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pour le Jour de la Fête du Roy de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar musique de: Monsieur De La Pierre, Maître de la Musique de la Chapelle de sa Majesté |
Mlle
Macmaon: Quel doux
Concert se fait entendre !
Quel Spectacle charmant vient s'offrir à nos yeux
!
C'est Apollon, qui va descendre.
Et quel Dieu peut marquer pour un accord si tendre,
Qu'il va paroître dans ces Lieux ?
Apollon,
Mr Mechain: Peuple,
à mes Loix toûjours fidelle, Le
Choeur:
Un tendre soin près de vous me rapelle:
L'Auguste Nom qu'on célébre en ce jour,
De tous les coeurs fait renaître le zéle;
Il doit encore plus ranimer votre amour.
C'est trop long-tems attendre;
Célébrez les Bienfaits
Que votre Roi sur vous ne cesse de répandre;
Mêlés, mêlés vos voix aux voix de
ses Sujets.
Un coeur sensible & tendre
Doit-il ne lui rendre
Que des voeux secrets ?
C'est trop long-tems attendre;
Célébrez ses Bienfaits.
Le timide respect ne peut vous le défendre,
Et l'amour a d'heureux excès.
C'est trop long-tems attendre;
Célébrons les Bienfaits
Que notre Roi sur nous ne cesse de répandre;
Mêlons, mêlons nos voix aux voix de ses
Sujets.
Un coeur sensible & tendre
Doit-il ne lui rendre
Que des voeux secrets ?
C'est trop long-tems attendre;
Célébrons ses Bienfaits.
Le timide respect ne peut nous le défendre,
Et l'amour a d'heureux excès.
Mlle
Macmaon: Tout
l'Univers semble renaître Une
chaleur féconde & vive Les Champs
reprennent leur verdure,
Pour honorer cet heureux jour.
Printems, pour plaire à nôtre Maître
Tu précipites ton retour.
S'épand dans le vague des Airs;
Flore revient sur cette Rive;
Tout s'embellit dans l'Univers.
L'Astre du Jour de nouveaux feux;
Et ce réveil de la nature
Est celui des ris & des Jeux.
Récitatif,
Apollon, Mr Mechain: Un
funeste décrêt, suivi par les Dieux
même, Air: Hâtés-vous,
&c.
Soûmet l'éclat du Diadême
Au partage inégal & des Biens & des maux.
Peuples, ne craignés rien; votre nouvel Alcide
Toûjours dans l'Orage intrêpide,
Dans le Calme est toûjours
Héros.
Hâtés-vous; volés à la
gloire,
Nobles coeurs, bravés les frimats,
Bravés la Foudre & ses éclats;
Courés, courés; volés à la
Victoire.
Ne craignés dans les combats
Ni les fers, ni le trepas.
Courés, courés; volés à la
Victoire;
Mais dans ses bras
Ne vous endormés pas.
La gloire & l'amour ont leurs chaînes;
L'amour ne veut que d'aimables loisirs;
Et quand la gloire enflamme les désirs,
Ah ! ce n'est point assez de triompher des peines;
Il faut encor triompher des plaisirs.
Récitatif,
Mr Cuignier: La
Discorde aux Mortels vient déclarer la Guerre; Air Vertueux
& prudent Ulysse,
L'Enfer qui la vomit redoute son courroux,
Tandis que lui-même jaloux
Il l'excite à troubler le repos de la Terre.
Aux bords de la Vistule éclate son tonnerre.
La mort, à la lueur de ses tristes flambeaux,
S'ouvrent mille chemins nouveaux;
Sur des aîles de feu portée,
Elle vole, elle fuit la Déesse irritée,
Et moissonne tout sous sa faux.
Mais notre Roy tranquille au milieu des allarmes
Brave ces projets obstinés;
Et le Ciel qui l'arrache à la fureur des Armes
Leur dérobe des jours qui nous sont
destinés.
Une Divinité propice
Dès le berceau conduit vos pas.
En vain la foudre étincelante,
Et la tempête désolante
De l'Airain qui s'éléve & retombe en
éclats,
Seme autour de vous l'épouvante,
Et vous menace du trépas.
Je vois à vos côtés Minerve;
Son heureux secours vous préserve
Des pieges que vous tend un orguëil insensé,
Et des malheurs que vous reserve
La haine injuste de Circé.
Air,
Mlle Framboisier Aux
tendres pleurs de Penelope
Le bonheur d'Ulysse étoit dû;
A ses vertus, aux désirs de l'Europe
Ulysse est enfin rendu.
Duo,
Mlle Framboisier & Mr
Cuignier GRAND ROY,
que désormais vos tranquilles années
Coulent dans d'aimables loisirs;
Et que malgré les destinées
Leur nombre égale nos désirs.
Ariette,
Mlle Macmaon Que les
plaisirs suivent toûjours les graces Que les
plaisirs, &c.
Qui regnent dans ce Palais.
De Titus j'y revois les traces;
Que la joye & la paix
Soient à jamais
Le fruit de ses Bienfaits.
A nos voeux rien n'est contraire
Que ce qui fait la gloire & le bonheur des Rois:
Le désir de lui plaire
Balance le plaisir d'obéïr à ses
Loix.
Ariette,
Mlle Framboisier Tendre
& vive reconnoissance,
Il en est tems, éclate & brille en nos
Concerts.
Que nos voix pénêtrent les Airs.
Accourés, accourés; venés, Peuples
divers,
Venés, faisons voler sa Gloire & sa
Clémence
Jusqu'aux deux bouts de l'Univers.
Le
Choeur Triomphe,
Victoire,
Quel sort plein de gloire !
Un ROY sage régne sur nous.
Fieres Trompetes,
Tendres Musetes,
Réveillés-vous.
Que sur la Terre & l'Onde
A nos voix tout réponde;
Soyons jaloux
D'un sort si doux.