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Tables des Airs de Cour
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Jean-Baptiste Bousset

 

Recueil d'Airs Sérieux & à Boire, pour les mois de

Juillet - Aoust - Septembre 1695

 

Table
Airs sérieux

Airs à boire

 

Janvier, Fevrier, Mars
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Avril, May, Juin
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Juillet, Aoust, Septembre
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Octobre, Novembre, Decembre

 

 

Mon Rival, aimable Silvie,
M'enleve le plaisir de vous voir en ces lieux,
Le cruel feroit mieux de m'arracher la vie,
Sa main acheveroit l'ouvrage de vos yeux;
Mais, malgré tous ses soins, mon amour se dispose
A luy rendre à longs traits ce qu'il me fait souffrir,
Et c'est en vous aimant jusqu'au dernier soupir,
Que je veux me vanger des peines qu'il me cause.

 

 

Quand on aime ardemment, il est si naturel de craindre,
Il est si doux de se plaindre,
Que je me plains à tous momens:
Il est vray, ma foiblesse est extrême,
Mon coeur se souleve aisement:
Mais vous sçavez, Iris, qu'il s'appaise de mesme.

 

 

Duo

Foible buveur, toy qui crains pour ta teste
Les presens que l'Automne en cent climats t'appreste,
Tu craindrois moins cette aimable saison,
Si ton coeur de l'Amour devenoit la conqueste.
Grace au secours de l'amoureux poison,
L'Automne à ma raison ne promet plus d'allarmes,
Les yeux d'Iris, par de plus puissans charmes,
Ont prevenu Bachus & troublé ma raison.

 

 

Que l'esperance,
Quand l'amour commence,
Helas ! nous pâroît un grand bien !
Aprés une longue souffrance,
Le ferme soûtien que l'esperance !

 

 

Laissez-moy, belle Iris, laissez-moy m'obstiner à me taire,
Je ne suis que trop seur, helas ! de vous déplaire,
En vous parlant de mon ardeur:
Ou souffrez mon amour,
Ou souffrez mon silence,
Que vous sert de sçavoir les secrets de mon cœur,
Si ma tendresse vous offence ?

 

 

Duo

Viens, Bachus, viens guerir la douleur qui me presse,
Ne souffre plus que l'affreuse tristesse
Fasse agir sur mon cœur son dangereux poison:
Mais ne m'ôte point ma raison,
Si tu veux m'oster ma tendresse,
Unissons, pour braver de cruelles amours,
Et la raison & ton secours.

 

 

En vous fuyant, belle Silvie,
J'ay crû fuïr de l'amour le rigoureux tourment:
Mais, helas ! il suffit de vous voir un moment,
Pour vous aimer toute ma vie.

 

 

Mes Moutons, ma Musette,
M'occupent tour à tour,
Si je connois l'amour
Ce n'est qu'en Chansonnette.
Et contre les appas
De la volage Annette,
Je ne changeois pas
Mes Moutons, ma Musette.

 

 

Pour écouter mes plus tendres Chansons,
Vous laissiez dans nos campagnes,
Aux Bergeres vos compagnes,
Le soin de garder vos moutons.
Vous ignoriez alors, Iris, que je vous aime;
Mais, helas ! je ne connois que vous le sçavez bien,
Vous gardez vos moutons vous-même,
Et vous n'écoutez plus rien.

 

 

En vain vous resister, jeune Iris, à l'amour,
Malgré vous quelque jour
Vous sentirez sa puissance.
Et qui sçait même, helas !
Si vostre cœur ne gronde pas
Lorsque vous témoignez le plus d'indifférence ?

 

 

Aminthe me dit l'autre jour,
Tu cheris la peinte & tu fuis l'amour:
Si tu voulois, luy dis-je, Aminthe,
Me donner ton cœur & ta foy,
Je quitterois toûjours la pinte,
Et n'aimerois jamais que toy.

 

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