Claudio Monteverdi
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Ottavio Rinuccini |
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En 1608, Monteverdi fit représenter à Mantoue avec un grand succès l'opéra l'Ariana (Ariane). La partition a été perdue, et seul demeure le Lamento, fragment de la scène VI où Ariane dialogue avec Dorilla et le chur. Ce Lamento, après avoir été repris en madrigal dans le livre VI, fera l'objet d'une édition séparée en 1623. |
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Prima Parte Lasciate
mi morire ! Seconda Parte O Teseo, o
Teseo mio, Terza Parte Dove,
dov'è la fede Quarta Parte Ahi, che
non pur risponde ! Misera !
Ancor dò loco |
Première partie Laissez-moi
mourir ! Deuxième partie Ô
Thésée, mon Thésée, Troisième partie Où,
où est la foi Quatrième partie Ah
! il ne répond pas ! Malheureuse
! Je fais encore place |
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Pétrarque, Canzoniere, sonnet CCCX. |
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Zefiro
torna, e'l bel tempo rimena, Ridono i
prati, e'l ciel si rasserena; Ma per me,
lasso! tornano i più gravi e cantar
augelletti, e fiorir piagge, |
Zéphyre
revient et ramène le beau temps, Les
prés sont riants, le ciel redevient calme, Mais
pour moi, hélas ! reviennent les plus
pénibles Et
le chant des oiseaux, les fleurs des rivages, |
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La partition de 1614 ne comporte que les vers 5 à 8, 10 et 11, 13 et 14. |
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Una donna
fra l'altre onesta e bella Uscìan
dal caro viso auree quadrella, Non diede
passo allor che non ferisse, non
ferì alcun che risanar bramasse, |
Parmi
ce chur tout orné de beauté, Du
visage chéri sortaient des flèches
dor, Elle
ne fit aucun pas qui ninfligeât une
blessure, Elle
nen frappa aucun quelle voulût
guérir, |
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Giambattista Marino |
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A Dio
Florida bella, il cor piagato Caro mio
Floro a Dio, l'amaro stato Così
sul Tebro a lo spuntar del sole Ben mio
rimanti in pace, e tu ben mio |
«Adieu,
belle Floride; je te laisse en partant «Cher Florus, adieu; quAmour nous
console Ainsi,
sur le Tibre, quand le soleil pointait, «Reste en paix, mon amour» ;
«Et toi, mon amour, |
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Lagrime damante al sepolcro damata |
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Scipione Agnelli |
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La sextine «Larmes damoureux sur le tombeau de laimée» a été écrite en mémoire de la jeune cantatrice Caterina Martinelli (Rome, 1590 Mantoue, 1608). Venue à la cour de Mantoue à 13 ans, elle y avait été lélève de Monteverdi. Elle mourut de la petite vérole alors quelle se préparait à interpréter l'opéra lAriana. Le berger Glaucus pourrait représenter le duc Vincent Gonzague, qui fit installer la pierre tombale de la défunte dans léglise del Carmine à Mantoue. |
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Incenerite
spoglie, avara tomba Ditelo, o
fiumi, e voi ch'udiste Glauco Darà
la notte il sol lume alla terra, Ma te
raccoglie, O Ninfa, in grembo 'l Cielo, O chiome
d'or, neve gentil del seno, Dunque,
amate reliquie, un mar di pianto Cedano al
pianto i detti ! Amato seno, |
Restes
réduits en cendres, tombe avare Dites-le,
ô fleuves, et vous qui avez entendu Glaucus Le
soleil donnera la nuit sa lumière à la
terre, Mais
le Ciel, ô nymphe ! taccueille en son sein, Ô
cheveux dor, gente neige du sein, Donc,
reliques aimées, mes yeux Que
les paroles laissent la place aux larmes ! Sein
chéri, |
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Pétrarque,
Canzoniere, sonnet CCLXVII Oimè
il bel viso, oimè il soave sguardo, et
oimè il dolce riso, onde uscío 'l dardo Per voi
conven ch'io arda, e 'n voi respire, Di
speranza m'empieste et di desire, Hélas,
le beau visage, hélas, le doux regard, Hélas,
le doux sourire, doù sortit le dard Par
vous il faut que je brûle, et quen vous je
respire, Vous
mavez comblé despoir et de
désir,
oimè il leggiadro portamento altero;
oimè il parlar ch'ogni aspro ingegno et fero
facevi humile, ed ogni huom vil gagliardo !
di che morte, altro bene omai non spero:
alma real, dignissima d'impero,
se non fossi fra noi scesa sí tardo !
ch'i' pur fui vostro; et se di voi son privo,
via men d'ogni sventura altra mi dole.
quand'io partí' dal sommo piacer vivo;
ma 'l vento ne portava le parole.
Hélas, la noble et charmante attitude,
Hélas, le parler qui rendait humble tout esprit
Rude et sauvage, et vaillant tout lâche !
De qui jattends la mort, et nul autre bien
désormais:
Âme royale, la plus digne dun empire,
Si elle nétait descendue si tard parmi nous
!
Moi qui vous appartins; et si de vous je suis
privé,
Tout autre malheur mest bien moins
douloureux.
Quand je fus séparé du souverain plaisir
vivant;
Mais le vent emportait ses paroles.
Giambattista
Marino Qui rise,
o Tirsi, e qui ver me rivolse Qui
l'angelica voce e le parole, Qui con
meco s'assise, e qui mi cinse Ici,
Tircis, la belle Cloris sourit, Ici,
sa voix angélique et ses paroles Ici,
elle sassit avec moi, et mentoura
Le due stelle d'Amor la bella Clori;
Qui per ornarmi il crin, de' più bei fiorì
Al suon dele mie canne un grembo colse.
O memoria felice, o lieto giorno.
C'humiliaro i più superbi tori;
Qui le Gratie scherzar vidi, e gli Amori
Quando le chiome d'or sparte raccolse.
O memoria felice, o lieto giorno.
Del caro braccio il fianco, e dolce intorno
Stringendomi la man, l'alma mi strinse.
Qui d'un bacio ferimmi, e 'l viso adorno
Di bel vermiglio vergognando tinse.
O memoria felice, o lieto giorno.
Ici elle tourna vers moi ses deux étoiles
damour;
Ici, pour morner les cheveux, au son de mon
chalumeau,
Elle emplit sa robe des plus belles fleurs.
Ô souvenir heureux, ô jour de joie !
Nous soumirent les plus fougueux taureaux;
Ici, je vis les Grâces et les Amours badiner,
Quand elle rassembla ses cheveux dor épars.
Ô souvenir heureux, ô jour de joie !
Le flanc de son cher bras, et métreignant
Doucement la main, elle métreignit
lâme.
Ici, elle me blessa dun baiser, et, de pudeur,
Elle colora son visage paré dun beau
vermeil.
Ô souvenir heureux, ô jour de joie !
Giambattista
Marino Misero
Alceo, del caro albergo fore Tu, se di
pari laccio e pari ardore Sì,
mentre lieto il cor staratti a canto, Così
disse il pastor dolente in viso. Malheureux
Alcée, il te faut donc sortir Toi,
si dun pareil lien et dune égale
ardeur, Ainsi,
tandis que mon cur restera heureux à ton
côté, Ainsi
parla le berger, le visage dolent.
gir pur convienti, e ch'al partir t'apresti.
«Ecco Lidia, ti lascio, e lascio questi
poggi beati, e lascio teco il core.
meco legata fosti e meco ardesti,
fa' che ne' duo talor giri celesti
s'annidi e posi, ov'egli vive e more.
gli occhi, lontani da soave riso,
mi daran vita con l'umor del pianto».
La ninfa udillo, e fu in due parti intanto
l'un cor da l'altro, anzi un cor sol, diviso.
De ton cher logis, et te préparer à la
séparation.
«Lydie, je te quitte, et je quitte
Ces heureux coteaux, et je laisse mon cur avec
toi.
Tu mas été liée, tu as
brûlé avec moi,
Fais que parfois, dans ces deux orbes célestes
Il se pose et sabrite, là où il vit et
meurt.
Mes yeux, loin de ton doux sourire,
Me donneront la vie en marrosant de
larmes.»
La nymphe lentendit; alors, de part et dautre,
leurs curs
Se séparèrent, ou plutôt, un seul fut
partagé en deux.
Giambattista
Marino «Batto»,
qui pianse Ergasto, «ecco la riva «Deh,
mira!» -- egli dicea -- «se fuggitiva Lasso, non
m'odi?». E qui tremante e fioco Allor di
nove Amor fiamme cocenti «Battus»,
gémit alors Ergaste, voici le rivage «De
grâce, regarde», disait-il, «si tu aimes
tant Hélas,
ne mentends-tu pas ?» Alors, tremblant,
affaibli, Alors,
Amour lenflamma de nouveaux feux brûlants.
ove, mentre seguia cerva fugace,
fuggendo Clori il suo pastor seguace,
non so se più seguiva o se fuggiva».
fera pur saettar tanto ti piace,
saetta questo cor che soffre in pace
le piaghe, anzi ti segue e non le schiva.
e tacque e giacque. A questi ultimi accenti
l'empia si volse e rimirollo un poco.
l'accese. Or chi dirà che non sia foco
l'umor che cade da duo lumi ardenti ?
Où, poursuivant la biche en fuite,
Cloris fuyait le berger qui la poursuivait, et je ne
sais
Ce quelle était le plus, poursuivante ou en
fuite.
Percer de flèches un gibier qui fuit,
Tire sur mon cur, qui souffre paisiblement
Ses blessures, et te suit sans chercher à les
éviter.
Il se tut et tomba de tout son long. À ces derniers
mots,
La cruelle se retourna et le regarda un peu.
Qui dira maintenant quelle nest pas du feu,
Lhumeur qui tombe de deux yeux ardents ?
Presso un
fiume tranquillo Rispose,
d'amor piena, Dunque con
lieto core «Si,
si», con voglie accese Près
dune tranquille rivière, Pleine
damour, Philène Et
donc, le cur joyeux, «Oui,
oui», reprirent lun et lautre,
Disse a Filena Eurillo:
«Quante son queste arene,
Tante son le mie pene !
E quante son quelle onde,
Tante ho per te nel cor piaghe profonde !»
Ad Eurillo Filena:
«Quante la terra ha foglie
Tante son le mie doglie !
E quante il cielo ha stelle,
Tante ho per te nel cor vive fiammelle !»
Soggionse indi il pastore:
«Quanti ha l'orio augelletti
Siano i nostri diletti,
E quant'hai tu bellezze,
Tante in noi versi Amor care dolcezze !»
L'un e l'altro riprese,
«Facciam, concordi amanti,
Pari le gioie ai pianti,
A le guerre le paci:
Se fur mille i martiri sian mille i baci!»
Euryllus dit à Philène:
«Mes peines sont aussi nombreuses
Que ces grains de sable !
Et autant la rivière a de flots,
Autant jai par toi de plaies profondes au
cur.»
Répondit à Euryllus:
«Autant la terre a de feuilles,
Autant sont mes douleurs.
Et autant le ciel a détoiles,
Autant jai par toi de vives flammes au
cur.»
Le berger ajouta:
«Que nos plaisirs soient aussi nombreux
Que le loriot a doisillons,
Et que lAmour nous verse ses chères
douceurs
En nombre égal à tes
beautés.»
Avec des vux enflammés,
«Rendons, en amants qui saccordent,
Les joies aussi nombreuses que les larmes,
Les paix aussi nombreuses que les guerres:
Il y eut mille martyres, quil y ait mille
baisers.»