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Anthoyne Boessét
Surintendant de la Musique de la Chambre du Roy, & de la Reyne
Airs de Cour, avec tablature de Luth
a
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Madame, Les bien-faicts que je reçois tous les jours de vostre Maiesté ont tant d'excez que je ne puis en parler sans deffaut, ny les taire sans ingratitude: & particulierement ce dernier dont il luy a pleu de m'honorer, beaucoup au dela de mon merite & mesme de mon esperance; le ressentiment que j'en ay m'est si sensible, que rien ne me le sera jamais a l'esgal du desir de m'en rendre digne, & de vous tesmoigner par mes tres-humbles services, qui si vostre Maiesté pouvoit faire choix d'une personne qui eust plus de devotion envers elle. les efféts luy en rendront de jour en jour des tesmoignages plus manifestes que les paroles. Ce pendant je la supplie tres-humblement d'avoir agreables ces ouvrages que je luy dedie comme a l'unique deïté à qui tous les beaux esprits de la France doivent ce qu'ils ont de rare. Ie n'ay pas la vanité de pretendre de luy rien devoir en ce titre: mais j'ay bien l'ambition de contribuer avecqu'eux a sa gloire quelque travail non mesprisable, auquel si l'on trouve du deffaut (comme je n'en doute point) on n'en trouvera jamais a la devotion qui me fera le continuer pour le service de vostre Maiesté, en la qualité, Madame, De
son tres-humble, tres-obeißant & tres-fidelle
sujét & serviteur. |
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Astre
de l'Empire François, Ce sont
des ouvrages divins, Les
accords en sont ravißants, Quel
esprit ne l'admire pas Si
BOESSET eust jadis esté IMBERT |
Quelle est
cette merveille Le Ciel
amoureux d'elle, O !
superbe avanture, Quel heur,
& quelle gloire,
Qui lui d'une si vive ardeur ?
Quel Astre fait qu'à sa grandeur
Sa beauté soit pareille ?
Un regard de ses yeux
Fait vivre les mortels, et fait mourir les Dieux.
Est à sa voeux si complaisant,
Qui luy fait tous les jours present
D'une grace nouvelle.
Et l'Amour de ses yeux, &c.
O ! sort unique & sans pareil,
Qui fait comme un autre Soleil
Admirer la nature.
Et l'Amour, &c.
D'aßujettir nos libertés,
Où les vertus & les beautés
Disputent la victoire:
Et par qui les beaux yeux
Font vivre les mortels, & font mourir les
Dieux.
Puis que
ce Dieu vainqueur, Si je
devois sentir Mais je
dois esperer
Philis par tes yeux
Vient surprendre mon coeur;
Pourquoy ne t'ont fait les dieux
Plus sensible à l'amitié,
Où du moins à la pitié ?
Ces maux dans tes fers,
Tout ainsi qu'un martyr:
Pourquoy les ay-je souffers
Sans les dire en t'adorant,
Et sans espoir en mourant ?
Au moins de mon sort
L'honneur de l'endurer ?
Et croire qu'apres ma mort
Tu me nommeras un jour
Martyr de gloire & d'amour.
Ie ne suis
plus cette Iunon Refrein
des Graces L'une
à fait le plus grand des Roys, Les
Graces
Pleine de gloire & de renom,
Pour vous belle princeße je perds ma
royauté.
L'une de ces déeßes, &c. vous surpaße
en majesté,
L'autre en beauté.
L'autre le tient deßous ses loys.
Pour vous belle princeße je perds ma
royauté.
L'une de ces déeßes, &c.
Ie sers de
l'oeil & du penser O ! que
les amants Ie croy
parmi ces dures loix O ! que
les amants, &c. Le feu
dans mes veines caché O ! que
les amants, &c.
La seule deité parmy nous adorable,
Et la crainte de l'offenser
Accroist ma passion, & la rend plus coupable.
Souffrent de tourments,
Quand le respect & la crainte
Leur deffend la plainte.
Mes soupirs innocens du crime qui la touche,
I!s sont prisonniers toutes-fois,
Et pour leur liberté je n'ose ouvrir la
bouche.
Surpaße les douleurs mesme en leur violence,
Et ce pendant pour mon peché
Ce supplice est plus doux que celuy du silence.
A la fin
cette Bergere Non, je
n'ay plus cette crainte Mes feux
ont produit sa flame Mon amour
recompensée
Sent les maux que j'ai soufferts,
Et sa foy jadis legere
Perd ce tiltre sans ses fers:
Nous vivons soubs mesme loy
Puis que je la tiens à moy.
Que j'avois par le paßé:
Car Phillis se trouve attainte
De ce trait qui m'a bleßé.
Nous vivons, &c.
Qui me rend esgal aux dieux,
Et l'amour est dans son ame,
Qui n'estoit que dans ses yeux.
Nous vivons, &c.
N'aura plus de desplaisir,
Nous n'avons qu'une pensée,
Qu'un vouloir, & qu'un desir.
Nous vivons, &c.
Cruel
tyran de mes desirs, Ces bois
eternellement sourds Desclarer
les ennuis que je souffre en aymant. Si la
Fortune quelque jour
Respect de qui la violence
Au plus fort de mes desplaisirs
Me veut imposer le silence:
Permets qu'aux Rochers seulement£
Ie conte les ennuis que je souffre en aymant.
Ne sont point suspects à ma plainte,
Les Ecchos y dorment toujours,
I'y suis hors de toute contrainte,
C'est là que je puis seulement
Tout cede au pouvoir de ses yeux,
Leur clairté n'ont point de pareille,
L'autheur de la Terre & des Cieux
N'admire qu'en eux ces merveilles.
Außi se beauté seulement
Est digne des ennuis que je souffre en aymant.
Exauce ma juste requeste,
Et fait triumpher ma amour
De cette penible conqueste:
Alors aux Rochers seulement
Ie diray les plaisirs que l'on gouste en aymant.
Ne
deliberons plus, alons droit à la mort, O beaux
yeux ! beaux objets de gloire & de grandeur ! Quelqu'un
dira pour moy que je fais mon devoir, Quand les
dieux s'offriroyent a combler mes desirs On parle
de l'Enfer, & des maux eternels I'ay beau
par la raison exhorter mon amour Non non,
laißons nous vaincre apres tant de combas, Ie cognois
Florimene, & n'ose desirer
La tristeße m'appelle à ce dernier effort,
Et l'honneur m'y convie,
Ie n'ay que trop gemy:
Si parmy tant d'ennuis j'ayme encore ma vie,
Ie suis mon ennemy.
Vives sources de flame, ou j'ay pris une ardeur
Qui toute autre surmonte
A moins que du trespas,
Puis-je expier le crime, & reparer la honte
D'estre ou nous n'estes pas ?
Et que les volontés d'un absolu pouvoir
Sont de justes contraintes:
Mais a quelle autre loy
Doit un parfaict amant des respects, & des craintes,
Qu'à celle de sa foy.
Des honneurs les plus chers, & des plus doux
plaisirs
Dont leur richeße abonde,
Que sçauroy-je esperer ?
Aquoy vostre presence, ô merveille du monde !
Ne soit à preferer ?
Qu'ordonne sa rigueur a ces grands criminels
Dont les fables sont pleines:
Mais ce qu'ils souffrent tous
Le souffray-je pas seul en la moindre des peines
D'estre esloigné de vous ?
De vouloir reserver à l'aise du retour
Quelque reste d'allarmes:
Miserable qu'il est,
Contenter sa douleur, & luy donner des armes
C'est tout ce qui luy plaist.
Allons faire estonner les ombres de la bas
De mon visage blesme,
Et sans nous consoler,
Mettons fin à des jours que la Parque elle-mesme
A pitié de filer.
Qu'un tendre sentiment l'obligeant a pleurer
Son repos importune:
Mais cela m'arrivant
Quelle seroit ma gloire, & pour qu'elle victoire
Voudrois-je estre vivant ?
Frescos
ayres d'el prado que'a toledo vays que'a toledo vays decid
ami dueno como me dexais. Pesares y
enojos me quitam el sueno Fraîches
brises du Prado, qui allez à Tolède, Soucis et
chagrins m'enlèvent le sommeil;
Do llegan pesares
Va s'el descanso.
Dites à mon maître comment vous me
laissez.
Là où arrivent les soucis, le repos s'en
va.
