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Premier Recueil d'Airs Nouveaux, Serieux et à Boire
dedié
au Public, composés par
Mr De Bousset, Maistre de Musique du Roy, 1731
La
partition
du Recüeil I des Airs Sérieux & à
Boire est disponible.

En
presentant cet essay au Public je satisfais a ma
reconnoissance; Mon Pere s'est vû honoré de ses
applaudissemens tant qu'il a vecu: Aussy n'a t'il jamais
consacré son travail, et formé desirs que pour
luy plaire; presentement encore, Le Public en chantant ses
Airs, ou en cherchant dans les nouveaux le même
naturel la même harmonie, assure a un nom qui m'est si
cher une place dans la posterité: C'est cette
reconnoissance pour de tels bienfaits qui me donne le
Courage d'invoquer la faveur du Public: Je me flatte que
quoy que ma jeunesse et mes talens me laissent sans doute
tres inferieur a mon modele; L'education que j'en ay
reçue, et l'ecoulement d'une Source si cherie
meriteroient un accueil favorable; Animé par ce
succés rien ne me sera impossible, si une application
infatigable peut suppléer, ou aider a la
nature.

Air
Serieux Cessez de
celebrer le retour du printems,
Oiseaux à des objets plus doux & plus
touchans
Consacrez les concerts que vous faites entendre.
Et pour chanter dans ce beau jour
Les plus charmans attraits & l'ardeur la plus
tendre,
Chantez Climene et mon amour.
Air
à boire,
en duo Ah !
quelle honte pour Grégoire A son
repos faisons la guerre,
Ô Spectacle pour nous plus triste que la mort,
Luy dont tout l'Univers à celebré la
gloire,
Tandis que nous buvons, indignement s'endort.
Frapons, tapons, tintons, pîntons,
Choquons, tocquons pots & flacons,
Qu'il se reveille au bruit du verre,
Pour nous voir boire de ce vin frais,
Mais, qu'il n'en goute jamais.
Air
Serieux Cupidon
l'autre jour me vit dans la prairie
Graver sur un ormeau le beau nom de Silvie.
Tu t'abuses, Berger
Dit-il d'un ton mocqueur,
Si tu crois le graver
Comme il est dans ton coeur.
Air Couplet
1 Liberté,
don des Dieux, précieux, Par ta
présence que j'implore, Couplet
2 Chers
amis, qu'un vin frais a d'attraits Mais
lorsqu'elle nous abandonne,
Que c'est à bon droit qu'on adore,
Rien sans toy n'est heureux sous les Cieux,
Le plaisir même est Odieux.
Pour jamais rens ces lieux gracieux,
Ou si l'on te perd encore
Que ce soit pour deux beaux yeux.![]()
Quand la liberté l'assaisonne,
Jolis mots, doux propos, traits nouveaux
Nous viennent en vuidant les pots.
De tonnerre et de nuits les doux fruits,
Ceux mêmes que Reims nous donne
N'appaise point nos Ennuis.
Air
Serieux, en
duo Vous
escoutez trop les Chansons
Du tendre Berger qui vous aime,
Vôtre coeur vous séduit luy-même,
Quand vous en repetez les sons.
Défiez-vous, jeune Lisette
De l'Amour et de ses leçons,
Fuyez, & Berger, & Muzette.
Petit
Air Vous
dancez jeune bergere
Sur la naissante fougere
Sans craindre de danger.
Pour vous tout est badinage,
Mais dans ce Charmant bocage
Ne vient-il point de berger.
Air
Serieux Couplet
1 Depuis que
mon fidel amour Est-il
juste qu'un tel couroux Couplet
2 Calmez
votre ressentiment, Si vous
livrez mes jours Couplet
3 Souffrez
que vos yeux enchanteurs Leurs
coups, mieux que votre fureur,
A rompu le Silence,
Vos cruels mépris, chaque jour,
En sont la recompense.
Contre moy vous anime,
Vous dire ce qu'on sent pour vous,
Est ce commettre un crime.![]()
Cessez votre murmure
Il ne faut point d'Emportement
Pour vanger cette injure.
Aux plus tristes allarmes,
N'employez point d'autre secours
Que celuy de vos charmes.![]()
Lancent jusqu'à mon ame,
Un de ces traits doux et flatteurs
Dont j'ay senti la flâme.
Sçauront vous satisfaire,
Et j'apréhende leur douceur
Plus que votre Colere.
Air
à boire,
en duo C'est
envain que Baccus Non, tout
le nectar dont on peut faire usage,
Voudroit dans ce repas,
Sur le fils de Venus
Remporter la victoire.
Il n'aura jamais cette gloire
Tant que nos yeux
Verront briller vos doux appas.
N'empesche point l'Amour de regner en ces lieux,
Et quand nous aurons bu cent coups de ce breuvage,
Il ne faut, belle Iris, qu'un regard de vos yeux
Pour détruire tout leur ouvrage.
Air
à boire Entre deux
vins, entre deux belles, Ah ! que
ne puis-je être sans fin,
Grands Dieux, que mon sort est divin,
Non je ne crains point du destin
Les atteintes les plus cruelles.
Comme je suis dans ce festin.
Recit
de Basse Redoutable
Vainqueur dont l'audace trop vaine Quel
triomphe Baccus, quelle eclatante gloire,
Prétendoit m'âsservir sous une dure loy,
Grace au nectar Divin dont ma bouteille est pleine
Je ris des vains efforts que tu fais contre moy.
Tous les traits de l'Amour n'ont pû me surmonter,
Et je remporte la victoire
Sur le Dieu qui t'a sçû dompter.
Air
Serieux Pourquoy
détournez-vous les yeux, Si de vos
sentimens secrets
Jeune & charmante Isabelle,
Lorsque d'un destin gracieux
Vous flattez mon ardeur fidele.
Vous craignez moins de trahir le mystere
De ces aimables indiscrets
Craindriez-vous le langage sincere.
Vaudeville Lorsque
Tirsis veut me dire N'en
murmurez pas raison, Couplet
2 Souvent
sur l'herbe naissante N'en
murmurez point, &c. Couplet
3 Les
discours qu'il me débite N'en
murmurez point, &c. Couplet
4 Belles
dans vôtre jeune âge Il
n'est plus de Celadon,
Qu'il brûle des plus beaux feux,
Loin de rebuter ses voeux,
Je luy réponds par un Sourire.
Tout pour rire, et rien de bon.![]()
Nous joignons tous deux nos voix,
Et sans façon je reçois
Le bouquet qu'il me rpésente.![]()
M'amusent sans m'attendrir,
Je le vois avec plaisir
Mais sans regret je le quitte.![]()
Ne vous engagez pas tant,
Tôt ou tard on s'en repend
Tout Amant n'est qu'un volage.
Tout pour rire et rien de bon.
Air
à boire,
en duo Si tu me
vois le verre en main, Douce
liqueur, ne coule dans mon coeur Couplet
2 Daphnis,
par un tendre retour, refrain Couplet
3 Protecteur
des tendres amis, refrain Refrain Que ta
liqueur
Ce n'est point, Dieu du vin,
Pour bannir l'Amour de mon ame,
Je dois mon plus heureux destin
Aux tendres feux dont il m'enflâme.
Que pour le rendre encor plus tendre,
Que pour augmenter son ardeur.![]()
Répond à mon amour,
Il est fidel, il est sincere,
Sans cesse je benis le jour
Ou j'eus le bonheur de luy plaire.![]()
Viens par ton jus exquis
Nourir une flâme si belle,
Cher Baccus, tu connois le prix
D'un amitié tendre et fidele.![]()
Ne coule dans mon coeur,
Que pour le rendre
Encor plus tendre,
Que ta liqueur
Ne coule dans mon coeur,
Que pour augmenter son ardeur.
Air
Serieux Ah ! que
vos yeux, Iris, ont de pouvoir
Qui s'expose à les voir
Ne peut fuir l'esclavage.
Ils sont l'ouvrage de l'Amour,
Et chaque jour,
L'Amour est leur ouvrage.
Air
à boire De
surmonter l'Amour, vous qui cherchez la gloire,
Au puissant Dieu du vin sans cesse adressez vous.
Quand vous n'y gagneriez que le plaisir de boire,
Vos soins serton payés d'un salaire assez
doux.
Air
à boire Lorsque
l'on boit à mes amours,
C'est à vous que l'on boit, adorable Silvie.
Ah ! que j'aurois l'ame ravie,
Et que je passerois d'heureux jours,
Si l'on buvoit à moy Silvie
Lorsque l'on boit à vos amours.
Vaudeville
à boire Je sers
une ingratte beauté Refrain en
duo Boire de
ce jus Divin, Couplet
2 Un
chicanneur qui me poursuit, Boire,
&c. Couplet
3 Un
ignorant de Medecin Boire,
&c. Couplet
4 Nous avons
un Hoste charmant Boire,
&c. Couplet
5 L'Amour
nous offre dans ces lieux Boire,
&c.
Dont la fierté
Me désole et me desespere,
Mon coeur est las de tant souffrir,
Pour me guerir
Que faut-il faire ?
Non, rien n'est meilleur que le Vin.![]()
Dans mon réduit
M'oblige d'estre Sedentaire,
Pour jouir malgré ce faquin
D'un doux destin,
Que faut-il faire ?![]()
Soit & matin
Veut que je boive de l'Eau Claire,
Mais helas ! je suis aux abois
Dés que j'en bois,
Que faut-il faire ?![]()
Et complaisant
Qui fait son bonheur de nous plaire
Pour luy temoigner en ce jour
Tout notre amour
Que faut-il faire ?![]()
De plus beaux yeux,
Que tous ceux qu'on voit à Cythere,
Pour resister a des objets
Si pleins d'attraits,
Que faut-il faire ?
Le
Papillon Jeunes
beautés ou brillent mille attraits, Le
Papillon de leur volage amour
Ne comptez plus sur leur puissance
Non vous ne pouvez jamais
De vos amans arrester l'inconstance.
Est l'image parfaite,
Le petit inconstant voltige chaque jour
De la plus belle fleur à la moindre
fleurette.
Musette
en Rondeau,
en duo Dans ce
beau Vallon, sur le gazon, Couplet
1 Les
Oyseaux Couplet
2 Tu m'es
chere
Tendre Amour, amene ma Climene,
Les prés & les bois
Sont faits pour tes aimables loix,
Tout y peint aux yeux
L'image de tes feux.![]()
Au doux bruit des eaux
Joigant leur ramage
Semblent tenir ce langage
Jeunes Coeurs
Suivez nos ardeurs,
L'honneur de charmer
N'est rien sans le plaisir d'aimer.![]()
Jeune fougere,
Plus que ces Palais
Qui charment les yeux
Du vulgaire, le mistere,
L'ardeur tendre et sincere,
Le calme et la paix
Sont dans les lieux
Ou tu te plais.
Vaudeville Eveillez
vous, il est temps, Pour un
si charmant destin, Couplet
2 Ce Berger
remply de feux Pour un
si charmant, &c. Couplet
3Déja l'Aurore au teint frais Pour un
si charmant, &c. Couplet
4 Deja les
jeunes Zephirs Pour un
si charmant, &c. Couplet
5 Partez
donc sans differer Qui
pour un si doux destin
Allez, partez jeune Sylvie
Le plus tendre des Amans
Vous attend dans la prairie.
Peut on se lever trop matin.![]()
Seroit charmé de vous aprendre
Que rien ne rend plus heureux
Qu'une ardeur sincere & tendre:![]()
Vers Cephale à grand pas s'avance,
Pour gouter les doux attraits
D'une heureuse intelligence.![]()
Qu'un amoureux transport excite,
Font entendre leur soupirs
A Flore qui les imite.![]()
Cherchez vostre Berger fidel,
Rien n'est tant à desirer
Et je sçay plus d'une belle
Voudroit se lever du matin.
Menuet
en Rondeau Que ma
Climene Que ma
Climene, &c. Couplet
2 Viens
dans mon ame, Viens
dans mon ame, &c. Couplet
3 Le
douce yvresse La
douce yvresse, &c
Réponde à mes soûpirs,
A mes desirs,
Je vis sans peine,
Je n'ay que des plaisirs.
Du Sort en vain j'éprouve la colere,
Mon tendre Amour sçait braver sa fureur,
Pour joüir du plus doux bonheur,
Dieu de Cythere,
Il suffit a mon coeur,![]()
Delectable liqueur,
Jus Enchanteur,
Eteins ma flâme
Rens la paix à mon coeur.
D'un faux espoir le Dieu d'Amour m'amuse
Prés de Phylis je vois qu'il ne peut rien,
Puisqu'elle fuit ce doux lien,
Qu'elle refuse
Son bonheur et le mien.![]()
Qu'en ce repas charmant
Chacun ressent,
Que d'allegresse !
Jamais on n'en eut tant.
Baccus nous verse une douce ambroisie
Qui porte au coeur un plaisir ravissant
Mais bien mieux que ce jus charmant
Vos yeux, Sylvie,
Causent dans un moment: