Claudio Monteverdi
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Scherzi
Musicali a tre voci
publiés en 1607, par Giulio Cesare Monteverdi, frère
du compositeur

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Note: les textes traduits ci-dessous proviennent de différentes sources Internet. Ils ont été corrigés daprès lédition de Gian-Francesco Malipiero, Tutte le opere di Claudio Monteverdi, Vienna, Universal Editions, vol. 10, 1929. Lédition de Malipiero reproduit intégralement les poèmes mis en musique, alors que Monteverdi nen a souvent utilisé quune partie. |
Gabriel Chiabrera
[1552-1637] I bei
legami Tempo
ch'alato Chè
s'io rammento Oh tu
ch'altiere Les
beaux liens Temps
qui, ailé, Si
je me remémore Ô
toi qui fièrement
che stamm'intorno
perch'io sempr'ami
bel viso adorno
mano gli strinse
che sì m'avvinse
per caro modo
ch'avvinto io godo.
rapido vai
me scatenato
mai non vedrai
e crescan ire
per mio martire
e cresca orgoglio
per mio cordoglio.
la nobil mano
ogni tormento
m'assale invano
man bianca e pura
ch'in prova oscura
spume marine
e nevi alpine.
saetti Amore
chiamati arciere
per suo valore
ch'ogni tuo strale
è per sè frale
né l'arco offende
s'ella nol tende !
Qui mentourent
Pour que jaime toujours
Un beau visage paré,
Une main les tressa
Qui ainsi me lia
De si chère façon
Quattaché, je suis heureux.
Ten vas si vite,
Jamais tu ne me verras
Défait de mes chaînes,
Même si sa colère
Saccroît pour mon martyre,
Même si son orgueil
Saccroît pour mon deuil.
Sa noble main,
Tous les tourments
Massaillent en vain,
Sa main blanche et pure
Qui mise au défi obscurcit
Les écumes marines
Et les neiges alpines.
Lances tes flèches, Amour,
Si tu te dis archer,
Cest grâce à sa valeur
Car chacun de tes traits
Est en soi fragile
Et ton arc ne blesse pas
Si ce nest elle qui le tend.
Gabriel
Chiabrera Amarilli
onde m'assale Tu ne vai
co'l core altiero Ella un
dì dal Cielo usciva Rotto
adunque il bel camino A che,
giovine diletto, D'aure
pure un aureo nembo Amarilli
deh rimira Amaryllis,
de qui vient massaillir Tu
ten vas le cur hautain, [Elle
sortait un jour du ciel Interrompant
donc le parcours Pourquoi,
cher jouvenceau, Blanche,
elle répand tout autour Amaryllis,
de grâce, regarde:
fiero stral di novo ardore
di mio bene e di mio male
mio migliore e mio peggiore,
Amarilli ond'io gioisco
pur dal duolo ond'io languisco,
perché Amor nulla taccende,
ma dell'aspro tuo pensiero
alto essempio ti riprende
poscia ch'arde, s'innamora
qui fra noi la bella Aurora.
Per sentier ruggiadoso,
E sul fresco duna riva
Vide un giovine amoroso,
Ne fu prima a rimirarlo
Chella fosse a desiarlo.
Che per alto ella tenea
Il bel piè fermò vicino,
Là vel giovine sedea
E tra rose e tra viole
Fece udir queste parole.
Consumarti in terra dei ?
Altro bene, altro diletto
Goderai ne regni miei;
Ne gioir ti verrà meno
Bene accolto in questo seno.
spande candida d'intorno,
e con Cefalo nel grembo
va volando al suo soggiorno
va contenta, va felice
amorosa rapitrice.
quale essempio non ti piega
la bell'alba arde, sospira
per amor lusinga e priega,
io con atti humili ardenti
vuo' pregarti e no'l consenti.
Le cruel trait dune nouvelle ardeur,
Encore meilleure, encore pire
Que mon bonheur, que mon malheur,
Amaryllis, qui me fais être heureux
De la douleur où pourtant je languis,
Parce quAmour ne tenflamme point;
Mais un exemple venu de haut
Te reproche ton âpre penser,
Puisquici, parmi nous, la belle Aurore
Senflamme et devient amoureuse.
Par un sentier plein de rosée
Et sur la fraîcheur dune rive
Elle vit un jeune amoureux,
Et elle ne leut pas plus tôt vu
Quelle se prit à le désirer.
Quelle suivait dans les airs,
Elle arrêta son beau pied
Près de lendroit où se tenait le
jouvenceau
Et parmi les roses et les violettes,
Elle fit entendre ces paroles:
Dois-tu te consumer sur terre ?
Tu jouiras dans mes royaumes
Dun autre bonheur, dun autre plaisir;
Tu nauras pas moins de délices
À être bien accueilli sur mon
sein.]
Un nimbe doré de brises pures,
Et, avec Céphale dans ses bras,
Elle vole vers son séjour,
Elle va contente, elle va heureuse,
Amoureuse et ravisseuse.
Un tel exemple ne te fléchit pas ?
La belle Aube brûle, soupire;
Par amour, elle charme, elle prie:
Et moi, avec mes actes humbles et ardents,
Je veux te prier et tu ne consens pas.
Fugge il
verno dei dolori, Senti
Zeffiro che spira Senti
piange tortorella Tu non sai
che lieto stato Lhiver
des douleurs senfuit, Écoute
Zéphyr qui respire, Entends
pleurer la tourterelle Tu
ne sais pas quel heureux état
Primavera de gl'amori
Se ne torna tutt'adorna
Di fioretti lasciuetti
Ma non torni tu già mai
Fili ingrata, dispietata
A dar fine a li miei guai.
Vedi Amor che l'arco tira
E c'inuita
A dolce vita
Vita quieta
Vita lieta
E tù sorda, e cieca ahi lasso
Neghitosa
Disdegnosa
Ti starai qual duro sasso.
Quasi afflitta vedovella
Che non trova
Che le giova
Il suo errante
Caro amante
E tu viver sempre vuoi
Sola in noie
Da le gioie
Nascondendo i sensi tuoi.
È il trovarsi accompagnato,
Mira Fili
Amarilli
Quanto gode
Con sua lode
Di star sempre a Tirsi in braccio
Fili oh quanto
Farai pianto
Se disprezzi questo laccio.
Le printemps des amours
Sen revient tout paré
De fleurettes folâtres;
Mais toi, tu ne reviens jamais,
Ingrate Philis, impitoyable,
Pour mettre fin à mes tourments.
Vois Amour qui tire son arc
Et nous invite
À une douce vie,
Une vie paisible,
Une vie joyeuse,
Et toi, sourde et aveugle, hélas !
Nonchalante,
Dédaigneuse,
Tu vas rester tel un dur rocher.
Comme une veuve affligée
Qui ne trouve pas
Pour la secourir
Son cher amant
Qui est errant;
Et toi, tu veux toujours vivre
Seule, dans lennui,
Cachant tes sens
Aux joies.
Cest de se trouver en compagnie.
Philis, regarde donc
Amaryllis,
Comme elle jouit
De sa chance
Dêtre toujours dans les bras de Tircis.
Philis, ô combien
Tu verseras de larmes
Si tu rejettes ce lien !
Gabriel
Chiabrera Quando
l'Alba in Oriente [trois
strophes de plus chez Malipiero] Sì
di fregi alta, e pomposa E
ciò ver qual più n'apprezza Quand
lAube à lorient [trois
strophes de plus chez Malipiero] Ainsi,
ennoblie de ses parures, majestueuse Et
ce à quoi on donne le plus de prix
l'almo sol s'appresta a scorgere
giù dal mar la veggiam sorgere
cinta in gonna rilucente,
onde lampi si diffondono
che le stelle in Ciel ascondono.
va per le strade che s'infiorano
va su nembi che s'indorano,
ruggiadosa, luminosa;
l'altre Dee che la rimirano
per invidia ne sospirano.
per beltade a l'Alba inchinasi;
non per questo ella vicinasi
di mia donna alla bellezza:
i suoi pregi Alba t'oscurano,
tutte l'alme accese il giurano.
Sapprête à apercevoir le noble
soleil,
Nous la voyons surgir là-bas de la mer
Vêtue dune robe resplendissante
Doù se répandent des lueurs
Qui cachent les étoiles dans le ciel.
Elle va par les routes qui se fleurissent,
Elle va par les nues qui se dorent,
Couverte de rosée, lumineuse;
Les autres déesses qui la regardent
En soupirent denvie.
Pour sa beauté, sincline devant
lAube;
Mais ce nest pas pour autant quelle approche
De la beauté de ma dame:
Ses qualités, Aube, te rendent obscure,
Toutes les âmes enflammées le
jurent.
Gabriel
Chiabrera Non
così tosto io miro Uscir dal
fianco ardente [deux
strophes de plus chez Malipiero] Tutta
alfin si ravviva Tanto
poss'io contarvi, Je
nai pas si tôt vu Le
soupir na plus le plaisir [deux
strophes de plus chez Malipiero] Ma
vie amoureuse Tant
je puis vous en conter,
il vostro vago ardore
che cessa ogni martiro
onde m'affligge Amore:
cotanto ha di valore
occhi vostra beltà.
sospir non ha diletto,
ne fa sentir dolente
la lingua alcun suo detto
ne giù per gli occhi al petto
pur lagrima sen va.
la mia vita amorosa
qual fior in fresca riva
a l'Alba rugiadosa
o qual serpe squammosa
a soli de l'està.
begl'occhi, di mio stato;
ma se viene in mirarvi
altri sì fortunato
deh quanto fia beato
chi mai vi bacerà.
Votre charmante ardeur
Que cesse tout martyre
QuAmour minflige,
Tant votre beauté,
Yeux, a de pouvoir.
De sortir de mon flanc ardent;
Ma langue douloureuse
Ne fait entendre aucune parole;
Aucune larme ne sen va plus
Par les yeux, vers la poitrine.
Ressuscite enfin tout entière
Comme une fleur sur la fraîche rive
À laube porteuse de rosée
Ou comme le serpent écailleux
Au soleil de lété.
Beaux yeux, sur mon état;
Mais si vient à vous regarder
Un autre si fortuné,
Ah ! combien il sera heureux,
Celui qui vous donnera des baisers.
Gabriel
Chiabrera Damigella Ho nel
seno Damigella [une
strophe de plus chez Malipiero] Nova
fiamma Ma
più fresca Demoiselle Jai
en mon sein Demoiselle [une
strophe de plus chez Malipiero] Une
nouvelle flamme Mais
que la brûlure ainsi née en moi
tutta bella
versa versa quel bel vino,
fa che cada
la rugiada
distillata di rubino.
rio veneno
che vi sparse Amor profondo
ma gittarlo
e lasciarlo
vo' sommerso in questo fondo.
tutta bella
di quel vin tu non mi satii,
fa che cada
la rugiada
distillata da topatii.
più m'infiamma
arde il cor foco novello
se mia vita
non s'aita
a ch'io vengo un Mongibello !
ogn' hor cresca
dentro me sì fatta arsura
consumarmi
e disfarmi
per tal modo ho per ventura.
Toute belle,
Verse, verse ce beau vin,
Fais que tombe
La rosée
Distillée du rubis.
Un cruel poison
QuAmour a répandu au fond;
Mais je vais le jeter
Et men défaire
En le noyant dans ce fond.
Toute belle,
Tu ne mas pas donné mon content de ce vin;
Fais que tombe
La rosée
Distillée des topazes.
Menflamme davantage,
Un nouveau feu brûle mon cur,
Si ma vie
Nest pas secourue,
Ah ! je deviens un Etna !
Saccroisse sans cesse,
Toujours plus fraîche !
Je trouve mon bonheur
À me consumer
Et me détruire de cette façon.
Jacopo Sannazar
[1458-1530] La
pastorella mia spietata e rigida [Ben
sanno questi boschi quantio amola, Sallo
quante fiate il dì la nomini Eco
rimbomba e spesso indietro voltami Quest'alberi
di lei sempre ragionano Ma
bergère impitoyable et inflexible, [Ils
savent bien, ces bois, combien je laime, Combien
de fois par jour je la nomme, Écho
retentit et me renvoie souvent Ces
arbres toujours sentretiennent delle,
che nott'e giorn'al mio soccorso chiamola,
si sta superba e più che giaccio frigida.
Sannolo fiumi, monti, fiere et homini,
Chognor piangendo et sospirando bramola.
Il gregge mio, che già tutthore ascoltami
O chegli in selva pasca, o di mandra
romini.]
le voci che sì dolci in aria sonano
e ne l'orecchie il bel nome risoltami.
e nelle scorze scritta la dimostrano
ch' a pianger spesso et a cantar mi spronano.
Jai beau lappeler nuit et jour à mon
secours,
Elle reste superbe et plus froide que glace.
Les rivières le savent, les monts, les bêtes
sauvages et les hommes,
Car je la désire sans cesse, pleurant et
soupirant.
Mon troupeau le sait, qui mentend à toute
heure,
Quil paisse dans la forêt ou rumine au
bercail.]
Les paroles qui résonnent si doucement dans
lair,
Et répète son beau nom à mes
oreilles.
Et montrant son nom gravé dans
lécorce,
Ils mincitent à pleurer souvent et à
chanter.
Gabriel
Chiabrera Oh
rosetta, che rosetta Se dal bel
cespo natio Caro
pregio il tuo colore Non mi dir
come t'apprezza Oh,
petite rose, qui toute rose, Si
à ton beau gazon natal Que
ta couleur soit un cher ornement Ne
me dis pas combien tapprécie
tra'l bel verde di tue frondi
vergognosa ti nascondi
come pura donzelletta
che sposata ancor non è
ti torrò non te ne caglia
ma con te tanto mi vaglia
che ne lodi il pensier mio
se servigio ha sua mercé.
tra le man sia di colei
che governa i pensier miei
che mi mira il petto e'l core
ma non mira la mìa fé'.
la beltà di Citerea,
io me 'l so, ma questa Dea
e di gratia e di bellezza
non ha Dea sembiante a se.
Te caches, pudique,
Dans la belle verdure de tes feuilles,
Comme une chaste pucelette
Qui nest pas encore fiancée,
Je tenlève, ne ten mets pas en peine:
Puissé-je en tirer profit
Et que tu loues mon idée
Si mon servage reçoit sa
récompense.
Entre les mains de celle
Qui gouverne mes pensers,
Qui regarde ma poitrine et mon cur,
Mais ne regarde pas ma foi.
La beauté de Cythérée:
Je le sais, mais ma déesse
De grâce et de beauté
Na pas de déesse à elle
semblable.
Ansaldo
Cebà [1565-1622] Amorosa
pupilletta Mira mira
come langue [deux
strophes de plus chez Malipiero] Vedi vedi
'l tuo brunetto Pupillette
amoureuse Regarde,
regarde comme languit [deux
strophes de plus chez Malipiero] Vois,
vois ton brunet
che saetta
sì soave al cor mi scocchi
perché tocchi tanti sguardi
co ' tuoi dardi
perché pungi ohimè tant'occhi ?
nel tuo sangue
lo mio cor soavemente
come sente su 'l languire
su 'l morire
consolarsi la mia mente.
nel mio petto
come dolce il cor m'accende,
come fende puro puro
co 'l suo scuro
quell'horror che l'alma offende.
Qui si doucement
Me tire une flèche dans le cur,
Pourquoi touches-tu tant de regards
Avec tes dards,
Pourquoi, hélas, perces-tu tant dyeux
?
Dans ton sang,
Mon cur, doucement,
Comme il sent, dans sa langueur,
Dans sa mort,
Mon esprit se consoler.
Dans ma poitrine
Comme il menflamme doucement le cur,
Comme il fend proprement
Avec sa hache
Ces ténèbres qui offensent
lâme.
Gabriel
Chiabrera Vaghi rai
di cigli ardenti Mi mirate
raggi ardenti E voi
priego o raggi ardenti [quatre
strophes de plus chez Malipiero] Beaux
rayons dyeux ardents Vous
me regardez, rayons ardents, Et
je vous prie, rayons ardents, [quatre
strophes de plus chez Malipiero]
più lucenti
che del sol non sono i rai
vinto alfin da la pietate
mi mirate
vaghi rai che tanto amai.
più lucenti
che del sol non sono i rai,
e dal cor trahete fuore
il dolore
e l'angoscia de miei guai.
più lucenti
che del sol non sono i rai
di più foco, ove ei ritorni
siate adorni,
vaghi rai, che tanto amai.
Plus lumineux
Que ne sont les rayons du soleil,
Vaincu enfin par la pitié,
Vous me regardez,
Beaux rayons que jai tant aimés.
Plus lumineux
Que ne sont les rayons du soleil,
Et vous faites sortir du cur
La douleur
Et langoisse de mes tourments.
Plus lumineux
Que ne sont les rayons du soleil,
Là où il fait demi-tour,
Soyez parés de plus de feu,
Beaux rayons que jai tant aimés.
Gabriel
Chiabrera La
violetta Sì
certamente [trois
strophes de plus chez Malipiero] La
violette Assurément, [trois
strophes de plus chez Malipiero]
ch'en su l'erbetta
sapre al mattin novella
di' non è cosa
tutt'odorosa
tutta leggiadra e bella ?
che dolcemente
elle ne spira odori
e n'empie il petto
di bel diletto
col bel de suoi colori.
Qui sur lherbe
Souvre nouvelle au matin,
Dis-moi, nest-elle point chose
Toute parfumée
Toute belle et charmante ?
Tout doucement,
Elle en respire les parfums,
Et emplit sa poitrine
Dun beau plaisir
Avec la beauté de ses couleurs.
Ansaldo
Cebà Giovinetta Vedi
come [trois
strophes de plus chez Malipiero] Dunque
amore Jouvencelle, Tu
vois comme le vent [trois
strophes de plus chez Malipiero] Que
lamour donc
Ritrosetta
Che'l mi' amor ti prendi a gioco
Mira mira
Come spira
Ne miei versi il tuo bel fuoco.
L'auree chiome
Tocca il vento e le divide;
Che miei rai
Tu vedrai
Come l'oro in sen ti ride.
Del tuo core
Levi almen tanta durezza
Poi che 'l vanto
Del mio canto
Pur nel' nome tuo s'apprezza.
Petite rebelle,
Qui prends mon amour à la plaisanterie,
Regarde, regarde,
Comme dans mes vers
Respire ton beau feu.
Touche ta chevelure dor
Et la divise;
Tu verras
Mes yeux
Sourire comme lor dans ton sein.
Enlève de ton cur
Tant de dureté
Puisque le mérite
De mon chant
Sapprécie dans ton nom.
Gabriel
Chiabrera Dolci miei
sospiri A la ria
partita Hora miei
sospiri E se mai
soletta E se tutta
adorna [deux
strophes de plus chez Malipiero] Mes
doux soupirs, Le
vent et la mer invitent Maintenant,
mes soupirs, Et
si jamais, toute seule, Et
si, toute parée, [deux
strophes de plus chez Malipiero]
dolci miei martiri
dolce mio desio
e voi dolci canti
e voi dolci pianti
rimanet'a Dio.
vento e mare invita
o volubil hore
ma non più querele
duro Amor crudele,
ama il mio dolore.
hora miei martiri
e tu mio desio
e voi dolci canti
e voi dolci pianti
rimanet' a Dio.
suoi pensier diletta
per solingo loco
e voi dolci canti
e voi dolci pianti
dite del mio foco.
unque mai soggiorna
festeggiando in gioco
dite miei sospiri
dite miei martiri
a lei del mio foco.
Mes doux martyres,
Mon doux désir,
Et vous, doux chants,
Et vous, douces larmes,
Restez, adieu !
À la cruelle séparation,
Ô lheure passagère !
Mais plus de plaintes,
Dur, cruel Amour,
Aime ma douleur.
Maintenant, mes martyres,
Et toi, mon désir,
Et vous, doux chants,
Et vous, douces larmes,
Restez, adieu !
Elle se complaît à ses pensers
Dans un lieu solitaire,
Vous, doux chants,
Vous, douces larmes,
Parlez-lui de mon feu.
Jamais elle sattarde
Dans la fête et les jeux,
Dites-lui mes soupirs,
Dites-lui mes martyres,
Parlez-lui de mon feu.
Gabriel
Chiabrera Clori
amorosa Tu coi bei
lumi Deh dolce
amore Vedrai per
prova [deux
strophes de plus chez Malipiero] Cloris,
amoureuse Avec
tes beaux yeux De
grâce, doux amour Tu
verras par cet essai [deux
strophes de plus chez Malipiero]
d'amor rubella
più d'ogni rosa
vermiglia e bella
d'ogni alma stella
più chiara, ardente
veracemente
nel tuo bel viso
sta il mio cor fiso.
saeti il core
e lo consumi
col chiaro ardore
onde si more
quest'alma mia
se dolce e pia
non porgi aita
a la mia vita.
di tua bellezza
fa specchio al core
ch'empio disprezza
pien di fierezza
pene e martiri
pianti e sospiri
d'un'alma amante
fida e costante.
che ne' tuoi lumi
l'ardor si trova;
se i tuoi costumi
fan che consumi
ogn'alma in terra
e s'ama guerra
li fa il tuo viso
e 'l dolce riso.
Rebelle à lamour,
Plus vermeille et belle
Que toutes les roses,
Plus claire et ardente
Que tous les astres,
En vérité,
Mon cur est fixé
Sur ton beau visage.
Tu perces mon cur de flèches,
Et tu le consumes
Avec leur claire ardeur
Si bien que mon âme
Ne peut que mourir
Si, douce et apitoyée,
Tu ne portes aide
À ma vie.
Fais de ta beauté
Un miroir pour ton cur:
Cruel, il méprise,
Plein de fierté,
Peines et martyres
Larmes et soupirs
Dune âme aimante
Fidèle et constante.
Que cest dans tes yeux
Que lardeur se trouve,
Si tes façons dêtre
Font que tu consumes
Toute âme sur terre;
Et sil y a une guerre,
Cest ton visage qui la fait
Et ton doux sourire.
Ansaldo
Cebà Lidia
spina del mio core Che
là dove il cor languisce O che
piaga aventurosa Che se 'l
guardo troppo fier [deux
strophes de plus chez Malipiero] Lydie,
cette épine de mon cur, Là
où mon cur est languissant, Ô
quelle blessure fortunée Et
si le regard trop farouche [deux
strophes de plus chez Malipiero]
ond'amor mi straccia e punge
di dolcissimo licore
pur talhor la piaga m'unge
e senz'arte o sugo d'herba
il dolor mi disacerba.
molle stende e candidetta
quella mano onde rapisce
amar l'alme e i cori alletta
e toccando e ritoccando
mi vien dolce il cor sanando.
se sì bella e bianca mano
mentre in sen mi si riposa
va sanando il cor pian piano
e soccorre a la ferita
con le perle de le dita.
troppo frena i miei desiri
e l'avorio lusinghiero
poco tempra i miei martiri
Lidia mia che dolce sorte
sen tua man ne vengo a morte.
Qui fait quAmour me déchire et me poind,
Oint pourtant parfois ma plaie
De très douce liqueur,
Et sans art ni suc dherbe
Rend ma douleur moins âpre.
Elle étend, tendre et toute blanche,
Cette main dont elle ravit
Et attire les âmes et les curs vers
lamour;
Et en touchant et retouchant,
Doucement, elle guérit mon cur.
Si une main si belle et si blanche
En se reposant sur mon sein
Soigne le cur tout en douceur
Et porte secours à ma blessure
Avec les perles de ses doigts.
Vient freiner par trop mes désirs
Et si livoire séducteur
Vient peu tempérer mon martyre,
Ma Lydie, quel doux sort
Si dans ta main jen viens à la mort.