Les
plus beaux vers qui ont été mis en chansons
Recüeillis
par Mr de Bacilly, 1666
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Index
des compositeurs & des compositions
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- Anonyme
- Batiste
- Bénigne
de Bacilly
- I'allois
au marché ce matin
[avec Mouton]
- I'avois
servy constamment
- I'ay
long-temps aimé Silvie
- I'ay
soûpiré sans estre
apperçeu
- I'ay
trop long-temps celé ma passion
extreme
- Ie
cede enfin au pouvoir de l'amour
- Ie
languis aux pieds de Climene
- Ie
me suis méconté
- Ie
ne puis gagner sur moy-mesme
- Ie
ne sens guere en peine
- Ie
pensois pour toucher l'ame la plus
cruelle
- Ie
pensois, belle Celimene
- Ie
souffre nuit & iour, & ne vous en dis
rien
- Ie
suis à vous, ie ne puis m'en
dédire
- Ieune
Iris, vos naissans appas
- Il
est vray, ie suis rigoureuse
- Il
faut parler pour finir son martyre
- Ingratte,
que i'ay tant aimée
- Iris
est fidelle
- Iris
m'avoit donné son coeur
- Iris
quitte sa rigueur
- Iris,
ie ne sçay pas comment
- Iris,
il est bien doux d'estre dans vostre
estime
- Iris,
que ie ne connois pas
- Iris,
qui
pouvez tout charmer
- Iusques
icy mes soins & ma peine
- Boesset
- Chambonniere
De
- D'Ambruis
- D'Anglebert
- La
Barre De
- Lambert
- Le
Camus
- M.D.L.N.
- Maulevrier
De
- Mollier
De
- Moulinié
- Perdigal
- Pinel
- Riel
De
- Sabliere
De
- Sicar
- Vill.
Cott.
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Recit de
Ballet
de Mr Vill. Cott.
Il ne faut point hesiter
Sur ce qu'un tel maistre ordonne,
Dans le monde il n'est personne
Qui puisse luy resister:
Songeons â le satisfaire,
Obeïssons promptement,
Dés qu'il s'agit de luy plaire,
Tout est prest en un moment.

Depuis qu'il esten ces lieux,
La saison en est plus belle,
Et d'une clarté nouvelle
Nous voyons briller les Cieux:
Nous n'avons point de Bergere
Qui ne luy cede aisément,
Dés qu'il s'agit, &c.
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Les
Vers sont de Mr le Marquis de
Dangeau
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Recit de
Ballet
de Mr Vill. Cott.
Il est vray, Paris a des
charmes:
Mais ce desert a des Beautez.
La Paix regne en ces lieux, & nos felicitez
Ne coustent point de larmes.
Il est vray, Paris a des charmes:
Mais ce desert a des Beautez.
Les coeurs de nos Bergers n'y sont point agitez
De soupçon ny l'alarmes.
Il est vray, Paris a des charmes:
Mais ce desert a des Beautez.
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Les
Vers sont de Mr le Marquis de
Dangeau
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Air de
Bénigne de Bacilly
Il faut parler pour finir son
martyre,
On perd son temps à soûpirer,
Il faut d'abord se declarer,
Mais sur tout quand l'Amour nous fournit dequoy dire,
Il faut parler pour finir son martyre.
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Les
Vers sont de Mr D. T****
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Gavotte de
Mr De Mollier
I'estois aimé de Cloris,
Et pour vous aimer, Iris,
Ie luy fus infidelle;
Ie suis las d'estre constant,
Lassez-vous d'estre cruelle,
Ou j'en fais encore autant.

Is suis commode en aimant,
I'aime assez facilement,
Et ie change sans peine.
Vous m'y voyez disposé:
Si vous estes inhumaine,
Il ne m'est rien plus aisé.

Sous les amoureuses loix,
S'il faut languir plus d'un mois,
Sans espoir de salaire;
Ie me ris des feux constans,
Et lors que ie ne puis plaire,
Ie ne puis aimer long-temps.
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Les
Vers sont de Mr Boursault
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Air
Italien
Espento-lardore
Ie n'ay plus dans l'ame
Ces feux amoureux,
O barbare flamme,
Ie veux vivre heureux,
Ie ris du supplice
D'un Amant,
Ie n'ay ny caprice
Ny tourment
Pour Philis qui fait gloire de sa cruauté,
I'ay rompu mes chaisnes, mon coeur,
liberté.

I'ay brisé la
fléche
De ce Dieu vainqueur,
Et fermé la breche
Qu'il fait dans mon coeur.
Vivons sans nous plaindre
De ses traits,
Il ne faut plus craindre
Les attraits
De Philis qui fait gloire, &c.

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Air de Mr
le Marquis de Maulevrier
I'ay tenu vainement ma passion
secrette,
Olympe, ie me meurs, & vous le connoissez;
Helas ! si le respect rend ma bouche muette,
I'ay des yeux qui parlent assez.

Lors que ie vous regarde, &
lors que ie soûpire,
Mes soûpirs & mes yeux declarent mes desirs,
Ma bouche m'obeït, mais ie n'ay point d'empire
Sur mes yeux, ny sur mes soûpirs.

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Recit de Ballet
de Mr
Boesset
Ieunes, coeurs, croyez-moy,
laissez-vous enflammer,
Tost ou tard il faut aimer,
Et c'est en vain qu'on façonne;
Tout cede à mon pouvoir, tout fléchit sous mes
loix,
Ie n'en exempte personne,
Pas mesme les Roys.

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Air de M. D. L.
N.
Iris, n'aurez-vous point
d'amour,
Dans vos beaux yeux chacun le voit paroistre;
Mais permettez qu'il change de sejour,
Et que de vostre coeur il se rendre le maistre,
Aussi-bien c'est-là qu'il doit estre.

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Air de
Bénigne de Bacilly
Ieune Iris, vos naissans appas
M'ont engagé sous vostre empire,
Helas ! vous ne le sçavez pas,
Aussi ay-ie osé vous le dire:
Vos beaux yeux innocens du mal qu'ils font souffrir,
L'ayant fait sans dessein, n'ont pû le
découvrir.

Mes pleurs, mes soûpirs, ma
langueur,
Vous ont parlé de ma martyre,
Mais helas ! vostre ieune coeur
Ne sçavoit ce qu'ils vouloient dire;
Et si prest de partir de cét aymable lieu
Ils ont reduit ma voix à découvrir mon
feu.

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Entrée de
Ballet
Ie sçay bien
Qu'à vous aimer, Climene,
On a bien de la peine,
Mais cela n'est rien
Puisque i'ay l'esperance
Qu'Amour,
Un iour,
Finissant ma souffrance,
Pour me vanger
De vostre indifference,
Vous fera changer.
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|
Les
Vers sont de Mr M**
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Air de Mr
De Mollier
I'apprens, Philis, qu'aux voeux de
mon rival,
Vostre coeur se rend favorable:
Et de grace, objet adorable,
Songez qu'en soulageant mon mal
Vous rendez le mien incurable.

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Air de
Bénigne de Bacilly
Ie souffre nuit & iour, &
ne vous en dis rien,
Vous apprendrez ma mort sans sçavoir mon martyre;
Et vous confesserez qu'un mal comme le mien,
Estoit assez grand pour le dire.

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Air de Mr De La
Barre
Ie cherche les forests, ie n'aime
plus la Cour,
Ie fuïs également, & le monde, & le
iour,
I'ay l'esprit abbatu, ma douleur est extrême:
D'où viennent mes ennuis ?
Aminte, quand on aime,
Est-on comme ie suis ?

Ie n'ay pas en un iour un moment
qui soit doux,
Et ie n'ay de repos que quand ie pense à vous,
Quand j'aimois Amarante, helas ! j'estois de mesme,
D'où viennent mes ennuis ?
Aminte, quand on aime,
Est-on comme ie suis ?

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Air de Mr
D'Ambruis
I'aime une jeune Bergere,
Mais la cruelle n'aime rien,
Son coeur feroit bien mon affaire,
Que n'en dit-elle autant du mien ?

Bien que Philis soit cruelle,
Mon coeur se plaist dessous sa loy:
Helas ! ie ne puis aimer qu'elle,
Que n'en dit-elle autant de moy ?

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Sarabande de
Bénigne de Bacilly
Iusques icy mes soins & ma
peine
Prés de vous n'ont pas reüssi:
Mais si ie perds le temps, Climene,
Ne le perdez-vous pas aussi ?

Objet à qui rien ne
resiste,
Vous me permettez quelque espoir.
Mais mon coeur est fait pour Caliste,
En vain vous pretendez l'avoir.

Tes yeux, d'une douceur
extréme,
Malgré moy me viennent charmer;
Veut tu m'aimer puis que ie t'aime,
Ou ne me faire plus aimer.

Ne vous mocquez pas, Artenice ?
Des douces flammes de l'Amour,
Si vous ne luy faites iustice,
Il se la peut bien faire un iour.
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Les
Vers sont de Mr L. P. D. M.
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Sarabande de
Bénigne de Bacilly
Iris est fidelle,
Et veut m'enflammer,
Mais quoy que la Belle
Puisse tout charmer,
Ie crains trop d'aimer.

Quand l'objet qu'on aime
Seroit sans egal,
Un amour extréme,
Mesme sans Rival,
Est tousiours un mal.

Ie sçay le martyre
Qu'on souffre en aimant:
Ce cruel tourment
Est tousiours charmant.

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Sarabande de
Mr Pinel
Ie sçay quelle est la
tyrannie
Dont vostre coeur est endurcy,
Vostre rigueur est infinie,
Mais ma constance l'est aussi.

Soyez pour moy toute de glace,
I'auray pour vous assez d'amour,
Et veux souffrir vostre disgrace,
Quand ie devrois perdre le iour.

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Air de
Bénigne de Bacilly
Il est vray, ie suis
rigoureuse,
Mais ma rigueur me fera vivre en paix;
Il n'est rien tel pour estre heureuse,
Que d'estre aimable, & de n'aimer iamais.

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Air de Mr
Le Camus
Ie sçay que mon amour prend
d'inutiles soins,
Que rien ne peut fléchir vostre rigueur
extrême,
Helas ! ie n'attendois pas moins:
Mais si vous pretendez empescher qu'on vous aime,
Vostre rigueur, Iris, prend d'inutiles soins.

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Gavotte
Ie cherche dans ma Bergere
En vain dequoy me guerir;
Elle est ingrate & legere,
C'est assez pour en mourir,
C'est pour pour me secourir.

En la voyant inconstante
Ie voudrois bien la changer,
Mais la voyant si charmante,
De peur de trop me vanger,
Ie n'oserois y songer.

Mon coeur est à vous de
sorte,
Qu'il vous suit malgré vos coups;
Il veut vous servire d'escorte,
Et trouve qu'il est plus doux
D'estre sans moy que sans vous.

Ie cherche dans moy, Climene,
Dequoy ne vous aimer plus:
Mais malgré toute ma peine
Mes efforts sont superflus,
Vos beaux yeux ont le dessus.

Malgré moy mon coeur vous
aime,
Non, ie n'en sais point le fin;
Mais si malgré vous de mesme
Le vostre m'aimoit, enfin,
Ie benirois mon destin.

A voir vos beaux yeux, Bergere,
On attendroit tout de vous;
Mais, helas ! ces yeux si doux
En disent autant à tous.
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Les
Vers sont de Mr M**
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Air de Mr
Perdigal
Insensible Bergere
Que l'on ne peut toucher:
Helas ! que veux-tu faire
De ton coeur de rocher,
A l'amoureuse peine
Tu dois consentir:
Ressens un peu, Climene,
Ce que tu fais sentir.

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Air de Mr
Lambert
I'avois déja passé
prés d'un iour sans la voir,
Et ma raison flattoit mon coeur du vain espoir
Que ie vivrois ainsi le reste de ma vie:
Mais sur la fin du iour i'ay rencontré Silvie,
Et malgré mon dépit & malgré sa
rigueur
Ses beaux yeux ont desuit ma raison & mon
coeur.

Mon coeur trop
méprisé s'en plaignoit en tous lieux,
Et ma raison, d'un autre objet esperant mieux,
Me reprochoit le temps que ie l'avois servie,
Mais sur la fin du iour, &c.
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Les
Vers sont de Mr De La Tuilliere
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Gavotte de
Bénigne de Bacilly
Iris quitte sa rigueur,
Sous l'Amour elle se range;
Nous avons changé de coeur,
Et ie ne perds point au change.

Cette farouche Beauté,
Bien aise d'estre asservie,
Se reprent d'avoir esté
Cruelle toute sa vie.

Elle accuse son humeur,
L'appellant cent fois volage;
Et suivant l'ordre du coeur
Sa bouche tient le langage.

Bois, Rochers, Echo charmant,
Agreable solitude:
Ha ! que l'on souffre en aimant
Une douce inquietude.

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Menuet de
Mr Batiste
Iris estoit tendre & belle,
Ie n'aimois qu'elle;
Iris estoit tendre & belle,
I'estois content:
Mais ie dis voyant la cruelle
Sensible aux voeux d'un autre Amant,
Quand la Bergere est infidelle,
C'est au Berger à n'estre pas constant.

Loin de brûler & se
taire
A l'ordinaire,
Loin de brûler & se taire,
Amans discrets,
Pour traiter l'amoureux mystere
Ie vous diray comme ie fais,
Ma foy, si vous m'en voulez croire,
Parlez toûjours, & ne brûlez
iamais.

Tirsis prés de sa
Bergere,
Sur la fougere,
Tirsis prés de sa Bergere
A deux genoux,
Luy dit dans sa tendresse extréme,
Le coeur percé de mille coups:
Pourquoy faut-il que ie vous aime,
Si ie ne puis me faire aimer de vous ?

Viens, mon a&imable
Bergere,
Sur la fougere,
Viens, mon aimable Bergere
Faire l'amour:
C'est ce que font dans ce bocage
Les petits oiseaux d'alentour,
Ils font l'amour en leur langage,
Et sur les fleurs se baisent tour à tour.

C'est ce que dit la Linotte
Dessus sa notte,
C'est que que dit la Linotte
Et le Pinçon;
C'est dont parle cette Fauvette
Sous les fueilles de ce buisson,
C'est ce que chante ma mustte,
Et ce que dit ma petite chanson.
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Les
Vers sont de Mr Perrin
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Philis, quelle impatience
En vostre absence,
Philis, quelle impatience
Souffre mon coeur;
Rien ne peut charmer sa souffrance
Pendant cette extréme longueur,
Ny le grand bruit, ny le silence
N'ont le pouvoir de finir sa langueur.

Pour moy cette cour pompeuse
Est ennuyeuse,
Pour moy cette cour pompeuse
Est sans appas,
La lumiere m'est odieuse
Où vos beaux yeux ne brillent pas;
De cette absence rigoureuse
Cent fois le iour ie souffre le trépas.

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Gavotte
Ie sens naistre en mon coeur
Une douce langueur,
Ah ! belle inhumaine,
Tu viens m'enfalmmer;
Détourne tes yeux, Climene,
Ils forcent d'aimer.

D'inutiles desirs
Donnent peu de plaisirs,
Une amour si vaine
Ne sçauroit charmer;
Détourne tes yeux, &c.

Quoy ? depuis un moment
Que ie suis ton Amant,
L'excez de ma peine
Ne peut s'exprimer;
Détourne tes yeux, &c.

Pour détourner tes yeux
Mon coeur n'en est pas mieux,
Ah ! que cette peine
Est dure à souffrir;
Encore un regard, Climene,
Deussay-je en mourir.
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Les
Vers sont de Mr De Charleval
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Air de
Bénigne de Bacilly
Ingratte, que i'ay tant
aimée,
Puisque d'un autre objet tu te sens enflammée,
Va jusqu'où peut aller ton injuste rigueur:
Ne songe plus à mon amour passée;
Qui n'est pas digne de ton coeur,
N'est pas digne de ta pensée.

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Courante
Il n'est rien de si beau que
vous,
Aussi chacun se frotte à vos yeux doux,
Et les moins amoureux,
D'en recevoir des coups,
Se tiennent heureux;
Mais las ! charmante Iris,
Si vous croyez les traiter de mépris,
Vous pourriez bien,
Aprés avoir tout pris,
A la fin n'avoir rien.

Tout ce qui vit & void le
iour,
Peut voir en vous le temple de l'Amour,
Où les homm' & les Dieux
Vont chacun à leur tour'
Adorer vos yeux;
Mais las !, &c.
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Les
Vers sont de Mr M***
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Air de Mr De
Mollier
Il est vray que vostre rigueur
Devroit avoir guery mon coeur
Du mal qui me rend miserable:
Ie le croy, belle Iris, comme vous le pensez,
Mais vous estes aimable,
Pour aimer n'est-ce pas assez ?

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Courante
Ie vous adore en mille lieux,
Si ie vous aime, ie suis malheureux,
Ie suis discret, j'ay de l'amour, & vous estes
cruelle,
Cruelle ou non,
Vous estes belle,
Vous avez raison.

Mais sans desesperer,
Ie veux toûjours perseverer,
Puisqu'un fidelle doit tout esperer,
De son amour & de ses soins un iour, belle
inhumaine,
Cette rigueur
Qui fait ma peine,
Fera mon bonheur.
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Les
Vers sont de Mr Columb.
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Gavotte de
Bénigne de Bacilly
Iris, que ie ne connois pas,
Et que ie ne veux point connoistre,
Ie rends hommage à vos appas,
Mais dispensez-moy de paroistre;
On connoist assez le pouvoir
De vostre beauté sans la voir.

Il faut se rendre au seul
rapport
De vos attraits & de vos charmes,
Soudain j'ay ressenty l'effort
Que m'ont fait d'invisibles armes,
Et vos yeux ont eu le pouvoir
De m'assujettir sans les voir.

De ceux qui vous sont asservis,
Ie seray le moins incommode,
Tous les autres seront ravis
De se presenter à la mode;
Quand à moy, de tout mon pouvoir
Ie vous serviray sans vous voir.
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Les
Vers sont de Mr Conrat.
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Menuet
Iris au bord de Seine,
Les yeux baignez de pleurs,
Disoit à Celimene,
Conservez vos froideurs,
Les hommes sont trompeurs.

Les cruautez des belles
Les rendent inconstans;
MAis quande de ces cruelles
Ils sont enfin contens,
Ils n'aiment pas long-temps.

Si le Rival vous presse,
S'il vous fait trop de mal,
C'est contre une Maistresse
Qu'il faut estre brutal,
Et non contre un Rival.

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Sarabande de
Bénigne de Bacilly
Ie suis à vous, ie ne puis
m'en dédire,
Ie suis soûmis aux loix de vostre empire,
Vous sçavez bien pour qui mon coeur
soûpire,
Espargnez-moy la peine de le dire.

Aux loix d'amour mon coeur n'est
point rebelle,
Il est soûmis aux charmes d'une Belle:
Ie brusle enfin d'une flamme immortelle,
Et pour iamais ie veux estre fidelle.

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Air de
Bénigne de Bacilly
Ie pensois pour toucher l'ame la
plus cruelle,
Qu'il ne falloit que bien aimer;
MAis depuis le moment qu'Iris m'a sceu charmer,
Ah ! Ie voy bien qu'un coeur tendre & fidelle,
Quand il est amoureux,
Pour trop aimer n'en est pas plus heureux.
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Les
Vers sont de Mr De La Tuilliere
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Sarabande
I'avois dessein de vous parler
Du feu que vosbaux yeux m'ordonnent de celer:
Mais i'ay pensé qu'il valloit mieux me taire,
Et que le seul respect de mes feux innocens,
Seroit plûtost capable de vous plaire,
Que le triste recit des peines que ie sens.

Philis, ie ne suis point jaloux
De voir qu'un autre soûpire auprés de vous:
Car connoissant vostre ame inexorable,
Qui fait tout esperer, & qui ne donne rien,
Ie ne croy pas, quoy qu'il soit fort aimable,
Que son bon-heur soit plus grand que le
mien.
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Les
Vers sont de Mr De Maulevrier
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Sarabande de
Mr De Chambonniere
Ie cherche en vous quelque endroit
favorable,
Par où ie puisse aimer moins vos beautez;
Mais les attraits par qui vous m'enchantez
Font que mon coeur n'en peut estre capable:
Helas ! pourquoy n'estes-vous point aimable ?

D'un seul defaut flatez un
miserable,
Ménagez-moy quelque legereté,
Mais qu'ay-je dit ? vostre extreme beauté
Fait que mon coeur n'en peut estre capable:
Helas ! pourquoy n'estes-vous point aimable ?
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Les
Vers sont de Mr De Maulevrier
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Air de Mr
Lambert
Il est vray qu'Amour a ses
peines,
Mais ces peines sont des plaisirs.
L'Amant le plus heureux pouse mille soûpirs,
Et languit dans ses chaisnes:
Il est vray qu'Amour a ses peines,
Mais ces peines sont des plaisirs.
Dans ces momens plus doux on a mille desirs,
Et mille craintes vaines;
Il est vray qu'Amour a ses peines,
Mais ces peines sont des plaisirs.
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|
Les
Vers sont de Mr Perrin
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Gavotte de
Bénigne de Bacilly
Ie ne sens guere en peine
De vostre inegalité,
Vostre amour, ny vostre haine
Ne m'ont jamais tourmenté:
Si vous m'aimez; ie vous aime,
Mais si vous ne m'aimez pas,
Ie veux en user de mesme
En dépit de vos appas.

Fussiez-vous une Deesse,
Ie méprise vostre loy,
Il n'est rien que la tendresse
Qui soit un charme pour moy;
Si nos coeurs sont l'un pour l'autre,
Aimons-nous, ie le veux bien,
Mais si ie n'avois le vostre,
Vous n'aurez iamais le mien.

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Gavotte de
Mr Batiste
Ie languis sans esperance,
Et redoutant vos rigueurs,
Ie remets à mon silence,
L'interest de mes langueurs,
Prés de vous, quand on soûpire,
On tremble, on est interdit:
Mais si j'eusse osé le dire,
Helas ! que m'auriez-vous dit ?

Abandonné de moy-mesme,
Prest d'expirer de vos coups,
Si ie disois ie vous aime:
Helas ! que me diriez-vous vous ?
Vos froideurs me font comprendre
Comme vous en useriez,
Gardez-vous donc de m'apprendre
Tout ce que vous me diriez.
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|
Les
Vers sont de Mr De Maulevrier
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Sarabande de
Mr De Maulevrier
Ie veux bannir, Philis, tous mes
desirs,
Quand vous seriez cent fois plus belle,
Ie crains les maux passent les plaisirs,
Et mon coeur fuit une cruelle,
Si vos beaux yeux le faisoient esperer,
Sa passion seroit extrême,
Mais il n'est pas d'avis de soûpirer
Si le vostre n'en fait de mesme.
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|
Les
Vers sont de Mr De Maulevrier
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Air de
Bénigne de Bacilly
Ie languis aux pieds de
Climene,
Et l'inhumaine
Voit sans pitié mes cruelles douleurs:
Dieux ! que sa rigueur est extreme:
Lors que mes pleurs font voir que j'aime,
Elle s'offence de mes pleurs.
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|
Les
Vers sont de Mr De L****
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Courante de
Mr De Maulevrier
Ie pretendrois guerir de ma
langueur,
Bien que pour vous elle soit sans seconde;
Mais le moyen de dérober un coeur,
A qui les sçait voler à tout le monde
?
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|
Les
Vers sont de Mr le Marquis de
Maulevrier
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Air de
Bénigne de Bacilly
Iris, qui pouvez tout charmer,
Et qui ne sçavez point encore,
En donnant tant d'amour, ce que c'est que d'aimer,
Ieune beauté que tout le monde adore,
Dés le premier éclat de vos plus tendres
ans,
Que vos yeux paroissent sçavans,
Dans l'art que vostre coeur ignore.

Ce Dieu qui nous est inconnu,
Redoutant vos rigueurs trop fieres,
De crainte & de respect semble estre retenu
Dans le charmant enclos de vos belles paupieres;
Et loin de vostre coeur, pour se cacher de vous,
Il se perd dans vos yeux si doux
En des abymes de lumieres.

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Air de Mr
Le Camus
Il est vray qu'autrefois j'ay
poussé des soûpirs,
Prés de quelques beautez j'ay formé des
desirs,
Elles m'ont fait souffrir quelque peine;
Mais depuis le moment que vous m'avez charmé,
Helas ! j'ay bien senty, trop aimable Climene,
Que ie n'avois iamais aimé.

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Air de Mr
De Mollier
Ie soûpirois pour vostre
absence,
Pendant à vos divins appas;
Mais pensant à vostre inconstance,
Helas ! ie ne soûpirois pas
Pour vostre absence.

Vous sçavez bin ce qu'on
endure
Lors que l'on cesse de vous voir:
Helas ! vous ne sçauriez sçavoir
Ce qu'on endure.
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Les
Vers sont de Mr le President de
P***
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Air de Mr
Lambert & Blondel
Il est vray, j'ay promis que la
seule amitié
Regleroit ma tendresse;
Mais helas ! par pitié
Dspensez-moy de ma promesse;
Car mon coeur, belle Iris, tous les momens du iour
Me dit que l'amitié languiroit sans
l'amour.

Quand ie vous le promis,
malgré tous vos appas,
Ie voulois bien le faire:
Que ne voudroit-on pas,
Iris, de peur de vous déplaire ?
Mais peut-on empescher son coeur de s'enflammer,
En aimant un objet qu'on ne peut trop aimer ?
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Les
Vers sont de Mr De La Tulliere
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Air de Mr
Le Camus
Iris est infidelle:
Toute ingrate qu'elle est, ie brusle encor pour elle,
Cruel amour, si malgré tous mes soins
Ie ne puis par un peu de haine
Me vanger de cette inhumaine,
Faïs pour me soulager que ie l'aime un peu
moins.
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Les
Vers sont de Mr De La Tulliere
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Air de Mr
Le Camus
Iris, vous me fuyez, croyant que ie
vous aime,
Et vous ne sçavez rien qu'au rapport de mes yeux,
Est-ce un rapport injurieux ?
Les vostres parlent bien de mesme:
Ils disent mille fois le iour
Que vostre coeur n'est pas le coeur le plus rebelle
Au pouvoir de l'amour:
Les doit-on croire, helas ! est-ce un rapport fidelle
?

Sur un simple soupçon que
pour vous ie soûpire,
Pourquoy punir mon coeur du crime de mes yeux ?
Attendez qu'il s'explique mieux,
Et pour mes yeux laissez-les dire;
Croyez qu'il sont des imposteurs,
Ou si vou voulez bien croire que ie vous aime,
Malgré tant de rigueurs,
Iris, permettez-moy de vous aimer de mesme.
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Les
Vers sont de Mr De La Tulliere
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Air de
Bénigne de Bacilly
Ie cede enfin au pouvoir de
l'amour,
Depuis un iour
Il s'est rendu le maistre de mon ame;
Ie brûle pour Philis d'une secrette flamme,
I'aime, ie cede enfin, mais l'amour m'as surpris,
Car mon coeur ne sçait pas par où Philis m'a
pris.

La jeune Iris a bien d'autres
appas,
Philis n'a pas
Ny sa beauté, ny sa douceur extrême;
Elle n'aima jamais, Iris n'est pas de mesme;
Mais i'aime mieux Philis, ah ! l'amour m'a surpris,
Car mon coeur ne sçait pas par où Philis m'a
pris.
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Les
Vers sont de Mr De La Tulliere
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Gavotte de
Bénigne de Bacilly
I'allois au marché ce
matin
Pour faire quelque emplette,
I'ay rencontré dans mon chemin
Une jeune fillette.
Allons au bois, Brunette,
Allons
Cueillir la violette.

Si nous estions allez au bois,
Respondit la follette,
Peut-estre que vous feriez choix
De quelque autre fleurette.
Allons, &c.

Vous
sçavez donc bien mon dessein,
Aimable Bergerette,
Et quelles sont sur vostre sein
Les fleurs que ie souhaite.
Allons, &c.

Vous
pouvez en chercher ailleurs,
Repartit la finette;
Pour moy ie suis pour les railleurs
Bon cheval de Trompette.
Allons, &c.

Brunette,
sans tant de caquet
Allons dessus l'herbette;
Nous y pourrons faire un bouquet,
Et quelque autre chose.
Allons, &c.

Ne dites
donc point à mes soeurs
Qu'avecque vous seulette
Ie sois allé cueillir des fleurs,
Et vostre affaire est faite.
Allons, &c.

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Sarabande de Mr Mouton
de Bénigne de
Bacilly
Ie me suis
méconté
Quand ie me suis flatté
De cent plaisirs prés de vostre beauté:
Ah ! qu'il est dangereux
De voir de si beaux yeux !
Et que leur charmes
Coustent de larmes !

Un coeur bien enflammé,
Et qui veut estre aimé,
Craint d'offencer l'objet qui l'a charmé:
Le mien dans ses desirs
Pousse mille soûpirs,
Et n'ose dire
Ce qu'il desire.
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Les
Vers sont de Mr Quinault
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Air de Mr
Le Camus & Bénigne de Bacilly
Ie reçois tous les iours de
vous
Tout ce que l'amitié peut donner de plus doux:
On me regarde avec envie,
Cependant ie suis malheureux:
Vous n'avez point d'amour, Silvie,
Et c'est de l'amour que ie veux.
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Les
Vers sont de Mr Galland
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Si ie perdois vostre
amitié,
Ie serois bien encor plus digne de pitié,
Gardez-la toute vostre vie,
Ce bien m'est tousiours précieux,
Mais avec de l'amour, Silvie,
Nous nous aimerions beaucoup mieux.
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Les
Vers sont de Mr L. P. D. M.
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Air de Mr
Batiste
Ingratte Bergere, dis-moy,
Pendant qu'Amour nous tint sous mesme loy,
Fut-il iamais ardeur plus douce que la nostre ?
Cependant tu me fuis, & tu manques de foy,
Cruelle, va brusler, va languir pour un autre,
Tandis que ie mourray pour toy.

Mon coeur trop doucement
charmé,
Pensoit qu'Amour n'avoit iamais formé
De noeud qui peust durer si long-temps que le nostre;
Mais helas, tu me fuis, &c.
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Les
Vers sont de Mr le Président de
P....
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Air de Ballet
de Mr
Batiste
Ie portois dans une cage
Deux moineaux que j'avois pris,
Lors que la jeune Cloris
Fit dans un sombre bocage
Briller à mes yeux surpris
L'éclat de son beau visage:
Helas ! (dis-je aux moineaux, en recevant les coups
De ces yeux sis sçavans à faire des
conquestes)
Consolez-vous, pauvres petites bestes,
Celuy qui vous a pris est bien plus pris que
vous.
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Les
Vers sont de Mr Molliere
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Air de Mr
De Mollier
I'aimois Iris, elle approuvoit ma
flamme,
Mille bontez m'assuroient de son ame,
Et tous mes soins l'assuroient de mon coeur:
Cependant ie la perds, helas ! quelle rigueur !
L'exemple de mon infidelle
Ne peut m'obliger
A changer;
Que n'ay-je le coeur fait comme elle ?
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Les
Vers sont de Mr De la Sabliere
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Air de Mr
Lambert
I'aimois, i'estois aimé
d'une beauté charmante,
Elle m'avoit juré sa foy
De n'aimer iamais rien que moy,
Cependant c'est une inconstante;
Fut-il iamais pauvre Amant
Trompé si cruellement.
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Les
Vers sont de Mr Bouchardeau
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Recit de Iunon
de Mr
Batiste
Ie répans sur les
humains
La richesse à pleines-mains,
Aussi pour mes Autels la ferveur est extreme:
Parmy tous ces attraits, ces charmes, ces appas,
Amour l'avoüeroit luy mesme,
La richesse ne nuit pas.

Soyez beau, soyez bien fait,
N'ayez rien que de parfait,
Preschez & soûpirez afin que l'on vous aime,
Parmy tous ces attraits, &c.
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Les
Vers sont de Mr De Bensserade
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Air de Mr
Lambert
I'ay pleuré, belle Iris,
i'ay pleuré vos malheurs,
Mon coeur a ressenty vos cruelles douleurs;
Pleurez à vostre tour
Un malheureux qui languit dans vos chaisnes,
I'ay partagé vos peines,
Partagez mon amour.

Quand ie sens que le sort injuste
& rigoureux
Avoit troublé le cours de vos momens heureux,
Vous vistes en ce iour
Que comme vous i'en sentois les atteintes;
Ie partageay vos plaintes,
Partagez mon amour.

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Air de Mr
Le Camus
Il faut l'aimer. Ie ne m'en puis
deffendre,
La jeune Iris a trop d'appas,
I'ay veu dans ses beaux yeux quelque chose de tendre,
Que son coeur peut-estre n'a pas;
Mais quand ses doux regards auroient pu me surprendre,
Il faut l'aimer, ie ne puis m'en deffendre.
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Les
Vers sont de Mr le Comte de
Frontenac
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Air de Mr
Le Camus
Il n'est rien d'égal
à ma peine,
Qui pourroit l'exprimer ? qui peut la concevoir ?
Iugez-en, divine Climene,
I'ay passé deux iours sans vous voir.

Puisqu'une si legere absence
Exerce sur mon coeur un si cruel pouvoir,
Iugez de mon impatience
Si j'estois long-temps sans vous voir.

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Air de Mr
De Chambonniere
Iris, vostre absence me
tuë,
Le desespoir dont mon ame est vaincuë,
Oste à vos yeux l'honneur de mon trépas:
Cessez, cessez de cacher vos appas,
D'autres sont morts de vous avoir trop veuë,
Et ie ne meurs que de ne vous voir pas.

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Menuet de
Mr D'Anglebert
I'ay commencé déja
quelques paroles,
Mais ie ne sçay si j'iray jusqu'au bout,
I'ay de l'acquis en telles fariboles,
Qu'auprés de vous j'ay peur de mettre à
bout;
I'avois laissé là tous ces pensers
frivoles,
Mais quoy ? l'Amour fait faire tout.

La jeune Iris, d'une maniere
tendre,
Sembloit ce soir flater ma passion,
Et ses regards faisoient assez comprendre
Que ie pouvois tenter l'occasion:
Ie n'ay cependant osé rien entreprendre;
Mais quoy ? L'Amour est un plotron.

Il ne faut pas, Iris, être en
colere
Sur vostre sein si ie pris un baiser;
Car mon amour, au fort de sa misere,
Cherchant par tout un lieu pour reposer,
Si le pauvre enfant faute au col de sa mere,
Faut-il s'en trop scandaliser ?
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|
Les
Vers sont de Mr l'Abbé
Bertaut
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Menuet de
Ballet
de la Naissance de Venus
pour Mademoiselle de Brancas
Ieune & rare merveille,
Qui brillez nuit & iour,
Vous estes sans pareille,
Et moy tout plein d'amour;
Car vos yeux adorables,
Par leurs regards
Font des coups redoutables
De toutes parts.

D'une flamme immortelle
On les void allumez,
Et vous voyant si belle
Tous les coeurs sont charmez:
Vous bruslez, ieune Aurore,
A tout moment,
Sans sçavoir rien encore
De mon tourment.

Quand une ardeur si forte
Nous permet les soûpirs,
Le respect qu'on vous porte
Nous deffend les desirs:
Un Amant dans ses peines
Fait mille voeux,
Et l'amour a pour chaisnes
Vos beaux cheveux.

Quand vous dortez de l'onde
Comme un Soleil naissant,
Vous surprenez le monde
D'un éclat ravissant;
Cét objet agreable
Fait que la mer
N'a plus rien d'effroyable,
Ny rien d'amer.
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Les
Vers sont de Mr le Duc De S.
A...
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Air de Mr
De Sabliere
Ie croyois Ieanneton
Aussi douce que belle,
Ie croyois Ieanneton
Plus douce qu'un mouton:
Helas ! elle est cent fois
Mille fois plus cruelle
Que n'est le Tygre au bois.

Ah ! ne consultez pas
Son visage infidelle,
Ah ! ne consultez pas
Ses beaux yeux pleins d'appas:
Helas !, &c.

Elle dit chaque iour
Qu'elle n'est point rebelle,
Elle dit chaque iour
Qu'elle est tendre à l'amour:
Helas !, &c.
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|
Les
Vers sont de Mr Perrin
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Quand ie veux seulement
Luy parler de tendresse,
Quand ie veux seulement
Luy dire mon tourment:
Helas ! elle est cent fois
Mille fois plus tygresse
Que le Tygre des bois.
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Les
Vers sont de Mr l'Abbé M...
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Air de Ballet
de Mr
Batiste
Ie vous disois le sujet de ma
flamme,
Mais le respect m'en oste le pouvoir,
A tout moment ce tyran de mon ame
Me dit que c'est offencer mon devoir
Que d'en parler;
Mais las ! comment vous voir
Et le diddimuler ?

Si vous vouliez n'estre point
inhumaine
Ie suis tout prest d'adorer vos appas:
Mais s'il falloit tousiours estre à la gesne,
Tousiours languir & courir au trépas,
C'est trop pour moy:
Philis, ne suis-je pas
Amant de bonne foy ?
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|
Les
Vers sont de Mr B. de B.
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Air de Mr
De Riel
Ie vous voy tous les iours, &
vous ne voyez pas
Que ie brusle pour vous d'une flamme discrete,
Dont ie me plains tout bas:
Helas ! vous le voyez, mais vous estes adrete,
Et feignez d'ignorer pourquoy dans mes amours
Ie vous voy tous les iours.

Quand ie suis prés de vous,
mes yeux pleins de langueur,
Et mes tendres soûpirs doivent bien vous apprendre
Ce que j'ay dans le coeur:
Helas ! vous le sçavez, pourquoy donc vous
deffendre
D'accorder à mon mal un traitement plus doux
Quand ie suis prés de vous ?
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Les
Vers sont de Mr M.
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Air de
Bénigne de Bacilly
I'ay trop long-temps celé ma
passion extreme,
Il est temps, belle Iris, de dire, ie vous aime;
Ie sçay que cet aveu causera mon trépas,
Loin de soulager mon martyre,
Mais las ! comment vous voir, & ne vous aimer pas ?
Et comment vous aimer, & ne pas vous le dire
?
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Les
Vers sont de Mr B. de B.
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Air de
Bénigne de Bacilly
Iris, il est bien doux d'estre dans
vostre estime;
Mais ce n'est pas assez pour répondre à mes
feux:
Helas ! un peu d'amour seroit-ce un si grand crime
Pour soulager un malheureux ?
Vostre amitié n'est pas le seul but de mes
voeux.

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|
Air
Ie vous ay dit que ie vous
aime,
Mes yeux pleins de langueur
Vous font connoistre assez que ma peine est extreme:
Mais quoy que vous sçachiez ce qui fait ma
douleur,
Vostre impitoyable rigueur
Pour moy paroit tousiours la mesme.

|
|
Gavotte de
Bénigne de Bacilly
Ie ne puis gagner sur moy-mesme
De vous receler mon secret,
Helas ! quand on aime en effet,
On n'ose dire que l'on aime;
Et quand on le dit aisément,
Iris, c'est signe que l'on ment.

Malgré ce que l'on se
propose
Vous ne laissez pas de charmer,
Iris, vous voir & vous aimer,
Ne sont rien qu'une mesme chose;
Et quand l'on vous aime un moment,
On vous aime eternellement.

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|
Air de
Bénigne de Bacilly
Iris, ie ne sçay pas
comment
Ie m'alarme si fort de vostre esloignement,
Puisqu'en vostre presence
Ie n'éprouve en tout temps que de
l'indifference.
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|
Les
Vers sont de Mr B. de B.
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|
Gavotte de
Mr Batiste
Ie ne veux pas vous connoistre,
Amour fait trop d'embarras,
Vous pourriez le faire naistre
Avec vos divins appas;
Ie vous aimerois, peut-estre,
Et vous ne m'aimeriez pas.

Quoy que ma douleur empire,
Alors que ie me contrains,
En secret mon coeur soupire,
Loin des échos ie me plains;
Ils pourroient bien le redire,
Et c'est tout ce que ie crains.

Si mon coeur se fait entendre,
Helas ! ce n'est qu'à regret;
Mais que i'ay beau luy defendre,
De parler de mon secret;
Mon Iris pourra l'apprendre,
L'Amour est un indiscret.

|
|
Air de Mr
Perdigal
Ie meurs pour ma Silvie,
Elle languit pour moy d'une pareille envie,
Et nos ardeurs augmentent chaque iour;
Ha, qu'on est heureux en amour !
Et que c'est un plaisir extreme,
Quand on vous aime,
D'aimer à nostre tour.

|
|
Sarabande
Ie ne puis voir Amarante si
belle,
Sans ressentir mille pressans desirs,
De posseder cette aimable rebelle,
Mais sa vertu s'oppose à mes plaisirs:
Et le respect qui combat mon amour,
Me fait souffrir mille maux chaque iour.

A quoy me sert cét accueil
favorable
Dont la douceur anime mon espoir ?
Si pour laisser ma blessure incurable,
Tout mon plaisir se redoit à la voir:
Fâcheux respect qui combats mon amour,
Combien de maux me fais-tu chaque iour ?

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Recit de Ballet
de Mr
Batiste
Ie ne viens point en
qualité,
De Nymphe ou de Divinité,
Tous ces grands noms sont au dessus du nostre;
Qui suis-je donc à vostre advis,
Une revendeuse d'habits
Qui chante le recit tout de mesme qu'un autre.

Chacun fait cas de mon trafic,
Et ie rends service au public,
Tout mon plaisir est d'agir pour le vostre;
Et dans l'humeur où ie vous voy,
Ie vous apporte icy dequoy
Faire un nouveau ballet des dépoüilles de
l'autre.
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|
Les
Vers sont de Mr De Bensserade
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Air de Mr
De Mollier
Ie meurs, ie languis nuit &
iour,
Et ne sçaurois vous dire
L'excez de mon martyre:
Ma bouche en veut parler, mais mon coeur plein d'amour,
Pour m'empescher la voix incessamment
soûpire.

Helas ! à quel point est mon
mal,
Si mon amour extreme
Agit contre luy mesme,
Et si pour trop aimer, me devenant fatal,
Il m'oste le pouvoir de declarer que j'aime.
|
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|
Les
Vers sont de Mr De Mollier
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Gavotte de
Bénigne de Bacilly
I'avois servy constamment
Une Bergere cruelle,
Sans avoir eu de la Belle
Un doux regard seulement:
Quand un iour cette sauvage
Devin sensible à mes voeux;
Ie n'en dis pas davantage,
Nous fûmes contens tous deux.

I'avois fait, pour la
fléchir,
Tout ce que l'Amour fait faire,
Mais mes soins prés de la fiere
N'avoient rien fait que blanchir.
Ie n'osois plus rien pretendre,
Et mon coeur plein de dépit
Estoit tout prest de se rendre,
Quand le fiére se rendit.
|
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|
Les
Vers sont de Mr Cousinot
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|
Air de
Bénigne de Bacilly
Iris m'avoit donné son
coeur,
Et ie ne sçay par quel malheur
Ie la trouve à mes voeux insensible &
cruelle,
Ie ne sçay pas qui peut la rendre si rebelle;
Mais quand un objet causeroit sa rigueur,
I'aimerois mieux que de changer comme elle.

|
|
Air de Mr
Boesset
Ie veux voir mon Iris, ce miracle
des Cieux,
Elle doit aujourd'huy s'éloigner de ces lieux;
Ie sçay la violence
Qu'en la voyant partir se fera mon amour;
Mais aussi pour moy son absence
Deviendra moins longue d'un iour.

|
|
Air
Il est doux, il est beau de ceder
à l'Amour,
Croyez-moy, belle Iris, s'il arrivoit qu'un iour,
Vostre superbe coeur à ses loix p^st se rendre ?
Honteuse d'avoir sceu si long-temps vous defendre,
Vous mesme vous diriez sans doute à vostre tour,
Il est doux, il est beau de ceder à
l'Amour.

|
Recit de Ballet
de Mr
Boesset
Ie descens du sacré
valon,
Où ie regne avec Apollon;
Pour le pinceau, j'abandonne la plume,
Ie ne fais plus que des portraits;
Et j'en ay tellement estably la coustume,
Que tout le monde veut faire ses propres traits.

I'ay quitté l'employ
glorieux
De peindre les Roys & les Dieux;
En vain, l'Amour presse mon industrie
Pour ses traits & pour son flambeau,
Ce que j'ay de couleurs sont pour la raillerie,
Dont j'entreprens icy de faire le tableau.

|
|
Air de Mr
Sicar
Iamais la cruauté,
Silvie,
Ne fut un moyen d'engager,
Et qi vous avez quelque envie
De conserver vostre Berger,
Quittez la cruauté, Silvie,
Autrement il pourroit changer.

Pour moy ie suis une'
inhumaine,
Qui de mes maux fait son plaisir,
Et voyant des marques de haine,
Ie perds le soin de la servir,
Et tiens qu'on merite la peine
Lors qu'en souffrant on veut souffrir.

|
|
Sarabande de
Bénigne de Bacilly
I'ay soûpiré sans
estre apperçeu,
Quelques dédains viennent de me l'apprendre:
Si ce soûpir vous a déplû,
Philis, vous pouvez me le rendre.

Ce que i'ay fait, vos beaux yeux
l'ont voulu,
De leurs regards ie n'ay pû me défendre;
Si ce soûpir, &c.

|
|
Gavotte
Ie ne porte point d'envie
A ces Amans fortunez,
Tous mes desirs sont bornez
A mourir pour vous, Silvie;
Ie soûpire vainement,
Ie n'aime pas moins constamment.

Si vous estes inhumaine,
I'ay pour vous tant de respect,
Que je perds à vostre aspect
Le souvenir de ma peine.
Si je soûpire, &c.

Les plaisirs les plus sensibles
Sont bien au dessous des miens,
Ie gouste dans mes liens
Toutes les douceurs possibles,
Et pour soûpirer vainement,
Ie n'aime pas moins contamment.

|
|
Air de Mr
Lambert
Inutiles témoins de l'ardeur
de mon ame,
Soûpirs impetueux cessez vos mouvemens,
Puisque ie dois trouver dans l'excez de ma flame,
La fin de mes tourmens.

Vous travaillez en vain à
soulager ma peine,
L'ingratte ne peut plus me voir ny vous souffrir,
Et si i'ay contre moy le Ciel & Celimene,
Ne dois-ie pas mourir ?

Il n'est plus temps, mes yeux, de
répandre des larmes,
En vain vous esperez changez l'arrest du sort,
Ie ne puis resister à l'effort de tant d'armes,
Sans l'aide de la mort.

|
|
Courante
Ie suis Amant de bonne foy,
Ie n'aime point à demy ce que i'aime,
Mais il faut de mesme
Qu'on n'aime que moy;
Car deust-on le trouver estrange,
Quand une beauté n'en use pas ainsi,
Eut-elle plus d'attraits & plus d'esprit qu'un Ange,
Dés qu'elle me change,
Ie la change aussi.
|
|
|
|
Les
Vers sont de Mr M**
|
|
|
|
|
Entrée de
Ballet
Ie sçay bien
Qu'à vous aimer, Celimene,
On a bien de la peine;
Mais cela n'est rien,
Puisque i'ay l'esperance
Qu'Amour,
Un jour,
Finissant ma souffrance
Pour me vanger
De vostre indifference,
Vous fera changer.
|
|
|
|
Les
Vers sont de Mr M**
|
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|
|
Gavotte de
Bénigne de Bacilly
I'ay long-temps aimé
Silvie,
Quoy qu'ingratte & sans amour,
Mais c'est mal passer sa vie,
Que de languir nuit & iour:
Ie n'en use plus de mesme,
Ie veux chanter iour & nuit,
Aimons tousiours ce qu'on aime,
N'aimons iamais qui nous fuit.

Tousiours constant &
fidelle,
Ie souffiois sans murmurer,
Tous les maux que la cruelle
Me vouloit faire endurer:
Ie n'en use, &c.

De cette ingratte maistresse
Ie n'avois que des mépris,
Et n'osois faire caresse
A Climene ny Cloris;
Ie n'en use, &c.

|
|
Gavotte
Ie suis charmé d'une
Brune
Qui tient mon ame en langueur,
Quelle seroit ma fortune
Si j'avois touché son coeur ?
Ah ! que ma flamme est importune,
Iamais Amour n'est sans douleur.

Elle a l'air d'une Princesse,
Rien ne manque à ses appas,
Qu'une certaine tendresse
Que son coeur ne connoist pas;
Les cruautez d'une maistresse
Me font souffrir mille trépas.

Contre son humeur sauvage,
Quand sons coeur est revolté,
Soudain elle me r'engage
Par une fausse bonté;
Contre les traits d'un beau visage
Qui peut garder sa liberté ?

|
|
Air de Mr
De Sabliere
Il faut aimer, pour estre
aimable,
Mais il ne faut pas trop aimer;
Un pu d'amour est agreable,
Il faut aimer, pour estre aimable,
Trop d'amour est insupportable,
Et déplaist au lieu de charmer;
Il faut aimer, pour estre aimable,
Lais il ne faut pas trop aimer.

|
|
Air de Mr
Lambert
Ie cherche nuit & iour
Le moyen de vous plaire,
Toutes mes actions vous disent mon amour,
Et cela vous met en colere.
Tous mes respects attirent vostre mépris,
Et vous vous riez de ma peine;
Et que feriez-vous donc, Iris,
Si j'avois pour vous de la haine ?

Ie fais à vos beaux yeux
D'éternels sacrifices,
Ie les ay reconnus pour mes Roys & mes Dieux;
Mais ils ne me sont point propices.
Tous mes respects, &c.

|
|
Menuet
I'ay pour vous
Un amour qui n'est pas ordinaire,
Vos yeux doux,
Belle Philis, m'ont blessé le coeur;
Dites-moy
Comment vous avez pû si bien faire,
Car ma foy
Iamais bel oeil ne fut mon vainqueur.

Vos appas,
Philis, ont de puissans charmes,
Mais helas !
Vous deffendez à tous d'esperer
Prés de vous,
Faut gémir, faut répandre des larmes,
Entre nous
Ie ne puis ny gemir, ny pleurer.

Tout un jour
Ie veux bien vous adorer, Silvie,
Mon amour
Aura pour vous cette fermeté,
Et content
De vous avoir si long-temps servie,
Vous quittant,
Ie remporteray ma liberté.
|
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|
|
Les
Vers sont de Mr le Marquis du
Chatelet
|
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|
Sarabande de
Mr Moulinié
I'aime Philis, & i'aime
Celimene,
Ces beaux objets tous deux m'ont sceu charmer
Pour tant d'amour un coeur suffit à peine,
Mais cependant le mien les sçait aimer.

Un bon galant, pour la Brune &
la Blonde,
Dois estre en fonds de mille & mille amours;
Mais quand un coeur sçait tant soit peu son
monde,
Il se repent, & se donne toûjours.

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|
Gavotte de
Bénigne de Bacilly
Ie pensois, belle Celimene,
Qu'il n'estoit rien de si doux
Que d'estre dans vostre chaisne
Et de soûpirer pour vous:
Mais ayant senty la peine
Que l'on souffre en vous aimant,
Ie croy que le changement
Est encore plus charmant.

Il est vray, vous estes belle,
Vous n'avez que trop d'appas;
Mais quoy qu'en Amant fidelle
Ie vous suive pas à pas,
Vous m'estes tousiours cruelle
Sans m'écouter un moment;
Ie prevoy qu'un changement
Pourra finir mon tourment.

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Air de Mr
Le Camus
Il bruslera iusqu'à mon
trépas,
Ce tendre amour que vous avez fait naistre,
Ouy, ie seray constant pour vos divins appas,
Vos beaux yeux m'ont appris à l'estre,
Ie ne l'oubliray pas.

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Air de Mr
De Mollier
Il finira sans causer mon
trépas,
Ce tendre amour que vous avez fait naistre,
Ouy, ie suis inconstant malgré tous vos appas,
Vos rigueurs m'ont appris à l'estre,
Ie ne l'oubliray pas.

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