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Index des Compositeurs

 

André Campra

 

Cantates Françoises pour voix seulle

avec Simphonie & sans Simphonie.
Livre Troisiéme, 1728

 

 

 

A Monsieur Pajot, Comte d'Ons-En-Bray,
Intendant general des Courriers, Postes & Relays de France.
De l'Academie Royale des Sciences.

Monsieur,

L'amour & le gout que vous avez marqué dés votre enfance pour les Sciences & les beaux Arts, vous ont attiré l'estime de tous ceux qui se consacrent à les cultiver. Le plus illustre Corps de Sçavans qui soit en Europe, vous a reçu, & se fait honneur de vous posseder. Vous ne vous bornez pas à aimer les Sciences: vous n'epargnez rien de ce qui peut conduire à leur perfection. Vous prenez soin de rassembler les Monumens les plus curieux, qui charment presentement nos regards, & préparent de la surprise & des instructions à la posterité: mais il n'appartient pas à un homme uniquement destiné à la composition de la Musique, d'entreprendre l'éloge de tous vos talens. Je me borneray à ce qui regarde mon Art. Je suis charmé, MONSIEUR, de trouver l'occasion favorable, en vous offrant un de mes derniers ouvrages, de declarer hautement au Public, que malgré l'experience que j'ai depuis tant d'années, j'ai trouvé encore auprés de vous ce qui pouvoit le rendre plus exact & plus parfait. Ce n'est pas la seule grace dont je devrois vous marquer ma reconnoissance; mais tout le monde sçait, MONSIEUR, qu'en cherchant à obliger, vous imposez silence à ceux qui veulent vous faire des remerciemens. Je me bornerai donc à vous aßurer de mon profond respect, & de l'attachement inviolable avec lequel je suis,

Monsieur,

Votre tres-humble & tres-obeïssant Serviteur,
Campra

 

 

L'Heureux Moment
L
es Caprices de l'Amour
L
a Colere d'Achille
L
es Plaisirs de la Campagne
L
e Papillon
L
e Jaloux
L
e Lis & la Rose

 

 

L'Heureux Moment

 

Récitatif

Epris depuis long-temps des atraits de Thémire,
L'infortuné Daphnis languissoit vainement,
Insensible aux soûpirs de ce fidel Amant,
Thémire sans pitié regardoit son martire;
Le Berger chaque jour par les plus tendres chants
Se plaignoit aux Echos de la Langueur Secrette,
Et joignit aux accords de sa tendre Musette
Ces malheureux accens.

 

Air

Thémire méprise mes vœux,
De mes soûpirs elle s'offense,
Et moins elle flatte mes feux,
Plus j'en ressens la violence.

Sans espoir, tout prêt de mourir
Je chéris le poids de ma chaine;
Mon tendre cœur crainte de guerir,
Du cruel excés de ses peines.

Thémire méprise mes vœux, &c.

 

 

Récitatif

Mais, qui peut de l'Amour braver les traits vainqueurs ?
Prés des lieux ou Daphnis déploroit ses malheurs,
Un jour le sort propice avoit conduit Thémire,
Cachée aux yeux du Berger malheureux
Elle prête l'oreille a ses chants amoureux.
Sa fierté parle en vain, contre elle tout conspire,
Dieux ! Quel trouble secret s'éleve dans son cœur:
Un tendre mouvement, succede à sa froideur,
En vain elle veut fuir le charme qui l'attire.

 

Ariette

Un cœur qu'Amour veut enflamer,
Se flatte en vain de se deffendre,
Quand il commence à s'allarmer,
Il s'est déjà laissé surprendre.

Contre un ennemi qui nous plait
La raison a de foibles armes:
La resistance qu'on luy fait
Luy prête encor de nouveaux charmes.

Un cœur qu'Amour veut enflamer, &c.

 

 

Récitatif

Tandis que la Bergere a sa naissante ardeur,
Oppose encor une fierté mourante,
Le Berger l'aperçoit, est-ce une vaine erreur ?
Quel Dieu, dit il, a mes yeux vous presente ?
Venez vous soulager l'exces de mon tourment,
Ou voir mourir d'amour un malheureux Amant !
Attendrie a ces mots la Bergere soûpire.
Ta constance, dit elle, a vaincu ma rigueur,
C'en est fait, cher Daphnis, tu regnes dans mon cœur;
Je cede aux doux transports qu'Amour pour toi m'inspire,
Si ma fierté fit ton Martire,
Ma tendresse a son tour va faire ton bonheur.

 

Ariette

En vain une beauté cruelle
Resiste a l'ardeur d'un Amant,
Qui sçait profiter du moment
Triomphe de la plus rebelle.

Souvent un destin rigoureux
Nous soumet a des inhumaines,
Mais, pour payer toutes nos peines,
Il ne faut qu'un moment heureux.

En vain une beauté cruelle, &c.

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Les Caprices de l'Amour

 

Récitatif

Insensible aux soûpirs de l'aimable Aricie,
Le Berger Coridon pour la fiere Silvie
Bruloit depuis long tems d'une inutile ardeur:
Sort cruel, disoit il, dans sa douleur extreme,
Mon amour est payé d'une injuste rigueur;
Tandis qu'Ingrat malgré moi même,
A qui brule pour moy je refuse mon cœur.

 

Air

Cruel Amour, sous ton Empire,
N'est-il point de plaisirs parfaits ?
Quand tu me combles de bien faits,
Pourquoy faut-il que je soûpire.

Ta main fatale au gré du sort,
Unit nos cœurs, ou les seprare,
Et rarement ton choix bizarre,
Avec la raison est d'accord.

Cruel Amour, &c.

 

 

Récitatif

C'est peu pour Coridon de n'être point aimé.
Cette fiere beauté dans son cœur est charmé
A son tour brule en vain pour le jeune Silvandre.
Sort affreux ! Desespoir fatal !
L'Infortuné Berger voit sa Bergere tendre,
Mais, c'est en faveur d'un Rival,
Qui luy ravit son cœur sans y pretendre.

 

Air

Cruel Tyran, de tes rigueurs
Reconnois enfin l'injustice.
Est-ce a toy de punir nos cœurs,
Des maux que cause ton caprice !

Tu te plais a voir nos tourmens,
Ils ne sont jamais legitimes:
Pour exercer tes chatimens,
Tu rends coupables tes victimes.

Cruel Tyran, &c.

 

 

Récitatif

Jamais de la raison tu ne connus la voix,
L'aveuglement est ton partage,
Les cœurs qui vient sous tes loix,
Eprouvent les horreurs d'une eternelle rage.
Les flots de l'Ocean, ou les Vents irritez
Forment a chaque instant des tempêtes nouvelles,
Sont mille fois moins agitez,
Que les tristes joüets de tes flames cruelles.

 

Air

Amour, tes plus vives allarmes,
De ton aveuglement sont l'effet dangereux,
Tu rendrois les Amans heureux,
Si le hazard, sans choix ne guidoit point tes armes.

Contre tes traits, et ton flambeau,
Les Amans, sans raison murmurent,
Toutes les peines qu'ils endurent,
Sont les crimes de ton bandeau.

Amour, tes plus vives allarmes, &c.

 

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La Colere d'Achille

 

Bruits de Guerre: violons, trompettes ou hautbois

Sur les bords Phrigiens, quelle horreur ! Quel carnage !
Parmi ces bruits guerriers, quels cris frapent les airs ?
Des Troyens & des Grecs, Mars échaufe le naufrage !
De morts, & de mourants, tous les champs sont couverts. !
Le Scamandre effrayé, pour fuit au fon des Mers ,
Ne s'ouvre qu'à peine un passage.

Les Troyens sont vainqueurs: les Grecs pour leurs vaisseaux,
Fremissent d'epouvante;
Hector les suit, les presse, & jusques sur les Eaux,
Porte la flame devorante.

 

Air de Triomphe: instrumental

 

 

Récitatif

Achile est-il oisif en ces momens affreux ?
Privé de Briseïs ce Heros invincible,
Venge par son repos le malheur de ses feux;
Et s'aplaudit ainsi d'un peril si terrible.

 

Air

Vengeance, doux plaisir des Dieux,
Console ma jalouse rage,
Que de flots de sang a mes yeux,
Roulent sur ce fatal rivage.

Avec un Rival odieux,
Que la Grece entiere perisse,
Au cœur d'Achile furieux,
Tu dois un plus grand sacrifice.

Vengeance, doux plaisir des Dieux, &c.

 

 

Récitatif

A quel affreux transport il se laisse entrainer !
Triste destin de la grandeur supreme !
Tout se tait devant luy, ses chefs, Patrocle même
Dans son êgarement n'osent le condamner.

 

Récitatif accompagné

Mais quels accords touchans sur les humides plaines !
Les bruyans Aquilons suspendant leurs haleines !
L'Onde s'abaisse, s'ouvre, et la sage Thetis,
Vient calmer par ces morts le courroux de son Fils.

 

Récitatif

Achille, a tant de violence,
Pour un frivole amour peut-il s'abandonner ?
Rends toy semblable aux Dieux dont tu tiens la naissance,
Maître de punir un offense,
Mets ta gloire a la pardonner.

 

Ariette

Un Heros qui n'est que terrible,
Voit bientôt ses lauriers fletris,
S'il veut toujours être inflexible,
De sa gloire il perd tout le prix.

Lorsque dans l'horreur de la Guerre,
Il a fait trembler les Mortels,
Sa clemence doit sur la Terre,
Lui faire élever des Autels.

Un Heros qui n'est que terrible, &c.

 

 

Récitatif

Achille alors reprend l'Empire de son ame,
Cruel Amour, dit-il, cesse de m'arreter !
Honteux de ma fatale flame,
Des plus cuisans remords je me sens agité.
Que de Grecs descendus sur les Rivages sombres,
De leur funeste sort ont droit de m'acuser !

 

Récitatif accompagné

J'entens autour de moi gemir leurs tristes Ombres,
Tremble Hector, c'est on sang qui va les apaiser.

 

Récitatif

A ces mots, il s'arme, il s'empresse,
Et des Troyens vainqueurs il court venger la Grece.

 

Ariette

Amour, lorsqu'un Heros se soumet à tes loix,
N'abuse point de ta victoire,
Loin de ternir l'éclat de ses Exploits,
Devien la source de sa gloire.

Qu'un cœur embrasé de tes feux,
Dans les perils soit invincible,
Qu'il suffise d'etre amoureux,
Pour ne trouver rien d'impossible.

Amour, lorsqu'un Heros se soumet à tes loix, &c.

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Les Plaisirs de la Campagne

 

Air

Que vous m'offrez d'attraits agreables retraites ?
Les superbes Palais sont moins charmans que vous.
Les Dieux, semblent vous avoir faites,
Pour combler nos vœux les plus doux.

Loin du tumulte & des allarmes,
Seules vous renfermez les Solides Plaisirs:
Puisse a jamais la douceur de vos charmes,
Borner nos innocens desirs.

Que vous m'offrez d'attraits agreables retraites ?, &c.

 

 

Ariette

Vole, d'une aile legere,
Les fleurs naitront sous ses pas,
Vole Amour, quitte Cythere,
Ces lieux t'offrent plus d'apas.

Que dans ces vertes prairies,
Tout s'enflame de tes feux,
Que sur ces rives fleuries,
Tous les Amans soient heureux.

Vole, d'une aile legere, &c.

 

Récitatif

Tout enchante en ces lieux,
Ces Bois, cette Verdure,
Ce calme heureux, cette Onde qui murmure,
Les doux concerts des Oiseaux.
Je vois par tout des Bergers, des Bergeres,
Former sur le Gazon mille danses legeres,
Au son des tendres chalumeaux.
Pour contempler leurs Jeux, Les Faunes, les Driades,
Les folatres Sylvains, les timaides Nayades
Sortent des forets & des Eaux.

 

Air

Chantez, doux Rossignols, chantez,
Aprenez aux cœurs sans tendresse,
Tous les plaisirs que vous goutez,
Quand de ses traits l'Amour vous blesse.

Coulez, charmans Ruisseaux,
Arrosez cette aimable plaine.
Heureux, qui peut comme vos Eaux,
Suivre le penchant qui l'entraine.

Chantez, doux Rossignols, chantez, &c.

 

 

Récitatif

Icy, Cerés repand ses thresors precieux,
Pomone de ses dons nous offres les premices,
La brillante Flore a nos yeux,
Presente chaque jour de nouvelles delices.
Aprés avoir orné nos fertiles coteaux,
Bacchus d'un doux Nactar enrichit nos tonneaux,
Et l'Automne en ces lieux rassemble autour des belles,
Tous les jeunes Bergers des Hameaux d'alentour;
On ne voit point dans ce sejour,
D'Indifferens, ny de Cruelles,
Tout suit les Loix du tendre Amour.

 

Air de Musette

Doux Echos, de nos Musettes,
Repetez les tendres sons,
Et que les douceurs parfaites,
Des biens dont nous joüissons,
Soient toujours dans ces retraittes
Le Sujet de nos chansons.

Que ces lieux sont favorables,
Aux feux des Amans discrets;
Ces aziles secourables,
Ces bois, ce feuillage epais,
A des regards d'implacables
Cachent leurs plaisirs secrets.

Doux Echos, &c.

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Le Papillon

 

Récitatif

Dans ces Jardins charmans ou la riante Flore
Se plait a rassembler les plus vives couleurs,
Je previens chaque jour le lever de l'Aurore,
Pour caresser les plus brillantes fleurs,
Que ses larmes ont fait éclorre.

 

Ariette

Aussi leger que les Zephirs,
Je vole où la beauté m'apelle,
Et c'est toujours la plus nouvelle
Qui fait l'objet de mes desirs.

Du Lis la blancheur éclatante
A l'oeillet dispute mon cœur,
Du thin j'idolatre l'odeur,
La Rose vermeille m'enchante.

Aussi leger que les Zephirs, &c.

 

 

Récitatif

Ennemi de l'indifference,
Je ne puis sans aimer voir un Objet charmant,
Mais, par ton secours favorable inconstance,
Que je suis heureux en aimant.

 

Ariette

Heureux qui partage
Ses soins & ses feux,
Le doux badinage,
Les Ris & les Jeux,
D'un Amant volage
Previennent les vœux.

Qu'un cœur qui veut plaire,
Suive les Amour:
Leur Troupe legere
Voltige toujours,
Et jamais Cithere
N'a borné leur cours.

Heureux qui partage, &c.

 

 

Récitatif

Ainsi du tendre Amour ignorant les allarmes,
Je goute ses plaisirs, sans souffrir ses tourmens:
Voulez vous comme moi n'éprouver que ses charmes,
Devenés Papillon, trop fidelles Amans.

 

Ariette

Volez, que rien ne vous arrête,
Que rien ne fixe vos soûpirs,
Et pour trouver les vrais plaisirs,
Passez de conquete en conquete.

Si les Amours a la Beauté
Doivent leur triomphe & leur gloire,
La Beauté ne doit sa victoire,
Qu'aux attraits de la nouveauté.

Volez, que rien ne vous arrête, &c.

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Le Jaloux

 

Récitatif accompagné

Symphonie

Taisez vous, taisez vous.
Je me flatois en vain que des accords si doux
Des plus vives douleurs calmoient la Violence.

Symphonie

Non, vôtre Art n'a point de puissance,
Sur l'éternel tourment qui devore un Jaloux.

Symphonie

Taisez vous, taisez vous. Climene !
Il est donc vray trop ingratte Climene,
Tu trahis tes sermens,
Tu brises nôtre chaine .

 

Air

Est-ce là le prix,
Que devoit attendre,
Un cœur si soumis,
Un Amour si tendre.

J'offris a tes yeux
Leur premier homage,
Je croiois que l'Age
Dût serrer tes nœuds.

Symphonie

A vanter tes charmes,
J'ay mis mon bonheur,
J'aiguisois les Armes,
Qui percent mon cœur.

 

 

Récitatif

O Soupirs: O transports entre nous confondus !
Momens heureux, helas, vous êtes donc perdus !
Mais, perfide, l'objet de ta flamme nouvelle,
Sçait il aimer comme moy ?
Que dis-je ! Ne crois pas que ma vois te rappelle.
Ne puis je t'oublier. Je le peux ie le doy.

 

Air

Goutons la Vengeance,
Adorons d'autres attraits.

Mais, helas, je les offense,
Avec mes regards distraits:
Libre & douce indifference,
Fais couler mes jours en paix.

Goutons la Vengeance, &c.

 

 

Récitatif

Non, vengés moi grands Dieux ! Que je puisse la voir
Endurer des mépris, pleurer pour un parjure...
Que dis je helas ! Sa beauté la rassure,
Et j'en ressens trop le pouvoir.

 

Air

Tristes debit, foible secours,
Contre tous les attraits d'une beauté volage,
La perfide qui nous outrage,
Malgré vous, nous charme toujours.

Tristes debit, foible secours, &c.

 

 

Récitatif

Pour bannir de mon cœur son importune image,
Amis redoublés vos Efforts,
Enchantés mes Esprits par de nouveaux accords.

 

Air

Sommeil, vien soulage
Les maux que je sens,
Enchaine mes sens,
Leur fatal visage,
Acroit mes tourmens.

Du jour qui commence,
Cache le flambeau:
Imite ou devance
La paix du tombeau.

Sommeil, vien soulage, &c.

 

 

Récitatif

Ou suis-je ? O reveil effroyable !
O spectacle fatal !
Je vois l'ingratte qui m'accable,
Je vois a ses genoux mon indigne Rival.

Qu'els discours, qu'els soûpirs! Qu'els transports de tendresse !
Frapons, perçons l'amant aux yeux de la Maîtresse.
Helas, tous deux echapent de mon bras.
Inhumaine, revien achever ton ouvrage.
Puni ma foiblesse ou ma rage,
C'est de ta main que je veux le trepas.

 

Récitatif accompagné

Que dis-je ! A quelle erreur vaine,
Me laissay ie abandonner...

 

Air

Revien charmante Climene,
Revien pour me pardonner.

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Le Lis & la Rose

 

Cantate presentée à S.A.S. Madame la Duchesse d'Orleans, par Mrs les Chevaliers de l'Ordre Social.

Mise en Musique par Mr Campra Maître de Musique de la Chapelle du Roy, Academicien & Chevalier du mesme Ordre.

Les paroles sont de MLes..., Chevalier de l'Ordre.

 

On peut transposer cette cantate un ton plus bas, quand on voudra la faire chanter par un dessus.

 

Récitatif

Un Lis dont les vertus égaloient la noblesse,
Vouloit former des nœuds charmans,
Par ces mots il s'adresse,
A la Déesse du Printems.

 

Air

Favorisez mes vœux, jeune & riante Flore,
Formez les doux liens qui doivent m'engager,
Je ne seray jamais leger,
J'auray pour mes garands le Soleil & l'Aurore.

 

 

Récitatif

J'ecoute avec plaisir ton fidelle serment
Repond l'Epouse de Zephire;
Et j'ay déjà choisit l'objet le plus charmant,
Dont tu dois a jamais suivre l'aimable Empire.

Dans un délicieux sejour,
Que de ses Eaux le Murg arrose;
Je connois une aimable Rose,
Digne de fixer ton amour.

 

Air

Les fleurs dont mes Jardins chaque jour s'embellissent,
A cette jeune fleur n'osent se comparer:
Pour laimer tous les cœur s'unissent,
Et tous les yeux pour l'admirer.

 

 

Ariette

Allez, allez, ou l'Amour vous appelle,
Cherchez un bonheur precieux;
Des fleurs la Rose la plus belle,
C'est le plus doux present des Cieux.

Esperez, & cessez de craindre
En formant de tendres desirs,
Sa presence, sans les éteindre,
Sçaura les changer en plaisirs.

Allez, allez, ou l'Amour vous appelle, &c.

 

 

Récitatif

A l'Instant par l'ordre de Flore,
Zephire vole dans ces lieux,
Ou la Rose, & les soins de l'Aurore,
Charmoient également les Mortels & les Dieux.

 

Ariette

Tout cherche à luy plaire,
Dans son sort heureux,
Le Soleil l'éclaire,
De ses plus doux feux.

Sous le verd feuillage,
Les hôtes des bois,
Pour luy rendre hommage,
Animent leurs voix.

Tout cherche à luy plaire, &c.

 

 

Récitatif

Dans cette demeure enchantée,
La foy receüe et donnée,
Au nom de la Rose & du Lis;
Et la constance accompagnée,
Des Jeux, des Graces & des Ris,
Par l'union fut couronnée:
Zephire chargé de ce soin
Eut le bonheur d'en étre le temoin.

 

Ariette

Vole, Amour, l'himen qui t'appelle,
Prepare le nœud le plus beau.

Allume sa flame immortelle,
Au feu brillant de son flambeau.

Vole, Amour, l'himen qui t'appelle, &c.

 

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