouverai bientôt auprès du fer et de
lacier
La compassion que jai cherchée en vain chez
toi.
Chilpéric:
Ah, Frédégonde, quelle douleur !
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Scène
2
Chilpéric, Galswinthe
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Récitatif
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Galswinthe:
Mon roi, mon seigneur, mon époux
désigné,
Galswinthe, qui sincline devant toi en toute
humilité,
Veut toffrir son cur en sacrifice,
cur auquel rien ne se peut comparer pour la
fidélité et lamour.
Elle est tellement ensorcelée devant ton
éclat
Quelle ne sait que dire de son amour.
Chilpéric:
Galswinthe, adieu !
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Scène
3
Sigebert, Galswinthe
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Récitatif
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Sigebert:
Tu pleures, princesse, semble-t-il ?
Galswinthe:
Nest-ce pas à bon droit que je pleure ma
détresse ?
Un regard inconstant, un glacial "adieu,
Et le témoignage de la froideur de mon roi,
Là même où je dois régner comme
princesse,
Font que les larmes jaillissent maintenant de mes
yeux.
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Air
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Galswinthe
Laisse-moi
pleurer puis mourir;
Accorde, ô cher,
Cet amer réconfort à mon
martyre.
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Récitatif
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Sigebert:
Je ne peux certes condamner les pleurs
Qui dun cur magnanime
Naissent chez la noble Galswinthe ;
Mais mon désir serait
Quils naissent de la colère et non de la
tristesse.
Un cur bien plus fidèle, en
vérité, pourvu que
Tu ne le rejettes pas avec mépris, Sigebert te
loffre.
Jai même droit au trône que
Chilpéric,
Mais le droit daînesse est si absurde
Que je dois lui céder le pas, en toute
iniquité.
Veux-tu sceller un pacte avec moi, afin que bientôt,
je...
Galswinthe:
Quoi ? Quelle audace te permets-tu ?
Fais ton profit, prince, de cette nouvelle :
A Chilpéric, aussi perfide quil soit,
Je dois fidélité et amour.
Jai aimé en toi laspiration aux
honneurs,
Maintenant, je fuis ta témérité ;
Tu ne dois plus me revoir avant de têtre
repenti.
Sigebert:
Tant que le remords peut servir à la
réconciliation,
Ne fuis pas, ai-je pensé.
Les flammes que le rayon de tes yeux a provoquées en
moi,
En me faisant violence, avec toute lénergie de
la vertu,
Je les ai jusque là cachées dans mon sein
Où elles doivent rester enfermées
Jusquà ce que ma dévorante passion
secrète,
Par un décret du Ciel, mette fin à mes jours
selon mes vux.
Dici là, ne fuis pas dà mes
côtés
Et laisse-moi simplement te conduire hors
dici.
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Scène
4
Hermengilde, Basine
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Récitatif
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Hermengilde:
Princesse, que jhonore constamment avec la plus
profonde dévotion...
Basine:
Mon prince, vers qui je me tourne avec des sentiments
brûlants...
Basine
et Hermengilde:
Allons, voici le joyeux jour des épousailles
Où je pourrai munir à toi selon mes
vux.
Hermengilde:
Laisse-moi donc savourer le bonheur,
Une fois, en acompte, de baiser
La plus belle de toutes les mains
A qui le lait et la neige, honteux, doivent céder le
pas.
Basine:
Cet innocent gage damour,
Je le sens bien, prince, il est impossible de te le
refuser.
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Scène
5
Landry, Frédégonde, Basine
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Récitatif
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Landry:
Hermengilde !
Frédégonde:
Basine !
Basine
et Hermengilde:
Que vont-ils nous dire ?
Frédégonde:
Galswinthe pleure, courroucée, car Chilpéric,
avec mépris,
En la recevant, a détourné son
visage.
Hermengilde:
Quoi ?
Landry:
A peine la-t-il vue une fois
Quil lui a dit : Adieu ! et la laissée
immobile, rouge de honte.
Basine:
(La peur me gèle tous les membres.)
Hermengilde:
Cest ainsi quon reçoit ma sur ?
Chilpéric rompt-il si facilement le sacré lien
du mariage ?
Eh bien, je te le fais savoir, Basine : ta main
Où coule lorgueilleux sang de
Chilpéric,
Ne sera plus désormais lobjet de mon
adoration,
Je ne lestime même plus digne dun
baiser.
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Air
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Hermengilde
Baiser
une main orgueilleuse
Nappartient quaux âmes basses.
Lamour doit céder devant lhonneur.
Ainsi, sois-en sûre,
Je peux aussi bien toublier.
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Scène
6
Basine, Frédégonde
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Récitatif
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Basine:
Ah, écoute, Hermengilde!
Frédégonde:
Comment ? Inconsciente, tu veux encore, pleine
damour,
Rappeler celui qui na pas peur de te dédaigner
en te raillant ?
Penses-tu que ton seigneur et père puisse le
tolérer ?
Basine:
Pardonne, ô Frédégonde, ce que jai
fait,
Lamour a laissé la faiblesse
menvahir.
Mais maintenant, me revient à lesprit ce que je
dois à celui
Qui mappelle sa fille, ainsi quà mon
rang.
Tu verras bientôt cette ardeur indigne partir en
fumée.
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Air
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Basine
Loin
dici, passion trompeuse !
Crois bien que tabandonner et te haïr,
Jy suis déjà résolue.
- Résolue, vraiment ? Trompeuse idée...
Loin dici, passion trompeuse !
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Récitatif
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Frédégonde:
Allons ! Ruse, soupçon, colère,
Discorde, zèle et contrariété,
Parsemez vos mauvais tours dun sel mortel,
Jusquà ce que la flamme de leurs flambeaux
nuptiaux
Sétouffe dans sa propre
fumée.
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Scène
1
Galswinthe, Sigebert
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Récitatif
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Galswinthe:
O vertu, aide-moi désormais,
Pour que lamour ne soit pas fatal à ma gloire
!
Ah, Sigebert, Sigebert !
Que je sens de rudes combats, quand je mirrite contre
toi !
Ah, ton amour ne mérite pas un tel
châtiment.
Si je trouvais sur le front de mon Chilpéric
Ne fût-ce quun seul trait de ton visage,
Combien peu cruel me serait alors son dédain !
Mais puisquil mest destiné, je dois
laimer,
Dût son manque de foi toujours autant
maffliger.
(Ah ! Sigebert est ici !)
Sigebert:
La flamme ne séteindra pas avant davoir
quitté ces lieux
Et fui ce brandon où elle peut trouver un
aliment.
Aussi, ô toi la plus belle, accorde-moi
De pouvoir men aller pour toujours
Loin de ton visage rigoureux
Qui soppose à mon amour,
Et que je ne puis plus jamais voir
Puisque je naurais pas dû, par ma faute, rester
rouge de honte.
Galswinthe:
Ah, Sigebert! (Mon cur se brise.)
Mais quand Chilpéric me refusera, non seulement
fidélité et devoir,
Mais son trône et son lit,
Vers qui pourrai-je me tourner ici, quand tu seras parti
?
A quoi peut mêtre bon Hermengilde sans
armes,
Si ton bras vaillant ne vient lui prêter appui pour me
défendre ?
(Lamour, je le vois bien, me dicte mon discours.)
Sigebert:
Eh bien ! je reste ici, encore quà grande
douleur,
Pour tirer vengeance sur Chilpéric de laffront
quil te ferait
Au cas où il ne tiendrait pas son royal
engagement.
Galswinthe:
(Ah, sa présence est trop dangereuse pour moi !)
Non ! Va et éloigne de moi lardeur
Que jaimerai autant à distance
Que je lai crainte lorsquelle était
proche de moi.
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Air
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Sigebert
Je
dois méloigner de toi en silence
Laisse encore mes yeux te voir,
Afin que mon cur soit inconsolable.
Puisque parler est un crime,
Regard et soupirs te diront
Que même éloigné, je suis constant.
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Scène
2
Basine, Galswinthe, Hermengilde
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Récitatif
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Basine:
Sérénissime Reine,
Que mon obéissance honore déjà comme
mère,
Chasse donc, magnanime, de ton cur,
La souffrance qui toppresse tant.
Mon père nest pas dune telle
dureté
Quun rayon de tes yeux ne puisse
Réussir à lui enflammer le cur.
Galswinthe:
Princesse, juge toi-même combien grande est ma
souffrance,
Quun rejeton de roi, au premier salut de
bienvenue,
Doive se voir ainsi outragé !
Hermengilde:
Cest à bon droit, ma sur, que tu es si
affligée
Puisque Chilpéric naime pas où il
devrait.
Galswinthe:
Quentends-je ? Ton soupçon est-il fondé
?
Hermengilde:
Mais oui ! ton roi est enflammé pour
Frédégonde.
Un feu si méprisable et illicite,
Rien dautre que le sang ne peut léteindre
avec justice.
Galswinthe:
Mon frère, ah! excuse-le encore un peu,
Jusquà ce que mon fiancé et
souverain
Ait vu, couvert de honte, dans le pur ruisseau de mes
larmes,
La grandeur de sa faute et de loutrage par moi
subi.
Lindécision, dans une poitrine royale,
Ne peut subsister longtemps.
La sensible éloquence dune innocence en larmes
peut davantage
Que le glaive et lépée, pour toucher un
grand cur.
Hermengilde:
Suivant ton vu, je suspends ma querelle.
Galswinthe:
Mais moi, je vais déjà me préparer au
combat.
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Air
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Galswinthe
Je
marme damour,
Avec toute lénergie de linnocence
Pour un rude combat.
Les pleurs sont les uniques armes
Qui me donneront la victoire
Face à toute barbarie.
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Récitatif
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Frédégonde:
Oui, cest vrai, je taime, Landry, toi si
accompli !
Seuls lespérance de la couronne
Et le désir du trône maveuglent.
Dans mon débat intérieur,
La soif dhonneurs est plus forte que lamour.
Cest pourquoi, par mon art, règne ici
loubli :
Cest par lui que doit être atteint mon but
De me ramener le roi.
Il ne doit à aucun moment
Penser à Galswinthe, si ce nest avec chagrin et
haine,
Mais doit tourner vers moi son âme, son cur, ses
sentiments.
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Air
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Frédégonde
Vous,
regards séducteurs, redoublez vos traits !
Parlez damour avec des sourires,
Parlez damour avec des sourires et flattez avec votre
gaieté !
Cherchez, avec vos éclairs ensorceleurs,
A éblouir un il, à échauffer un
cur !
Oui, donnez lassaut au cur de
laimé
Jusquà ce quil ne connaisse plus
dautre objet que moi !
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Scène
4
Chilpéric, Frédégonde
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Récitatif
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Chilpéric:
Visage digne dadoration !
Frédégonde:
Ah, Roi, ne me flatte pas de ce titre
Qui appartient à Galswinthe.
Si je puis seulement obtenir dêtre
appelée ta servante,
Je suis déjà suffisamment honorée.
Mon seul réconfort est maintenant davoir le
libre pouvoir de mourir.
Chilpéric:
Toi, la plus belle, tu pleures ? Mais tu sais bien
Que je tai éloignée de mon lit, mais non
de mon cur !
Frédégonde:
Oui ! Quune autre tête, plus heureuse que
moi,
Soit désormais ornée du titre de ta
fiancée !
Une autre peut faire parade de ta couronne,
Que jespérais (hélas, en vain) obtenir
!
Jabandonne, certes non sans peine.
Je garde seulement ce droit,
Accorde-moi seulement ceci :
Que ton affection seule
Me soit désormais adressée.
Si tu veux enfin men donner lassurance,
A nouveau je te donne ma vie.
Chilpéric:
Par tout ce que lon nomme sacré
Et par laimable force qui te soumet mon cur,
Je te lassure sous serment.
Frédégonde:
Ainsi, mon esprit est en repos.
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Air
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Frédégonde
Éteignez-vous,
cierges délicieux !
Dors bien, ô toi ma joie !
(Déesse tricéphale des ondes du Phlégéton,
Accomplis maintenant de quoi me satisfaire.)
Viens te placer sur ce sein,
Repose doucement sur mon cur
Qui ne connaît point dautre trésor que
toi.
(Je sens déjà comment,
A travers soupçon et douleur,
Son repos va se gâcher en
rêvant).
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Récitatif
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Frédégonde:
Quest-ce qui trouble ton repos ?
Chilpéric:
Il ma semblé que jai vu, dans les bras de
Galswinthe,
Le prince Sigebert séchauffer en maint
échange de baisers.
Frédégonde:
Ah! Chilpéric, comme les astres favorables
Veillent de loin sur ta tête royale :
Ils tannoncent ce quon entend déjà
murmurer à la cour.
Chilpéric:
Et tu peux me taire un tel affront ?
Frédégonde:
Peut-être, si josais te rapporter de telles
choses,
Me croirais-tu moins crédible,
quinspirée par la jalousie.
Chilpéric:
Eh bien, parle maintenant !
Frédégonde:
Aussitôt que ton frère Sigebert
Sest rendu en Espagne comme ambassadeur,
Dans les deux poitrines a brûlé
La flamme dun vil désir amoureux
Qui maintenant a tellement pris le dessus,
Depuis quelle sest rendue ici, que... je
nen dis pas plus.
Chilpéric:
Tu men as déjà assez appris.
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Air
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Chilpéric
Vengeance,
vengeance !
cur outragé !
Dédaigne, moque-toi dun cur plein de
fausse passion !
Colère, emportement, fureur,
Venez, accourez punir ce crime honteux !
Comment ? Par du sang !
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Scène
5
Galswinthe, Chilpéric, Hermengilde
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Récitatif
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Galswinthe:
Mon seigneur, ne me refuse pas lhonneur
De tourner au moins une fois ton gracieux regard vers
moi.
Chilpéric:
Je me comporterai plutôt envers toi avec colère
et déplaisir,
Comme un roi que lon dupe.
Galswinthe:
Quoi ? Appelles-tu duperie le fait que, face à ton
dédain injustifié,
Jai laissé ta cruauté sabattre sur
moi en gardant le plus grand calme ?
Et que je nai puni cet affront par rien
dautre
Que de chercher à affliger ce même
cur
Là où tu vis, souverain de mon
âme.
Chilpéric:
Et Sigebert !...
Galswinthe:
Que mapprends-tu ?
Chilpéric:
Ah, ce vil feu damour
Qui vous souille, toi et lui, est déjà bien
assez visible.
Un cur fallacieux, qui ne recule pas devant
linceste,
Je naccepterai plus jamais
De le prendre pour reine et pour épouse.
Hermengilde:
On traite Galswinthe de fausse et dinfidèle
?
Mon épée à la bonne lame espagnole
Te fera bientôt rétracter un grief aussi
gratuit.
Chilpéric:
Ha ! désarmez-le !
Il restera dans le plus affreux cachot
Jusquà ce que ma vengeance écrive sa
sentence.
Hermengilde:
Tyran, je jette mon épée à tes
pieds,
Mais cest elle, je lespère, qui
répandra ton propre sang.
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Air
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Hermengilde
Je
joue avec les chaînes, je me moque des liens ;
Tu me lies les mains, mais non le cur.
Je porte les fers, mais pour ta propre honte ;
Mon esprit altier rit même dans le cachot et la
souffrance,
Et ne répond à ta menace que par la
dérision.
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Récitatif
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Chilpéric:
Que Frédégonde soit, par cet acte,
désignée comme reine,
Et bientôt, à ta place, mariée à
Chilpéric.
A Galswinthe, je laisse lhonneur
Daller vers Frédégonde en humble
servante, en toute soumission,
Pour servir cette beauté
Quand celle-ci paraîtra avec moi à table, en
tant que mon épouse.
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Air
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Chilpéric
Souviens-toi,
mon amour,
Que seul tu vis en moi.
Souviens-toi que je taime,
Que je veux vivre avec toi
Et avec toi mourir.
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Scène
1
Basine, Frédégonde
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Récitatif
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Basine:
Sérénissime Frédégonde
!
Frédégonde:
Princesse, garde le silence
Tant que ta bouche ne mappelle pas reine et
mère !
Basine:
(Dissimule au moins cette fois, par nécessité,
mon cur !)
Madame ma mère, grande reine !
Frédégonde:
Que désires-tu, princesse ?
Basine:
Puisque par un décret de mon seigneur et
père
Je dois désormais mécarter
dHermengilde,
Eh bien, je naime plus ce prince.
Frédégonde:
Tu ne fais là rien de plus que ton devoir.
Basine:
Je vous prie juste de chercher à obtenir cette
grâce de mon père
Que, pour sa propre gloire, par une ordonnance,
Il délivre bientôt le prince du poids de ses
chaînes.
Frédégonde:
Sotte ! comment ? quoi ? ton sein nourrit encore
Des flammes si basses et si indignes de toi ?
Non ! Non ! Sache-le :
Pour celui que tu aimes, chaînes, châtiment et
peine
A quoi il a plu à la colère de
Chilpéric de le condamner,
Seront, pour ton tourment, encore
redoublés.
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Air
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Basine
Tu
menaces, tu rages,
Mais je dois en rire.
Tu fais éclater le tonnerre de
lemportement,
Je me tais devant ta fureur aveugle.
Fulmine donc, déchaîne-toi à ton
gré,
Je ne men soucierai plus,
Mais apprends ceci, dans ton orgueil :
Une trop grande rigueur narrive à rien de bon.
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Scène
2
Frédégonde, Basine,
Chilpéric
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Récitatif
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Frédégonde:
Comment une jeune fille peut-elle avoir ce front
?
Basine:
Sais-tu bien que je suis fille de roi ?
Mon reproche test donc allé si droit au
cur ?
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Récitatif
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Chilpéric:
O la plus belle des reines,
Déjà nous presse la joyeuse course du
temps
Accompagnée du changement rapide
Par lequel il te prépare le chemin vers le
trône,
Tandis que moi, revêtu de la pourpre,
Je pourrai bientôt, exultant, tassocier à
ma couronne.
Sus, sus ! versez le meilleur vin !
Dans des coupes dor !
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Scène
3
Galswinthe, Sigebert, Frédégonde,
Chilpéric
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Récitatif
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Galswinthe:
Aucune autre main ne doit senhardir
A servir sa boisson au roi.
Cest la charge dont moi, sa servante,
Je suis seule investie vis-à-vis de
laimé.
Sigebert:
(Pitoyable reine, ah ! que je te plains !)
Galswinthe:
Bois, bois, mon idole ! bois, ma vie,
Je veux ensuite,
Là où tes lèvres auront laissé
leur trace,
Jusquau bout savourer les baisers
adorés.
Frédégonde:
Comment a-t-elle tant daudace en ma présence
?
Chilpéric:
Lhonneur est bien trop grand
Pour une telle femelle, que jai à bon droit
repoussée.
Allons ! Donne tout de suite le verre à
Frédégonde !
Frédégonde:
(O splendide triomphe, quobtient mon visage
!)
Galswinthe:
Regarde donc, ô Frédégonde, comment, en
tant que ta servante,
Moi, une reine destinée au trône,
Je laisse mon rapide changement détat apprendre
à ton orgueil
Que le bonheur souvent séloigne de nous
Avant même de nous être apparu.
Bois ! Bois ! Je vais me plaindre au Ciel
De ce que tu...
Sigebert:
Il mest impossible de supporter
Que Frédégonde se voie servie par personne si
haute.
Chilpéric:
Comment peux-tu oser agir ainsi, scélérat
?
On ne redoutera pas la présence du roi lui-même
?
Tu te repentiras de ta témérité
!
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Air
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Sigebert
Ah
! regarde donc ces joues
Où ne brillent que pudeur et vertu !
Parle ! Ton cur nest-il pas rongé
De lui avoir fait affront ?
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Récitatif
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Chilpéric:
Oui, oui ! la source de ton ardeur,
Votre indécente flamme, à toi et à
elle,
Est déjà bien connue à la
cour.
Frédégonde:
Le mariage est hors de question, puisque de telles
flammes
Que souille linceste, se condamnent
delles-mêmes.
Galswinthe:
Cest le fruit de ton imagination, perverse
Frédégonde.
Sigebert:
Cest ce que dit Chilpéric dune bouche
menteuse.
Chilpéric:
Comment, félon ? Tu ne me connais point ?
Cest cela quon appelle obéissance ?
quon appelle devoir ?
Je tapprendrai bientôt, dans la terreur,
Comment on honore une tête qui a reçu
lonction.
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Air
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Sigebert
Aucun
emportement ne me fait peur,
Je ne fais attention à aucune menace,
Quand je ne fais que défendre linnocence,
Je ne redoute rien, tyran, barbare !
|
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Récitatif
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Chilpéric:
Sus ! saisissez-le,
Quon lenvoie pour son châtiment dans la
plus proche mine
Où la plus vile populace transpire dans sa rude
besogne.
Quil soupire après sa bagasse !
Hermengilde, qui est encore au cachot,
Sera son compagnon dans un tel esclavage.
Telle est ma décision : mettez-le aux
fers.
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|
Air
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|
Sigebert:
Aucun
emportement ne me fait peur,
Je ne tiens compte daucune menace (...)
|
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Récitatif
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Frédégonde:
Mon roi, tu sors si courroucé dici
Et tu néchanges même pas une seule parole
avec moi ?
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Air
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Chilpéric
Menvahissent
les vagues montantes de lemportement,
Colère, impatience et désir de vengeance sont
le vent qui les pousse.
Mais la pierre daimant que je trouve en tes yeux
Sait rétablir le calme en moi.
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Scène
4
Frédégonde, Galswinthe
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Récitatif
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Frédégonde:
Maintenant, Galswinthe, tu nages dans des larmes
brûlantes,
Toi quon doit honorer comme épouse et reine
!
Est-ce là ta grande force dâme
?
Galswinthe:
Raille donc ce flot de nobles larmes,
La main de Chilpéric à celle de
Frédégonde
Nest pas encore unie dun lien indissoluble.
Le nom dépouse ne mest pas encore
arraché.
Mais sache-le bien :
Les larmes jaillissent souvent dun noble cur
Plus dune juste colère que de justes chagrins.
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Scène
5
Frédégonde, Landry
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Récitatif
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Landry:
Après que le Ciel taura offert la couronne
Et, ô toi la plus belle, revêtue de la
pourpre,
Du plus grand plaisir sera aussi comblé
Un fidèle amant, dont la fonction est de
thonorer.
Frédégonde:
Oh non ! Jen ai décidé autrement.
Arrière ! Chasse la si vile pensée
Dune faiblesse que jabhorre!
Tu dois désormais me parler
Dobéissance, et non damour.
Landry:
Un tel ordre doit-il être le premier que tu me donnes
?
Penses-tu inaugurer ton règne par mon trépas
?
Téchappe-t-il, cruelle
Que cet ordre tyrannique
Mest plus insupportable que la mort ?
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|
Air
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Landry
Ah,
plutôt cent fois mourir
Que dêtre repoussé par toi !
Te restituer un cur
Qui mest plus cher que ma vie,
Jamais vivant je ny consentirai.
|
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Récitatif
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Frédégonde:
(Lamour cherche à éveiller en moi un
regret.)
Landry:
Soit! Je vole donc au devant de ma mort.
Je nai quune prière : quand le bruit de
ma mort atteindra tes oreilles,
Dis ceci, que ce soit de joie ou de tristesse :
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Air
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Landry
Jai
perdu le cur le plus fidèle qui ait jamais
aimé.
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Récitatif
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Frédégonde:
Reste ! reste, mon Landry, reste, reste en vie !
Je te redonnerai mon cur en propre ;
Lamour triomphe après une rude
épreuve,
La majesté cède à la
tendresse.
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Duo
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Landry
Viens,
ô chère, ô mon trésor
!
Frédégonde
Je
viens à toi, mon doux délice.
Landry
Viens,
ô chère ! mon doux amour,
Tu es mon seul réconfort... Tu es mon seul
réconfort...
Frédégonde
Tu
es seul la joie de mon sein.
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Scène
1
Galswinthe, Basine
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Duo
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Galswinthe
et Basine:
Douces
brises, souffles rafraîchissants,
Sombres tombeaux,
Mon amour est-il près de vous ?
Si vous lavez vu ici,
Celui que suivent mes soupirs,
Ah, faites-lui comprendre
Que je suis là pour son
réconfort.
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Scène
2
Hermengilde, Basine
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Récitatif
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Hermengilde:
Tu viens peut-être, enfant de tyran, dans ces caveaux
redoutables,
Pour accroître ma détresse par un nouveau
fardeau ?
Basine:
Tu peux à ton gré te tourner vers moi,
Hermengilde que jaime par-dessus tout ;
Accueille-moi comme tu veux,
Avec amour ou avec dédain.
Mais, ah ! avec combien de douleur
Je nai pu supporter le faux-semblant
De la dure rigueur dans mon âme
Derrière laquelle je pensais cacher mon ardeur pour
toi ;
Tandis que toi, tu nas maudit cette même
ardeur
Que parce que je descends du sang de
Chilpéric.
Hermengilde:
Mon empressement était alors le fruit de mon
imagination ;
Avec un combien plus grand déplaisir
Penses-tu que je doive maintenant endurer mes souffrances
?
Ta bouche parle de fidélité et
damour,
Mais mon destin mordonne, pour mon tourment,
Dêtre éternellement ton ennemi.
Basine:
Qui ? Toi, mon ennemi ? Peux-tu me haïr ?
Ah! Tu dois abandonner un nom aussi odieux...
Hermengilde:
Basine, non! tu es aimée,
Mais tu es aussi fille de Chilpéric.
Et bien que lamour fasse sentir en moi sa force,
Je suis aussi un prince.
Ce que la nature nous a gravé dans le cur,
Nous navons pas la liberté
De le jeter au vent à la
légère.
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Air
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Basine
Un
esclave est à estimer plus heureux
Que celle que le lien damour enserre.
Il peut au moins haïr les chaînes
Où sa liberté doit séteindre,
Mais cela, mon cur ne le peut.
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Scène
3
Sigebert, Galswinthe
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Récitatif
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Sigebert:
Ah ! ne pleure pas sur mon infortune,
Je ne mérite pas une telle faveur.
Galswinthe:
Généreux Sigebert, le sort si horrible,
Que tu as jusquici enduré pour moi
Est assurément digne que mes larmes
Coulent ici par compassion pour toi.
Sigebert:
Ah! nen dis pas plus, Galswinthe !
Non! Je ne réclame pas davantage.
Il me suffit de trouver en toi de la pitié.
Ah, apaise Chilpéric
Pour que son cur puisse à nouveau sunir
à Galswinthe.
Je naime plus dune passion si
dépravée
Que je veuille assouvir mon désir au prix
De voir réduits à néant la gloire et
lhonneur de Galswinthe.
Mais quand il arrivera
Quun autre te mette dans ses bras...
Galswinthe:
Quoi ? Barbare,
Un autre me mettre dans ses bras ?
Dès que les étoiles auront fait en sorte
Que lodieuse célébration du mariage
De Chilpéric avec Frédégonde
Me libère de mon devoir,
Personne ne trouvera plus place dans mon cur,
Puisque ton amour y est déjà
installé.
Sigebert:
Comment ? mon amour ? Ah, Galswinthe,
Permets que sur-le-champ, à tes beaux pieds,
Je trouve, mourant de plaisir, mon tombeau.
Galswinthe:
(Ah ! quai-je dit, inconsidérée !)
Debout, prince, et chasse de ta poitrine
Une si trompeuse passion.
Tu sais quel plaisir Chilpéric trouve
A voir en Galswinthe le plus léger défaut.
Aussi dois-tu, prince, en faveur de mon innocence,
croire
Que je ne suis quune menteuse, et que je ne suis point
éprise.
Sigebert:
Ah! tant de tourment môtera la vie !
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Duo
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Galswinthe
et Sigebert
Avec
soupirs et plaintes,
Amour mène son jeu.
Des douleurs si démesurées,
Dans un cur serré, cen est trop !
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Scène
4
Frédégonde, Chilpéric
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Récitatif
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Frédégonde:
Où Landry a-t-il pu si longtemps disparaître
?
Je lai invité par mes regards
A venir soigner ici les blessures, les peines
Quil éprouve à mon sujet.
Chilpéric:
(Dans ce lieu tranquille, souvent Frédégonde
passe
Maintes heures troublées,
Alors quelle reste persuadée
Que Chilpéric, éloigné, gère les
affaires de lEmpire.)
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Air
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Frédégonde
Viens
à moi,
Doux objet de mes pensers,
Beau souvenir de ma foi.
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Récitatif
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Chilpéric:
(Aussi bien sa passion que ce quelle dit
Sadresse amoureusement à moi
absent.)
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Air
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Frédégonde
Mon
destin est bien sévère,
Mon idole, loin de toi.
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Récitatif
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Chilpéric:
(Je vais dun pas léger mapprocher
delle
Pour lui donner soudain le plaisir de ma
présence.)
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Air
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Frédégonde
Viens
à moi,
Doux objet de mes pensers,
Beau souvenir de ma foi.
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Récitatif
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Frédégonde:
Encore une fois,
Landry adoré,
(Ciel ! comme je me suis méprise !)
Mon roi...
Chilpéric:
Quai-je entendu ?
Mon amour est-il ainsi bafoué ?
Frédégonde:
Ah, écoute...
Chilpéric:
Tais-toi !
Dire que je veux te tirer de la lie du peuple
Et te donner ma couronne en propre !
Dire que le droit sacré et les lois,
Je les foule aux pieds pour toi !
Et jai, en sacrifice à ta fureur,
Accablé Hermengilde et Sigebert
De chaînes et de travaux forcés !
Et pour toi, jai rompu ma parole
Donnée depuis longtemps à Galswinthe !
Et tu oses maintenant, traîtresse adultère,
Avec une passion ingrate, un feu si criminel,
Souiller mon royal lit nuptial !
Mais le ciel, mes sujets et le monde,
De toute façon, ne ten jugent pas
digne.
Frédégonde:
Ah, pitié, pitié !
Roi, vois comme je me torture moi-même !
Chilpéric:
Eh bien! en ce jour de terreur,
Le sang lubrique de Landry doit couler hors de son cur
;
Ce sang, avec fureur, jen aspergerai ton visage,
Ce cur sera jeté à tes pieds.
Un crime aussi atroce et barbare,
Jen suis convaincu, est à punir par la pire
barbarie.
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|
Air
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|
|
|
Chilpéric
Par
mille supplices et mille morts,
Je vengerai mon amour,
Et sous les yeux de lingrate,
Sans pitié, joccirai mon rival.
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Scène
5
Frédégonde, Landry
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Récitatif
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Frédégonde:
O Landry! nous sommes perdus !
Landry:
Que me dis-tu ?
Frédégonde:
La passion que nous dissimulions
Est désormais découverte par Chilpéric
;
Il a juré notre perte à tous deux.
Landry:
Donne-men une annonce plus claire.
Frédégonde:
Ah! le temps de nous protéger en serait
abrégé,
La nécessité commande de devancer la
vengeance.
Il faut que Chilpéric soit exécuté
Avant que lui-même ne nous brise la nuque.
Landry:
Je cours accomplir ton ordre avec joie.
Frédégonde:
Va, je vais par mon art mefforcer
Quavant que tu fasses un faux pas,
Le peuple, la garde et larmée soient de ton
côté.
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Air
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|
Landry
Cest
de vous, farouches guerriers, beaux yeux,
Que jattends les traits mortels damour.
Que la fureur, fulminant, combattant,
Les décoche, féroce, atroce !
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Récitatif
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|
|
|
Frédégonde:
Allons ! Pour mettre un terme au péril
Dont la colère de Chilpéric me menace,
Je dois encore avoir recours à mes artifices.
Entendez ma prière sauvage
Écoutez ! Écoutez !
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Air
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|
Frédégonde
Ouvre
le sombre abîme de ton secret caveau,
Hécate, écoute-moi !
Envoie dune course rapide
Une troupe qui puisse me défendre.
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Scène
6
Basine, Galswinthe, Frédégonde
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Récitatif
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Basine:
Ah! sais-tu bien ? une rébellion aveugle
Soulève déjà toute la ville.
Landry sest enhardi à exciter le peuple
Pour placer Sigebert sur le trône de
Chilpéric.
Galswinthe:
Quentends-je ?
Ah, comme tu mas fait peur !
Frédégonde:
Tout est donc perdu ?
Le Ciel, lenfer et la terre massaillent
?
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|
Air
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|
|
|
Frédégonde
Ah,
appelle-moi encore une fois reine !
Ainsi, je mourrai avec délices.
Je me précipite avec joie dans la destruction,
Naurais-je que cela comme victoire.
Ah, appelle-moi encore une fois reine !
|
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Récitatif
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Frédégonde:
Allons! Que mon cur montre encore
Que rien ne mépouvante,
Même si je suis abandonnée de tous.
Je me rirai de tout péril qui me menace,
Et, rajeunissant la fureur que Colchos et Mycènes
Et Argos, virent jadis chez une femme,
Janéantirai autel, table, temple, trône
et lit.
|
Scène
7
Landry, Sigebert, Galswinthe, Hermengilde,
Basine
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Récitatif
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Landry:
Maintenant que jai par la force défait les
chaînes
Qui vous liaient dans la mine, ô noble couple,
Hâtez-vous de chasser de son trône le barbare
furieux
Qui opprime votre liberté.
Sigebert:
Je cours pour chasser de son trône
Celui qui nous opprime, toi et moi, si
ignominieusement.
Galswinthe:
Arrière ! Je ne le reconnais pas, celui qui plein de
fureur et dexcitation,
Tire lépée contre mon
fiancé.
Hermengilde:
Dès que jaurai lavé laffront
reçu,
Que mon cur te soit à nouveau
promis.
Basine:
Comment ? Basine devrait paisiblement
Accepter de nouveau la main dun prince
Que souillerait le sang de mon père ?
Va-t-en ! Va-t-en !
Hermengilde:
Ha! si la fille elle-même enfreint son devoir,
Je népargnerai pas davantage son
père.
Sus, sus ! Montons sur-le-champ au château
!
Basine:
Non, non! ah, épargne seulement la vie de mon
père,
Et crois quà toi seul je me
soumettrai.
Galswinthe:
Ne veux-tu pas déposer les armes ?
Basine:
Ne veux-tu pas maccorder cette faveur ?
Galswinthe:
Mes larmes brûlantes ne tattendrissent-elles
point ?
Hermengilde:
A quoi se résout-on ?
Sigebert:
A quoi te résous-tu ?
Basine:
Ne veux-tu pas me faire entendre un joyeux "oui
?
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Air
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|
Hermengilde
Ah
non ! je ne peux my résoudre,
Belle, laisse-moi en repos.
Il faut que je me venge
Même si lamour dit non.
|
|
Récitatif
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|
|
|
Galswinthe:
Ainsi, ma prière ne sera pas davantage entendue de
Sigebert ?
Sigebert:
Qui pourrait plus longtemps résister à
Galswinthe et à ses larmes ?
Landry:
Comment ? Prince, tu vas laisser se dissiper ta noble
colère ?
Tu vas si vite surmonter ton emportement ?
Regarde Galswinthe, ne serait-ce quune fois :
Tu la vois et tu restes calme ? Tu tolères si
facilement
Que Chilpéric puisse la repousser et lhumilier
?
Sigebert:
Oui, Landry, tu as raison,
Je vole à nouveau aux armes,
Pour assurer la sécurité et la vengeance de
Galswinthe.
|
|
Air
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|
Sigebert
Lamour
et la vengeance
Couronneront ma tête.
Dans les bras de mon amour,
Et dans le sang de linfâme,
Je veux jouir et régner.
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|
Récitatif
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|
Galswinthe:
Il ny a plus un instant à perdre.
Basine:
Le plus proche chemin doit nous conduire au
château.
Galswinthe:
Princesse, viens et examinons
Comment faire face au danger.
Basine:
Ah! si mon seigneur et père doit mourir,
Le chagrin nous précipitera aussitôt dans le
trépas.
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Scène
1
Chilpéric, Basine, Hermengilde, Sigebert,
Galswinthe
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|
Air
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Chilpéric
Eh
bien, soit, change de camp,
O Fortune fluctuante, et fais à ton caprice.
Dépouille-moi du trône, je peux facilement me
passer du trône, je peux facilement
Me passer de la couronne, pourvu que je meure en
héros.
|
|
Récitatif
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|
|
|
Basine:
Ah! mon seigneur, mon père, prends la fuite,
Tant que la garde sefforce encore de défendre
le château.
Chilpéric:
Quoi ? Je devrais céder cette gloire à mes
ennemis,
De pouvoir accabler de leurs sarcasmes et moqueries ma fuite
pusillanime ?
Non, non ! Tu tefforceras en vain
Dapporter à celui que tu aimes la gloire de ma
honte.
Basine:
Ah! apprends donc, mon père, à mieux
connaître
La force de la sensibilité la plus tendre
Qui me pousse à tant de zèle pour ton
salut.
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|
Choeur
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Hermengilde,
Sigebert,
Landry
Meure
le tyran !
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Récitatif
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Chilpéric:
Tu as vaincu. Tu octroies aux ennemis le bonheur
De voir Chilpéric succomber à leur bras ;
Mais si je dois périr,
Du moins je périrai en roi, en combattant.
Hermengilde
et Sigebert:
Maintenant, tyran, tu dois périr de notre
main.
Galswinthe:
Sur cela, princes, on doit sen remettre à
elle.
Chilpéric:
Oui ! accordez à Galswinthe
De trouver une ultime gloire dans cet acte
méprisable.
Oui, oui ! Prends mon propre glaive,
Et égorge une victime en offrande à ton
Sigebert.
Galswinthe:
Si je peux aspirer à régler votre
querelle,
Je dois offrir une victime convenable.
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|
Air
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|
Galswinthe
Je
mourrai heureuse
Si je meurs pour toi,
Si en mourant je peux
Dire : "Je tadore.
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|
Récitatif
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|
|
|
Sigebert:
Comment ? Galswinthe défend toujours le monstre
?
Galswinthe:
Détourne ta main dun odieux
régicide,
Ô Sigebert, sans quoi
Regarde comment lacier
Traverse mon propre cur.
Hermengilde:
Que demeurent en Galswinthe
Une passion si commune, de si bas sentiments ;
Quelle meure donc en se châtiant
elle-même.
Moi, je vais mettre à mort le tyran.
Basine:
Non! non! la pointe de ton glaive
Devra dabord transpercer mon propre
cur.
Chilpéric:
Que meure Chilpéric!
Aux autres, je le dis librement,
Puisque Galswinthe est innocente et fidèle !
Avancez donc, venez prendre ma vie ;
Quelle écrive à son père, avec
mon sang,
Que par sa vengeance et par mon repentir,
Son humiliation a été
effacée.
Galswinthe:
Que te défende ma main,
Même si ton cur coupable a lhabitude de me
haïr,
Comment pourrais-je maintenant tabandonner,
Alors que ton repentir mest connu ?
Mon frère, laisse-moi donc prétendre à
ma gloire,
Ce généreux trophée de la victoire.
Et que la pureté de ton amour, Sigebert,
Soit aujourdhui confirmée devant lunivers
entier.
Hermengilde:
Oui ! Ton exigence, ô ma sur,
lemporte,
Lamour de Basine resplendira de cette
victoire.
Sigebert:
Et Sigebert pose à tes pieds,
Ô Chilpéric, son épée, et se rend
ton prisonnier.
Chilpéric:
Je ne peux repousser le présent
Que vous moffrez, généreux couple !
Que soit oublié tout ce qui sest
passé,
Quau lieu de souffrance et de fardeaux,
Nous ne connaissions plus que jeux et plaisirs.
Embrassez-vous, mes deux preux !
Hermengilde
et Sigebert:
Oui, et nous tembrassons au comble de la
joie...
Chilpéric:
Et toi, mon amour,
Je te serre, encore plus épris, sur mon
sein.
|
Scène
2
Landry, Sigebert, Chilpéric,
Frédégonde, Basine, Ermengilde
|
|
Récitatif
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|
|
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Landry:
Plus rien, ô héros, ne nous fait obstacle.
Le château tout entier est désormais entre nos
mains.
Sigebert:
Mais il nest plus à moi, car
Chilpéric
Ma fait le compte de tes agissements.
Landry:
Malheur !
Chilpéric:
Cest toujours moi que tu dois honorer comme ton
roi.
Mon trône est toujours stable.
Et pour ton châtiment, pour ton salaire bien
gagné,
Mon sceptre va se transformer en foudre.
Frédégonde:
Vraiment !
Je vais avec cent Furies à mes côtés
Et tout ce que je peux trouver daffreux dans les
abysses
Troubler ton repos, couple odieux.
Je te persécuterai, toi et ta fiancée, dans
ton sommeil,
Quand tu entendras les aboiements hurlants de la meute
infernale.
Que désespoir, soupçon, envie,
Colère, rage, jalousie,
Effroi, crainte, terreur,
Soient le fruit de votre amour !
|
|
Air
|
|
|
|
Frédégonde
Que
les nuages sélèvent avec le tonnerre
!
Que le globe frémisse de craquements !
Fendez-vous en deux, portes de lEnfer !
Jen ris.
Je ne crains point de fracas,
Nulle explosion ne meffraie,
Point de crécelles, point de crépitements,
Point de tumulte, point de bouillonnement,
Point de stridences hurlantes.
|
|
Récitatif
|
|
|
|
Chilpéric:
Lamour doit aujourdhui, dans toute sa
douceur,
Par ma propre main munir à Galswinthe dun
lien indissoluble,
Aussi bien quHermengilde avec Basine.
|
|
Air &
Choeur
|
|
|
|
Galswinthe,
Basine,
Hermengilde,
Sigebert,
Chilpéric
Tout
en jubilation, que soit en fête
Lécho joyeux de toutes parts.
Vivat, vivat !
Et que chaque étoile plus joyeuse
Brille au ciel comme la foudre.
Vivat, vivat !
|

|
traduction:
Jacqueline & Alain DUC
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