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Les plus beaux vers qui ont été mis en chansons
Recüeillis par Mr de Bacilly, 1666
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Deux beaux
yeux, une belle bouche, Fussiez-vous
plus belle qu'un Ange,
Tout ce qui fait une beauté,
N'engage point ma liberté,
Quand on est d'une humeur farouche;
Et l'on n'a droit de ma charmer
Qu'autant que l'on szçait aimer.![]()
Ie ne sçaurois vivre en langueur;
Quand ie me deffais de mon coeur
C'est pour le donner en échange;
Et lors que ie suis amoureux,
C'est signe que ie sui heureux.
Donne,
cruel Amour, à mon coeur agit Les
Vers sont de Mr le President De
P***
Un moment de tranquillité;
Ie sçay combien Philis est belle;
Mais est-ce une necessité
Que les tourmens que ie souffre pour elle
Soient aussi grands que sa beauté ?
Depuis le
triste iour qu'il fallut vous quitter, Les
Vers sont de Mr De La Tuilliere
Loin de guerir ma mal extrême,
L'absence & la raison ne font que l'irriter:
Ie n'en sçaurois guerir, il faut que ie vous
aime,
Ie sçay bien qu'il n'est rien qui vous puisse
enflamer:
Mais, helas ! il est doux, Philis, de vous aimer.
Dans
l'empire d'Amour un desordre s'est mis; Dans ces
aimables lieux, dans ce divin sejour, Aimons-nous
ardemment; faisons pour estre heureux Les
Vers sont de Mr De Mollier
Dorize, Climene & Philis
En sont dans l'epouvante;
Beaucoup n'ont déja plus que mépris pour leurs
voix,
Et chacun crie à haute voix,
Ah ! ma rente, ah ! ma rente.![]()
Philis, donnons tout à l'Amour,
Ce doux charme de l'ame;
Disons-nous tour à tour pour calmer nos soucis,
Ah ! ma Philis, ah ! mon Tirsis,
Que pour tou i'ay de flame !![]()
Qu'Amour n'ait iamais veu de feux
Si brûlans que les nostres:
Tout plaisir sans l'amour ne sçauroit nous
charmer,
Mais, dans le seul plaisir d'aimer
On ressent tous les autres.
Dans les
Chansons que ie compose Un rocher,
un lieu solitaire, Il
vaudroit mieux, belle inhumaine, Les
Vers sont de Mr B. de B.
Vous ne voulez que des ruisseaux,
Des prez, des bois, des arbruisseaux;
Pour moy i'en devien la cause:
Belle hilis, c'est qu'ils sont tous
Insensibles comme vous.![]()
Des zephirs, des champs, des forests,
Ont pour vous de fort grands attraits,
Et i'en decouvre le mystere:
Belle Philis, &c.![]()
Soûpirer tous deux à la fois:
Laissons les rochers & les bois,
Parlons de soulager ma peine;
Et soyez pour un malheureux
Un peu plus sensible qu'eux.
Dieux des
Enfers, Ie viens
sans horreur Vous dont
les loix Les
Vers sont de Mr le Duc De S. A. Beaucoups
d'Amans Les
Vers sont de Mr Quinault Pour un
moment Mais
pourquoy souffrir, Les
Vers sont de Mr B. de B.
de
Mr Batiste
Helas ! voyez mes peines,
Celle que ie sers
Languit dans vos chaisnes,
Ah ! forcez du trépas
Les loix cruelles,
Et ne separez pas
Des coeurs fidelles;
Ou rompez ces liens,
Ou brisez les miens.![]()
Dans vos Palais sombres
Braver la terreur,
La mort & les ombres;
Tous les maux qu'aux Enfers
Souffrent les ames,
Sont moindre que mes fers,
Et que mes flammes;
Les plus cruels tourmens
Sont ceux des Amans.![]()
Ont détruit tant de charmes,
Escoutez ma voix,
Et voyez mes larmes;
Par un sort rigoureux
Plus que les autres,
L'objet de tous mes feux
Est dans les vostres,
Et le iour qui me luit
N'est plus qu'une nuit.
Heureux d'estre en vos chaînes,
Flattent leurs tourmens,
En disant leurs peines;
Le mal est en aimant,
De se contraindre;
Qui se plaint librement,
N'est guere à plaindre,
Tel meurt pour vos appas,
Qui ne le dit pas.
Souffrez, belle inhumaine,
Qu'un fidelle Amant
Vousconte sa peine;
Peut-estre qu'au recit
De sa misere;
Mais las ! j'en ay trop dit,
Cet oeil severe
Me dit qu'il faut souffrir,
Se taire, & mourir.![]()
Et pourquoy se contraindre ?
Taschons de guerir,
Mon coeur, c'est trop feindre;
Plaignons-nous tout de bon
De la cruelle;
Mais las ! elle a raison,
Puis qu'elle est belle,
Et moy ie n'ay pas tort
D'eviter la mort.
Des beaux
yeux de Philis eloignons-nous, mon coeur,
Et n'oubliant iamais son injuste rigueur,
Oublions les appas dont le Ciel l'a pourveuë:
Ah ! j'ay beau me flater d'un si frivole espoir,
Puis qu'enfin ie l'ay veuë,
A quoy me servira de cesser de la voir ?
Dites-moy,
belle Iris, seriez-vous sans affaire ? Ie seray
satisfait, & vous serez contente,
N'avez-vous plus d'Amant, & n'aimez-vous plus rien ?
Si vous voulez un coeur qui n'aime qu'à vous
plaire,
Que ie serois heureux de vous donner le mien !![]()
Tous deux dans les plaisirs nous passerons nos iours:
Vous changerez, Iris, vostre humeur inconstante,
Et ie feray serment de vous aimer toûjours.
Dans vos
chants si doux Les
Vers sont de Mr Moliere
de
Mr Batiste
Chantez à ma belle;
Oyseaux, chantez tous
Ma peine mortelle:
Mais si la cruelle
Se met en courroux
Au recit fidelle
Des maux que ie sens pour elle,
Oyseaux taisez vous.
Dequoy
murmurez-vous Dequoy
soûpirez-vous ou
bien Que mon
sort seroit doux ! Les
Vers sont de Mr De Segrais
Charmans ruisseaux qui coulez dans la plaine ?
Vous soyez tous les iours l'aimable Celimene
Dans un festin si doux,
Dequoy murmurez-vous ?![]()
Ieunes zephirs, qui dans ce vert bocage
Pouvez quand il vous plaist baiser son beau visage ?
Dans un destin si doux,
Dequoy soûpirez-vous ?
Si j'estois comme vous.
Dans ces
lieux où ie suis parmy tant de belles, Les
Vers sont de Mr L. D. D. R.
de
Mr Batiste
Chacun me met au rang des infidelles,
Mais ie soûpire
Dessous l'empire
D'une beauté,
Dont le coeur ne conspire
Que cruauté,
Mais pourtant qui m'inspire
Que fidelité.
Dessus un
air nouveau,
Souffrez que ie fass un tableau
D'un pauvre Amant malheureux
Qui ne fait plus devoeux
Que pour le tombeau:
Il est maltraité
D'une beauté
Qui voit son desespoir,
Sans s'en émouvoir,
Et qui donne des coups
Sans en recevoir.
Il n'en peut plus, ma foy,
Philis, que diriez vous
Si c'estoit moy ?
De
discours importuns c'est trop m'entretenir,
C'est trop flater mes sens d'une esperance vaine,
Nos coeurs en ce moment doivent rompre ou s'unir;
Orante, choisissez ou l'amour ou la haine;
Mais si la haine, enfin, l'emporte sur l'amour,
Orante, vostre voix me privera du iour.
De toutes
les beautés, j'ay meprisé les traits,
Et toûjours ma raison contre tous leurs attraits,
M'a fourny d'assez fortes armes:
Mais dans Iris, helas ! par un secret pouvoir,
Elle m'a fait voir plus de charmes,
Que l'Amour & mes yeux ne m'en avoient fait
voir.
D'où
vient que depuis un moment,
Ie sens en moy du changement,
Et d'où me vient cette humeur triste ?
Ah ! c'est que i'ay quitté Caliste.
Deussay-je
avoir mille rivaux, Les
Vers sont de Mr le Marqis de
Dangeau
Ie voudrois estre encor sous les loix de Climene,
Car le plus grand de tous les maux,
Est de n'avoir plaisir ny peine.
Des yeux
de l'aimable Climene Ie
sçay que l'ingratte se vante Les
Vers sont de Mr De Verderonne
Les traits sont si doux,
Que malgré sa rigueur & ma peine
I'en aime les coups:
En vain ie conte mon martyre,
Et ce qu'il m'inspire
Contre sa rigueur,
Pour cette douce langueur
Ces yeux semblent me dire,
Garde-toy ton coeur.![]()
De ne rien aimer,
Mais l'amour decevant son attente
La peut enflammer:
Entre la crainte & l'esperance
Mon ame balance,
Sans pouvoir choisir;
Mais l'espoir du plaisir
Qui flatte ma constance,
Nourrit mon desir.
Dans le
desespoir où ie suis,
Les plus noires forests, les plus profones nuits
Ne sont passez sombres
Pour plaire à ma douleur & flater mes ennuis;
O mort ! pour les finir, couvre-mot de tes
ombres.
Douter de
ma perseverance, Que vous
connoissez peu vos charmes, Les
Vers sont de Mr B. de B.
Ah ! Philis, c'est trop de rigueur;
Voyez dans le fonds de mon coeur,
Vous connoistrez mieux ma constance.
Qui peut vous voir un seul moment,
Et ne pas aimer constamment ?![]()
Quand mesme vous n'aimeriez pas,
Philis, il faut jusqu'au trépas
Ceder au pouvoir de leurs armes.
Qui peut vous voir un seul moment,
Et ne pas aimer constamment ?
La
Paix La
Felicité Toutes
Deux La
Paix La
Felicité Toutes
Deux La
Paix La
Felicité Toutes
Deux La
Paix
Dialogue de la Paix & de la
Felicité
Douce Felicité, ne quittons point ces
lieux.
Douce & charmante Paix, où peut-on estre
mieux.
Ny les travaux ny les peines
N'habitent plus dans ces bois,
Les Bergers sont comme des Roys,
Les Bergeres comme des Reines.
I'y veux estre toûjours.
Et moy toûjours aussi.
Amour est le seul mal dont on se plaint icy.
Les vents les plus mutins sont changez en
zephirs.
Les maux les plus cruels sont changez en
plaisirs.
Icy qand un coeur soûpire,
Un autre coeur luy répond,
Et c'est-là tout le bruit que font
Les Echos qui n'osent tout dire.
I'y veux estre toûjours, &c.
Donnons
à nos desirs Les
Vers sont de Mr Petit
Le plus doux des plaisirs,
Et cueillons nuit & jour
Les doux fruits de l'amour.
Quand on sçait bien aimer
On ne sent rien d'amer,
Et rien n'est plus heureux
Que deux coeurs amoureux.
Dieux, que
d'aimables attraits, C'est
l'ornement de la Cour,
Que de douceurs, que d'amours, & de traits
La belle Amaranthe est pourveuë !
Ah ! que mes sens en sont charmez,
Et que bien justement depuis que ie l'ay veuë,
A tous autres objets mes yeux se sont
fermez.![]()
Ses yeux brillansy font regner l'Amour,
Par tout sa puissance est connuë;
Ah ! que mes sens, &c.
Devinez si
j'aime,
Ie sens en moy-mesme
Toutes les langueurs
Qui blessent les coeurs;
Pardonnez, mes larmes,
Laissez-moy souffrir,
I'excuseray vos charmes
Qui me font mourir.
De tes
roses & tes lis, Que ton
port est gracieux, Les
Vers sont de Mr B. de B.
Lors qu'on voit ce beau meslange,
Qu'à bon droit, belle Philis,
Sous tes loix un coeur se range;
Qu'il est bien-tost enflammé,
N'eust-il iamais rien aimé.![]()
Que ton humeur est accorte,
Contre un seul trait de tes yeux
Il n'est point d'ame assez forte,
Lors qu'on te void une fois,
Qui ne vivroit sous tes loix ?
Des yeux
de l'aimable Climene Ie
sçay que l'ingratte se vante Les
Vers sont de Mr De Verderonne
Les traits sont si doux,
Que malgré sa rigueur & ma peine
Ie aime les coups;
En vain ie conte mon martyre,
Et ce qu'il m'inspire
Contre sa rigueur,
Par leur douce langueur,
Ces yeux semblant me dire,
Garde-moy ton coeur.![]()
De ne rien aimer,
Mais l'Amour decevant son attente
La peut enflammer;
Entre la crainte & l'esperance,
Mon ame balance
Sans pourvoir choisir,
Mais l'espoir du plaisir
Qui faltte ma constance,
Nourrit mon desir.
Depuis
qu'Iris & ses beaux yeux
Ont quitté ces lieux,
Tout se meurt icy de douleur
Et de tristesse,
Tout, hors l'Amour, dedans mon coeur
Est en langueur.
![]()
D'où
vient, ma Bergere, Tu
sçais bien ma peine Quand la
belle Aminthe
Que tu veux changer ?
Peux-tu bien te plaire
Avec un autre Berger ?
Et voir sous ta loy
Un estranger & moy ?![]()
Sans la rencontrer,
I'ay porté ta chaisne,
Iris, est-ce me l'oster,
Ou la soulager,
Que de la partager ?![]()
Me parloit d'Amour,
Tu me fis ta plainte,
Ie te la fais à mon tour;
Feras-tu pour moy
Ce que ie fis pour toy ?
Dequoy me
sert de voir ces belles plaines,
Tous ces jardins, ces arbres, & ces fleurs,
De voir ces prez peints de tant de couleurs,
Et le cristal de ces claires fontaines;
N'y voyant par celle pour qui ie meurs,
Cela ne fait que redoubler mes peines.
Depuis
quinze jusqu'à trente
La nature bien-faisante
N'inspire que le plaisir:
Goustez-le, beaité naissante,
Vous en avez le loisir
Depuis quinze jusqu'à trente.
En secret
mon coeur soûpire
Et se plaint incessamment;
Mais tout ce que ie puis dire
Dans l'excez de mon tourment,
C'est, Iris, que vostre absence,
Me fait languir nuit & iour;
Ah ! que n'ay-je moins d'amour,
Et plus d'indifference !
Enfin j'ay
soûpiré, ie n'ay pû m'en defendre,
Bien que vos fiers regards me l'eussent defendu,
Iamais soûpir ne fut plus tendre,
Mon coeur qui l'a poussé voudroit bien le
reprendre,
Car il craint qu'il ne soit perdu.
En me
disant Philis vous aime, Ie veux
qu'elle soit adorable, Les
Vers sont de Mr Baudoin
Croyez-vous me faire plaisir ?
Helas ! c'est contre mon desir,
C'est me faire un peine extréme,
Caliste, plustost dites-moy,
Cher Tirsis, ie n'aime que vous.![]()
Mais, enfin, ie ne puis l'aimer,
Vous seule avez sçeu me charmer;
Ah ! si vous estes raisonnable,
Caliste, &c.
En vain
à l'Amour Les
Vers sont de Mr M*** Dans ce
beau sejour On voit
chaque soir Beau coupe
de soeurs,
de
Mr Batiste
Vous estes rebelle,
Ce Dieu quelque iour
Vous fera bien voir
Iusqu'où va son pouvoir;
Vos attraits
N'ont pas esté faits
Pour vous rendre l'humeur cruelle,
Et sçachez, la belle,
Si malgré la rigueur
On peut gagner un coeur,
Qu'on ne le rend iamais fidelle
Que par la douceur.
Mon ame est ravie,
Quand i'ay fait ma Cour
Ie donne à l'Amour
Tout le reste du iour:
Mes plaisirs
Suivent mes desirs,
Rien ne s'oppose à mon envie,
L'aimable Silvie
Qui me tient sous sa loy
Se donne toute à moy,
Et nous passons tous deux la vie,
Devinez à quoy.![]()
La belle jeunesse
Faire son devoir,
Et le Dieu d'amour
Briller dans nostre Cour;
Mais leurs voeux,
Leurs soins & leurs feux
N'engagent guere leur Maistresse:
Qu'ils jurent sans cesse
Qu'il n'est rien si charmant,
Qu'ils meurent de tourment,
Ce n'est pas là ce qui la presse,
C'est le sacrement.![]()
Philis & Celimene,
Pour qui tant de coeurs
Sous vos loix rangez
Se trouvent partagez,
Vos attraits
Sont faits tout exprez
Pour nous mettre tous à la chaisne;
Mais on est en peine,
Laquelle de vous deux
Allume plus de feux,
Et rend par son ame inhumaine
Plus de malheureux.
En vain,
belle Philis, ie me laisse enflammer; Les
Vers sont de Mr De L****
En vain pour vos beaux yeux, je languis, je
soûpire,
I'ay bien assez de coeur pour oser vous aimer,
Mais las ! i'en ay trop peu pour oser vous le
dire.
Et quoy ?
belle inhumaine, Les
Vers sont de Mr B. de B.
Pourvez-vous bien me voir,
Soûpirer pour vos beaux yeaux
Sans aucun espoir ?
Il vaudroit mieux
Mettre fin à ma peine.
Que d'avoir tant de rigueur
Pour un fidelle Amant,
Un moment
De douceur
De vostre coeur,
Pourrroit de mon tourment
Faire mon bon-heur.
Enfin ie
l'ay perdu,
Ce coeur qe j'avois deffendu
Contre tant d'autres charmes;
Il n'a pû resister au pouvoir de vos yeux;
Si-tost qu'il vous a veuë en ces aiambles lieux,
Il a rendu les armes.
Eloigné
de vos yeux pour qui mon coeur soûpire,
Ie souffre un rigoureux martyre,
Et mes maux croissent chaque iour:
Allez, soûpirs, allez dire à Silvie,
Que le seul espoir du retour
A conservé ma vie,
Malgré l'absence, & malgré tant
d'amour.
Esclattez,
mes soûpirs, Ie cede
à mes langueurs,
Mon coeur sans se contraindre
Vous permet de sortir;
Découvez mes desirs,
Ie n'ay plus rien à craindre,
Puisque ie vais mourir.![]()
Et par ma bouche mesme
Ie decide mon sort;
C'en est fait, ie me meurs,
Ie ne dis point qui j'aime,
Mais, helas ! ie suis mort.
En amour
voicy ma methode,
Ie m'approche avecque repect;
D'abord, de peur d'estre suspect,
La moindre faveur m'accommode:
Mais quand i'ay fait le premier pas,
Le reste ne me couste pas.
Enfin tous
mes plaisirs Philis qui
sçait ma foy,
Surpassent mes desirs,
Par ma victoire
On peut juger quelle est ma gloire;
Pour moy l'Amour est sans rigueur,
L'objet seul qui me brave
Finit ma langueur,
Et si j'en fus l'esclave
I'en suis le vainqueur.![]()
Respire sans ma loy,
Et sent la flamme
Dont ses beux yeux bruslent mon ame:
Ie fuis l'objet de tous ses feux,
I'ay gagné cette belle
A force de voeux
Si l'on m'a veu fidelle,
L'on me void heureux.
Echos de
la plaine,
Discrets confidens,
Parlez à Climene
Des maux que ie sens;
Mais comment à l'inhumaine
Faire connoistre mon feu ?
Helas ! pour dire ma peine
Vous parlez trop peu.
Evitez,
ô mon coeur, l'inhumaine,
Gardez-vous des rigueurs de sa haine
Qu'elle fait éprouver aux malheureux Amans;
Ne suivez pas vos sentimens,
Esloignez-vous des appas de Climene,
Si vous voulez éviter les tourmens.