Il Parnasso in festa, per li sponsali di Teti e Peleo
Sérénade en III Parties, donnée au
Théâtre du Haymarket à Londres le 13
mars 1734,
à l'occasion du mariage de la Princesse Anne et du
Prince d'Orange
hwv
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Apollon,
mezzo-soprano Choeur
Clio,
soprano
Orphée,
soprano
Calliope,
soprano
Cloris,
alto
Euterpe,
mezzo-soprano
Mars,
basse
Première Partie
Ouverture
Le Parnasse,
avec des sources, des bosquets, des ruisseaux, des grottes,
etc.
Apollon entouré par les Muses, Orphée, Mars, nymphes et
bergers.
Air Clio Choeur Récitatif Apollon Clio Calliope Orphée Cloris Euterpe Mars Apollon Air
(solo et Choeur) Apollon Choeur Récitatif Apollon Air Orphée Air Apollon Choeur Récitatif Clio Air Clio Récitatif Apollon Duo Apollon Clio À
deux Récitatif Clio Air Clio Quelle
est brève, etc. Récitatif Apollon Choeur Air Mars Du
dieu Lyée, etc. Air Apollon Que
chacun donc, etc. Choeur
et Soli Clio Calliope Apollon Choeur Quà
nouveau chacun laisse aller librement
Savantes et belles vierges,
Le dieu blond vous appelle ici.
Courons vite lui obéir,
Mettons notre fierté à le
servir.
Surs, fils chéri,
Et vous, bergères et bergers,
En ce jour, libérez vos voix pour le chant;
Chantons les louanges dun sentiment sacré
Que la foi conjugale forme dans les curs.
Célébrons lhymen
De Thétis et de Pélée
Qui remplit le monde de gloire et despoir.
Moi, traiter de tendres sentiments ?
Moi, de douces amours ?
Cest aux filles de Jupiter
Que revient le premier honneur.
Pourquoi chanter lamour ?
Je me réjouis.
Je suis muet.
Vous navez pas encore commencé ? Que mon
palais
Se transforme en temple du pur amour;
Mon exemple doit venir aiguillonner votre talent.
Ah ! chantez un bel amour,
La plus pure et la plus chaste des ardeurs.
Il semble que même le ciel, joyeux
Déploie devant nous sa belle
clarté.
Oui, lhonneur nous stimule;
Le voici qui enflamme notre cur.
La lyre qui doit la vie au ciel
Déploie devant nous sa belle
clarté.
Mais avant daller plus loin
Sur le chemin des arts,
Adressons des grâces ferventes,
Avec une âme aimante
Et des louanges à notre père le
Tonnant.
Inspire à notre sein une céleste ardeur
Pour chanter un noble amour
Et cest de toi quon fera
léloge.
Grand Tonnant, immense Jupiter,
Tu ébranles le ciel, la terre, la mer
Avec ta main omnipotente,
Tu dispenses les grâces et les foudres;
Immenses sont tes atouts; et tous les hommes
Doivent te redouter et taimer.
Tout notre bien vient de lui,
Il nous fait respirer un air serein;
Il donne les troupeaux, les grains, les fruits, les
fleurs,
Pour consoler notre cur affligé.
Cétait un agréable spectacle, belle
Daphné,
De voir que parmi les troènes et les roses,
Amour avait fait de ton beau visage son trône;
Le dieu blond regarde, contemple, admire
Un paradis condensé dans ton beau visage,
Quand Amour décoche un trait
Depuis ton il ravissant
Et imprime une profonde blessure au cur du
dieu.
Avec un regard séducteur,
Un beau visage blesse le cur;
Un regard sévère
Ne peut faire naître un prompt amour;
Chacun désire être heureux
Avec un plaisir réciproque.
Agréable souvenir,
Daphné, mon cher amour, ma douce vie.
Même les grâces sur ton beau visage
Ont en toi une nouvelle splendeur;
Tout le charme est rassemblé en toi
Pour faire le bonheur dun cur
aimant.
Jamais il na eu son cur libre,
Celui qui a vu tes cheveux dor;
Qui se retournera vers toi
Rendra heureux son cur aimant.
Même les grâces, etc.
Mais de si belles flammes,
Ah, que le souvenir est funeste ! Le destin jaloux
Voulait éteindre leur splendeur;
Il te change en un instant
En laurier, en laurier, oh dieux !
Et toi qui fus nymphe glorieuse,
Tu nes plus aujourdhui quun glorieux
arbre.
Quelle est brève, la jouissance,
Puisque la joie en un moment
Devient une cruelle douleur.
Lhomme ne naît que pour les peines,
Le mal est long, le bien est court,
Et même dans le plaisir, il est
ballotté.
Que loubli engloutisse un souvenir si funeste;
Quune joie calme succède à une sauvage
tempête;
Quamour, paix, contentement,
Vertu, grâces et ris,
Forment un paradis
Dans lâme de ces époux.
Et pour cela, en attendant, joyeux,
Chantons les grands mérites et la gloire de
Bacchus.
Chantons Bacchus en un si joyeux jour,
Puisque la douleur déjà disparaît en
nous.
Du dieu Lyée
La sainte liqueur
Est la gloire et le trophée
De toute âme et tout cur.
Si une sauvage tempête
Nous mène à notre perte,
Lui seul ramène le calme,
Nous conduit au bonheur.
Que chacun donc laisse aller librement
Sa voix, ses pieds, pour la danse et le chant;
Louons, fêtons le dieu sacré
Qui a donné réconfort à
tous.
Que
le cur en fête senflamme donc,
Que lâme se consacre à honorer;
Bacchus a déjà triomphé en nous
Et apporté la joie dans tous les
curs.
Je sens déjà briller le cur,
Joyeux, reconnaissant, tout ardent.
Je sens, au lieu de la souffrance,
La joie, la fête, lallégresse, la
jouissance.
Je sens seulement que mon vouloir
Court au chant, et à un noble plaisir.
Sus donc, élevons nos vux vers le ciel,
Sa joyeuse beauté nous invite,
Il sunit à nous pour exulter,
Lui aussi veut célébrer la
fête.
Sa voix, ses pieds, pour la danse et le chant;
Louons, fêtons le dieu sacré
Qui a donné réconfort à
tous.
Deuxième Partie
Solistes
et Choeur Calliope Euterpe Cloris Clio Choeur Récitatif Apollon Air Apollon Quun
bel éclat, etc. Récitatif Clio Air Clio Quand
il déployait, etc. Récitatif Cloris Choeur Quelle
belle, etc. Air Cloris Par
les sentiers, etc. Choeur Récitatif Calliope Air Calliope Récitatif
accompagné Orphée Solo
et Choeur Orphée Que
votre noble souffrance Choeur Récitatif Apollon Duetto Apollon Clio À
deux Récitatif Apollon Choeur
Je sens dans ma poitrine une certaine ardeur
Qui
veut briller en chantant Orphée.
Quel cur pourrait jamais refuser
De chanter dignement ses louanges.
Lui qui par son chant a su immobiliser
Les
farouches bêtes sauvages
et faire obéir les montagnes.
Lui qui a su apaiser le Tartare,
Il peut mériter notre chant.
Il peut mériter notre chant.
Amphion a bien su bâtir
De nouvelles murailles en chantant;
Orphée a fait se déplacer les monts,
Qui peuvent vaincre de telles murailles.
Quel sombre nuage, Orphée,
Obscurcit le noble calme de ton visage ?
Quun bel éclat revienne
Et éclaire à nouveau ton sein
affligé.
Chassons toute douleur,
Que lâme jouisse de sa
sérénité.
Que chacun me suive et se réjouisse
À chanter les louanges
dOrphée !
Quand il déployait sa voix pour le chant,
Alors, les oiseaux et la brise
Restaient muets pour ladmirer.
À ses doux et plaisants accents,
Les éléments apprenaient
À ne respirer que joie et
allégresse.
Mais nentendrons-nous plus
Que des accents efféminés
Dans le palais dApollon ? Moi,
Je vais suivant lexemple de Diane;
Qui lui voue un culte doit sattacher à son
temple.
Quelle belle gloire
Est celle du chasseur;
Il remporte toujours la victoire
Et jamais nest vaincu par lamour.
Par les sentiers des paisibles forêts,
Je fais la guerre aux bêtes sauvages
Et pourtant, jai toujours au cur la chère
paix;
Je cours de rivage en rivage,
La montagne, la plaine me sont fidèles
Et je ne crains pas les pièges de
lamour.
Quelle belle gloire
Est celle du chasseur !
Quas-tu donc fait, Orphée ?
Pourquoi nas-tu pas réfréné
Lavidité de tes yeux ?
Ne savaistu pas quà côté de
ta joie,
Les larmes se tenaient prêtes ?
Je vois encore les Furies
Qui continuent à tourmenter ton sein;
Mais maintenant, toute douleur est vaine.
Oublie donc ton cher amour:
Ah ! si tes yeux ont été impatients,
Pourquoi ton cur na-t-il pas de
patience ?
Après avoir perdu ma bien aimée,
Mon réconfort serait grand
Si je perdais également
La mémoire funeste;
Mais, ô dieux ! celle-ci reste,
Et qui a été si fortuné en amour
Ne peut être aussi heureux aux champs
Élysées.
Jai perdu ma bien aimée,
Les ombres me tiennent lieu de ciel serein.
Ayez pitié de ma douleur
Sunisse à mon martyre !
Secourez mon cur,
Secourez ma douleur.
Que sunissent à ton martyre
La pitié, la douleur, la souffrance;
Réconforte ton triste cur.
Fils, cher Orphée,
Que ce souvenir funeste
Nafflige pas ton cur;
Au contraire, tu dois être
Plus joyeux et glorieux;
Tu es ce rare exemple
De foi conjugale, modèle damant et
dépoux.
Change ta douleur en joie,
Cesse donc de pleurer:
Ton bel et chaste amour
A su triompher dans Dité.
Quel cur plus fidèle que le tien
Sera le parangon du véritable amour ?
Chacun, joyeux, doit tapporter
Louanges, gloire, honneur.
Les époux descendus de là-haut
Imiteront une telle vertu.
Cortège de Neptune, Tritons mes amis,
Accourez maintenant bien vite avec vos trompes
Pour célébrer avec nous les nobles noces
De Thétis et Pélée.
La mer respectueuse ne doit pas taire
Des souvenirs si chers.
Nous voulons offrir du corail et des perles,
Et un beau zéphyr fidèle sur londe;
Que la mer, la terre, le ciel
Applaudissent un hymen si illustre et si
beau.
Troisième Partie
Sinfonia
Récitatif Mars Choeur
et Solo Choeur Mars Choeur Mars Choeur Récitatif Orphée Air Orphée Dune
source, etc. Récitatif Calliope Air Calliope Récitatif Apollon Choeur
et Solo Apollon Une
belle Iris, une ravissante Aurore Choeur Récitatif Clio Air Clio Que
les Grâces, etc. Récitatif Euterpe Air Euterpe Ils
ont, etc. Récitatif Apollon Solo
et Choeur Apollon Choeur Apollon Choeur Apollon Choeur
Moi qui fus le dieu tutélaire des nobles
aïeux
De ces illustres époux, je viens maintenant
Payer mon tribut à leur glorieuse descendance,
Et annoncer leur avenir.
Mais que des accents guerriers
préludent !
Parlons encore de triompher,
Gloire et amour iront de pair.
Je veux publier leur destin,
Qui veut voir heureux ces nobles époux;
Il est déjà écrit là-haut
Que seule la vertu les accompagnera.
Gloire et amour iront de pair.
Ils sauront engendrer une race de héros
Et réjouir le monde entier.
Parlons encore de triompher,
Gloire et amour iront de pair.
Ô souche glorieuse
En qui le monde fait reposer ses
espérances !
Dune source étincelante,
Un beau ruisseau tire sa splendeur.
Larbre exposé au soleil, riant à chaque
instant,
Produit les plus belles et les plus joyeuses
fleurs.
Un noble cur tire de clairs exemples
Des illustres actions de son géniteur.
Un cur élevé aspire toujours
À surpasser la gloire dautrui;
Mais ce nest que pour faire honneur à ses
aïeux
Quil se contente de les égaler.
Jai entendu les accents des savantes surs,
De mon fils bien aimé,
Et même du dieu guerrier.
Mais vous, pastourelles,
Nymphes, bergers, pourquoi restez-vous silencieux ?
Allons, chantez avec nous, et que ce soit un titre de
gloire
Pour vous, que de chanter ce noble hymen.
Et vous, faunes, ne tardez plus
À distribuer fleurs et fruits;
Vous accompagnent pour la fête.
Accourons sans plus tarder,
Joyeux et prêts à festoyer.
Que ces nobles époux
Vivent dans un bonheur éternel
Pour le confort du monde.
Que les Grâces fleuries
Couronnent leurs vie;
Que le trait de la Parque reste lointain.
Toujours ils donneront par leur vertu
Des exemples de gloire,
Déternelle mémoire.
Quavec un esprit de dévotion,
À de si illustres époux,
Chacun offre avec moi son cur en vu.
Ils ont un esprit héroïque,
Ils ont un visage aimable,
Ils ont des façons amènes
Pour se faire aimer.
En pleine jeunesse,
Ils sont admirés de tous;
Ils aspirent à égaler
La gloire de leurs aïeux.
Un couple si glorieux
Aura la gloire dêtre une belle source
De vertu, de gloire, de piété, de
clémence
Et rendra sa mémoire éternelle.
Une longue lignée de nobles héros
Sortira de ces époux.
Jupiter le veut,
Elle fleurira éternellement.
Jupiter le veut,
Elle fleurira éternellement.
Du couchant aux rivages orientaux,
Sa renommée se répandra.
Jupiter le veut,
Elle fleurira éternellement.
Si Thésée a terrassé des
monstres,
Si Alcide a abattu lHydre,
Aujourdhui le monde
Na plus leur descendance.
Aujourdhui le monde
Ne connaît pas de descendants de ces
fléaux.
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