accueil
|
contact
|
contributions
|
liens

Airs de Cour
|
ballets
|
cantates
|
divers

opéras
|
oratorios
|
pastorales
|
sérénades

|

recherches

|

 

Divers

 

Meslanges de Musique Latine, Françoise & Italienne, divisez par Saisons

Suite de Recüeil de differents Autheurs, donné au Public de Mois en Mois pendant trente années consécutives

1730

 

Hyver
|
Printemps
|
E
|
Automne

 

intégrale de ces quatre Saisons des Meslanges 1730

 

L'Eté

Table

Musique Latine
Musique Françoise
Musique Italienne


 I. Musique Latine

Motetto, à Voce sola, del Signor Gasparini

 

Regina coeli, laetare, alleluya, alleluya
Quia quem meruisti portare, alleluya, alleluya,
Resurrexit sicut dixit, alleluya, alleluya.
Ora pro nobis Deum, alleluya, alleluya.

Reine du Ciel, réjouis-toi, alléluia,
Car celui que tu as été digne de porter
Est ressuscité comme il l’avait dit.
Prie Dieu pour nous, alléluia, etc.

 

 

 

 

 

II. Musique Françoise

 

Duo Bacchique, de Mr Mathieu, Ordinaire de la Musique du Roy

 

Quand l'Amour attaque mon coeur,
J'ay pour défense ma bouteille,
Je resiste à ce fier vainqueur,
Par le Jus charmant de la treille:
Si quelquesfois ce Dieu me presse;
Pour prevenir tous ses efforts,
Je prends du vin, je bois sans cesse,
Il est ma dupe, & je m'endors.

 

 

Air Serieux, de Mlle Guedon de Préles

 

Solitaires témoins de ma secrette peine,
Echos, qui soûpirez avec moy dans ces bois;
Tircis vous fait-il quelque-fois
Repeter le nom de Climene ?
Je voudrois luy cacher le trouble de mon coeur;
Mais, s'il répond à ma tendresse extrême,
Chers confidents de ma sincere ardeur,
Echos, dites-luy que je l'aime.

 

 

Declaration d'Amour, Air Serieux, de Mr Bouvard

 

Je vous aime, il est vray, je n'en fais plus mistere,
Vous l'avez dû connoître à mes soins empressez:
Envain ma bouche, Iris, s'obstinoit à se taire,
Mes regards, mes soupirs, vous le disoient assez.

 

 

Rondeau Bacchique, Recit de Basse, de Mr Lecocq, le Fils

 

Ne regardons que nôtre verre,
Amis, l'Amour vole à l'entour. [
fin]

Ce Dieu toûjours prest à mal faire,
Pour nous empoisonner, a choisy ce sejour:
Ne regardons, &c.

Tandis que nous pourrions nous plaire
A regarder la jeune Iris,
L'agreable Climene,
Et la blonde Philis,
Le petit Dieu de Cythere
Nous joüroit un mauvais tour.
Ne regardons, &c.

 

 

La Bagatelle, Air, de Mr Bouvard

 

A ma Lisette
L'autre jour,
Sur ma Musette,
Je chantois mon amour;
Mais la Cruelle s'en mocqua.
De ma poche un écu tomba,
Ah ! Tircis, tu me charmes, dit-elle;
Le doux son que voila !

 

 

Vaudeville, de Mlle Guedon de Presles

 

Qu'un jaloux est incommode,
Rien ne se fait à sa mode:
Tout l'allarme, tout l'aigrit:
Ah ! le dangereux esprit !

Deuxiéme Couplet

Un Tartuffe, toûjours gronde,
Contre nos moeurs toûjours fronde,
Tout le fâche, tout l'aigrit:
Ah ! le dangereux esprit !

Troisiéme Couplet

La Coquette nous abuse,
Sa tendresse n'est que ruse,
Et son coeur s'en applaudit:
Ah ! le dangereux esprit !

Quatriéme Couplet

Sans cesse l'Amant soûpire,
Sa vie est un vray martire,
Il se tourmente, il gemit:
Ah ! le malheureux esprit !

Cinquiéme Couplet

L'Usurier, toûjours calcule,
Avec soin il accumule,
Tout l'inquiette, & l'aigrit:
Ah ! le malheureux esprit !

Sixiéme Couplet

Le Gascon, toûjours se vante,
Luy seul a l'ame contente,
Tout luy plait, tout le ravit:
Ah ! l'incomparable esprit !

Septiéme Couplet

Le Buveur, avec sa pinte,
Se rit des rigueurs d'Aminte,
Tout luy plait, tout le ravit:
Ah ! l'incomparable esprit !

 

 

Air Bacchique, de Mr Bailleul

 

Depuis huit jours, d'une affreuse insomnie
J'éprouve les rigueurs !
Ah ! pour moy quel tourment de voir couler ma vie,
Sans goûter du sommeil, les charmantes douceurs !
Si je veillois, en celebrant la gloire
De Venus, & du Dieu qu'on adore à Naxos,
Qu'avec plaisir je perdrois le repos;
Mais, je le perds, helas ! sans aimer & sans boire.

 

 

Tendresse Bacchique, Recit de Basse, de Mr Bouvard

 

Reçoy mes voeux & mon encens,
Amour, je chante ta victoire:
Iris seule, enchante mes sens,
Bacchus ne trouble point ta gloire:
Si l'hyver de mes ans en arrête le cours,
Je consens que son jus reveille ma vieillesse:
Mais, c'est au doux plaisir d'une amoureuse yvresse,
Que je consacre mes beaux jours.

 

 

Chansonnette Bacchique, de Mr de L'estrade

 

Du Dieu d'amour c'est trop chanter la gloire;
Ah ! finissons ces ennuyeux propos:
De ce jus divin, remplissons nos pots,
Et desormais ne songeons plus qu'à boire.

 

 

Duo Bacchique, de Mr Guillotin de la Riviere

 

C'est trop gémis, c'est trop se plaindre;
Brisons nos noeuds, courons au vin,
Avec ce Nectar tout divin,
Nous n'aurons jamais rien à craindre:
Coulez, Jus delectable,
Chassez l'Amour de nôtre coeur;
Bacchus seul peut être vainqueur
De la beauté la plus aimable.

 

 

Les Transports, Air Serieux, de Mr Paris

 

Lorsque je vous revoy, que mon ame est contente,
Que je sens de transports charmants !
Ah ! que ne puis-je en de si doux moments,
Vous exprimez le plaisir qui m'enchante !

 

 

Musette, de Mr Bouvard

 

En filant ma quenoüillette,
Assise au bord d'un Ruisseau;
Je croyois être seulette,
Ne songeant qu'à mon troupeau:
Mais, sur la verte fougere,
J'aperçûs le beau Tircis:
Helas ! dirai-je à ma Mere,
Ce que le fripon me dit ?

Deuxiéme Couplet

Il m'aborda d'un air tendre,
Et prit ma main doucement,
Le moyen de me défendre,
Il me parut trop charmant;
Loin de me mettre en colere,
Je rassuray ses esprits:
Helas ! dirai-je à ma Mere, &c.

Troisiéme Couplet

Il me dit que j'estois belle,
Que je charmois tous les coeurs;
Le moyen d'être Cruelle,
Quand on nous dit des douceurs:
Un amant tendre, & sincere,
Merite-t'il des mépris ?
Helas ! dirai-je à ma Mere, &c.

Quatriéme Couplet

Trop adorable Sylvie,
Me disoit-il tendrement:
Je seray toute ma vie,
Vôtre plus fidele Amant:
Aimez moy d'un coeur sincere,
Le mien en sera le prix:
Helas ! dirai-je à ma Mere, &c.

Cinquiéme Couplet

Je ne pûs pas me defendre,
Contre sa naissante ardeur;
L'on m'a dit que trop attendre
Irrite trop un Vainqueur:
Envain je fis la severe,
Mes regards m'avoient trahis:
Helas ! dirai-je à ma Mere, &c.

Sixiéme Couplet

Dans ce moment , interdite
Il me parut seduisant;
De mes regards, il profite
Et m'embrasse tendrement:
Nous étions sur la fougere,
L'Amour, nous avoit unis:
Helas ! dirai-je à ma Mere,
Ce que le fripon me dit ?

 

 

Chansonnette Bacchique, Duo, de Mr Perrier

 

Amy, dans ce bon repas,
Rougissons la trogne:
Quoy ! morbleu, tu ne bois pas:
De ce vin, qu'en penses-tu ?
Il est ma foy d'un bon crû:
Sent, Sent-il le Bourgogne ?

Deuxiéme Couplet

L'ardeur que ce vin charmant,
Dans mon coeur fait naître,
Me fait dire à mon Amant:
Si pour toy j'ay de l'Amour;
Dois-je esperer du retour ?
Fay-le moy connoître.

 

 

Premier Menuet, de Mr Bouvard

 

Envain Climene me conseille,
Pour regner sur son coeur, de quitter la bouteille;
Ce conseil est trop rigoureux:
J'aime le vin, il me console
De ma jeunesse qui s'envole:
Me rendroit-elle plus heureux ?

 

 

Deuxiéme Menuet, de Mr Bouvard

 

Vivre sans amourette,
c'est vivre sans plaisirs;
J'adore une Brunette,
Elle fait mes desirs:
Mais, la jeune Folette,
Imitant les Zéphirs !
Folattre sur l'herbette,
Et rit de mes soûpirs.

 

 

Duo Bacchique, de Mr Lecocq, le Fils

 

Bannissons le soucy,
Amis, songeons à boire;
Le vin, la liberté, tout nous retient icy:
Loin de nous, soins, chagrins,
Soupirs, tendre mistere,
Que le Dieu de Cythere
Ne serve desormais, qu'à nous verser du vin.

 

 

Bouquet, Rondeau Bacchique, de Mr Bouvard

 

De Jean, mon amy Jean, c'est aujourd'huy la feste;
Chantons un nom si grand,
Chantons à pleine tête:
Vive Jean, Vive mon amy Jean. [
fin]

Sur Atropos, remporte la victoire, Jean,
Puisse un heureux destin
Se plaire à te combler & de jours & de gloire;
Puisse-tu dans trendte ans, me verser de ton vin,
Et m'entendre chanter soudain,
De Jean mon amy Jean, &c.

 

 

Air Serieux, de Mr Bailleul

 

Agreables Moments, où l'Objet de mes voeux
Se livre aux doux transpors que mon amour fait naître,
Que vous rendez mon sort heureux !
Mais, lorsque mon devoir me force à disparoître,
Moments charmants, Moments faits pour les Dieux,
Qu'il coûte cher de vous connoître !

 

 

Chaconne en Rondeau, de Mr Desfontaines

 

Amants, si vos chaînes sont belles,
Ne les brisez pas aisément,
Chaque Bergere a son moment,
Il n'est point en amour de rigueurs éternelles. [
fin]

Aux douceurs de l'indifference,
N'opposez que de tendres soins;
Ne vous rebutez point d'une longue souffrance;
Souvent l'on est heureux, lorsqu'on l'espere moins.

Amants, &c.

Fuyez ce bonheur tranquille,
Qui cause peu de tourment,
Le plaisir le plus facile,
N'est pas toûjours le plus charmant.

Amants, &c.

 

 

Bouquet, Rondeau, de Mr Bouvard

 

Charmante Nanette,
Sur la tendre herbette,
Culbutons nous:
Tandis qu'on s'apprête
A chomer sa feste,
Faisons les foux:
Charmante Nanette, &c.

Le Dieu de Cythere,
Nous excite à faire
Un jeu si doux;
Vient, il nous appelle,
Nous sommes, ma Belle,
Loin des jaloux:
Charmante Nanette, &c.

 

 

Bouquet, Rondeau, de Mr Bouvard

 

Ma belle Maîtresse,
Je souffre sans cesse,
Absent de toy:

Que ne puis-je dire,
Comme je desire:
Soulage-moy:

Ma belle Maîtresse, &c.

Deuxiéme Couplet

Reçoy, ma chere Ame,
Ce voeu plein de flame,
Pour ton Bouquet.

Aimable Nanette,
Ce que je souhaite,
Est clait & net:

Reçoy, ma chere Ame, &c.

 

 

Ariette, de Mr Bailleul

 

Un Papillon alloit, contant fleurette;
Il courtisoit chaque fleur à son tour,
L'aimable Rose, & la Violette,
Sans le fixer, partageoient son amour.

Trop de constance est un dur esclavage,
Qui fait languir nos coeurs & nos desirs;
Qu'on est heureux, lorsqu'on est volage,
A chaque instant renaissent les plaisirs.

 

 

Les Souhaits, Recit de Basse, de Mr Bouvard

 

Si le temps revenoit de la Metamorphose,
Je vous prîrois, grands Dieux !
Suivant l'occasion,
De me changer en Puce, en Mouche, en Papillon:

En Papillon, j'irois voltiger sur la Rose,
Et sur mille autres fleurs, dans la belle Saison:
En Mouche, je verrois former à la toilette
De la Prude & de la Coquette,
Les teints composez & fleuris,
Qui brillent par tout dans Paris:
En Puce, enfin, par l'amoureux mistere,
J'irois la nuit sur la gorge d'Iris,
Et dans le verger de Cypris,
Badiner & goûter les plaisirs de Cythere.

 

 

Chanson, de Mr Guillotin de la Riviere

 

Quand on aime sans esperance,
C'est un cruel tourment.
Mais, quand deux coeurs brûlent d'intelligence,
L'Amour est un plaisir charmant.

 

 

Rondeau, Air Serieux, de Mr Paris

 

Seul bien des coeurs, heureuse Indifference,
J'ay voulu vainement ne connoître que toy.
J'ay méprisé l'Amour, & sa puissance;
Que l'Amour aujourd'huy se venge bien de moy !

Contre Mirtil, helas ! mon coeur est sans défense;
Ce Berger à son tour, me range sous sa loy:

Seul bien des coeurs, &c.

 

 

Chanson à danser, Vaudeville, de Mr Bouvard

 

Vien sur ce gazon,
Charmante Alison,
Je vais le repeter, je vais te le redire:
Ah ! qu'on souffre en aimant, un rigoureux martire !

Deuxiéme Couplet

Tu connois mon coeur,
Tu sçais mon ardeur,
Pourquoy le repeter, pour quoy te le redire ?
Ah ! qu'on souffre, &c.

Troisiéme Couplet

Ce sont tes rigueurs,
Qui font mes malheurs,
Je dois le repeter, je dois te le redire:
Ah ! qu'on souffre, &c.

Quatriéme Couplet

Aime un coeur Amant,
Finy son tourment,
Faut-il le repeter, faut-il le redire ?
Ah ! qu'on souffre, &c.

Cinquiéme Couplet

Pour me rendre heureux,
Couronne mes feux,
C'est trop le repeter, c'est trop le redire:
Ah ! qu'on souffre, &c.

Sixiéme Couplet

Le Berger se tût,
La Belle s'emût,
Ah ! dit-elle: j'entends ce que tu veux me dire;
Vien, je m'en vais finir ton rigoureux martire.

 

 

Air Serieux, de Mr Bailleul

Venez, petits Oyseaux, sous ces charmants ombrages,
De mon Iris annoncer le retour;
Venez celebrer un amour,
A qui le temps ne peut faire d'outrages.
Pour rendre mon bonheur plus doux,
Quand vous aurez admiré cette Belle;
Agréables Témoins de nôtre ardeur fidelle,
Partez, volez, separez-vous;
A mes jaloux Rivaux, portez-en la nouvelle.

 

 

Air Serieux, de Mr Bouvard

 

Envain, pour me cacher la Beauté que j'adore,
Vien-tu couvrir mes yeux de tes voiles épais,
Noir Sommeil ? de Philis les superbes attraits,
Cent fois plus éclatants que la brillante Aurore,
Bravent l'horreur de la plus sombre nuit;
Et, malgré toy, j'ay l'avantage,
Que jamais, sa charmante Image
Ne disparoît aux yeux de mon esprit.

 

 

III. Musique Italienne

 

Aria, con violino è Basso-continuo, del Signor Gio[vanni] Bononcini

 

Mi lusingo, e l’alma spera
Ch’è men fiera
La mia sorte in questo di.
O il suo sdegno adesso manca,
O pur stanca e d’affliger mi cosi.

Je me flatte, et mon âme espère,
que mon sort aujourd’hui
soit moins cruel:
Ou bien sa colère est maintenant absente,
ou bien elle est fatiguée de m’affliger ainsi.

Haut de page

 

traduction: Jacqueline & Alain DUC