|
|
|
|
|
|
|
|
Airs Serieux & à Boire de Differens Autheurs
Janvier 1701

LOUIS
de tous les Roys le plus grand de la Terre Monsieur
Desfontaines
De l'Aurore au couchant voit reverer son nom;
Et sans qu'il soit besoin de lancer Son Tonnerre,
L'un de ses Petits fils possede la Toison.

Ah
! Quelle voix je viens d'entendre ! Monsieur
De
Bousset
Elle penetre jusqu'au coeur;
Je crains l'amoureuse langueur,
Qu'elle y pourroit répandre !
O toy, du tendre Amour le seul contrepoison,
Jus divin, soûtien ma raison
Je sens qu'elle est preste à se rendre !

Pour
aymer Celadon, il suffit qu'on l'entende; Monsieur
De
Seque*****
Il charme tout par ses doux sons.
Mais quand nous sommes seuls sur ces naissans gazons,
Faut-il que l'insensible attente,
Qu'une Bergere luy demande,
Autre chose que des chansons.

1ère
& 2ème voix: 3ème
voix:
Quand
mon mary vient de dehors
Ma rente est d'estre battuë;
Il prend la cuilliere du pot
A la tete il me la ruë;
J'ay grand peur qu'il ne me tuë,
C'est un Vilain qui me fera trepasser;
Et puis l'on chantera pour moy un Requiem
Aeternam dona eis Domine:
Et lux perpetua luceat eis.
Requiem
aeternam dona eis Domine:
& lux perpetua luceat eis.

Espagnols
& François, puis que Mars nous rassemble,
Que Bachus à son tour nous range sous ses loix.
Buvons, buvons la santé de nos Roys;
Et mélons dans nos corps ces deux bons vins
ensemble.

Tirsis
sous un épais feüillage,
Badinoi ave un Moineau,
Philis survint dans le boccage,
Il abandonna son Oyseau,
Sans songer à fermer la cage:
Tandis que Tirsis enchanté,
Admiroit les beaux yeux dont il estoit charmé;
L'Oyseau chantoit, tu n'es pas sage,
Aujourd'huy je sors d'exclavage,
Aux dépens de ta liberté.

Partez,
mes yeux, découvrez mon martyre,
A l'objet qui m'a sçu charmer;
Puisque mon cur ose l'aymer,
Pourquoy craignez-vous de la dire.
