Les
plus beaux vers qui ont été mis en chansons Recüeillis
par Mr de Bacilly, 1661 Iris, vous
disiez l'autre jour Ie
sçay que ie n'aime que vous, Ie ne sens
pas, Philis, une peine legere, En vain
dans le transport d'une esperance fole, Incredule
Beauté, qui voulez ignorer Tandis
que ie ressens vostre extréme rigueur, Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Iugez
si ma peine est extréme, Helas
! ne suis-je pas à plaindre ? Les
Vers sont de Mr De P. I'ay
veu les beaux yeux de Silvie; Ie
veux que leurs traits adorables Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Ie ne puis
eviter Il
n'est parlé que de vos charmes Les
Vers sont de Mr Bénigne de
Bacilly Si
vous estes des plus cruelles, Les
Vers sont de Mr De
Bouillon I'ay cent
fois, Beauté cruelle, Mon amour
& ma tendresse Si dans
mon aour extréme, I'entends
Amarillis qui chante dans ce Bois, Les
Vers sont de Mr l'Abbé
Ménage Nymphes,
vous pouvez bien vous taire cette fois, Echo,
ton triste sort t'exempt de ce loix. Que
dis-je aux malheureux ? helas ! il n'en est
rien, Iris, ne
présumez pas Si vous
aimiez comme nous, Ie ne veux
pas au recit de ma peine Ie
n'oserois dans l'excès de ma flame Ie
n'ay pas la tresse blonde Que
ces gens à blonde tresse Les
Vers sont de Mr De
Bouillon
I'entens
la voix de la belle Climene Petits
Oyseaux, qui dans ce lieu sauvage I'aime,
ie suis aimé, Ie
luy contaois mon mal, Les
Vers sont de Mme
Mareschal Il est
vray, ie n'ose me plaindre Tous les
jours aupres de Silvie Ie
cherche vostre amour, ie fais tout pour vous
plaire, Ie
suis accoustumé de vous voir inhumaine, Les
Vers sont de Mr De
Mollier Ie
ressens un plaisir extréme Quelque
soin que mon coeur fidelle Les
Vers sont de Mr De
Bouillon I'avois
toûjours caché ma passion extréme, Alors que
i'ay voulu vous mettre au rang des Anges, Ie
fuis l'agreable harmonie, C'est
moy qui maintient tout le monde Les
Vers sont de Mr
Desmarests Ie
connois à quel poinct vostre esprit est
discret; Les
Vers sont de Mr De
Montereuil Ie
pensois qe sous vostre empire, Ie
prétendois que ma constance Qui
m'eust dit, ingrate Bergere, Les
Vers sont de Mme de
Scudery Ie ne puis
bien vous exprimer, Ie ne
sçay si i'ose-nommer I'ay
voulu mille fois d'un coeur seditieux Ie
pourrois soûpirer pour la jeune Cloris, Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Il
est vray, Philis, ie vous aime, Le
plaisir d'aimer est extréme, Les
Vers sont de Mr
Bouchardeau Ie
vous quitte, belle Artenice, Qu'ay-je
dit ? c'est un vain caprice, Les
Vers sont de Mme de
Scudery Ie
tâche en vain de faire resistance Ie
pense voir en ma langueur extréme Ie
crains souvent, ô crainte criminelle, Les
Vers sont de Mme de
Scudery Ie
pers le repos & les sens Beaux
yeux qui gouvernez mon sort, Les
Vers sont de Mr le Mareschal De
S.LVC. I'aime,
c'est trop celer I'aime de
si beaux yeux, Ie
ne vous quitte point pour quelqu'amour
nouvelle, Voyez
en quel estat m'a reduit vostre haine, Les
Vers sont de Mr Dalibray Il
me faut donc faire des Vers, Mon
coeur fait encore des voeux Belles,
apprenez ma Chanson, I'ay
long-temps balancé Ie me suis
asseuré Ie
me meurs, ma belle Cloris, Ie
ne me plains de mon tourment I'ay trop
d'amour pour le pouvoir celer, Tu me
defends de me plaindre en ce lieu, Ie
goustois cent mille douceurs Les
Vers sont de Mr Sarrazin Connoissez
l'effet de vos coups; Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Ie
vous dis toûjours aimez-moy, Lors
que vous aurez de l'amour, Lors
qu'Amours par ses traits vainqueurs Les
Vers sont de Mr De
Rambouillet Ie ne suis
pas facile à prendre, Mais par
l'éclat de tant de charmes, Ie
n'ay iamais parlé de mon amour
extréme, Pour
cacher son tourment, la feinte est inutile, Les
Vers sont de Mr Mallo Ie pleure,
ie me plains, & ie souffre un martyre Les
plaintes, les soûpirs, m'accompagnent sans cesse, Ie ne
connois que trop que i'aime, Ah ! ie
sens que mon feu s'exprime Il
faut aimer, Que
de plaisirs Les
Vers sont de Mr Quinault I'ay
veu de vos beaux yeux la clarté sans
seconde, Les
Vers sont de Mr Le Royer Ie
me plains des rigueurs de l'ingrate Amarille I'entretiens
ces Forests, ces Valons, ces Fontaines, Ces
Bergers sans amour, & sans inquietude, Les
Vers sont de Mr le Marquis de
Mompipeau I'ay
souvent consulté d'abandonner Cloris, Mon
dessein me contraint, il faut toûjours aimer I'ay tenu
vainement ma passion secrette; I'avois
rompu mes fers, & juré hautement Aussi ce
fut un jeu que mon ressentiment; I'aime,
et ne puis plus le taire, I'ay
fait ce qu'on fait d'ordinaire Les
Vers sont de Mr Du
Buisson Ie suis en
doute si Melite Non, ie
l'écoute qui menace Ie
vous ay veus, beaux yeux, mais ie vous vis si
peu, Les
Vers sont de Mr B. D. B. I'aime
Philis plus que ma vie, Fais
connoistre à cette cruelle, Ie meurs
d'amour pour la belle Climene, Ma passion
nuit & jour me propose I'adore
sans espoir Tout
me semble ennuyeux, Les
Vers sont de Mr B. D. B. Ses
yeux flatent les coeurs, Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Tirsis Philis Tirsis Philis Tirsis Tirsis
& Philis Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Ie veux
pour contenter Climene, En vain la
raison me conseille, Iris, dont
la grace m'enchante, O Dieux
! que peut-on entreprendre I'aime un
Brun depuis un jour Il est
sage, il est discret, I'ay veu
cet Astre de la Cour Ie
meurs à tout moment Mon
ame est en langueur, Les
Vers sont de Mme Sauve Ie veux
cacher à tous, avec un soin extréme, Si vous
m'aimiez un peu, belle Iris, il me semble Iamais
n'auray-je le pouvoir L'ennuy
que j'ay ne peut cesser, Le
deüil, le regret, & l'amour Ie
m'estois resolu de souffrir sans le dire, Ie vous
aime, Philis, & rien n'est comparable, Ie
ne puis desormais éviter le
trépas, Les
Vers sont de Mme
Mareschal I'avois
juré de n'aimer de ma vie; O mort !
ô mort ! tant de fois appellée, Mes yeux
ont veu l'adorable Climene, On dit
qu'amour est un mal agreable, Ie ne dors
point, ie resve, & ie soûpire; Ie suis
chagrin, ie deviens solitaire, Quand le
dépit vient d'une amour extréme, Iris,
que ie croyois fidelle Les
Vers sont de Mr De
Verderonne Ie
ne puis plus souffrir qu'Iris soit infidelle; Ah
! c'est bien vainement qu'en ma douleur
exréme Les
Vers sont de Mr Boileau Ie cherche
les Forests, ie n'aime plus la Cour, Ie n'ay
pas en un jour un moment qui soit doux, Ie
voy des Amans chaque jour, Chacun
peut donner un beau tour Les
Vers sont de Mr Sarrazin Ie vay
mourir, Philis, vostre injuste couroux Triomphez
maintenant, orgueilleuse Beauté, I'avois
juré l'autre jour Ce
qui m'avoit rebuté, Mais
las ! depuis un moment O
ma raison, sans mentir, Tu
devois dire à mes yeux, Plus
esclave que iamais, Les
Vers sont de Mr
B. D. B. Ie
n'ay point consulté, vous donnant ma
franchise, Vos
yeux m'ont éclairé, mais ils n'ont
pas fait naistre Les
Vers sont de Mr De
Maulevrier I'aime
bien quand ie suis aimé; Aussi
toute sorte d'objets I'ay
juré mille fois de ne iamais
aimé, Helas
! de mon erreur trop tard ie
m'apperçois, Les
Vers sont de Mme la C. De la
Suze Il n'est
donc que trop vray que l'ingrat m'a laissée, I'ay
brisé pour suivre Silvie Ie
sçay bien qu'en ce doux martire Ie n'en
parleray plus, bien que mon mal empire, Tout le
monde a pitié du tourment que i'endure, Ie ne
crains plus vos injustes rigueurs, I'ay
si bien publié vos attraits mes
vainqueurs, Pour
vous suivre en tous lieux, on voit qu'à tous
momens Les
Vers sont de Mr De
Bouillon Ie suis
blessé de mille dards, Belle
bouche pleine d'appas, Ie cache
si bien ma douleur, I'adore
ses yeux sans espoir,
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Que i'estois heureux en amour,
Et qu'il m'estoit aisé de toucher les plus
belles:
Ie ne sçay pas ce qui m'arrivera;
Mais vous m'en direz des nouvelles,
Ou personne ne m'en dira.![]()
Et que la rigueur de vos coups
M'a déja fait sentir mille peines cruelles:
Mais pour l'eefet que cela produira,
Si vous n'en sçavez des nouvelles,
Ie ne sçay pas qui les sçaura.
Pour ne m'en plaindre pas, & pour vous le celer:
Ce sont les plus grands maux qui ne peuvent parler,
Et les moindres douleurs qui ne se peuvent taire.![]()
Ie voudrois m'efforcer à dire ma langueur;
Lors que vos yeux, Philis, m'arracherent le coeur,
Ie demeuray sans voix, & perdis la parole.
Le tourment trop visible
Que vos yeux me font endurer;
Helas ! Belle inflexible,
Si vous sentiez les maux qui me font
soûpirer,
Vous seriez plus sensible.![]()
Et que ie tiëns secretes
Les flames qui brulent mon coeur;
Cruelle que vous estes,
Tout le monde sçaura ce qui faït ma
langueur,
Hormis vous qui la faites.
Philis, ie vous sers contamment;
Vous me fuyez incessamment,
Et ie sçay qu'un autre vous aime;
Iugez si ma peine est extréme.![]()
Sans cesse on me voit soûpirer;
Ie n'ay iamais lieu d'esperer,
Et i'au toûjours sujet de craindre;
Helas ! ne suis je pas a plaindre ?
Et quand leurs doux regards me cousteroient la
vie,
Ie ne m'en plaindrois pas;
La gloire est sans seconde,
De voir l'Arrest de son trépas
Dedans les plus beaux yeux du monde.![]()
Soient aux autres Amans cruels &
redoutables,
Ils seront doux pour moy;
La gloire est sans seconde,
D'apprendre à conserver sa foy
Dedans les plus beaux yeux du monde.
Ces yeux qui font quitter
Aux Immortels
Leur Temple & leurs Autels:
Si ma Silvie
N'a point d'amour,
Ie suis sans vie,
Et sans envie
De revoir le jour.
Pour Mad. de Br
Et dans la Ville & dans la Cour;
Les Belles en ont mille alarmes,
Les Galands en brulent d'amour,
Que ie serois heureux, Silvie,
Si l'ardeur de mon amitié
Vous faisoit autant de pitié
Que vous faites d'envie.
Pour les coeurs que vous enchaisnez,
Ie suis pour vous des plus fidelles,
Et suis des plus infortunez:
Mais si ma peine enfin, Silvie,
Appaisoit pour moy vos beaux yeux,
Ie ferois autant d'envieux
Que vous faites d'envie.
Voulu tener le hazard,
De vous dire une nouvelle
Où vos yeux ont quelque part;
Mais qui meurt sous vostre empire
Pres de vous est interdit:
Si i'eusse osé vous le dire,
Helas ! que m'auriez-vous dit ?![]()
Redoutent vostre rigueur
Et ie n'ay que ma foiblesse
Pour vous prouver ma langueur,
En mourant sous vostre empire,
Ie suis toûjours interdit:
Mais si i'eusse osé le dire,
Helas ! que m'auriez-vous dit ?![]()
Comme un amant éperdu,
I'eusse déclaré que i'aime,
Que m'auriez-vous répondu ?
Bien que i'ay le coeur tendre,
Ie doute de son credit,
Et ie craindrois fort d'apprendre
Tout ce que vous m'auriez dit.
Taisez-vous, Rossignols, Zephirs, faites
silence;
Agreables Ruisseaux, coulez sans violence,
Et n'interrompez point les accens de sa
voix.
Vous chantez tous les jours dans ce lieu
solitaire,
La belle Amarillis ne vient pas vous
déplaire,
Elle veut seulement vous charmer de sa
voix.![]()
Qui pourroit en ces lieux te defendre la plainte
?
Tu peux dire le mal dont ton ame est atteinte,
On souffre aux malheureux l'usage de la
voix.![]()
Ie me meurs sans oser découvrir mon
martyre:
Puis qu'il t'es donc permis de parler, tu peux
dire
Qui causa ton trépas, & qui causa le
mien.
De tous vos divins appas;
Quand vous seriez sans seconde,
Puissiez-vous tout enflamer,
Quoy que belle, quoy que blonde,
Le plus grand defaut du monde,
Est de ne pouvoir aimer.![]()
Rien ne seroit comme vous;
Mais la Nature trop sage,
Pour vostre dernier malheur,
Lasse, & manquant de courage,
Ne pût achever l'ouvrage,
Et ne vous fit point de coeur.
Imiter ces Amans de qui la peine vaine
Blâme vostre rigueur;
Philis, mon respect est tout autre,
Et quand ie vous donne mon coeur,
Ie ne demande pas le vostre.![]()
Esperer que vos yeux promettent à mon ame
La fin de ma langueur;
Philis, mon respect est tout autre,
Et quand ie vous donne mon coeur,
Ie ne demande pas le vostre.
Pour vous plaire & vous charmer,
Mais, ô Beauté sans econde,
M'en doit-on moins estimer ?
Mon coeur est le coeur du monde
Qui sçait le mieux aimer.![]()
Fassent les gens précieux;
Que leur coiffure parêsse
Plus éclatante à vos yeux;
Pour servir une Maistresse,
Ils n'en valent pas mieux.
Qui dans ces lieux enchante tous mes sens;
Charmans Ruisseaux qui coulez dans la Plaine,
Arrestez-vous à ses divins accens;
Et vous, Zephirs, retenez vostre halaine,
Ne troublez pas les plaisirs que ie sens.![]()
Parlez d'amour, & chantez en secret;
Climene fait le mesme personnage,
Gardez pour elle un silence discret;
Et vous, Echo, rendez luy cet hommage
De ne parlez qu'apres ce doux objet.
Ie n'en suis pas moins miserable,
Puis qu'un jalaoux impitoyable
M'a ravy la beauté dont ie suis
enflamé:
Ah ! que mon malheur est extréme,
De ne point voir ce que i'aime.![]()
Elle avoit pitié de mes peines,
Nous allions au bord des Fontaines
Parler de nostre amour qui n'eut iamais
d'égal:
Ah ! que mon malheur est extréme,
De ne point voir ce que i'aime.
Du mal que le respect m'ordonne de celer;
Et quelque passion qui semble m'y contraindre,
I'aime mieux mourir que parler.![]()
Ie voy croistre le feu dont ie me sens brûler;
Mais quand ce doux objet me cousteroit la vie,
I'aime mieux mourir que parler.
Et vous cherchez ma mort, c'est tout vostre
desir;
Nous pouvons bien tous deux, Philis, nous
satisfaire,
Vous n'avez qu'à m'aimer, ie mourray de
plaisir.![]()
Vos rigueurs ne sçauroient m'obliger
à périr;
Aimez-moy donc, Philis, pour plaire à vostre
haine,
Et surpris d'un tel bien, ie mourray de
plaisir.
Que tout le monde enfin sçache que ie vous
aime,
Et que rien n'est comparable à ma foy;
Mais ce qui fait pas peine,
Est que i'ay beau chercher si vous m'aimez,
Climene,
Chacun l'ignore comme moy.![]()
Se donne pour sçavoir si vous estes
cruelle,
Rien sur ce poinct ne le peut contenter;
Mais pour guerir ma peine.
Si vous me confessiez que vous m'aimez,
Climene,
Ie n'en pourrois iamais douter.
Et d'un autre tourment me feignois agité:
Mais il faut maintenant dire que ie vous aime;
Philis, quand on se meurt, on dit la
verité.![]()
De mesme qu'un flateur vous m'avez rejetté:
Mais vous ne devez plus soupçonner mes
loüanges;
Philis, quand on se meurt, on dit la
verité.
Qui viens par mes accords divers
Répandre par tout l'Univers
Une joye infinie;
Ie regne quand chacun me suit,
Qui m'abandonne, me detruit.![]()
Par le bel ordre des Saisons,
Qui par le concert des raisons
Calme la terre & l'onde;
Ie regne quand chacun me suit,
Qui m'abandonne, me detruit.
I'aime, ie vous dis mon secret,
Et ie ne l'ay dit de ma vie;
I'ay toûjours eu grand soin de la cacher
à tous,
Et ie mourray plustost, Silvie,
Que de la dire à quelqu'autre que
vous.
Iris, le plus cruel martyre
Avoit ie ne sçay quoy de doux;
Helas ! ie n'estois point jaloux.![]()
Au temps de vostre indiference
Eust senty vos plus rudes coups;
Helas ! ie n'estois point jaloux.![]()
Qu'on pût ne penser qu'à vous
plaire,
Et se déplaise aupres de vous ?
Helas ! ie n'estois point jaloux.
Philis, quel mouvement regne dedans moy-méme;
Mais enfin ie sans bien que i'aime
Ce que ie n'oserois aimer.![]()
Le mal que ie déguise avec un soin
extréme;
Mais enfin ie sans bien que i'aime
Ce que ie n'oserois aimer.
Quitter la belle Iris pour un'amour nouvelle;
Mais lorsque ses rigueurs me chassent d'aupres
d'elle,
Un regard de ses yeux
Aussi-tost me rappelle.![]()
Elle a je ne sçay quoy qui flate & qui
m'engage;
MAis quelque doux espoir que donne un beau
visage,
Le presence d'Iris
En efface l'image.
Mais n'en soyez point en couroux;
Si vous voyiez en moy ce que l'on voit en vous,
Vous aimeriez de mesme.![]()
Quand on aime un objet si doux;
Si vous voyiez en moy ce que l'on voit en vous,
Vous aimeriez de mesme.
Et ce n'est pas pour mieux choisir;
Mais c'est qu'un peu d'amour est un charmant
plaisir,
Et qu'un peu trop d'amour est un cruel
supplice.![]()
Ie ne puis changer de desir;
Mais Dieux ! qu'un peu d'amourest un charmant
plaisir,
Et qu'un peu trop d'amour est un cruel
supplice.
A la douleur d'une si longue absence,
De mille ennuis mon coeur est consumé.
Qui le croiroit, Amour, qu'on pût sous ton
empire
Souffrir tant de martyre,
Quand on a le bonheur d'aimer, & d'estre
aimé ?![]()
Mille dangers attaquer ce que i'aime,
Dont mon esprit est sans cesse alarmé.
Qui le croiroit, Amour, qu'on pût sous ton
empire
Souffrir tant de martyre,
Quand on a le bonheur d'aimer, & d'estre
aimé ?![]()
Et trio injuste à mon amour fidelle !
Qu'un autre objet ait son coeur enflamé.
Qui le croiroit, Amour, qu'on pût sous ton
empire
Souffrir tant de martyre,
Quand on a le bonheur d'aimer, & d'estre
aimé ?
D'ennuy de ne voir plus Silvie;
Et bien-tost la fin de ma vie
Dira la douleur que ie sens.![]()
Voyez la rigueur de vos charmes;
Pres de vous, ie verse des larmes;
Absent, vous me donnez la mort !
Ma passion extréme,
C'est trop dissimuler;
Ma douleur fait bien voir que i'aime.![]()
Qu'il n'en est pas de mesme;
Et ie croy que les Dieux
Serviroient la Beauté que i'aime.
Rien ne peut reparer les biens que i'ay perdus;
Vostre beauté, Philis, m'apprit d'estre
fidelle,
Et vostre cruauté m'apprend à n'aimer
plus.![]()
Et ce que i'en reçois de maux & de
plaisirs;
Vous m'ostez tout espoir pour vous, belle
inhumaine,
Et pour d'autres que vous, vous m'ostez tous
desirs.
Sapho le veut, Philoxene en demande,
Des Vers de commande
Sur l'air de Desairs;
Pour mon malheur on vous y met encore,
O Doralice, & vous ô Cleodore.
Helas ! combien i'endure
Pour vous obliger ?
Cette sotte mesure
Me fait enrager;
Un malheureux Poëte
Ne s'y trouve qu'une beste,
Mais un Poëte Amant
Y perd l'entendement.![]()
Pour un objet aussi beau qu'insensible,
Il m'est impossible
D'éteindre mes feux;
Ma destinée est de mourir pour elle,
I'en suis content, & sans estre infidelle.
Sous son cruel empire
Ie finis mes jours;
Mais que veux-je donc dire
Par ce sot discours ?
Non, c'estoit l'autre année
Cette triste destinée,
Ce rigoureux trépas,
Et ie n'y pensois pas.![]()
Ie ne dis pas qu'elle soit des plus belles,
Mais pour les cruelles
C'est une leçon,
Trois mois, six mois, huit mois, toute une
année,
Un peuvre Amant aura l'ame obstinée.
Il benira ses peines,
Dira hautement,
Qu'il portera vos chaisnes
Eternellement;
Mais bien qu'il vous le jure,
Si vostre rigueur vous dure,
Ta, la, la, la, la, la,
Il vous plantera là.
![]()
A recevoir les fers dont mon coeur est pressé;
Mais i'ay trouvé tant d'appas & de charmes,
Que ma raison quitte les armes,
Amarillis est Reyne de mon sort,
Et ie luy jure par mes larmes
De la servir jusqu'à la mort.![]()
De luy rendre aucun soin qui soit
considéré;
Ma passion pourra m'estre funeste;
Mais cet objet est tout celeste;
Amarillis, maistresse de mon sort,
Devant vos yeux ie vous proteste
De vous aimer jusqu'à la mort.
Ie souffre un mal extréme,
Moderez un peu vos mépris,
Et rentrez en vous-meme;
Un petit regard de pitié,
Si vous ne l'avez
d'amitié.
Et pour qui ie soûpire,
Font esperer un coeur plus doux;
Les voulez-vous dédire ?
Un petit regard de pitié,
Si vous ne l'avez d'amitié.
![]()
Qu'à celle qui les cause;
Donnez-y quelqu'allegement,
Ie ne veux pas grand chose.
Un petit regard de pitié,
Si vous ne l'avez
d'amitié.
![]()
Et ie ne puis
En l'estat où ie suis
M'empescher de parler.
Chere Silvie,
Ie suis sans vie;
Si tu ne veux bien-tost me secourir,
Dois-je esperer, ou bien dois-je mourir ?![]()
Lors que tu vois
Que ie n'ay plus de voix
Que pour te dire adieu,
Chere Silvie,
Ie suis sans vie;
Si tu ne veux bien-tost me secourir,
Dois-je esperer, ou bien dois-je mourir ?
Parmy ces Prez, ces Bois, ces Ruisseaux, & ces
Fleurs;
Quand vos yeux en tourmens ont changé tant
de charmes;
Olimpe, Reyne de ces lieux,
Ie viens les yeux en larmes
Me plaindre à vous du mal que m'ont fait vos
beaux yeux.
Ces plaisirs qui m'estoient si charmants & si
doux,
Ne touchent plus mes sens, & n'ont plus rien
d'aimable;
Olimpe, Reyne de ces lieux,
Ie viens les yeux en larmes
Me plaindre à vous du mal que m'ont fait vos
beaux yeux.
Philis, vous sçavez bien pourquoy ?
C'est que le plaisir est extréme,
D'estre aimé quand on aime.![]()
Vous nous direz à vostre tour;
Ha ! que le plaisir est extréme,
D'estre aimé quand on aime.![]()
Se rend le maistre de nos coeurs;
Ha ! que le plaisir est extréme,
D'estre aimé quand on aime.
Et i'ay de la peine à me rendre;
Mais quand un fois ie suis pris,
I'aime avec tant de violence,
Que rien n'a le pouvoir d'ébranler ma constance,
Si ce n'est le mépris.![]()
Philis, ie vay rendre les armes,
Et vous dire que ie suis pris;
Ie meurs, ie languis, ie me pâme;
Adorable Beauté, ie sens bien que ma flame
Souffrira le mépris.
Et jusqu'icy mon coeur a paru fort discret;
Aminte, cependan on dit que ie vous aime,
Ie ne sçay pas qui peut avoir dit mon
secret.![]()
Puisqu'Amour en tous lieux fait éclater son
feu,
On a beau déguiser, il est bien
difficile,
Quand on aime beaucoup, qu'il n'y paroisse un
peu.
A qui rien n'est égal:
Helas ! si c'est Amour qui fait que ie soûpire,
Qu'Amour est un grand mal !![]()
Tout plaisir m'est fatal:
Helas ! si c'est Amour qui fait que ie soûpire,
Qu'Amour est un grand mal !
Et i'ose découvrir ce qui me fait brûler.
Dieux ! mon mal n'est-il pas extréme,
Puis qu'il m'empesche de parler ?![]()
Par ce dernier soûpir que ie fais en mourant;
Mais, beaux yeux, ce n'est pas un crime,
Chacun soûpire en expirant.
C'est un destin inévitable;
Il n'est point de coeur indomptable
Que l'Amour ne puisse charmer;
Mais sur tout quand on est aimable,
Il faut aimer.![]()
Amour fait voir parmy ses chaisnes !
Ses rigueurs les plus inhumaines
Font pousser de charmans soûpirs,
Et ses maux causent moins de peines
Que de plaisirs.
Mon coeur a ressenty leurs coups.
Qu'ils sont perçans, & qu'ils sont doux
!
Ils s'en vont desoler le monde;
Ils ne sont prompts à secourir,
Helas ! qu'ils en feront mourir !
Aux Arbres, aux Rochers de ce charmant sejour:
Mais helas ! ie ne fais qu'une plainte inutile,
Ils n'ont iamais senty les peines de l'Amour:
Que ie serois heureux,
Si le Ciel m'avoit fait insensible comme eux
!![]()
Et ces charmans Ruisseaux, des peines que ie
sens:
Mais las ! rien n'est touché du recit de mes
peines,
Que l'Echo qui répond à mes tristes
accens.
Que ie serois heureux,
Si le Ciel m'avoit fait insensible comme eux
!![]()
S'endorment au doux bruit que font ces belles
eaux:
Helas ! ils n'aiment rien que cette solitude,
Et le plaisir d'y voir leur innocens troupeaux.
Que ie serois heureux,
Si le Ciel m'avoit fait insensible comme eux
!
Pour contenter Silvie;
Mais connoissant qu'il y va de ma vie,
Ie ne sçaurois luy complaire à ce
prix.![]()
Celle qui me possede:
Si c'est un mal, il n'a point de remede;
Si c'est un bien, ie le dois estimer.
Olimpe, ie me meurs, & vous le connoissez:
Helas ! si le respect rend ma bouche muette,
I'ay des yeux qui parlent assez.
Que l'ingrate Cloris ne feroit plus ma peine;
Mais en la revoyant, i'ay renoüé ma chaisne,
Et rompu mon serment.![]()
Cloris a sur mes sens conservé la victoire,
Et ie n'avois juré que pour avoir la gloire
De rompre mon serment.
De ce timide aveu n'ayez aucun depit:
Helas ! il pourra vous déplaire;
Mais quand on ne sçait plus que faire,
On ne sçait plus ce que l'on dit.![]()
Dedans l'emportement d'un si libre discours:
Mais n'en soyez point en colere;
Helas ! quand on a qu'une affaire,
Philis, on en parle toûjours.
Me veut perdre, ou me secourir,
Puis que ses yeux me font mourir,
Et que sa voix me ressuscite:
Comme il plaist à l'Amour elle change mon sort,
Et ie meurs mille fois pour survivre à ma
mort.![]()
Mon coeur aux flames destiné;
Mais quand sa voix m'a condamné,
Ses yeux sont doux, & me font grace:
Comme il plaist à l'Amour elle change mon sort,
Et ie meurs mille fois pour survivre à ma
mort.
Que loin d'en éteindre mon feu,
Ie sens que son ardeur s'en augmente & me
tuë.
O Reyne de mon sort, arbitre de mes jours,
Pourquoy vous ay-je si peu veuë ?
Ou que ne vous vois-je toûjours ?
Philis me hait plus que la mort;
Amour, contente mon envie,
Fais luy connoistre qu'elle a tort;
Et pour me satisfaire,
Change en autre feu celuy de sa colere.![]()
Que dans mon ame i'ay fais voeu
De ne joüer plus avec elle,
Puis qu'elle ne prend rien en jeu;
Et pour me satisfaire,
Change en autre feu celuy de sa colere.
Ses doux regards me blessent sans guerir;
Mais sans penser à l'excés de ma peine,
I'aime, ie veux souffrir, & puis mourir.![]()
De luy parler, & de ma découvrir;
Mais le respect me tient la bouche close,
I'aime, ie veux souffrir, & puis mourir.
Une charmante Brune,
Au plaisir de la voir
Ie borne ma fortune;
Car d'en estre amoureux,
C'est estre malheureux.![]()
Absent de cette Belle;
Ie la cherche en tous lieux,
Et ne prétens rien d'elle;
Car d'en estre amoureux,
C'est estre malheureux.
LEurs charmes nous engagent,
Mais ces charmans flateurs
Iamais ne nous soulagent;
De brûler don pour eux,
C'est estre malheureux.
Il
est temps d'exprimer nos maoureuses
flames.
Si l'amour a des traits,
S'il tourmente les ames,
Mon coeur ne le connut iamais.
Ton coeur peut-il contredire ta bouche,
Quand tu te plains du beau feu qui te touche
?
Je méprise l'Amour, ie me ris de ses
traits.
Cruelle.
Assemblons donc nos soûpirs & nos
plaintes,
Meslons nos voix, passons ainsi nos jours,
Et faisons vivre nos amours,
Veritables, ou feintes.
Borner si bien tous mes desirs,
Que pour récompenser ma peine,
Ie ne prétens aucuns plaisirs;
Car en l'aimant, mon avanture est telle,
Que sans rien esperer, ie dois mourir pour elle.![]()
Et me promet la liberté,
Si ie quitte cette merveille
Dont ie respecte la beauté;
Car en l'aimant, mon avanture est telle,
Que sans rien esperer, ie dois mourir pour elle.
Iris, dont i'adore les yeux,
Par un privilege des Cieux,
N'a rien d'égal quand elle chante;
Et pour n'en point douter,
Si l'on en croit l'Amour, on n'a qu'à
écouter.![]()
Contre des charmes si puissans ?
Elle a si bien gagné nos sens,
Que l'esprit ne s'en peut defendre;
Et pour n'en point douter,
Si l'on en croit l'Amour, on n'a qu'à
écouter.
Plus beau que l'Amour méme,
Et qui meurt pour moy d'amour;
Ne vous étonnez pas si i'aime.![]()
Sa douceur est extréme,
Il sçait garder le secret;
Ne vous étonnez pas si i'aime.
Dont i'ay tant évité la flame.
O Dieux ! quelle atteinte à mon ame,
Ie n'ne puis plus, helas ! ie meurs d'amour.
O Dieux ! qu'Aminte est belle,
Il faut brûler, il faut mourir pour elle.
Dans ce bannissement
Dont la rigueur me tuë;
Beaux yeux, sources d'amour,
En perdant vostre veuë,
Ie pers aussi le jour.![]()
Et ie sens que mon coeur
Cede au coup qui le tuë;
Beaux yeux, sources d'amour,
Souffrez que vostre veuë
Me redonne le jour.
Que vous m'avez charmé;
Mais qu'il est mal-aisé de cacher que l'on aime,
Quand on n'est pas aimé.![]()
Que l'on n'en sçauroit rien;
Bien plus facilement nous cacherions ensemble
Vostre amour & le mien.
De m'affranchir de cette tyrannie
Où m'assujettit mon devoir,
Dont la rigueur est infinie:
Beaux yeux qui m'animez par des attraits si doux,
Comment puis-je vivre sans vous ?![]()
Tout me déplaist éloigné de ses
charmes;
Si i'ouvre l'oeil, c'est pour laisser
Le passage libre à mes larmes:
Beaux yeux qui m'animez par des attraits si doux,
Comment puis-je vivre sans vous ?![]()
Dont ie ressens les cruelles atteintes,
Forcent ma langue nuit & jour
A dire & redire ses plaintes:
Beaux yeux qui m'animez par des attraits si doux,
Comment puis-je vivre sans vous ?
I'avois baissé les yeux, & n'osois
soûpirer;
Mais puis que le trépas va finir mon martire,
Ie ne dois plus rien craindre, & plus rien
esperer.![]()
A l'excessive ardeur dont ie suis consumé;
Car vous aimant autant que vous estes aimable,
Ie vous aime bien plus qu'on n'a iamais
aimé.
Vous irritez mon mal, en disant, ie vous aime;
Ie connois ovstre esprit, & mon malheur
extréme;
Si vous m'aimiez, Philis, vous ne le diriez
pas.
Mais vous voyant, i'en ay repris l'envie.![]()
Que ne viens-tu ? Philis s'en est allée.![]()
Helas ! mon coeur, que vous aurez de peine ?![]()
Et cependant il me rend miserable.![]()
Amour, dis-moy ce que cela veut dire ?![]()
Dedans les Bois ie commence à me plaire.![]()
On dit qu'on hait, & l'on sent que l'on aime.
Autant que ie l'estois pour elle,
Ecoutoit mes soupirs, i'en estois
estimé:
Mais helas ! son coeur se partage,
Ie n'en puis dire davantage,
Iugez de ma douleur, si vous avez
aimé.
Et puis que mes respects ne peuvent rien sur
elle,
Bannissons de mon coeur ce qu'il aime le mieux:
Mais que puis-je opposer à l'effort de ses
armes ?
Elle a toûjours les mesmes charmes,
Et i'ay toûjours les mesmes yeux.![]()
I'ay tâché d'oublier cette ingratte
que i'aime,
Et de briser les fers qui causent mon tourment:
Qu'elle soit inconstante, inhumaine, infidelle,
Elle est toûjours charmante & belle,
Et moy ie suis toûjours Amant.
Ie fuis également & le monde & le jour,
I'ay l'esprit abbatu, ma douleur est extréme:
D'où viennent mes ennuis ?
Aminte, quand on aime,
On est comme ie suis.![]()
Et ie n'ay de repos que quand ie pense à vous;
Quand i'aimois Amaranthe, helas ! i'estois de
méme:
D'où viennent mes ennuis ?
Aminte, quand on aime,
On est comme ie suis.
Sans crainte des rigueurs, découvrir leur
martire.
Mais de tout ce qu'on me dit sans l'Empire
d'Amour,
L'adieu, belle Philis, couste le plus à
dire.![]()
Au discours qui fait voir que son ma
soûpire:
Mais pour bien dire adieu dans l'Empire
d'Amour,
C'est, aimable Philis, la mort qui le doit
dire.
En finissant mes jours, finira mon supplice:
Ie n'ay rien éprouvé que des rigueurs en
vous,
Il faut voir si la mort me sera plus propre.![]()
Vos mépris ont vaincu de mesme que vos charmes:
I'abandonne mon coeur à vostre cruauté,
Voyez couler mon sang, c'est trop peu de mes
larmes.
Que sur moy ce fol amour
N'auroit iamais de prise,
Mais qu'il est malaisé de garder sa
franchise !![]()
C'estoit l'infidelité
De l'ingrate Belise;
Mais qu'il est malaisé de garder sa
franchise !![]()
Un objet rare & charmant
Tient mon ame soûmise,
Ah ! qu'il est malaisé de garder sa
franchise !![]()
Tu pouvois me garantir
D'une telle surprise;
Mais qu'il est malaisé de garder sa
franchise !![]()
Fermez-vous, audacieux,
Il y va de la vie;
Il n'appartient qu'aux Dieux de regarder
Silvie.![]()
Ie veux prendre desormais
Des mots pour ma Devise:
Ah ! qu'il est malaisé de garder sa
franchise !
Ie n'ay point separé la peine & le
plaisir;
Car l'insensible effet d'une juste surprise
Ne laisse pas tant de loisir.![]()
La violente ardeur qui me fait tant souffrir;
Elle estoit dans mon coeur avant que de
paraistre,
Et n'a fait que se découvrir.
Mais ie ne puis este enflamé
Des Belles qui sont inhumaines;
Ie ne subis iamais de Loy,
Et ne souffre iamais de peines,
Qu'autant qu'on en souffre pour moy.![]()
Ne peuvent estre des sujets
Pour forcer mon coeur à se rendre;
Et si l'on veut me posseder,
Il faut des charmes pour me prendre,
Et des faveurs pour me garder.
Et ie ne croyois pas que rien me pût
charmer:
Mais alors que ie fis ce dessein temeraire,
Tirsis, vous n'auriez pas entrepris de me
plaire,
Ma raison contre vous ne fait plus son devoir,
Et de l'Amour enfin ie connois le
pouvoir.![]()
Ie pensois que ce Dieu ne rangeât sous ses
loix
Que ceux qui de ses traits sçavent mal se
defendre,
Mais ie sesns que mon coeur malgré moy se va
rendre,
Ma raison contre vous ne fait plus son devoir,
Et de l'Amour enfin ie connois le
pouvoir.
Et tournant ailleurs sa pensée,
Il m'oublie aujourd'huy,
Moy donc il fit toûjours & la joye &
l'ennuy;
Iamais autre que luy ne me trouva sensible,
A tout autre qu'à luy ie parus invincible,
Il fut seul mon vainqueur.
O r age ! ô desespoir ! falloit-il que mon coeur
Preferât folement à mille Amans fidelles
L'impitoyable autheur de mes peines cruelles ?
Mais il se vit forcé de ceder au plus fort,
Et l'on ne change pas les volontez du sort;
Tu fis, en qui reluit tout ce qui rend aimable,
Ah ! que de te haït ie me sens peu capable !
Et que ie doute encor en ce funeste jour
Si ma colere égale mon amour !
Que ne te repens-tu ? ta grace est toute preste,
Grace pour un perfide; ah ! plustost sur sa teste
Le Ciel lance aujourd'huy tous ses traits à la
fois;
Mais de quel nouveau trouble est ma fureur suivie ?
Ie succombe, ie perds la voix,
Heureuse si ie pers en mesme temps la vie.
Les chaisnes qui tenoient ma vie;
Esclave des grandeurs qu'on adore à la Cour,
I'ay tout abandonné pour elle,
Et dans ma passion fidelle
Ie ne veux esperer que de mourir d'amour.![]()
C'est gloire que de pouvoir dire,
Silvie, en vous perdant, ie veux perdre le jour;
Et que la cause en est si belle,
Que dans ma passion fidelle
Ie ne puis esperer que de mourir d'amour.
A quoy me sert de vous le dire,
Au triste estat où ie me voy ?
Beaux yeux qui sçavez bien où la douleur me
presse,
Me plaindray-je sans cesse ?
Et n'aurez-vous iamais un bon moment pour moy ?![]()
Et vous pour qui ie veux qu'il dure,
Méprisez mes feux & ma foy:
Beaux yeux qui triomphez de mon ame asservie,
Ie plaindrois peu ma vie,
Si vous aviez iamais un bon moment pour moy.
Ne craignez plus, Philis, mes justes plaintes,
Ne faites plus servir vos attraits à vos feintes,
Vous le feriez en vain, puis qu'helas ! ie me
meurs.
I'ay si bien caché vos rigueurs,
Qu'enfin tout le monde vous aime:
Ah ! que ie crains, Philis, qu'en vous gagnant des
coeurs,
Ie ne me sois perdu moy-méme.![]()
Mille coeurs se vont consumans
D'un feu dont l'ardeur est extréme:
Ah ! que ie crains, Philis, que parmy tant
d'Amans
Ie ne me sois perdu moy-méme.
Beaux yeux, ie vay perdre la vie,
Détournez un peu vos regards;
Mais non, regardez-moy, Silvie.
O Dieux ! quel moyen de guerir ?
Et que dois-je faire ?
S'il m'est impossible de vivre
Sans voir ce qui me fait mourir.![]()
Petite, vermeille, & mignarde,
Ie meurs quand ie ne vous voy pas,
Et ie meurs quand ie vous regarde.
O Dieux ! quel moyen de guerir ?
Et que dois-je faire ?
S'il m'est impossible de vivre
Sans voir ce qui me fait mourir.
Et les enstimens de mon coeur,
Que Philis n'y peut rien connaistre;
Et tout prest de perdre le jour,
Le respect demeure le maistre
De ma flame & de mon amour.![]()
Et n'ose mesme faire voir
Les maux qu'en mon coeur ils font naistre,
Et tout prest de perdre le jour,
Le respect demeure le maistre
De ma flame & de mon amour.