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Denys Macé
Airs, dedicacez à Monseigneur Seguier, Evesque d'Auxerre
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A l'Illustrissime & Reverendissime Monseigneur Dominique Seguier, Evesque d'Auxerre, Conseiller du Roy en ses Conseils d'Estat & privé, & premier Aumosnier de sa Majesté, Monseigneur Je n'ay pas entrepris de publier icy les Eloges de vos perfections : car vous possedez tant de rares qualitez, qu'il est mal aisé de juger qu'elles sont les plus adorables. Je laisse cette entreprise à ceux qui mieux versez que moy dans les sçiences se trouveront encor bien empeschez, venant à jetter les yeux sur l'esclat de tant de vertus qui vous accompagnent. Mon dessein n'est autre que de supplier vostre grandeur, de voir d'un il favorable ces Airs, que vos bien-faits ont escols, & que j'estimeray dignement recompensez si vous prenez plaisir à les entendre, & les mettre à couvert soubds l'authorité de vostre nom. Attendant cette faveur de vostre bonté, je m'efforceray de vous faire paroistre chaque jour de ma vie, que je suis, Monseigneur, Vostre
tres-humble & tres-obeissant serviteur, |
Aille qui
voudra à la guerre J'ayme
bien mieux suivre la piste Sus, sus
enfans faisons gogaille,
Pour y dresser des bataillons,
J'ayme mieux accoster un verre
Sous l'estendart des saucissons:
Faisant paroistre mon courage
Au cher amy, ou a la cage.
De ce grand monarque Bacchus,
Que d'estre enrollé dans la liste
De ces pauvres enfants perdus,
Que l'on n'a jamais veu paroistre
Au Miroir ny dans l'Arbalestre.
Et ne parlons plus de combats,
Si nous faisons quelque bataille,
Que ce soit contre un Cervelas:
Passons toute la nuict à boire,
Nous emporterons la victoire.
Allons aux
champs, belle Silvie, Parmy tant
de belles préries Nous
serons exempts de la crainte
Le doux Printemps est de retour,
Et pour mieux passer nostre vie
Ne parlons plus que de l'Amour:
C'est là où bien plus librement
Nous pourrons vivre en nous aymons
En despit de ces envieux,
Nos amoureux resveries
Se pourront lire dans nos yeux:
Car nous pourrons plus librement
Vivre & mourir en nous aymant.
Qui souvent trouble nos plaisirs,
Banissant bien loin la contrainte
Que nous gardons dans nos desirs:
Allons, afin que librement
Nous puissions vivre en nous aymant.
C'est ta
beauté Sylvie, Je croy
que c'est trop vivre:
Qui me donne l'envie
D'aymer le trespas
Parmy tes appas:
Voy donc que mon amour est extresme
Puis qu'il faut pour ma mort montrer combien je
t'ayme.
Car ne pouvant te suivre
Que ferais-je icy
Comblé de soucy ?
Quoy ? Veux-tu, cher objét de mon ame,
Que pour me soulager je mesprise ta flame?
Celuy qui
libre se gouverne D'un clin
d'oeil on à toutes choses Mesme on a
veu des destinées
Par le demon de la taverne,
Cherit son sentiment:
Tout luy plait, & dedans ce temple
Il n'y voit rien que le parfait exemple
De tout le divertissement.
Les moindres fleurs y sont de roses,
L'on trouve que tout rid:
Sans la soing de faire cuisine,
Un esveillé de rubiconde mine
De mets contente nostre esprit.
Respecter les vieilles années
Des yvrongnes parfaits:
Ils ne parlent jamais de guerre,
Et leurs combats ne s'excitent qu'au verre,
Et par le vin ce fait leurs paix.
Celine, tu
dois estre lasse, Je tache
à rencontrer un crime Je ne suis
point taché du vice
Par une si longue disgrace,
De tenir mon ame en langueur:
Je vay mourir sans resistance,
Si tu ne perds de ta rigueur,
Ou si je perds de ma constance.
Qui puisse rendre legitime
La cause de mon chastiment:
Mais je ne voy rien qui l'offence,
Et je trouve en moy seulement
Dequoy prouver mon innocence.
D'estre sorti de ton service,
Dans ce traictement rigoureux:
Si c'est un crime punissable
Que d'avoir esté malheureux,
Condamnez-moy, je suis coupable.
Le
Poëme est de Charles Beys Devant
Cloris mon courage me laisse, Pasle,
& débile je voy ce vainqueur Je leve un
peu mes pesantes paupieres Pasle,
& debile, &c.
Je perds ensemble, & l'haleine, & le poulx.
Et mon respect joint avec ma foiblesse,
Pour l'adorer me jette à ses genoux.
Presque immobile de trop de rigueur,
Comme moy de langueur.
Mais ces regards ne la peuvent toucher,
Pour la fleschir, le bruit de mes prieres
Est moins qu'un vent pour abbatre un rocher.
Le
Poëme est de Charles Beys Imitons ce
tyran des ames, Toute sa
bande est en desroutte, Je quitte
l'amour de Caliste, Parfaits
amis, joyeuse trouppe,
Le vin seul luy fournit des flames
Bacchus là sous-mis à ses loix:
Il jette ses flesches par terre,
Et ne cherche point d'autre verre
Pour s'enyvrer que son Carquois.
Il a tant beu qu'il ne voit goutte
Quoy qu'il ayt osté son bandeau:
On le voit qui des-ja sommeille,
Et qui d'un reste de bouteille
Esteint le feu de son flambeau.
Le plaisir rend mon ame triste,
Je l'abhorre quand je l'ay pris:
Mais celuy qu'on reçoit à boire
Chassant l'ennuy de la memoire
Charme le goust & les esprits.
Sans trembler vuidons cette couppe,
Excitons la soif en buvant,
Et ne nous faschons point contre elle
Quand elle seroit eternelle,
Si nous pouvons boire souvent.
Le
Poëme est de Charles Beys J'entretiens
ces forêts, je conte mon martire A miles
beaux vers je chante qu'elle est belle, Maintenant
que je puis, delivré de ma crainte,
A ce muet rocher,
Et devant ma Philis je n'oserois rien dire
Qui la puisse toucher.
Je revere ses loix
Et je manque au moment que je m'approche d'elle
Et d'esprit, & de voix.
Invocquer le trespas
Approche toy Philis, pour entendre ma plainte,
Mais ne me trompe pas.
Jusques
à quand, belle Isménie Quoy que
mon mal soit sans exemple, Si mon
souhait n'est legitime,
Feras-tu voir ta tirannie
A un cur innocent
Des peines qu'il ressent ?
Dieux ! Puis qu'à ce Printemps la joye est de
retour
Faittes avec les fleurs renaistre son amour.
Quand de l'esprit je le contemple,
C'est dans mes entretiens
Les propos que je tiens.
Dieux ! Puis qu'à, &c.
Son mespris à causé mon crime:
Dieux ! Elle m'a quitté
Dieux ! Puis qu'à, &c.
Le
Poëme est de Charles Beys Les
plaisirs des saisons premieres Que j'ayme
à voir le Soleil blesme Bacchus,
c'est toy seul que j'admire,
Ne sçauroyent plus me captiver
Je ne veux cherir que l'hyver,
Puis qu'il fait glacer les rivieres.
Eschauffons nos esprits avec ce vin vermeil,
Dont la chaleur vaut mieux que celle du Soleil.
Quand il ne luit plus qu'à demi:
Car il punit nostre ennemi,
Et renferme l'eau de l'eau mesme.
Eschauffons nos esprits, &c.
Tous tes effets sont nompareils,
Tu nous fais voir mile soleils,
Pour un Soleil qui se retire.
Eschauffons nos esprits, &c.
Premiere
image de Philis Belize,
cache ta beauté,
Sortez de ma triste pensée,
Vostre lumiere est effacée
Devant les yeux d'Amarilis:
Elle possede mile appas
Que les plus parfaittes n'ont pas.
La sienne seule est adorable,
Et je tiens pour moins favorable
Ta douceur, que sa cruauté.
Elle possede mile appas, &c.
Le
Poëme est de Charles Beys Prends
courage Sylvie Nous
changeons en louanges
Remets par ta vertu
Ton esprit abbattu:
Prolonge un peu ma vie,
Je souffre tes douleurs,
Et mourray si tu meurs.
Nos pleurs & nos soupirs,
Reprenons nos plaisirs:
S'il est vray que les Anges
Sont exempts du trespas
Elle ne mourra pas.
Le
Poëme est de Charles Beys Puis que
dans la captivité N'offre
tes appas gracieux Non,
Philis, tu peux qu'à tort
Hymen a retenu ta vie:
Philis rends moy la liberté
Que tes yeux m'ont ravie:
Car quel plaisir de me voir consommer,
Si l'Hymen te defend de m'aymer.
Qu'à celuy qui dort en ta couche,
Et ne montre plus à mes yeux
Ny ton front, ny ta bouche:
Car quel plaisir, &c.
M'oster une si belle chose,
Rends tes yeux tesmoins de ma mort,
Puis qu'ils en sont la cause,
Prends dont plaisir, &c.
Quittez,
ô Parques, vos fusées, Cessez,
une Parque nouvelle Par ses
benins regards, mon ame
Cessez ces fatales brisées
De mes jours limitez:
Tranchez d'un autre les années,
Je suis exempt des destinées
De vos trois deitez.
Plus que vous, divine & plus belle,
Me regit seulement:
Ses yeux, & sa face angelique
Vous ont osté cette pratique,
Me rendant son amant.
Esprise d'une sainte flame
Me rend esgal aux dieux,
Et se desrobant de moy-mesme
Pour aller en celle que j'ayme.
Le
Poëme est de Charles Beys Rendez vos
yeux plus doux, Cessez de
vous fascher,
Sis-je digne de hayne
Pour estre absent de vous ?
Je souffre assez de peine
Quittant vos doux appas,
Ne me punissez pas.
Cloris, vostre justice
Devroit se relascher:
Mon crime est un supplice
Pire que le trespas,
Ne me punissez pas.
Saison de
Rids, & de l'Amour, Ce Dieu
qui dore l'univers Ce verd,
dont l'esmail gracieux
Printemps, jeunesse de l'année,
Que me sert de voir ton retour
Si tu ne puis changer ma fiere destinée ?
Chacun respire tes douceurs,
Et moy je n'ay que des douleurs.
Des rayons de sa tresse blonde,
Ennemy des tristes hyvers,
Fait naistre avec les fleurs le plaisir dans le monde.
Chacun respire, &c.
Inspire une douce esperance,
En vain s'offre devant mes yeux,
Si Doris ne veut point alleger ma souffrance.
Chacun respire, &c.
Eccho qui
responds à ma voix, Pourquoy
luy dire mon tourment ?
Que faut-il faire à mon martire ?
Pourray-je vivre sous ses loix
Sans oser me plaindre ou le dire ?
Arbres sacrez, & solitude & silence,
Je vous prends à tesmoings de ma
constance.
L'on void assez sur mon visage
Que mon cur souffre incessamment:
Mais sans espoir qu'on le soulage.
Abres sacrez, &c.