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Recueil
d'Airs
Serieux
& à boire,
de differens Autheurs,
pour l'année
1702
![]()
Caffé
delitieux dont la douce amertume,
M'a sçû garentir tant de fois
De l'Impitoyable Rhume,
Qui venoit desoler ma voix.
Je serois un Ingrat
Si je ne chantois à ta gloire,
Nargue & Chocolat,
Je n'en veux jamais boire,
Et vive la Caffé.
A tous
moments je pense à vous,
Et que ferois-je de plus doux
Que de songer que je vous ayme ?
Je goûte les douceurs d'une innocente ardeur.
Helas ! si vous m'aymez de même,
Rien de troubleroit mon bonheur !
O Bachus,
ô dieu des raisins,
Viens dans le vin nouveau noyer tous nos chagrins !
C'est en toy seul que le bonheur repose,
Nôtre sort est plus doux, quand tu peux le
troubler,
Mars reprend ses fureurs, il va tout accabler:
N'avions nous pas assez des maux que l'Amour
cause.
Helas !
quel fruit de ma constance,
Mes voeux sont toûjours rebutez,
L'Amour s'offence enfin de tant de resistance.
De ce Dieu que vous irritez
Craignez d'éprouver la puissance,
Et qu'il porte aussi loin sa vengeance,
Que vous portez vos cruautez.
Le
Printemps a produit dans le fond de mon ame,
D'un amour trop constant une importune flamme.
J'esperois que l'Automne avec tant de bon vin,
Pourroit me délivrer de l'amoureux chagrin,
Mais la beauté de celle que j'adore
A pour moy tant d'appas, que je languis encore.
Sois
ferme, mon cur Sois
forte, ma vie,
traduction: Jacqueline & Alain
DUC
Et espère ta récompense
Car il ne semble pas
Que cruauté et rigueur
Se rencontrent toujours en amour.
Sois ferme, mon cur
Et espère ta récompense.
Et espère de la pitié:
Peut-être ce cur
Ne sera plus désormais
Cruel à ton amour;
Sois ferme, ma vie,
Et espère de la pitié.
Iris est
inegalle & vaine,
Elle est sans tendresse & sans foy;
Tu dis, & je te crois, Climeine,
Qu'il n'en est pas ainsi de toy.
A t'aymer, à la füir, mon ame est
resolüe,
Mais je crains que pour le pouvoir
Ce soit peu de ne la plus voir,
Il faudroit ne l'avoir jamais vüe.
Soûmis
au pouvoir de vos yeux,
Charmante Iris, je les adore.
J'en ay fait mes Rois & mes Dieux,
Helas ! pour soulager le feu qui me devore,
Que me demandez-vous encore ?