ballets

|

cantates

|

divers

|

opéras

|

oratorios

|

pastorales

|

sérénades

Georg Friedrich Händel

 

Jephté
Oratorio en III Actes
Livret de Thomas Morell

Jepha, Hwv 70
Georg Friedrich Händel [1685 - 1759]
donné à Convent Garden, Londres, le 26 février 1752

les personnages

Iphis

soprano

Ange

soprano

Storgé

mezzo-soprano

Hamor

alto

Jephté

ténor

Zebul

basse

Choeur


effectif musical

2 flûtes traversières, 2 hautbois, 2 bassons,
2 cors, 2 trompettes, timballes,
3 violons, alto, violoncelle
basse continue



Acte I
Acte II
Acte III

ACTE UN

Ouverture

Scene 1: Zebul avec ses frères

Zebul:
Il le faut; ou ces vils Ammonites,
depuis dix-huit ans nos maîtres tyranniques,
écraseront la race d'Israël.
Puisque le ciel se refuse
à nous désigner comme jadis
d'un signe direct un chef,
nous devons nous-mêmes le choisir.
Et qui serait plus digne que le fils de Gallad,
notre frère, le vaillant Jephté ?
Nous l'avons, il est vrai, méconnu, méprisé,
exilé d'ici, comme fils d'une étrangère.
Mais je le connais bien:
son âme généreuse dédaigne une mesquine vengeance,
quand son pays affligé l'appelle à son secours.
Et peut-être le ciel favorisera-t-il nos voeux
si, le coeur contrit, nous implorons miséricorde.

Air:
N'épanchez plus de vaine prières
dans la sourde oreille d'idoles futiles.
De vils chants impies, abstenez-vous
de profaner les rites sacrés.


Choeur:

Devant le féroce Moloch, dieu et roi d'Ammon,
nos cymbales ne résonnent plus
en morne danse autour du brasier bleu.
Kémosh nous n'adorerons plus
avec les chants tambourinés du à Jéhovah.

Scene 2: Jephté, Storgé, Zebul avec ses frères

Zebul:
Mais voici Jephté.
Ciel clément, assiste notre demande.
O Jéphté, d'un oeil pitoyable
regarde tes frères contrits dans leur détresse.
Oublieux des torts que nous t'avons faits,
relève ta maison, tes amis,
ton pays dans le désespoir.

Jephté:
Je le ferai, s'il plaît au Ciel,
et en voici les conditions:
si je commande à la guerre, un même commandement
(si le Ciel nous accorde la victoire)
sera mien aussi dans la paix.

Zebul:
Accepté. Ciel, sois témoin.

Air, Jephté:
Mon âme à la vertu restera attachée,
la bonté me fera grand.
Qui bâtit sur cette ferme assise
ne redoute aucun coup du sort.

Mon âme, etc.

Storgé:
Ce sera, Jephté, une cruelle déchirure
de te voir harnaché pour le champ du sang.
Mais, ah ! qu'elles sont chétives, les craintes d'une épouse
quand toute une nation saigne et gît, humiliée,
pantelante pour la vie et la liberté.

Air:
En douces plaintes, je pleurerai
comme pleure la colombe abandonnée
et, soupirant, attendrai ton cher retour
à la liberté et au fidèle amour.

[ils sortent]

Scene 3: Hamor, Iphis

Hamor:
Heureuse ambassande, ma charmante Iphis,
qui t'offre de nouveau à mes yeux amoureux.
Comme la lune émergeante des volutes de nuages
baigne le voyageur nocturne,
ta vue, mon aimée,
dissipe ténèbres et désespoir.
Je revis. En ton doux sourire, je respire
comme sous les soins vigilants de ton père,
notre pauvre nation reprend vie et joie.
Oh, hâte-toi de combler mes voeux !

Air:
La morose attente, en lancinante angoisse,
contraint le fidèle amant à languir,
pendant qu'n vain il aspire au bonheur.
Oh ! d'un doux sourire délivre-moi,
ne laisse plus de vains songes me leurrer
ni de vaines craintes m'affliger.

Iphis:
Il ne convient point de parler d'amour quand la gloire appelle
et veut que tu suives Jephté aux champs d'honneur.
Là, agis en héros et que tes exploits rivaux
te proclament digne du nom de son fils.
Et Hamor n'aura pas à attendre sa récompense.

Air:
Avec le coeur que tu donnas,
emporte, caché en ton sein, le mien.
ainsi, d'une double ardeur vaillante,
la victoire sera sûrement tienne.

Avec le coeur, etc.

Hamor:
Je pars.
Mon âme inspirée par ton ordre
a soif du combat.
Déjà la laurier victorieux me couronne
et toi, douce récompense,
plus précieuse que gloire et conquête,
tu es mienne.

Duo, Hamor, Iphis:
Ces épreuves passées, que nous serons heureux !
Qu'elles se révéleront glorieuses !
En cueillant le sfruits de l'arbre de la gloire,
nous parons le banquet de l'amour.

Ces épreuves passées, etc.

[ils sortent]

Scene 4: Jephté, Choeur des Israélites

Jephté, seul:
Que signifient ces obscures chimères de l'esprit ?
Des visions joyeuses lèvent dans mon âme ravie,
elles y jouent un temps et sombrent dans la nuit.
D'étranges ardeurs brûlent dans mon sein;
une vigeur décuplée roidit mes bras
et mon cimier touche les cieux.
Reste humble, mon âme.
En son sublime nom j'offre mon voeu.
Si, Seigneur, soutenu par ta toute-puissance,
je chasse Ammon et ses tributs outrageantes
de nos terres trop longtemps en friche,
et reviens sauf, couvert de gloire,
quoi ou qui que ce soit que je verrai d'abord
sera à jamais tien, ou sera sacrifié.
C'est dit.

[Entrent les Israélites]

Ecoutez, ô chefs, et d'une seule voix
invoquez le sain nom du Dieu d'Israël.

Choeur:
O Dieu, tout puissant pour frapper ou bénir,
sois notre détresse !
Mais détourne ta colère et une fois encore
bénis tes serviteurs qui ton nom adorent.

[ils sortent]

Scene 5: Storgé

Storgé, seule:
Quelque affreux malheur pend sur nos têtes,
nous devrions chanter un triste chant
en affliction extrême.
Oh, jamais, jamais
mon esprit angoissé n'a-t-il encore cinnu
de si incessantes affres.

Air:
Scènes d'horreur, scènes de douleur,
s'élevant des ombres soutteraines:
elles ajoutent à la nuit une terreur nouvelle,
tandis qu'en chaine servile
courbées sous une peine perpétuelle
défilent sans joie les heures de lumière.

Scène d'horreur, etc.

Scene 6: Storgé, Iphis

[Iphis entre]

Iphis:
Chère mère, dites-moi
d'où viennent ces cris perçants
qui m'obligent, tel un oiseau effrayé,
à fuir le lieu de mon repos ?

Storgé:
Je crains pour toi, chère enfant;
d'horribles rêves surprirent mon âme la nuit dernère.

Iphis:
Ignorez ces noirs phantasmes de la nuit,
la nargue des sommeils troublés,
ignorez-les.
Mon père, touché d'un feu plus divin,
paraît déjà triompher.
Et je ne doute pas que Jehovah n'entende nos prières.

Air, Iphis:
La souriante aurore des jours heureux
se lève d'un front clair;
et du flatteur espoir la radieuse lumière
disspie toute crainte ténébreuse,
tandis que chaque grâce que déploie la paix
de toute l'année fait un printemps.

La souriante aurore, etc.

[elles sortent]

Scene 7: Zebul, Jephté, le Choeur des Israélites

Zebul:
Telle fut, Jephté, du roi la hautaine réponse:
pas de conditions; mais ruine, esclavage, mort.

Jephté:
Sonne donc l'ultime appel !
Aux armes, ô fils d'Israël,
au champ courez avec des coeurs intrépides
confiants dans le bras du Dieu d'Israël.

Choeur:
Quand sa voix retentissante parla dans le tonnerre,
les nuées s'ouvrirent de terreur consciente,
dociles à son commandement.
En vain elles roulent des flots écumeux,
retenus par cette immanse puissance
qui leur donna le pouvoir de rugir.
Elles retiennent maintenant leur altier élan
et de vain rage fouettent la grève rieuse.

Haut de page


ACTE DEUX

Scene 1: Hamor, Iphis, le Choeur des Israélites

Hamor:
A toi, chère Iphis, ainsi qu'à la maison d'Israël,
j'annonce une grande joie.
en peu de mots:
devant les deux armées prêtes au combat,
notre général s'avança
et à l'altier Ammon offrit la paix
aux conditions les plus justes et les plus honnorables.
Au refus méprisant, il fit sonner la trompette

mais à peine le sang ennemi teinta-t-il un glaive,

que tout autour s'ouvrirent les cieux grondants
et déversèrent par milliers des chérubins armés.
Aussitôt notre général cria:
Voilà ton signal, Seigneur,
je te suis, toi et ta radieuse armée céleste.
Alors se précipitant sur le fier Ammon attéré,

il fit couler des flots de sang
et poursuivit l'ennemi en fuite
jusqu'à ce que la nuit fît rentrer le glaive
et goûter les joies de la victoire et de la paix.

Choeur:
Chérubins, Séraphins, incorporelles apparences,
messages du destin,
obéissent à ses ordres redoutés.
Plus prompts, plus subtils
que la flamme ailée de l'éclair,
ils chevauchent les tornades conduisant les tempêtes.

Air, Hamor:
Montant à l'assaut redoutable,
luttant pour la gloire et l'amour,
je te rechercherai, mon laurier bien-aimé.
Maintenant, heureux, béni,
t'ayant remportée, toi ma très douce joie,
je dédaigne les autres honneurs.

Montant à l'assaut, etc.

Iphis:
C'est bien.
Accourez, mes amies, et des plus riches atours
parez-moi comme une royale épouse
pour aller en triomphe à la rencontre de mon père.
Et pendant que tout autour dansent les bannières,

Air:
tirez du doux luth mélodieux,
de la harpe suave et de la flûte gazouillante,
des sons de joie enivrée.
De ceux que dans nos fêtes solennelles,
quand il chante les louanges de Jehovah,
fait entendre le choeur sacré.

Tirez du doux luth, etc.

[ils sortent]

Scene 2: Zebul, Jephté et Hamor, le Choeur des Israélites

Jephté:
De nouveau le ciel sourit à son peuple reptentant,
et la victoire étend ses ailes d'argent
pour apaiser nos paines.
Zebul, ta vaillance fut grande;
la tienne ne fut pas moindre, cher Hamor;
mais la gloire est au Seigneur.

Air:
D'un coup soudain, sa droite puissante,
dompta et dispersa l'arrogant ennemi.
Ils tombèrent devant lui, comme lorsque dans le ciel,
il ordonne au vent fougueux de souffler sa vengeance.

D'un coup soudain, etc.

Choeur:
En gloire suprême, en force sereine,
il voit et meut tout sans être mu ni vu.
D'un coup soudain, sa droite puissante,
dompta et dispersa l'arrogant ennemi.

Scene 3: Iphis, Storgé, Zebul, Jephté et Hamor, le Choeur des Israélites

[entrent Iphis et Storgé]

Iphis:
Salut, glorieux conquérant !
Père bien-aimé, salut !
Vois ta fille et sa suite de vierges
venues t'accueillir avec tout l'amour dû.

Air:
Sois le bienvenu comme la joyeuse clarté
qui dissipe les sombres ténèbres de la nuit.
Sois le bienvenu comme le printemps qui verse
paix et abondance sur les plaines.
Aucun jour joyeux, aucun printemps gai,
n'apporte de si grands bienfaits
que la paix sur ses ailes victorieuses.

Choeur:
Sois le bienvenu, toi dont les exploits
conspirent au chant de la lyre.
Sois le bienvenu, toi dont Dieu fit
l'ange gardien de notre pays.
Tu vis le jour pour proclamer
son nom glorieux et ses prodiges.

Jephté:
Horreur ! Désastre !
Cette cruelle musique écorche mes sens révoltés.
Disparais, ma fille !
Tu as défait ton père.
Fuis, disparais,
et laiss-moi à la torture d'un désespoir fou !

[Iphis sort]

Air:
Ouvre tes mâchoires de marbre, ô tombe,
et cache-moi, terre, en ton sein noir,
avant que je ne tache le nom de mon père
et ne tire de la victoire le plus profond chagrin.

Ouvre tes mâchoires, etc.

Zebul:
Pourquoi mon frère est-il si affligé ?
Pourquoi, dis, as-tu repoussé
de ta fille les tendres compliments,
et l'as-tu rejetée de toi avec un si dur dédain ?

Jephté:
O Zebul, Hamor et toi, ma chère femme,
voyez le plus malheureux des hommes;
précipité du haut d'une joir présomptueuse
dans les plus basses profondeurs du désespoir.
Sachez que je fis un voeu
de sacrifier le premier objet offert à ma vue
en victime au Dieu vivant.
Ma fille, hélas, ce fut ma fille,
et elle prérit.

Storgé:
Péris d'abord, toi et tout l'univers !
Le Ciel nous aurait-il béni
de ce seul gage de notre amour,
cette chère enfant unique,
pour que tu en sois le meurtrier ?
Non, cruel !

Air:
Que d'autres créatures meurent,
ou que ciel, terre, mers et cieux
gisent pêle-même,
avant que dans le sang d'une fille
si belle, si chaste, si bonne,
n'ait trempé la main d'un père.

Que d'autres créatures, etc.

Hamor:
Si telle est tacruelle intention,
vois ! Ton ami s'offre lui-même
en sacrifice volontaire
pour sauver la belle et innocente enfant.

Air:
Que sur moi l'aveugle zèle abusé
déchaîne sa plus sauvage fureur.
C'est être pitoyable que de tuer
là où la vie n'offre plus de joie.

Que sur moi, etc.

Ensemble

Zebul:
Epargne ta fille,

Storgé:
épargne mon enfant,

Hamor:
épargne mon amour.

Jephté:
Mon voeu reste inscrit au Ciel.

Storgé:
Retire ton voeu impie avant qu'il ne soit trop tard.

Jephté:
Je n'entends plus,
son sort funeste est scellé comme le destin !

Hamor, Zebul & Storgé:
Et ne crois pas que le Ciel se plaise
aux rites atroces de Moloch.

Scene 4: Iphis, Storgé, Zebul, Jephté et Hamor, le Choeur des Israélites

[entre Iphis]

Iphis:
Pareilles nouvelles volent vite.
J'ai entendu la triste cause
de tous vos chagrins.
Le Ciel a approuvé
le voeu de mon père:
Jephté a triomphé,
Israël est libre.
Pour des joies si grandes
trop peu est le prix d'une seule pauvre vie.
Mais, ô Ciel, accepte-le,
une victime reconnaissante,
et continue à bénir mon pays,
mes amis et le plus cher des pères !

Air:
Heureux soient-ils ! Au souffle de la vie
avec joie je renonce
et sans murmurer ni chagrin
sombre dans les bras de la mort.

Heureux soient-il !, etc.

Jephté:
Profondément, plus profondément encore,
ta bonté, enfant, perce le coeur saignant d'un père,
et retient la cruelle sentence
sur mes lèvres défaillantes.
Oh ! Laisse-moi la chucoter aux vents furieux,
ou aux déserts hurleurs;
car aux oreilles des hommes elle est trop affreuse.
Pourtant, n'ai-je pas juré ?
Et puis-je croire que le grand Jehovah dorme
comme le fait Kémosh et les autres fausses idoles ?
Ah ! Non ! Le Ciel entendit mes pensées
et les a écrites.
Il le faut.
C'est là ce qui me ravage l'esprit
et lacère mon coeur de coups par milliers
qui me cinglent jusqu'à la folie.
Horrible pensée ! Horrible pensée !
Ma seule fille !
Une enfant si chère, condamnée par son père !
Oui. Le voeu fut fait.
Et Gallad a triomphé de ses ennemis.
donc, demain à l'aube,
demain à l'aube,
je n'en puis plus.

Choeur:
Qu'ils sont obscurs, Seigneur, tes décrets !
Cachés tous à la vue humaine !
Toutes nos joies tournent en peine,
et nos victoires en deuil,
ceomme au jour succède la nuit.
Nous autres mortels
ne connaissons ici-bas
ni félicité sûre
ni paix ferme.
Mais à cette maxime nous devrons souscrire:
Tout ce qui est juste, est juste.

Haut de page


ACTE TROIS

Scene 1: Jephté, Iphis, les Prêtres, un Ange, le Choeur des Israélites

Jephté:
Cache, ô soleil, tes rayons haïs
dans les nuées et les ténèbres
profondes comme la douleur d'un père,
un père qui donne son unique enfant
en retour juré de la victoire & de la paix.

Air:
Emportez-là, ô anges, flottante dans les cieux
loin au-dessus de l'horizon bleu.
Qu'elle y monte, comme vous glorieuse,
et comme vous à jamais y règne.

Emportez-là, etc.

Iphis:
O saint prêtres,
dont jusqu'ici jamais encore les mains
ne furent teintées de saing humain,
pourquoi craindre d'accomplir
de mon père la volonté ?
A l'appel du Ciel humblement je me rends.

Air:
Adieu, sources et eaux limpides,
près fleuris, bois feuillus,
adieu monde affairé où passent
des courtes heures de joie et des années de peine.
Je cherche là-haut des visions plus heureuses
aux contrées de la paix et de l'amour.

Choeur:
Nous voici, ô Seigneur, devannt toi inclinés,
frappés de crainte et de révérence.
Ta très sainte loi nous retient,
mais le voeu nous contraint.
Ecoute notre prière dans notre détresse
et déclare ta volonté.

Symphonie

Ange:
Debout, Jephté, et vous réverends prêtres,
arrêtez la main meurtrière.
Nul voeu ne peut prescrire la loi de Dieu,
ni n'était-ce sa pensée si on le scrute vraiment;
il sera pourtant accompli.
Tu dois, Jephté, vouer ta fille,
non en objet promis au sacrifice
si elle avait été désignée en holocauste à Dieu,
mais à Dieu, pure et vierge à jamais.
Le Saint Esprit qui dicta ton voeu
ordonne qu'il soit ainsi interprété,
et approuve ta foi.

Air:
Tu vivras heureuse, Iphis.
Pour toi le choeur des vierges
accordera la harpe aux cordes d'or
et chaque année rendra son hommage.
Heureuse Iphis,
(pure, angélique, en état virginal)
tu couleras tes jours,
à jamais couronnée de louanges.

Jephté:
A jamais soit béni ton saint nom,
Seigneur Dieu d'Israël !

Choeur:
Sublime objet de louanges sans fin,
tes voies sont justes et droites,
et tes bontés demeurent
toujours constantes, toujours sûres.

Scene 2: Zebul, Storgé, Jephté, Iphis,
le Choeur des Israélites

Zebul:
Laisse-moi me réjouir de cette heureuse tournure,
mon frère honoré, jege d'Israël.
Les nations chanteront ta foi, ton courage,
ta constance et ton honnêteté
et à leur juste louange
joindront tous le nom de ta fille.

Air:
Louez-la, vous toutes, vierges ses compagnes
par les plus beauxxx accents de vos chants joyeux.
Vous, anges bienheureux qui nous entourent,
chantez-la par vos sons les plus mélodieux.
Des vertus qui vous appartiennent,
l'amour et la vérité demandent la louange.

Storgé:
Ah, laisse-moi te prendre dans mes bras,
et, avec une joie soumise, mon enfant,
accepter que ta vie soit louée au Ciel.

Air:
Douce comme l'est la vue à l'aveugle,
la liberté à l'esclave,
une telle joie je trouve en toi,
sauvée de la tombe.
Tu es toujours mienne.
Tel est le décret du bienveillant Ciel
qui a béni tes parents
en te bénissant.

Iphis:
Mon fidèle Hamor, que la Providence,
qui invite ou force notre soumission,
à quelque choix plus heureux te convie.

Ensemble, Iphis, Hamor, Storgé, Jephté & Zebul

Iphis:
Tout ce qui en Hamor est mien
librement au Ciel je donne.

Hamor:
Tout ce qui en Iphis est mien
librement au Ciel je donne.

Iphis:
Obéissant à la volonté suprême,
toujours mon Hamor j'estimerai.

Hamor:
Obéissant à la toute-puissance suprême,
toujours mon Iphis j'adorerai.

Iphis, Hamor, Storgé, Jephté & Zebul:
Des joies triomphantes couronnent tes jours,
et ton nom sera éternellement loué.

Choeur:
Toi, maison de Gallad, d'une seule voix,
réjouis-toi de bienfaits sans nombre.
Libérée du glaive meurtrier de la guerre,
la paix à la ronde répandra son abondance,
tandis que vous marcherez dans la voie de la vertu.
Ainsi sois bénis ceux qui craignent le Seigneur.
Amen.
Alleluia, amen.

Haut de page