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Les plus beaux vers qui ont été mis en chansons
Recüeillis par Mr de Bacilly, 1661
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Adorables
trompeurs Vos
regards pleins d'amour Retenez
pour un temps
Beaux yeux, beaux infidelles,
Qui donnez à nos coeurs
Tant d'atteintes mortelles;
Helas ! qui de diroit, en vous voyant si doux,
Que vous auriez pitié de nous ?![]()
Ont trop de tyrannie;
En nous donnant le jour
Ils nous ostent la vie;
Helas ! que ne diroit, en les voyant si doux,
Que vous avez pitié de nous ?![]()
Les maux que vous nous faites,
Soyez tous innocens
Comme on croit que vous estes;
En nous voyant périr, vous qui semblez si doux,
Ayez au moins pitié de nous.
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Tu ris en me voyant périr;
Ingrate Beauté que i'adore,
O jeune & ravissante Aurore,
En naissant tu me fais mourir.
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Arbres, Rochers, doux & charmans Zéphirs, Hé bien, soûpirs, ne faites point de
bruit,
Ruisseaux, murmurantes Fontaines,
Dans vostre sein cachez mes déplaisirs,
Seuls témoins de mes feux, confidens de vos
peines,
Dites-moy si mon coeur n'osant se declarer,
Au moins peur soûpirer ?![]()
Montrez mes sensibles contraintes,
Mais seulement au coeur qui vous produit;
Ne pouvant te parler, cher objet, de mes craintes,
Que l'Echo qui m'entend puisse dire pour moy,
Que si i'aime, c'est toy.
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Amour, dont les charmes
puissans, Tu sçais qu'un genereux
Amans Mais Dieux ! où me vois-je
reduit ?
Ont sceu par des traits innocens
Me soûmettre aux Loix de Silvie;
Haste toy d'estre mon support,
Et puis qu'on éloigne ma vie,
Permets que ie coure à la mort.![]()
Dans un si rude éloignement
Doit souhaiter de ne pas vivre;
Et tu peux dans cette langueur,
S'il ne m'est permis de la suivre,
Faire qu'elle emporte mon coeur.![]()
Mon bonheur me plaist & me nuit,
Mon devoir s'oppose à ma flâme,
Ie ne puis vivre, ny périr;
Car si l'un partage mon ame,
L'autre me defend de mourir.
Amour m'a mis hors de defense, Ce Dieu d'accord avec vos charmes
Ie suis sans resistance,
Malgré vostre rigueur vos traits sont tous
puissans,
Ie m'en vay mourir, Celimene,
Toute mon esperance est vaine;
Helas ! ie le connois au doux mal que ie sens.![]()
Me fait rendre les armes,
Et soûmet ma raison à vos traits tous
puissans;
Ie m'en vay mourir, Celimene,
Toute mon esperance est vaine;
Helas ! ie le connois au doux mal que ie sens.
Amour, ie te suis obligé
Du bien que tu m'as fait en me donnant Caliste;
Tout me rit, ie ne suis plus triste,
Mon mauvais destin est changé;
Venez, plaisirs, rendre le témoignage
De mon heureux servage.
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Amarillis, ie renonce à vos
charmes, Ie suis d'accord que vous estes
plus belle, Quand vous croiez simplement qu'on
vous aime,
Vous me traittez avec trop de rigueur;
Pres de Philis ie verse moins de larmes,
Un seul soûpir luy peut toucher le coeur;
Ie ne cours pas toûjours à la plus
adorable,
La facile est pour moy la plus aimable.![]()
Que vostre esprit est au dessus du sien:
Mais au moment que ie brûlay pour elle,
Son feu parut aussi-tost que le mien;
N'est-il pas naturel d'aimer ce qui nous aime ?
Pour moy i'en useray toûjours de
méme.![]()
Vous ignorez le pouvoir de vos coups;
L'on ne sçauroit sans un péril
extréme
Vous voir souvent, & se plaire avec vous;
De la bonne amitié sçachez que d'ordinaire
L'on n'a jusqu'à l'amour qu'un pas à
faire.
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A Vos Autels i'ameine une
Victime, Mon crime helas ! se punit de
luy-méme;
Punissez moy, ie confesse mon crime,
Si par vos Loix c'est estre assez coupable,
Que d'aimer trop un objet trop aimable.![]()
Mourir d'amour sans dire que l'on aime,
C'est bien assez lois que l'on est coupable,
Que d'aimer trop un objet trop aimable.
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A la rigueur des ans
La vostre vous expose;
Comme ils sont inconstans,
Ils changent toute chose;
La Beauté n'a qu'un temps,
Aussi bien que la Rose.
A quelle extremité le Ciel
m'a-t'il réduit ? Mais puis qu'il faut mourir,
mourons donc innocent,
Quel destin me conduit,
Pour mourir devant vous, & ne vous pouvoir dire
Aminte ie me meurs, mais ne me plaignez pas,
De crainte que vos yeux, en pleurant mon martyre,
Ne démentent leurs traits qui causent mon
trépas.![]()
Cette Belle y consent,
Et les voeux que i'ay faits d'estre à iamais
fidelle,
Tout d'un coup la douleur le saisit tellement,
Qu'il est tres-asseuré qu'ils fust mort devant
elle,
Si le Ciel n'eust voulu prolonger son tourment.
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Apprenez-moy d'où vient
qu'à vostre abord Si vostre coeur vous pressoit en
secret Si vostre coeur vous pressoit tout
de bon, Ny le Barbon, ny le jeune
Blondin, Belle Philis, pour un si doux
plaisir, Qu'il est cruel en vous faisant la
cour, Usez-en mieux; & lors qu'un
pauvre Amant Dans la foule de tous vos
soûpirans,
Ie ne suis plus quasi moy-méme ?
Seroit-ce point sans en estre d'accord,
Belle Philis, que ie vous aime ?
Dés le moment que i'ay veu vos beaux yeux,
I'en n'ay toûjours crû quelque chose;
Car ie languis, & soûpire en tous lieux,
Et n'en connois point d'autre cause.![]()
D'aller jusqu'où l'Amour engage,
Iettez les yeux sur un Amant discret,
Pour vous guider en ce voyage,
Eloignez-vous de ces jeunes Ardans,
De qui les feux brillent pour nuire:
Suivez les miens, quoy que moins éclatans,
Ils vous sçauront bien mieux conduire.![]()
D'aller jusqau'où l'Amour préside,
Gardez-vous bien de choisir un Barbon,
Prenez plutost un jeune Guide;
Eloignez-vous de ces foibles Ardans
Dont les feux n'ont plus guere à vivre;
Suivez les miens, puis qu'ils sont plis brillans,
Vous prendrez plaisir à les suivre.![]()
Ne valent rien en ce voyage;
L'un fait le prude, l'autre le badin,
L'un est trop fou, l'autre est trop sage;
Mais le milieu seroit bien vostre fait,
Entre la vieillesse & l'enfance,
Vous trouverez un Guide parfait
De la force & de la prudence.![]()
Quelque bien que l'on vous propose,
Un coeur n'est plus en estat de choisir
Si-tost que l'Amour en dispose;
Sans disputer quelle âge est le meilleur,
Pour bien placer vostre conqueste,
Dés que l'Amour l'a dit à nostre coeur,
La raison n'est plus qu'une beste.![]()
De vous cacher ce que l'on pense !
Qu'il est cruel d'avoir beaucoup d'amour,
Et de languir sans esperance !
Ne laissez plus mon coeur en cet estat,
Puis qu'à vos yeux il s'abandonne;
Car entre nous c'est un assassinat
De plaire, & de n'aimer personne.![]()
Vous parlera de son martyre,
S'il a l'esprit d'en parler galamment,
Souffrez ce qu'il voudra vous dire;
En cas d'amour, une plainte, un soûpir,
Ne décria iamais personne;
Mais seulement afin de mieux choisir,
Prenez tous les coeurs qu'on vous donne.![]()
Penchez sur tout vers le fidelle,
Défiez-vous de ces soûpirs errans
Qu'on voit aller de Belle en Belle;
Prenez un coeur qui soit tendre & constant,
Qui sçache brûler & se taire,
Et songez bien que le choix d'un Amant
N'est pas une petite affaire.
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Ah ! Philis, que ie suis
jaloux, Non, ie ne prétens
nullement
D'en voir soûpirer devant vous
D'autres qui ressentent ma peine;
Méprisez mon coeur, & la foy,
Mais pour le moins, belle inhumaine,
Que mon tourment soit tout à moy.![]()
Que vous soulagiez mon tourment,
Mon audace n'est pas si grande;
Faites que ie sois sans Rival,
Tout le bien que ie vous demande,
C'est que personne nait mon mal.
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Ah ! que ie souffre loin de vous,
Elvire,
Ah ! que ie souffre loin de vous;
Mais qu'il me seroit doux
Au milieu d'un si cruel martyre,
Qu'il me seroit doux,
Qu'en mesme temps vous pûssiez dire,
Ah ! que ie souffre loin de vous,
Palmire,
Ah ! que ie souffre loin de vous.
Astre naissant, merveille de la Cour, Du moins beaux yeux, si ie suis rejetté,
Qui m'enflâmez d'un si parfait amour,
Ie n'en puis plus, ma douleur est extrême,
Et sans espoir d'estre aimé, ie vous aime.![]()
Qu'un autre Amant ne soit pas mieux traitté;
Ie n'en puis plus, ma douleur est extréme,
Et sans espoir d'estre aimé, ie vous aime.
A quel étrange choix m'obligez-vous, Silvie ? Ignorez-vous l'estat de mon ame asservie ?
Vous voir sans vous aimer, vous aimer sans vous voir;
En vous obéïssant, ie finiray ma vie;
Si ie fais autrement, i'offense mon devoir,
Cet Arrest ne doit pas sortir de vostre voix,
Et vous ne devez pas me commander ce choix.![]()
Aucun soulagement ie ne puis recevoir,
Si vous ne permettez pour le bien de ma vie
Que ie vous puisse aimer de mesme que vous voir;
On ne peut pas vous voir sans avoir de l'amour;
Vous aimer sans vous voir, c'est me priver du jour.
Adieu, Beauté si charmante
& si rare,
Puis que le Ciel pour un temps nous separe;
Ie vous donne mon coeur tout enflamé d'amour,
Et ie n'emporte rien que l'espoir du retour.
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Ah ! que le Ciel est contraire à ma vie
De s'opposer à mon contentement;
Ie meurs d'amour pour la belle Silvie,
Sans esperer aucun soulagement;
Si ie l'appelle
Pour me secourir,
Cette cruelle
Ne me peut souffrir
Que pour me voir mourir.
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Amour, sous ton empire Avant que ie m'engage,
On se plaint, on soûpire,
Apres que le trait est tiré;
Et moy blessé d'une mortelle atteinte,
Ie n'ay pas fait ma plainte,
Ny soûpiré.![]()
Il faut que ie sois sage,
Bien que ie sois desesperé;
On connoîtroit d'où m'est venu l'atteinte,
Si i'avois fait ma plainte,
Et soûpiré.
Amarillis au partir de ce lieu, Las ! ie voy bien que ma ferme
amitié
Mon coeur te dit un eternel adieu;
Si ta pitié ne me vient secourir,
Amarillis tu me verras mourir.![]()
N'a pû toucher ton ame de pitié,
Et que l'Amour, ce Tyran mon vainqueur,
Loge en tes yeux, & non pas dans ton coeur.
Aimable Solitude, Au bord d'une Fontaine, Chers Hostes des Bocages, Le Faune & le Satyre
Bois qui charmez les sens,
De mon inquietude
Condidens innocens,
Est-il tourment plus rude
Que celuy que ie sers ?![]()
Les yeux baignez de pleurs,
Tirsis dit à Climene,
Touché de ses rigueurs,
Trop aimable inhumaine,
C'est pour toy que ie meurs.![]()
Oyseaux charmans & doux,
Par vos tristes ramages
Dequoy vous plaignez-vous ?
Ie souffre davantage,
N'en soyez point jalaoux.![]()
Dans ces lieux d'alentour,
Touchez de mon martyre,
Se disent tour à tour,
Que l'absence est le pire
De tous les maux d'Amour.
Bénigne
de
Bacilly
[1625 - 1690]
Batiste
[Baptiste]: Jean-Baptiste
Lully
[1632 - 1687]
Antoine
Boësset
(dit l'Ancien) [1587 - 1643]
Jean-Baptiste
Boësset
(dit le Jeune) [1614 - 1685]
Jean
de Cambefort
[1605 - 1661]
Jacques
Champion
de Chambonnières
[v. 1601 - 1672]
François
de Chancy
[1600 - 1656]
Pierre
Chabanceau
de La Barre
[1592 - 1656]
Louis
de Mollier
[v. 1615 - 1688]
Michel
Lambert
[1610 - 1696]
Sébastien
Le Camus
[v. 1610 - 1677]
Jean
de Perdigal
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