Claudio Monteverdi
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Il Pastor fido,
I, 2, 272-279 Myrtil,
monologuant Crud'Amarilli,
che col nome ancora Cruelle
Amaryllis, qui même par ton nom
d'amar, ahi lasso! amaramente insegni,
Amarilli, del candido ligustro
più candida più bella,
ma de l'àspido sordo
e più sorda più fèra e più
fugace,
poi che col dir t'offendo,
i' mi morrò tacendo.
Enseignes, hélas ! amèrement à
aimer,
Amaryllis, plus blanche, plus belle
Que le blanc troëne,
Mais plus sourde, plus cruelle et plus fuyante
Que le sourd aspic,
Puisquen parlant je toffense,
Je mourrai en me taisant.
Il Pastor fido,
III, 4, 506-518 O
Mirtillo, Mirtillo, anima mia, Ô
Myrtil, Myrtil, mon âme,
se vedessi qui dentro
come sta il cor di questa
che chiami crudelissima Amarilli,
so ben che tu di lei
quella pietà, che da lei chiedi, avresti.
Oh anime in amor troppo infelici !
che giova a te, cor mio, l'esser amato ?
che giova a me l'aver sí caro amante ?
Perché, crudo destino,
ne disunisci tu, s'Amor ne strigne ?
e tu, perché ne strigni,
se ne parte il destin, perfido Amore ?
Si tu voyais dans quel état
Est au dedans le cur de celle
Que tu appelles la cruelle Amaryllis,
Je sais bien que tu aurais pour elle
La pitié que tu lui demandes.
Oh, âmes trop malheureuses en amour !
À quoi te sert, mon cur, dêtre
aimé ?
À quoi me sert davoir un amant si aimé
?
Pourquoi, cruel destin,
Nous désunis-tu, si Amour nous joint ?
Et toi, perfide Amour, pourquoi nous unis-tu
Si le destin nous sépare ?
Era
l'anima mia Mon
âme était déjà
già presso a l'ultim'ore
e languia come langue alma che more;
quando anima più bella e più gradita
volse lo sguardo in sì pietoso giro,
che mi mantene in vita.
Parean dir que' bei lumi,
«Deh, perché ti consumi ?
Non m'è sì caro il cor, ond'io respiro,
come se' tu, cor mio;
se mori, ohimè, non mori tu, mor'io.»
Proche de sa dernière heure
Et languissait comme languit une âme qui meurt
Quand une âme plus belle et plus chérie
Tourna son regard, dans un mouvement si plein de
pitié
Quelle me maintint en vie.
Ses beaux yeux semblaient dire:
«Ah, pourquoi te consumes-tu ?
Le cur grâce auquel je respire
Mest moins cher que tu nes, mon cur;
Si tu meurs, hélas, tu ne meurs pas, cest moi
qui meurs.»
Il Pastor fido,
IV, 9, 1237-1250 Ecco,
Silvio, colei che 'n odio hai tanto, Vois,
Silvio, celle pour qui tu as tant de haine,
eccola in quella guisa
che la volevi a punto.
Bramastila ferir: ferita l'hai;
bramastila tua preda: eccola preda;
bramastila alfin morta: eccola a morte.
Che vuoi tu piú da lei ? che ti può dare
piú di questo Dorinda ? Ah garzon crudo !
Ah cor senza pietà ! Tu non credesti
la piaga che per te mi fece Amore:
puoi questa or tu negar de la tua mano ?
Non hai creduto il sangue
ch'i' versava dagli occhi:
crederai questo, che 'l mio fianco versa ?
La voici justement dans létat
Où tu la voulais.
Tu voulais la frapper: tu las frappée;
Tu voulais quelle soit ta proie: elle est ta
proie;
Tu la voulais morte: voici, elle meurt.
Que veux-tu encore delle ? Quest-ce que
Dorinde
Peut te donner de plus ? Ah, cruel garçon !
Ah, cur sans pitié ! Tu nas pas cru
À la blessure quAmour ma faite pour
toi;
Peux-tu maintenant nier celle qua faite ta main ?
Tu nas pas cru au sang
Que je versais par les yeux:
Croiras-tu à celui que mon flanc répand
?
Il Pastor fido,
IV, 9, 1251-1259 Dorinde
à Silvio, suite du
précédent Ma, se con
la pietà non è in te spenta Mais
si la noblesse et la valeur, innées en toi,
gentilezza e valor, che teco nacque,
non mi negar, ti prego,
anima cruda sí, ma però bella,
non mi negar a l'ultimo sospiro
un tuo solo sospir. Beata morte,
se l'addolcissi tu con questa sola
voce cortese e pia:
«Va' in pace, anima mia!»
Ne se sont pas éteintes en même temps que la
pitié,
Ne me refuse pas, je ten prie,
Âme cruelle, oui, mais belle cependant,
Ne me refuse pas, pour mon dernier soupir,
Un simple soupir de toi. Heureuse mort,
Si tu ladoucissais par cette seule
Parole douce et charitable:
«Va en paix, mon âme !»
Il Pastor fido,
IV, 9, 1260-1267 Silvio
à Dorinde Dorinda,
ah! dirò «mia» se mia non sei Dorinde,
ah ! si tu nes pas mienne, dirai-je «ma»
se non quando ti perdo e quando morte
da me ricevi, e mia non fosti allora
ch'i' ti potei dar vita ?
Pur «mia» dirò, ché mia
sarai mal grado di mia dura sorte;
e, se mia non sarai con la tua vita,
sarai con la mia morte.
Seulement quand je te perds et quand tu reçois
De moi la mort, alors que tu ne fus pas mienne
Lorsque jaurais pu te donner la vie ?
Je dirai pourtant «ma», car mienne
Tu seras, en dépit de mon cruel destin,
Et si tu nes pas mienne de ton vivant,
Tu le seras avec ma mort.
Il Pastor fido,
IV, 9, 1275-1285 Silvio
à Dorinde [Ti
disprezzai superbo:] [Dans
mon orgueil, je tai méprisée:]
ecco, piegando le ginocchia a terra,
riverente t'adoro
e ti cheggio perdon, ma non già vita.
Ecco gli strali e l'arco;
ma non ferir già tu gli occhi o le mani,
colpevoli ministri
d'innocente voler; ferisci il petto,
ferisci questo mostro,
di pietate e d'amore aspro nemico;
ferisci questo cor che ti fu crudo:
eccoti il petto ignudo.
Vois, pliant le genou en terre,
Je tadore humblement,
Et je demande mon pardon, mais non plus la vie.
Voici les flèches et larc:
Mais ne frappe plus les yeux ou les mains,
Coupables instruments
Dun vouloir innocent: frappe la poitrine,
Frappe ce monstre,
Âpre ennemi de la pitié et de lamour;
Frappe ce cur qui te fut cruel:
Voici ma poitrine découverte.
Il Pastor fido,
IV, 9, 1286-1305 Dorinde
à Silvio Ferir quel
petto, Silvio ? Silvio,
frapper ta poitrine ?
Non bisognava agli occhi miei scovrirlo,
s'avevi pur desio ch'io tel ferissi.
O bellissimo scoglio,
già da l'onda e dal vento
de le lagrime mie, de' miei sospiri
sí spesso invan percosso,
è pur ver che tu spiri
e che senti pietate ? o pur m'inganno ?
Ma sii tu pure o petto molle o marmo,
già non vo' che m'inganni
d'un candido alabastro il bel sembiante,
come quel d'una fèra
oggi ingannato ha il tuo signore e mio.
Ferir io te ? te pur ferisca Amore,
ché vendetta maggiore
non so bramar che di vederti amante.
Sia benedetto il dí che da prim'arsi !
benedette le lagrime e i martíri !
di voi lodar, non vendicar, mi voglio.
Tu navais pas besoin de la découvrir à
mes yeux
Si tu désirais que je te la blessasse.
Ô le plus beau des rocs,
Si souvent battu en vain
Par les flots et le vent
De mes larmes et de mes soupirs,
Il est donc vrai que tu respires
Et que tu ressens de la pitié ? Ou me
trompé-je ?
Mais que tu sois douce poitrine ou marbre,
Je ne veux plus être trompée
Par une belle apparence dalbâtre blanc
Comme celle dune bête
A aujourdhui trompé ton maître et le
mien.
Moi, te frapper ? QuAmour te frappe don,
Je ne puis désirer de plus grande vengeance
Que de te voir amoureux.
Béni soit le jour où jai dabord
brûlé !
Bénis soyez-vous, larmes et martyres !
Je veux vous louer, non me venger de vous.
Il Pastor fido,
III, 3, 296-303 Myrtil
à Amaryllis Ch'i'
t'ami, e t'ami piú de la mia vita, Que
je taime, et que je taime plus que ma vie,
se tu nol sai, crudele,
chiedilo a queste selve,
che tel diranno, e tel diran con esse
le fère loro e i duri sterpi e i sassi
di questi alpestri monti,
ch'i' ho sí spesse volte
inteneriti al suon de' miei lamenti.
Si tu ne le sais pas, cruelle,
Demande-le à ces forêts,
Elles te le diront, et avec elles te le diront
Leurs bêtes sauvages, et les dures souches, et les
rochers
De ces monts abrupts
Que jai si souvent attendris
Au son de mes lamentations.
Il Pastor fido,
III, 3, 332-346 Myrtil
à Amaryllis Deh! bella
e cara e sí soave un tempo Ah
! Toi qui fus un temps ma belle, ma chère,
cagion del viver mio, mentre a Dio piacque,
volgi una volta, volgi
quelle stelle amorose,
come le vidi mai, cosí tranquille
e piene di pietà, prima ch'i' moia,
ché 'l morir mi sia dolce.
E dritto è ben che, se mi fûro un tempo
dolci segni di vita, or sien di morte
que' begli occhi amorosi;
e quel soave sguardo,
che mi scorse ad amare,
mi scorga anco a morire;
e chi fu l'alba mia,
del mio cadente dí l'espero or sia.
Ma douce raison de vivre, tant quil plut à
Dieu,
Tourne une fois, tourne
Ces étoiles damour
Comme je les vis, aussi tranquilles
Et pleines de pitié, avant que je meure,
Afin que mourir me soit doux.
Il est juste que, sils me furent un temps
Doux signes de vie, ils le soient de mort,
Tes beaux yeux amoureux,
Et que ce doux regard
Qui minduisit à aimer
Memmène aussi à la mort;
Que ce qui fut mon aube
Soit maintenant le soir de mon jour qui tombe.
Il Pastor fido,
III, 3, 347-362 Myrtil
à Amaryllis Ma tu,
piú che mai dura, Mais
toi, plus dure que jamais,
favilla di pietà non senti ancora;
anzi t'inaspri piú, quanto piú prego.
Cosí senza parlar dunque m'ascolti ?
A chi parlo, infelice ? a un muto marmo ?
S'altro non mi vuoi dir, dimmi almen: «Mori !»
e morir mi vedrai.
Questa è ben, empio Amor, miseria estrema,
che sí rigida ninfa
non mi risponda, e l'armi
d'una sola sdegnosa e cruda voce
sdegni di proferire
al mio morir.
Tu ne sens pas encore une étincelle de
pitié;
Au contraire, plus je timplore et plus tu te
durcis.
Tu mécoutes donc ainsi, sans dire un mot ?
À qui parlé-je, malheureux ? à un
marbre muet ?
Si tu ne veux rien me dire dautre, dis-moi au
moins:
«Meurs !» et tu me verras mourir.
Voilà bien, cruel Amour, le comble de la
misère,
Quune nymphe si inflexible
Ne me réponde pas, et dédaigne
De prononcer une seule parole, cruelle et
irritée,
Qui serait larme
De ma mort.
Che dar
piú vi poss'io ? Que
puis-je vous donner de plus ?
Caro mio ben, prendete, eccovi il core,
pegno della mia fede e del mio amore.
E se per darli vita a voi l'invio,
no'l lasciate morire;
nudritel di dolcissimo gioire,
ché vostr'il fece amor, natura mio.
Non vedete, mia vita,
che l'immagine vostr'è in lui scolpita ?
Cher bien aimé, prenez, voici mon cur,
Gage de ma foi et de mon amour.
Et si je vous lenvoie pour lui donner vie,
Ne le laissez pas mourir,
Nourrissez-le de douce jouissance,
Car Amour la fait vôtre, si Nature la fait
mien.
Ne voyez-vous pas, ma vie,
Que votre image est gravée en lui ?
Il Pastor fido,
III, 6, 930-943 Myrtil
à Corisque M'è
piú dolce il penar per Amarilli, Plus
doux mest souffrir pour Amaryllis
che il gioir di mill'altre;
e se gioir di lei
mi vieta il mio destino, oggi si moia
per me pure ogni gioia.
Viver io fortunato
per altra donna mai, per altro amore ?
né, volendo, il potrei
né, potendo, il vorrei.
E, s'esser può che 'n alcun tempo mai
ciò voglia il mio volere
o possa il mio potere,
prego il cielo ed Amor che tolto pria
ogni voler, ogni poter mi sia.
Que jouir de mille autres;
Et si mon destin minterdit
De jouir delle, quaujourdhui même
meure
Pour moi toute joie !
Moi, vivre heureux
Pour une autre dame, pour un autre amour ?
Ni, le voulant, je ne pourrais,
Ni, le pouvant, je ne voudrais.
Et sil se peut que jamais, un jour,
Mon vouloir le veuille,
Le puisse mon pouvoir,
Je prie le Ciel et Amour quavant me soient
ôtés
Et tout vouloir, et tout pouvoir.
Ahi, come
a un vago sol cortese giro Ah
! un seul mouvement, ravissant, aimable,
di due begli occhi, ond'io
soffersi il primo, e dolce stral d'amore,
pien d'un nuovo desio,
sí pronto a sospirar, torna il mio core !
Lasso, non val ascondersi, ch'omai
conosco i segni, chel mio cor m'addita
de l'antica ferita,
ed è gran tempo pur che la saldai:
Ah, che piaga d'Amor non sana mai !
De deux beaux yeux, qui me firent
Souffrir le premier doux trait damour,
Et, plein dun nouveau désir
Et prêt à soupirer, mon cur revient vers
eux !
Hélas ! inutile de se leurrer, désormais
Je reconnais les signes, que mon cur
mindique,
De lantique blessure,
Et pourtant, il y a beau temps quelle est
refermée:
Ah ! plaie damour jamais ne guérit !
Troppo ben
può questo tiranno Amore, Ce
tyran dAmour est bien trop puissant,
poiché non val fuggire
a chi no'l può soffrire.
Quando i' penso talor com'arde, e punge,
i' dico: «Ah core stolto,
non l'aspettar; che fai ?
Fuggilo sí, che non ti prenda mai.»
Ma non so com'il lusinghier mi giunge,
ch'io dico: «Ah core stolto,
perché fuggito l'hai ?
Prendilo sí, che non ti fugga mai.»
Puisquil ne sert à rien de fuir
À qui ne peut le souffrir.
Quand je pense parfois comme il brûle et
poignarde,
Je dis: «Ah, cur stupide,
Ne lattends pas; que fais-tu ?
Fuis-le, quil ne tattrape jamais.»
Mais, je ne sais comment, labuseur me rejoint
Et je dis: «Ah, cur stupide,
Pourquoi las-tu fui ?
Attrape-le, quil ne te fuie jamais.»
Amor, se
giusto sei, Amour,
si tu es juste,
fa che la donna mia
anch'ella giusta sia.
Io t'amo, tu il conosci, ed ella il vede,
ma piú mi strazia e mi trafigge il core,
e per piú mio dolore
e per dispregio tuo, non mi dà fede.
Non sostener, Amor, che nel tuo regno
là dov'io ho sparta fede mieta sdegno,
ma fa, giusto signore,
ch'in premio dell'amor io colga amore.
Fais que ma dame
Soit juste elle aussi.
Je taime, tu le sais, et elle le voit,
Mais plus elle me maltraite et me transperce le
cur,
Plus ma douleur est grande,
Et plus, au mépris de toi, elle me refuse sa foi.
Ne permets pas, Amour, que dans ton royaume,
Je moissonne le dédain là où jai
semé ma foi;
Mais fais, juste seigneur,
Que pour prix de lamour, je récolte de
lamour.
«T'amo,
mia vita» la mia cara vita «Je
taime, ma vie», me dit doucement
dolcemente mi dice, e 'n questa sola
sí soave parola
par che trasformi lietamente il core,
per farmene signore.
O voce di dolcezza, e di diletto !
Prendila tosto, Amore;
stampala nel mio petto.
Spiri solo per lei l'anima mia;
«T'amo, mia vita» la mia vita sia.
Ma chère vie, et rien quen cette
Si douce parole,
Il semble que le cur se transforme joyeusement,
Pour men rendre maître.
Ô parole de douceur et de plaisir !
Empare-ten bien vite, Amour;
Grave-la dans ma poitrine.
Que mon âme ne respire que pour elle;
Que «Je taime, ma vie» soit ma
vie.
E
cosí a poco a poco Et
ainsi, peu à peu,
torno farfalla semplicetta al foco,
e nel fallace sguardo
un'altra volta mi consum'e ardo:
Ah, che piaga d'amore
quanto si cura piú tanto men sana.
Ch'ogni fatica è vana,
quando fu punto un giovinetto core
dal primo, e dolce strale;
chi spegne antico incendio il fa immortale.
Naïf papillon, je retourne à la flamme,
Et dans son regard trompeur,
Je me consume et brûle une fois de plus.
Ah, la blessure damour !
Plus on la soigne et moins elle guérit.
Tous les efforts sont vains,
Quand un jeune cur a été
transpercé
Du premier et doux trait;
Qui éteint un feu ancien le rend immortel.
Questi
vaghi concenti Ces
ravissants concerts
che l'augellett'intorno
vanno temprando a l'apparir del giorno
sono, cred'io, d'amor desiri ardenti;
sono pene e tormenti;
e pur fanno le selv'e'l ciel gioire
al lor dolce languire.
Deh ! se potessi anch'io
cosí dolce dolermi
per questi poggi solitari e ermi,
che quell'a cui piacer sola desio
gradiss'il pianger mio,
io bramerei sol per piacer a lei
eterni i pianti miei.
Que loiseau tout autour
Va modulant lorsquapparaît le jour,
Sont, je crois, ardents désirs damour,
Sont peines et tourments;
Et pourtant, ils ravissent les forêts et le ciel
De leur douce langueur.
Ah ! si je pouvais moi aussi
Me plaindre si doucement
Dans ces monts solitaires et déserts,
Que celle-là seule à qui je désire
plaire
Prenne à gré ma plainte,
Mon seul désir serait que pour lui plaire
Mes larmes soient éternelles.