Adriano
Banchieri
Festino
della sera del Giovedi Grasso avanti
Cena
Divertissement
au soir du Jeudi Gras avant le repas
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Le Plaisir
Moderne, racontant sur un mode plaisant aux
invités du Divertissement:
Vous remerciant, très aimables invités,
de me retrouver avec vous pour jouir de ce
divertissement,
je passais la porte dentrée pour monter les
escaliers
(écoutez cette histoire extravagante)
lorsque se présenta à moi un vieil homme
vêtu de cette façon:
un bonnet à bouillir les légumes verts, une
barbe rare,
une robe de maître décole,
encombré dune pile de paperasses
jaunies partant de son dos et allant jusquà son
épaule gauche,
et qui me parla ainsi:
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"Arrête,
O Plaisir, tu nes pas attendu en ces lieux car
lauteur na pas voulu me prendre comme
Maître de musique que, moi, appelé Rigueur par
tous les théoriciens savants qui vont si ouvertement
contre les genres chromatique et harmonique qui donnent
à la vraie musique son harmonie et son
équilibre. Il utilise au contraire des intervalles
durs, grossiers, écrits diatoniquement à
lencontre du bon sens. Pour cela (si tu es
réellement le Plaisir) repars, car tu nas pas
ta place ici"
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Après
avoir écouté cet impertinent non-sens, le
regardant fixement je lui répliquais (comme on dit)
sans détour:
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"En
vérité, je suis le Plaisir, mais le Plaisir
Moderne, pour cela sache que si lauteur (qui, je peux
le dire, est devant toi) na pas voulu observer
à la lettre tes paperasses, il prétend avoir
très bien fait, et tu voudrais insinuer, avec tes
sophismes et tes subtilités, que les compositeurs
modernes devraient pratiquer ces deux antiquités !
Regarde les peintres, et les poètes, écoute
des musiciens, ne ressent-on pas un très grand
plaisir dans leurs inventions modernes ? Dis-moi, qui
shabille ou parle comme toi actuellement ? Oh, il te
surprendrait de découvrir quaujourdhui
sur cent personnes intelligentes, quatre-vingt dix sont
daccord avec cette grande maxime: Toutes les
nouveautés plaisent et en particulier chez les
compositeurs de musique qui ont pour but le plaisir
dautrui, tout comme lorateur celui de sa
persuasion. Ainsi je vous conseille de vendre vos vieux
papiers à un épicier, ils ferons une semaine
plus tard une excellente saumure pour les sardines, les
thons, les harengs et le caviar"
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Il
sapprêtait à me faire une réponse
impertinente quand jeus linspiration de lui
répliquer sur une kyrielle de notes noires: O quel
Na, Na, Nas... Nase. Rapidement je montais en courant les
marches et me voici, Messires, pour vous apporter ce qui
avait été promis dans la Barque de Venise
à Padoue, le précédent Second Livre de
Madrigaux à cinq voix, avec ladage bien connu:
Toute promesse doit être tenue...
Messires, je dois vous laisser avec cette cadence finale
quil faut chanter joyeusement avec le titre
apposé sous chaque chant, ce qui sera (sans ajouter
autre chose) un entraînement apéritif pour tout
le monde.
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Le
Plaisir Moderne en Introduction
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Le
Plaisir Moderne invite chacun à une uvre
agréable et joyeuse
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Celui qui
veut avoir
le divertissement et le plaisir
pendant un petit moment,
quil vienne au festin.
Jeunes
amants,
en musique et en chants,
jeunes amoureuses
entrez avec eux.
Avant le
dîner,
venant de jeunes gens dexcellente humeur,
vous entendrez des plaisanteries osées et
plaisantes
Il y aura des badinages, des ballades
avec des
mascarades, des pauses, des soupirs ardents
On y aura des fêtes,
de lallégresse
et de la joie.
Nous vous
redisons:
Celui qui veut avoir
le divertissement et le plaisir
pendant un petit moment,
quil vienne au festin.
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Ballade
des Vieux de l' Île de Chiogga
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Le
gondolier, son compère et Pantalon chantent le ballet
du barbon Jandon
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-
Maintenant que nous sommes venus à ce festin,
dansons et sautons un petit ballet;
-
Commence, mon compère !
- Mon
catarrhe me travaille !
-
Commence, gondolier !
- Ma
culotte tombe !
-
Commence, Pantalon !
- Mon cor
me fait souffrir
- Au
diable ! Au diable ! Au diable !
ce catarrhe, cette culotte, ce cor ?
- le
barbon de Simon et le barbon de Giandon.
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Une
vieille fille chante un très beau poème de
huit accompagnée dune guimbarde et dune
lyre
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Guimbarde:
Bio biri beu ba bi bio bi bio biri bio ba beu bi
bio
Lyre:
Li liron liron liron li li liron
La
cantatrice Zitella:
Chacun me dit que je suis si jolie
que je parais être la fille dun
noble.
Guimbarde;
Lyre: (Ritournelle)
La
cantatrice:
Celui-ci me compare à létoile Diane,
lautre au petit Cupidon
Guimbarde;
Lyre: (Ritournelle)
La
cantatrice
La campagne entière parle toujours de moi
car je porte au front la fleur de la
beauté
Guimbarde;
Lyre: (Ritournelle)
La
cantatrice
Hier matin un jeune homme ma dit:
pourquoi nai-je pas pareille puce dans mon lit
?
Guimbarde;
Lyre: (Ritournelle)
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Suite
de la même Mascuarade
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Les
jeunes filles, unies sur ce beau sujet, vous exhorte
à recevoir Cupidon dans votre
cur
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Que celui
qui cherche le plaisir extrême
suive le jeune Cupidon et le serve.
Celui qui désire la joie
doit savoir que Cupidon ne se trouve
pas dans un cur qui naime pas. Il nen
ressent
pas la douceur si son cur naime pas.
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Madrigal
pour un doux rossignol
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Les
paysannes, toutes gracieuse et belles, chantent un madrigal
avant de partir
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Doux
rossignol,
toi qui sur les vertes ramures
réclame toute la nuit ta compagne et qui,
avec des accents suaves,
exhale tes doux tourments,
moi aussi, dans les plus grandes souffrances qui
agitent mes pensées, je soupire après ma
Chloris,
de laquelle je vis loin,
loin des plaisirs et privé de toute douceur.
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Ils
entrent dans le festin tous ensemble avec un luth imitant
lépinette
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Tronc
tronc trone tronc
di rin din din din
Troc troc io ron tron ton
di ri den den den.
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Danse
Mauresque des Amants
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Les
instruments sarrêtent, et avec plaisir, les
amants, en chantant, dansent le Spagnoletto
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Nous
sommes ici pour donner du plaisir
en dansant le Spagnoletto.
Tous les jeunes amoureux,
debout sur vos jambes, soyez lestes et gracieux.
Levez-vous,
baissez-vous !
Très bien ! Cu cu ru cu.
Vive
Cupidon avec son arc et ses flèches,
son carquois, sa corde et ses ailes.
Vive Venus, qui laccompagne,
et celui qui reconnaît son empire.
Levez-vous,
baissez-vous.
Bonsoir, fa la la la !
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Les
Amants chantent un Madrigal
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La
danse se termine et pour se reposer on chante un madrigal
ingénieux
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Je
brûle, oui, mais je ne taime pas,
fille perfide et sans pitié,
indignement aimée
par un amant si fidèle
alors que tu te vantes de mon amour.
Tu ne te
vanteras plus de mon amour
maintenant que mon cur est libre.
Et si je brûle se sera par dédain et non par
amour.
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Les
Amants chantent une Chansonnette
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Ô
que le madrigal a plu ! pour finir on chante quelque chose
de distingué
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- Belle
Olympie, je pars,
et mon cur, très constant, te reste,
au revoir vie de ma vie,
mon départ mest trop cruel.
- Et
pourtant tu ten vas et tu me laisses,
ingrat et cruel Bireno;
et moi je reste seule ici sur le rivage,
qui mapportera de laide? Qui me consolera
?
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La
Tante Bernardina raconte une Histoire
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Écoutons
maintenant un conte de la Pie, une histoire drôle et
sérieuse
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-
Nayant pour linstant aucun retard,
Tante Bernardina, pour honorer une si belle
compagnie, va nous dire une histoire
- Je la
raconterai sans me faire prier:
maintenant silence et écoutez-moi !
- Oui,
Oui, silence !
- Taisez-vous ! Taisez-vous !
- Olà, taisez-vous !
- On
raconte quautrefois il y avait une
boulangère
qui avait une petite pie...
- Et alors
? Continuez !
- Oh, quel délice !
- Et cette petite pie avait eu le filet si bien
coupé...
- Bon
!
- Ah !
- Et alors ?
- Bien !
-
..quelle parlait comme un petit enfant.
- Et alors
?
- Eh bien ?
- Que disait-elle ?
- De quoi parlait-elle ?
- Elle
disait: Vilaine truie, vilaine truie,
fais-moi de la tarte, fais-moi de la soupe qua qua
qua...
-
Hé hé hé !
- Ho ho ho !
- Ha ha ha !
- Qui donc ne rirait pas ?
- Et alors ?
- Eh bien ?
- Quest-il arrivé ?
- Poursuivez !
- Il
arriva quun jour en mangeant
sa soupe la cage tomba et se brisa...
- Et
quest devenue la petite pie ?
- Un étron dans votre bouche !
- Bien fait! Elle vous a bien eus !
- Maintenant soyons attentif à cette petite
fantaisie.
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Fantaisie
pour trois voix
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Maintenant
on écoute une plaisanterie agréable de
certains Écervelés qui arrivent dans la
précipitation
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Nobles
spectateurs,
vous entendrez maintenant quatre plaisantins:
un chien, un chat, un coucou et un grand-duc, qui, par
plaisanterie, vous improviserons un contrepoint sur une
basse.
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Contrepoint
Animal Improvisé
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Un
chien, un chat, un coucou et un grand-duc, qui, par
plaisanterie, vous improvisent un contre-point sur une
basse
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Le
grand-duc ou la chouette:
Fa la la la
Le
coucou:
Fa la la la
Le
chat:
Fa la la la
Le
chien:
Fa la la la
Le
coucou:
Coucou, coucou !
Le
grand-duc:
Hou hou !
Le
chat:
Miaou miaou !
Le
chien:
Ouah ouah !
La
basse:
Aucune confiance dans les bossus,
qui sont comme les boiteux,
si la croûte extérieure est bonne,
consignez-le dans les annales.
Tous:
Fa la la la !
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Les
Écervelés chantent un Madrigal
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Oh,
quel contrepoint animal naturel ! Maintenant écoutons
un madrigal sérieux
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Tes
cheveux légers et dorés
étaient solidement attachés
et liés à cette âme en sorte
que sous le voile blanc ils étaient
réunis et fixés par mille
nuds.
Maintenant
ils forment une armature dorée
fixée sur ce grand arc du front
et deviennent comme des flèches
qui percent mon cur,
avec une telle tendresse
que je me réjouis de leur blessure.
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Intermède
des Vendeurs de Fuseaux
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Au
départ des animaux succède un intermède
léger des vendeurs de fuseaux
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- Qui veut
filer ?
Belles dames, achetez des fuseaux,
car les quenouilles sont bon marché.
- Qui veut
filer, mesdames, voici des fuseaux
en chêne blanc, en érable ou en
châtaignier; tournez-les
dans votre main comme vous le faites habituellement
vous les trouverez solides, rapides et stables
- Vous en
aurez quatre en solde, oh, la belle affaire !
-
Mesdames, achetez des fuseaux !
car les quenouilles sont bon marché
- Des
fuseaux solides, blancs et qui ne sont pas tordus
!
-
Sachez-le, certes, nous ne faisons pas de profit;
ils tournent rondement, de sorte que vos maris ne
pourront pas dire que cest vous qui les avez tordus
!
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Les
Vendeurs de Fuseaux chantent un Madrigal
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Les
marchands partent en chantant un madrigal plaisant à
écouter
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Heureux
est celui qui vous voit, mais
plus heureux encore est celui qui soupire après
vous.
Toutefois le plus heureux sera celui qui,
en soupirant, vous fera soupirer.
Oh, bonne
étoile favorable,
qui sous les traits dune dame si belle, peut
rendre heureux à la fois par les yeux et par le
désir
et qui peut dire avec certitude: ce cur est à
moi !
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- Pour
continuer le divertissement,
belles dames, en ce lieu, venez faire un jeu.
- Nous
sommes tous entièrement daccord:
vous commencez et nous, nous vous suivront.
- Allons,
faisons-en un bon
et voyons qui en trouvera un.
- Quel
sera ce jeu ?
Dépêchons-nous, allons, vite !
- Je dirai
rapidement quatre vers:
vous les répéterez sans vous
tromper.
-
Dites-les, nous sommes prêts
à répondre, vite !
- Sur le
pont près dune fontaine
se tenait un comte;
le pont tombe dans la fontaine et le comte
se rompt le cou.
- Vous
allez trop vite !
Plus doucement sil vous plaît.
- Sur le
pont près dune fontaine
se tenait un comte;
le pont tombe dans la fontaine et le comte
se rompt le cou.
- Sur le
pont près du comte
se tenait un pont;
- Non,
vous êtes trompés.
Vous avez un gage !
- Sur la
fontaine un comte du pont
- Un gage
!
la
cloche:
- Don !
- Et un...
la
cloche:
- Don !
- Et deux...
la
cloche:
- Don !
- Et trois.
- Il est trois heures sonnées !
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|
Sur une
voix très criarde et asinienne on entend un bel air
dans le style dun charcutier
|
|
O, o,
o
to no no no !
Constatant
quil ny a plus de mascarades,
il serait bien que nous allions dîner,
O, o,
o
Il est
déjà trois heures bien sonnées
portons-nous-y avec bonne humeur.
O, o,
o
Lavons-nous
les mains car les salades
sont apprêtées et mélangées
à la viande.
O, o,
o
Voici la
table, chantons pendant un petit instant:
Vive, vive le beau festin !
O, o,
o
|
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Scène
de Toasts et de Réflexion
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Le
Cantus, le Falsetto, lAlto, le Ténor et la
Basse. Ils passent un bon moment en buvant avec le
cantinier
|
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- Un
toast!
A la Basse, au Cantus et à lAlto, avec le
Falsetto
- Quel est
ce vin Maître Covello ?
- Celui
qui est devant nous est du Clairet
- Clairet,
du bon clairet, je téclaircis
maintenant: je me fais une raison
(Ici le
Cantus boit et ne chante plus jusquà la fin des
applaudissements)
- A ta
santé ! A ta santé !
- Un toast
!
A la basse avec le Falsett, et le Contralto
- Quel est
ce vin, cantinier ?
- Celui
qui est devant nous est du Versiero
-
Versiero, bon versiero,
je te vide maintenant: je me fais une raison
(Ici le
Falsetto boit et ne chante plus jusquà la fin
des applaudissements)
- A ta
santé ! A ta santé !
- Un toast
!
A la basse avec le Contralto, joyeux compagnons.
- Quel est
ce vin, compagnon ?
- Celui
qui est devant vous est du vin à trinquer.
- Vin
à trinquer, bon vin à trinquer,
voilà, je te porte un toast: je me fais une raison.
(Ici le
Contralto boit et ne chante plus jusquà la fin
des applaudissements)
- A ta
santé ! A ta santé !
- Un toast
!
A la basse, galant homme et joyeux compagnon.
- Quel est
ce vin, maître machin-truc ?
- Celui
qui est devant vous est du cordiale.
- O doux
cordiale,
entre en moi maintenant.
- Un toast
!
un toast pour toute la compagnie.
(Ici le
basso boit dun coup. Applaudissement)
- Que
dites-vous de ce vin ?
- Il est
bon, ma foi, cantinier.
Grand-merci cantinier, grand-merci !
Il est bon, ma foi.
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Propos
de Lourdauds, mais Drôles
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Oh
quels idiots, quels écervelés, est-ce le
moment de vendre des allumettes ?
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- Vieux
habits ! Vieux habits !
- Vieux
habits et vieilles chaussures !
-
Allumettes !
-
Mesdames, des allumettes !
-
Allumettes ! Allumettes, mesdames !
- Nous
échangeons
les vieilles chaussures,
les verres cassés,
les fonds de barriques
contre des oignons et de lail,
du pain et du fromage.
Et si quelquun veut payer en liquide
nous lui donnerons trois bottes pour un sou.
- Vieux
habits ! Vieux habits !
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Le
Plaisir Moderne prend congé et vous
réinvite
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Le
plaisir moderne, en joyeuse humeur, vous promet du
divertissement pendant et après le
repas
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Celui qui
désire
de nouveaux plaisirs,
je linvite à nouveau
à la joyeuse réunion !
Jeunes
amants
agiles et galants;
jeunes filles amoureuses,
repartez avec eux !
Je vous le
dis sans détours,
nous ne vous invitons pas
à notre table
car nous sommes trop nombreux.
Vous
entendrez des chanteurs
donnant libre cours à leurs ardeurs,
dans un style nouveau
agréable et beau.
Maintenant
allez
et soyez heureux !
Je veux finir
en vous redisant:
Celui
qui désire... etc
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