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Je
n'ai jamais apris
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Je
n'ai jamais apris
Fa, mi, re, ut, si, la:
Je ne sçai ni gamme ni note
Mais a la place de cela
J'ai le gozier brillant pour siffler la
Linote.
Des
Rois & de la St Martin
Je fais a plein la double octave
Et sans connoitre cléf que celle de la
cave
A mes veille j'entonne un verre de bon
vin.

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En
vain la perfide Fortune
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En
vain la perfide fortune
Accable les humains de ses revers cruels;
Je me ris du destin des mortels
Je ne plains qu'un buveur qui voit sa cave
vuide.

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Le
Dieu qui répand la lumiere
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Le
Dieu qui répand la lumiere
Va terminer sa course dans les Eaux
Et quitte la matin l'humide sein des flots
Pour recommencer sa carriere.
Malgré
l'ordre du destin
Qui lui fait eclairer le monde
S'il couchoit dans le vin
Comme il couche dans l'onde,
Il ne sortiroit pas de son lit si matin.

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Tu
te plains que l'amour
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Tu
te plains que l'amour t'eveille:
Veux-tu dormir la nuit; amis bois tout le jour
Le sommeil fait ton sejour
Au fond de la bouteille.
Et l'Amour ce petit Lutin
S'endort avec ce jus divin.

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Pour
passer des jours agreables
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Pour
passer des jours agreables,
Nous aimons & buvons tour à tour;
Ne donnons point tous nos soins à
l'amour,
Ses faveurs dans le vin pour des biens
perissables.
Baccus
me rend content sous son aimable loi,
L'amour me rend heureux, je cheris son empire.
Amis, faites tous comme moi,
Plus ie triomphe & plus ie bois.
Et plus ie bois, plus ie soupire.

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Mechant
Buveur de Baccus
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Mechant
Buveur de Bacchus assassin,
Crüel ennemi de sa gloire,
Quoi, tu mets de l'eau dans le vin
Si je ne l'avois vû, j'aurois peine a le
croire.
Fuis
loin de moi, va te cacher,
Malheur a qui voudra te suivre,
Meurs de soif, ou cesse de tricher
Tu ne merite pas de vivre.

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Baccus,
de vin nouveau
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Baccus
de vin nouveau vient de remplir nos caves
Enyvrons le Dieu de l'amour,
Nous sommes tous des esclaves
Qu'il soit le notre a son tour.
Ce
jus delicieux nous promet la victoire
L'amour n'en connoit pas les seduisans
attraits,
Que l'un de nous l'amuze a boire,
Je reprendrais nos coeurs, je briserais ses
traits.

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Quel
orage imprevû
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Que
orage imprevû, le jour cesse de luire
Le tonnerre en couroux eclate dans les airs,
Et si par intervale on voit a se conduire,
Ce n'est qu'au feu dont brille les
eclairs.
Amis
ou nous sauver, par tout l'eau nous inonde,
Ah ! je le connois trop, c'est fait du genre
humain,
Ah ! puis qu'il faut perir, noyons nous dans le
vin,
N'attendons pas que le ciel nous
confonde.

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Profitons
des faveurs
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Profitons
des faveurs que Baccus nous presente,
Meprisons les attraits dont l'Amour nous
enchante,
Assez tôt le Tyran regnera sur nos
coeurs.
Avant
de ceder la victoire aux charmes de Venus,
Consacrons notre vie à boire
Ne donnons à l'Amour que des moments
perdus.

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Que
vas-tu faire chés Lubin
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Que
vas-tu faire chés Lubin
Disoit a sa moitié le Bon Homme Nicaise
Est-ce pour boire de bon vin
Ou jazer a ton aise.
Pour
jazer nous dit Nanette,
Lubin est ennemi du babillage,
Mais comme il est jeune & badin
Chés lui quelque fois il m'engage
A Badiner le Verre en main.

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