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Jean-Baptiste Bousset
Airs
nouveaux sérieux & à boire,
Livre
XVI
dediez à Madame
la Duchesse de Berry
1713 - 1716
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Madame, C'est toujours avec un nouveau zêle, que je continuë de vous rendre mes hommages; Pourquoy le zêle ne fait-il pas le genie ? J'aurois dêja atteint la perfection de mon art par l'impatience de vous plaire, Agréez du moins Madame, les efforts que je fais pour y parvenir, & daignez donner au dessein une partie du prix qui meritoit le succez; je suis avec un profond respect Madame Vôtre humble, tres obéissant et tres soumis Serviteur, I.B. de Bousset |

Airs Sérieux & Airs à Boire

Que la voix d'Iris est
touchante ! Iris, tout le
feu de vos yeux 2eme
Couplet J'aime à voir en
été Mais quand l'hyver
effroyable Nos bois
reprennent leurs feüillage, 2eme
Couplet 3eme
Couplet Venez, volez Dieu des
Amours, On me verse toujours, on
me force de boire, Tous les Couplets se
chantent sur le premier, à la reserve du
deuxieme qui sert de refrain, & qui se repete
aprés chaque Couplet. Maudit soit le
mortel avare 2eme
Couplet, Refrain 3eme
Couplet Avant ce
jour, &c. 4eme
Couplet Avant ce
jour, &c. 5eme
Couplet Avant ce
jour, &c.
Dans ce repas, goûtons-en la douceur,
Ce breuvage qui nous enchante,
Ne nous va pas si droit au coeur:
Quel plaisir de la voir à table
Le verre en main, chanter si tendrement,
Baccus n'a point de supos plus aimable,
Amour n'a point de sujet plus charmant.
A desja passé dans mon âme,
Et je ne m'en trouve pas mieux:
Devenez sensible à mes voeux,
Partagés l'excés de la
flâme,
Et vous rendrez deux coeurs heureux.
Souvent d'un regard gracieux
La trompeuse douceur me touche,
Et me rends plus audacieux:
Mais le trait est malicieux,
Et jamais vostre belle bouche
N'est d'accord avec vos beaux yeux.
Briller un jour serein,
Le beau tems fait le bon vin;
Vient s'emparer de nos champs,
Je passe les jours à table,
Le bon vin fait le beau tems.
Aprés les noirs frimats le printems a son
tour:
Et le soleil plus pur dissipant les nuages,
Sans obstacle repand le jour.
Désja dans les plaines fleuries
Le Berger laisse errer son troupeaux
bondissants,
Et du son de sa flûte, Echo mesme
attendrie,
En imite les doux accents.
Couronnons nous de fleurs nouvelles,
Nous en verrons bientôt l'éclat
s'évanoüir:
Profitons du Printems qui passera comme elles,
L'Amour nous presse d'en joüir.
J'ay besoin de votre secours;
Ne souffrez pas que dans mon âme
Baccus éteigne votre flâme.
Venez volez Dieu des Amours,
Ne negligez pas votre gloire.
Qui de la terre tira l'or:
Et le jour où le sort barbare
Luy montra ce fatal tresor.
Avant ce jour la plus severe
Cédoit a de tendres langueurs:
Il ne falloit qu'aimer pour plaire,
Les coeurs étoient le prix des
coeurs.
Soupirs, transports, ardeurs fidelles,
C'en est fait n'esperez plus rien:
L'or est le seul maître des belles,
Il vous a volé votre bien.
Depuis un an prés de Glicere
Je pers le plus ardent amour:
Ce qu'un an d'amour n'a pu faire,
L'or vient de le faire en un jour.
Fatalité trop importune,
Faut-il donc pour me faire aimer
Me resoudre à faire fortune ?
J'ayme autant ne plus m'enflâmer.

Epris d'une rose
nouvelle, Prest de luy
découvrit ses feux, Les plaisirs
de la table, Le
degoût me suit, tout m'ennuye, Autrefois a la jeune
Annette Pour engager une
coquette Ier
Couplet 2eme
Couplet Les jeux &
les Ris sur leurs traces 3eme
Couplet 4eme
Couplet 5eme
Couplet 6eme
Couplet Je ne sçai
qu'aimer, et que boire,
Un papillon paré des plus vives couleurs
Ne caressoit plus d'autres fleurs,
Et voloit sans cesse autour d'elle.
Du sein de l'objet de ses voeux
Sort un frellon bouffi de gloire
Bourdonnant un chant de victoire.
Ne sont plus des plaisirs pour moi,
Un malheureux amour m'acable,
Je ne sens plus se que je bois.
Depuis que mon coeur est épris,
Amis, si vous aimez la vie,
Gardez vouzs des charmes d'Iris.
Avec soin je faisois ma cour;
Mais vainement de la folette
J'attendrois un tendre recours.
Il ne faut point voir .
Ecoutez mon songe, Silvie,
Jugez-en; vous allés y voir
Avec l'image de ma vie,
Quel est sur moy votre pouvoir.
Mille Amours avides de gloire,
Entr'eux se disputoient l'honneur
D'assûrer le mieux leur victoire,
Pour but ils avoient pris mon coeur.
A ce spectacle étoient venus,
Les arbitres étoient les Graces
Assisent auprés de Venus.
Le signal se donne, on commence
Par ordre chacun vient tirer,
Les traits que chaque amour me lance
Ne font au plus que m'efleurer.
De Philis, d'Aminte, d'Ismeine,
De Mille autres je fus Amant:
Mais quels feux ! Ils naissoient à peine
Qu'ils s'éteignoient dans le
moment.
Le dernier d'une main plis sûre,
tire enfin et de tous mon coeur
Ne fait qu'une ardente blessûre
Un cry le proclame vainqueur.
Qu'il devient fier de sa victoire !
Mais qu'il eut tort d'en être vain !
Silvie, elle vous devoit sa gloire
Je vous vis conduire sa main.
Et nuit & jour, j'aime et je bois.
C'est la ma science, ma gloire,
Mes richesses, & mes emplois.